Je vais peut-être aborder un sujet qui fâche, mais ce côté anxiogène ne serait-il pas dû au fait que quand on apprend "à se battre" et même plus encore, quand on apprend à regarder notre bête intérieure et que l'on s'entraîne à l'utiliser au cas où (et d'autant plus quand on apprend les supers techniques "delamortkituepaskilpeutpassemusclerlesc**") on finit par avoir une sorte de curiosité malsaine qui peut aller jusqu'à, plus ou moins consciemment, avoir
envie de se retrouver dans une situation où l'on pourrait avoir à utiliser ce qu'on a appris, plus : lâcher la bête, sentir ce que ça fait la chair qui se déchire sous l'impact de ses coups, sentir le goût du sang (de l'autre), le sentiment de puissance, de domination...
D'ailleurs, ça s'applique aussi à la survie: à force de lire et relire ce forum, faire et refaire des kits de survie, n'en vient-on pas à secrètement souhaiter se retrouver perdu en forêt (pas blessé quand même, faut pas déconner

), idéalement avec sa douce et tendre effrayée, et ainsi avoir une vraie bonne raison de sortir hache, scie, letherman, poncho, tarp, nalgene customisée, hamac (spéciale dédicace) et tout le toutim pour faire un camp digne d'un grand trappeur, un feu qui réchauffera bobonne qui vous verra comme le plus grand des héros et qui ne doutera jamais plus que OUI, bien sûr, il FAUT emmener hache, neck, scie, leatherman, couteau suisse (en back up quoi), poncho pour tout le monde, tapis de sol, popote, réchaud, pour chaque balade d'1heure, car on ne sait jamais, on lui avait pourtant bien dit.
C'est un peu le côté obscur de la force quoi. A force d'imaginer des situations "Et si... alors là je ferais ça, ça et ça" on finit par avoir un attrait obscur pour ce que l'on sait devoir éviter.
J'ai vu des gens très très cools et prudents devenir,à force de pratiquer les AM/SD, anormalement teigneux et agressifs, racontant leurs éventuelles minialtercations comme s'ils avaient eu envie que le mec passe le point de non retour pour pouvoir avoir une raison légitime d'en venir aux mains et lui balancer en pleine poire tout ce qu'ils ont appris.
Moi même qui ai fait du Kendo pendant quelques années, je me souviens avoir été choqué par le fait que lorsque je me trimballais dans la rue avec mes sabres à l'épaule (shinai et bokken dans leur étui), je me sentais plus fort, presque supérieur. Une petite voix malicieuse me murmurait comme ça serait bon d'avoir une bonne raison de les sortir devant tout le monde pour châtier un malandrin...
Bon je suis un mec équilibré (même si ça ne paraît peut-être pas), mais il me semble qu'on a tous une part en nous qui sera forcément tenté de faire la connerie, et qu'on se trouvera toujours plein de bonnes raisons pour le faire, mais que la vraie raison c'est qu'on a
envie de transgresser ses inihbitions, juste pour voir ce que ça fait.
La SD, en ce qu'elle pousse à se faire à l'idée de transgresser ses inhibitions peut être dangereuse par rapport à ça : on commence par se dire qu'on ne le fera que dans un cas hyper extrême et puis petit à petit on élargit le champ de l'exception....
Il faut faire un gros travail sur soi pour accepter l'idée de la transgression des inhibitions tout en la gardant étroitement sous contrôle.
Et il me semble qu'être conscient de ses désirs un peu inavouables, pouvoir les reconnaître comme tels, c'est important pour être en mesure de les garder sous contrôle et les maîtriser.