(suite ...)Pour favoriser l'effet cocon,
les parois sont assez hautes (1m50) pour laisser de quoi rabattre du tissu au sol sur les côtés (par exemple sous les fesses), afin de peaufiner l'isolation.
Dans cette version, basique, le sac "s'avachit" sur ses occupants, forcément, puisque ce sont les épaules et les têtes (ou les bâtons de rando) qui servent de structure. Mais cela apporte un avantage énorme : le volume intérieur s'en trouve réduit, donc plus facile à "chauffer". Car c'est bien çà le point fort du truc : immédiatement, on a une impression de
chaleur par rapport à l'extérieur. Surtout si on s'y installe juste après une petite grimpette, ce qui était mon cas ce jour-là.
Comme j'avais pris la précaution d'emporter un petit thermomètre électronique, la preuve en images !
Juste après installation :
Dedans (pas toujours bien visible, mais il y a la mention "in" sur le thermo) / dehors ("out") :

Déjà très spectaculaire ! En plus, je ne parle pas de la température ressentie à l'extérieur, qui dépend du vent, et qui influe sur un bonhomme, mais pas sur mon capteur électronique.
Puis au bout de quelques minutes, la différence augmente sensiblement, d'une part parce qu'à l'intérieur mon corps et mon réchaud (pour le thé) réchauffent l'air ambiant, d'autre part parce qu'à l'extérieur, la brève éclaircie est terminée, la neige retombe et la tempé baisse :
RAPPEL : en cas d'utilisation d'un réchaud, attention au CO & au risque d'incendie !!!
- cette utilisation doit rester brève,
- une aération régulière est nécessaire (soulever un des pans quelques secondes, et/ou ouvrir les deux scratchs prévus à cet effet au sommet de l'abri).
- la flamme doit être maîtrisée, le réchaud ne doit pas être trop proche des parois en nylon !
Autant de précautions de bon sens qu'il vaut mieux rappeler !



L'honnêteté m'oblige toutefois à préciser que dehors, le capteur repose sur la neige, ou quelques mm au-dessus (il aurait fallu que je confectionne un petit support, ce que je n'ai pas fait). Il ne s'agit donc pas de la température réelle de l'air, mais de celle de la pellicule de surface au-dessus de la neige, forcément plus froide. Mais dans la pratique, si on réfléchit

, c'est bien justement cette température avec laquelle notre postérieur ou notre corps sont en contact, si on s'asseoit ou si on se couche sur le sol

...
Bref, je trouve le résultat particulièrement probant dans ce cas précis : gel + neige dehors, mais avec peu de vent (donc abri pas "en péril"), et tempé largement positive dedans.
Ces 10 degrés d'écart ne sont certainement pas acquis dans toutes les situations, mais les avoir dans ce cas m'a déjà bluffé.
2nd essai de montage :
version "volume maxi", avec ficelles.
Là, j'ai pris le temps de monter le bothy bag sous des sapins et avec de la paracord, histoire de récupérer le volume maximal.


Premier inconvénient de ce montage : il prend du temps, et nécessite de manipuler un peu de ficelle et de faire quelques noeuds, donc va à l'encontre de la philosophie de cet abri d'urgence, destiné à être déployé facilement et rapidement, même avec des doigts engourdis.
Mais c'est vrai qu'à l'intérieur, le volume n'est pas comparable, abritant deux personnes et leurs sacs. Permet aussi de changer plus facilement de position, donc plus de confort (je me suis même couché en chien de fusil, on peut donc s'y reposer réellement).
Toutefois, le second inconvénient apparaît immédiatement : le volume est plus grand, donc plus difficile à réchauffer !... L'agréable sensation de chaleur ressentie au premier montage n'est pas aussi présente ici.
Relativisons :
- thermomètre à l'appui, -1° à l'intérieur vs -6° dehors, soit encore un gain de 5°, sans le coup de pouce du réchaud, c'est déjà pas si mal !
- on n'est pas obligé de déployer l'abri sur sa hauteur maxi, on peut le fixer plus bas, récupérer ainsi des rebords inférieurs et surtout diminuer le volume total ;
- et comme la journée avançait et que j'avais d'autres projets et du chemin à faire, je ne me suis pas éternisé, je n'ai donc sans doute pas réchauffé l'abri (avec mon corps) autant que possible.
A l'intérieur, la dominante orange, que je redoutais, n'est finalement pas si gênante, du moins je m'y suis vite habitué.

Détails utiles, la présence de 4 boucles extérieures (aux angles supérieurs) pour arrimage, et de deux fentes "scratchées", pouvant s'ouvrir et limiter ainsi la condensation :
Conclusion (personnelle, et qui n'engage que moi

) :
Avantages : poids relativement léger, prix correct (celui-ci m'a coûté 46 €uros, fdpi depuis l'Angleterre compris), montage simplissime et ultra-rapide pour la version "à l'arrache", gain thermique indéniable et parfois très important, selon les circonstances, couleur flashy idéale pour se faire repérer par les secours si nécessaire.
Inconvénients : couleur flashy

si on veut rester discret et renoncer au repérage (mais dans ce cas, le fabricant de ce modèle propose à son catalogue, sur demande, des modèles en
DPM et
dark green), pour mon modèle, une solidité très relative sur certaines coutures (çà n'a rien à voir avec une tarp Tatonka ou Arklight, mais l'usage n'est pas le même).
Ce qui m'amène à penser que ce n'est pas
LA solution universelle (qui de toute façon n'existe pas), mais que ce matériel peut constituer
UNE solution intéressante selon votre cahier des charges, et votre budget. AMHA, recommandable en montagne ou moyenne montagne l'hiver, par temps froid et neigeux, pour s'abriter le temps du repas (je pense que ma frileuse Princesse appréciera

, je vous tiendrai au courant), et éventuellement en cas de coup dur, pour attendre les secours tout en étant bien visible.