L’acronyme « S.W.A.M.P. » est un outil visant à développer la puissance de frappe dans un contexte précis de protection personnelle.
Cet acronyme, créé par John Watson, un des élèves de Peter Robins, reprend en fait 5 principes que nous allons développer un peu plus loin.
L’intérêt de cet acronyme est qu’il envisage la puissance de frappe dans un contexte de « rue » et non pas dans un contexte « sportif ».
Parmi les 5 principes repris dans le « SWAMP », l’emphase est mise aussi bien sur la création de puissance « pure » que sur l’importance de la prise de décision et de la préparation mentale.
Tous ces principes sont interdépendants, chacun d’entre eux supporte et repose en même temps sur tous les autres.
Analysons tout ça d’un peu plus près :
« S » comme
Stay RelaxedOn commence par le principe qui est probablement le plus difficile à appliquer en situation.
Il s’agit non pas de rester cool, détendu et souriant quand quelqu’un veut vous arracher la tête, mais simplement d’utiliser son corps au maximum de ses capacités.
Le but est de développer l’explosivité de la frappe.
Or, il est impossible d’être « explosif » quand vos muscles sont déjà sous tension.
Pour que le corps puisse bouger de façon fluide tout en gardant une grande économie de mouvement, les muscles doivent être relâchés.
Selon moi il y a deux clés pour arriver à développer cette relaxation musculaire :
- La concentration : se concentrer sur le fait de rester relax et sur le fait « d’exploser » dès qu’on initie sa frappe
- L’entrainement en scénario : qui vous permet de tester cette concentration de façon à la fois réaliste et sûre, tout en vous désensibilisant aux rushes d’adrénaline provoqué par une situation d’altercation.
« W » comme
Weapon First.Voilà un point qui montre avec une belle clarté la différence entre approche « sportive » et approche « réaliste ».
Le but du « W » est de développer le côté non-télégraphique de la frappe, principalement dans un contexte de frappe préemptive.
Si je décide de frapper de la main droite, je vais me concentrer pour que la première partie de mon corps à bouger soit justement ma main droite.
Qu’est-ce que ça implique ?
Qu’en agissant de la sorte, je donne le moins d’indice possible sur ma volonté de frapper car je supprime la tendance naturelle à « armer » mon coup.
Il ne s’agit donc pas de rechercher la puissance « pure » à tout prix, mais bien de maximiser mes chances de toucher et surtout de le faire sans que mon adversaire ne s’y attende.
Comme disait Bob Kasper:
“Let him feel the technique before he sees it”.
Quand l’adversaire ne voit pas partir l’attaque, il n’a pas le temps de s’y préparer et les dégâts causés se trouvent ainsi maximisés.
“A” comme
Acceleration.
Dès que la première technique est initiée, je vais accélérer mon mouvement le plus possible et continuer à accélérer pendant toute la durée du combat.
L’accélération crée la vitesse, la vitesse réduit le temps de « latence » entre deux techniques et la rapidité des enchainements contribue à submerger complètement mon adversaire, qui n’a tout simplement plus le temps de s’adapter à la situation.
On retombe d’ailleurs sur notre « S » de tout à l’heure… le fait d’avoir les muscles relâchés est LE facteur clé qui permet de se mouvoir avec vitesse et fluidité.
« M » comme
Move (in the direction of the strike)Les trois premiers points que nous venons de voir (« S », « W » et « A ») visent surtout à travailler sur le coté explosif et imprévisible de la frappe.
En agissant de cette façon, on augmente ses chances de toucher un adversaire qui ne s’y attend pas.
Cependant, le fait de ne pas « armer » nous prive d’une partie de la puissance qu’on pourrait mettre dans la frappe.
Le « M » vise justement à corriger cela : en bougeant dans la direction de la frappe, nous y ajoutons de la « masse » en déplaçant notre propre poids de corps.
La frappe part donc de façon ultra-rapide, sans appel, et une fois le mouvement initié, le poids du corps, arrivant dans la même direction, va augmenter l’impact.
« P » comme
Plunge (you bodyweight into the target).Il s’agit de diriger toute l’énergie de votre corps en mouvement directement dans la frappe avant que la masse (le poids de mon corps) ne se stabilise.
Le « M » va me propulser, littéralement, dans la direction de la frappe, le « P » est la rotation du corps qui me permet physiquement de transférer l’énergie générée par mon corps en mouvement dans la frappe que je suis en train d’exécuter, avant que cette énergie ne se dissipe.
Il est donc primordial que ces deux principes agissent de concert.
Si j’initie le « P » trop tard, le mouvement initié par « M » est terminé et je perds le bénéfice de l’énergie dégagée.
Si j’initie le « P » trop tôt, je télégraphie ma frappe et vais donc à l’encontre du principe « W ».
Si je cherche, p.ex. à frapper mon adversaire au visage, ma frappe ne doit pas s’arrêter à hauteur du visage mais doit être envoyée pour traverser ma cible.
L’énergie ne doit pas s’arrêter au premier contact, elle doit passer à travers ma cible.
Pour parvenir à appliquer ce principe, il faut en respecter deux autres à savoir : « W » et « M ».
Il faut que mon « arme » bouge en premier et que le poids de mon corps suive immédiatement, dans la même direction.
Ensuite la rotation du buste et le transfert de l’énergie vers l’arme et à travers la cible vont créer la puissance dont j’ai besoin.
Il ne s’agit évidemment pas de LA méthode à Mimille pour cogner comme un train, il existe d’autres principes, tout aussi valables et qui donnent de bons résultats.
Cependant, comme je le disais en intro, le « SWAMP » est intéressant dans notre recherche spécifique, car il travaille aussi bien sur la création de puissance pure que sur le fait de toucher son adversaire avec un maximum de vitesse et de surprise.
Un autre aspect intéressant du « SWAMP » est sa faculté à être appliqué quel que soit le style de base de l’utilisateur, ses principes s’appliqueront aussi bien à un Boxeur qu’à un Karatéka ou à un pratiquant de Krav-Maga.
La connaissance théorique de ces principes ne fera cependant pas de vous un meilleur frappeur, les principes développés dans le « SWAMP » doivent être travaillés, travaillés et retravaillés jusqu’à ce qu’ils soient devenus une deuxième nature.
Bon entraînement à tous,

Rico