AVATAR : conte initiatique et Ode à Gaïa
En dehors de l’image il y a bien autre chose dans AVATAR de Cameron. J’ai vu le film et je vous fais part de mon ressenti.
Deux aspects fondamentaux sautent aux yeux dès la première lecture de cette œuvre. Un aspect écologique et un plus spirituel plaçant, ou du moins, nous ramenant à notre vraie place en Gaia. Celle de notre responsabilité face à nos actes.
Cameron a toujours été un passionné de plongée sous marine, s’intéressant aux religions et aimant la mécanique et la cybernétique. C’est un ancien chauffeur routier et son approche de la technologie à travers la base subaquatique d’ABYSS ou les répliquants que sont les Terminators sautent aux yeux. Je pense évidemment aux machinerie colossales du Titanic (navire filmé comme un personnage à part entier), le clone Bishop, les exosquelettes robotisés d’ALIEN et les avions-navettes de combats qu’il a réutilisé dans AVATAR.
L’aspect écologique et présent avec la responsabilité de l’homme face aux éléments. Les gens du consortium d’ALIEN qui veulent un xénomorphe pour arme de guerre. Un groupe industriel voulant et pillant du minerai sur PANDORA. Des nations s’affrontant et risquant une attaque nucléaire dans ABYSS et les frappes atomiques dans la série des TERMINATORs laissant une planète presque morte : « sans nature » dans avatar en 2154. Il y a donc bien un fil conducteur dans la filmographie de Cameron. Mais ce sont aussi des hommes qui créent leur propre extinction en élaborant SKYNET, le réseau d’intelligence artificiel du pentagone. Dans le réel on le nomme DARPA ! (ça fait froid dans le dos …) le Terraforming de Pandora nous renvoyant aux images du désastre écologique, entre autre, de l’Amazonie détruite, des génocides commis par les colons de toutes époques. Tout cela touche à l’inconscient collectif et nous parle.
Cameron par le biais de Pandora recrée un rêve fou, une utopie à jamais inaccessible car c’est la vision d’un homme profondément humaniste et donc curieux et imaginatif par essence qui nous est offerte : j’ai adoré la transposition de l’univers aquatique au monde terrestre leur conférant une nouvelle dimension. Les esprits élémentaux-méduses, les corolles à la fois plantes et rascasses des animaux, le nez requins marteau des pachydermes, une exobiologie surprenante et fascinante ! Mais surtout la bioluminescence animale ressortant des abîmes pour y être transposé à la flore de Pandora.
Sublime !
Le seconde partie c’est l’œuvre ésotérique et mystique. Je parle-là de spiritualité (spiritus esprit) et non religion (religerer relier à) pour éviter toute polémique mais je vous sais capable de raison et c’est avec mon cœur que je m’exprime.
En effet, avec ma compagne nous fumes à la fois troublés et touchés émotionnellement par ce film, car cette œuvre est … belle. Poétiquement belle.
Cameron malgré son amour des gros Guns et son coté « rentre dedans » a souvent employé dans son travail des aspects plus subtiles, parfois teintés de judéo christianisme, mais c’est un choix qui mérite le respect. Je passerais sur la facilité du sous titre de T2 le Jugement Dernier pour rappeler déjà … ABYSS. La rencontre avec des êtres de lumières, translucides ayant une conscience supérieure à la nôtre et une sagesse différente, dans la version longue ils font un chantage à la Terre entière en bloquant un Tsunami. Ce pouvoir sur l’élément eau (le christianisme étant intrinsèquement lié à l’ère des poissons en astrologie) ils vont s’en servir pour sauver le héros, en ouvrant la mer en deux pour lui permettre ainsi de respirer et d‘être sauvé.
D’autres films récents abordent la place de l’homme et sa difficile cohabitation avec la Nature et ses Forces, je pense évidemment à FINAL FANTASY LE FILM et PRINCESSE MONONOKE
Mais là, avec AVATAR on passe au stade supérieur, on quitte le religieux pour le Sacré pour l’ésotérisme pure sublimant et tutoyant d’autres Dimensions de l’Ame humaine et les outils pour y travailler, pour la perfectionner. Luttant à son harmonisation avec le Tout. C’est le « Tout est Un, Un est Tout » des alchimistes.
Alchimie, Kabbale … et si ce film touche autant les personnes qui s’y confrontent c’est qu’au niveau archétypale il appelle aux mythes fondateurs de notre espèce. Avatar, c’est le cycle Arthurien les Marines de l’espace en plus. C’est le Graal, le Calice et toute la magie et l’émerveillement du monde dans la simple corolle d’une fleur.
Jake Sully (souillé) va subir une véritable initiation transcendantale, magique, chamanique. Il le dira lui même à la fin de son parcours : qui peut dire qu’il a eu la chance de vivre une seconde naissance. De Renaissance à Resurrection il n’y a que peu de cheminement non ?
Il est l’homme profane, l’homme terre ancré dans le métal et la dépendance à la technologie : fauteuil roulant, masque à oxygène, appartenance génétique par contrat par le biais de son frère mort au Consortium. Homme d’action sans réflexion la NA’ Ve l’appellera « l’enfant ». Sa position assise et couchée dans ce corps broyé rappellera sa place dans le concert de son évolution intérieure à venir. Un mâle Alpha du clan dira de lui qu’il a la « tête trop pleine » pour apprendre, c’est à dire trop de mental et peu d’intuition comme on le rappelle très souvent dans l’enseignement du Zen.
Sur Pandora, « boite de pandore » pour les investisseurs matérialistes il va passer les quatre grades initiatiques et toucher aux noces alchimiques avec l’autochtone. Élément terre, donc, au début de son cheminement puis eau où il échappe à l’attaque de la panthère qui représente les pulsions sexuelles primitives. Puis viendra l’air avec la capture du dragon volant. Comme en alchimie on ne le tue pas mais on apprend à le maîtriser, à s’harmoniser avec. C’est ne plus subir les illusions de nos pensées, apprendre à les canaliser pour créer, sublimer le réel.
Puis se sera le Feu. Il réussira et acquerra ainsi la Force et le Courage (la folie !) de monter le phénix, le plus grand, l’oiseau de feu, celui qui renaît de ses cendres après avoir avoué sa trahison. Thème abordé par toutes le philosophies et religions du monde à travers toutes les époques. Il connaîtra l’Androgyna, c’est à dire la fusion de l’anima et de l’animus de Carl Gustav Yung, le ying et le yang … le temps et l’espace dans l’acte d’amour avec l’autochtone.
Au début du film Jake vend son âme au diable dans un pacte méphistophélique avec le commandant. Un mercenaire, froid, analytique, homme machine du début à la fin
Je parlerais encore de la présence des arbres et de leur vie propre ainsi que leurs in terconnections égale à celle du cerveau. Les Na Ve se connectent, se transcendent par une symbiose avec l’arbre. l’Arbre de vie évidement ! L’Arbre de la Connaissance, l’Arbre de la Bouddi, l’Arbre Séphirotique, le totem Amérindien, symbole fort, archétypale à tout biote humain. En France les deux grands partis opposés ont pour symbole un arbre, il est aussi intégré aux monnaies Française (alchimie, transmutation des métaux). Mais c’est aussi un réflexe identique à la peur (mêlée de fascination) innée du feu. Depuis des millions d’années où se sont cachés les mammifères lorsqu’ils se sentaient menacés ? d’où venons nous ? d’où descendons-nous comme le dit l’adage? Vous êtes en forêt, un bruit inconnu ou menaçant se fait entendre : réflexe, où est l’arbre qui va m’abriter ?!
Si vous êtes attentifs vous remarquerez que les échanges se font à la pointe des cheveux (Sasson et Dalila) mais au repos, ceci se trouvent à la base de la colonne vertébrale, c’est l’émergence de la Kundalini. l’énergie de vie, la libido, l’Eros au sens noble du terme. Cette énergie vitale remonte le long des 33 vertèbres (chez les humains). corrélation évidente avec l’âge symbolique de la mort du Christ, des grades maçonniques et rosicruciens. Quant aux méduses volantes autour des arbres elles représentent les esprits élémentaux, les âmes, l’essence de chaque être, les fameux 21 grammes qui disparaissent du corps humain lors du décès.
Je veux juste rappeler encore que les colons dans le film sont appelés « ceux qui viennent d’en haut » c’est la définition même du mot AVATAR : n.m. sanskrit avatara : descente de Vishnou sur terre. 1 chacune des incarnations de Vishnou dans la religion hindou. 2 transformation, changement dans le sort de quelqu’un ou de quelque chose.
Après le triomphe planétaire de Titanic Maître Cameron aurait put sombrer dans le délire mythomaniaque, étaler ses frasques et les délires des personnes dont la gloire et la célébrité montent à la tête (à part quelques programmes télés il se fit discret au maximum). Au lieu de cela, il s’est intériorisé, ses voyages et contemplations sous-marines l’ont amené à se découvrir lui-même, renaissant à un dialogue intérieur symbolique propre à toute l’humanité, celle du cœur, celle de l’Être.
Un personne de ma connaissance un métaphysicien, Frank Hatem écrivait dans un de ses livres « ce que nous avons de plus intime, c’est ce que nous avons tous en commun » ce à quoi Martin Luther King répondrait comme dans un écho parfait « il n’y a qu’au fond de la nuit noire que l’on peut voir les étoiles »
D’une étoile de mer Cameron nous rapporte l’espoir d’un monde nouveau, un Royaume de l’Esprit qu’il nous appartient, de bâtir et de fêter.
Avec toutes mes espérances, merci de m’avoir lu.