dans la foulé de Corin Petit Retex pour appuyer le ==>
1. Passer - et réviser tous les 2 ou 3 ans - votre PSC1, c'est vraiment utile. Le mien commence à dater (5 ans). Ce sera pour cet été.
les pré-requis du dit retex :
- j'emmène une amie (pour lui changer les idées... elle va pas être déçu) en via ferrata (la viaf termine sur un site accessible à tous et avec beaucoup de passage)
- la copine que j’accompagne est véto et à est formée aux premiers secours depuis quelques années. Elle a un caractère qui lui permettra de géré l’émotionnel.
- perso je ne suis formé aucunement au premier secours, c'est pourtant pas le "il faudrait que je le fasse" qui ont manqué. je pratique pas mal de sport de montagne et me suis psychologiquement projeté dans beaucoup de galère. Comme c'est souvent moi qui encadre les sorties, je me suis toujours senti dans le rôle du responsable (surtout gestion de secours avalanche, « projection mentale » et entrainement sur site).
la situation :
- en arrivant, juste avant le dernier ressaut "technique" de la viaf, des appels de demande d'aide nous parviennent, un gas est tombé.
- 3 jeunes dans le ressaut, on vu la chute et appellent déjà les secours par téléphone
- il y a du monde dans la viaf et en moins de 3 min on est une demi douzaine autour du mec (sans compté les badaux au balcon qui matent déjà)
« gestion » de la situation, chute +1min environ :
- assez naturellement, je prends la situation « en main » (comme je me l’étais toujours projeté). Avec le recul, si en arrivant sur place quelqu’un avait déjà ce rôle j’aurais surement fait « maindoeuvre » en fermant ma gueule.
- première question « qui a des compétences médical », mon amie est la seul et gèrera jusqu'à l’arrivée des pompier cette partie.
- le gas est au milieu des ronces
- le gas est inconscient avec un pou (je me rappel plus ce qui a été diagnostiqué au niveau respiration, ça a surement été oublié ou mal interprété, on a peut'être vu une respiration qu'il n'avait pas)
- le gas est bien en vrac (tout le long je me répéterais que son dos est forcement touché et qu’il faut le bouger au minimum, c’est probablement très personnel comme obsession et elle influa sur mes décisions en mal)
- je stop les 3 jeunes qui veulent redescendre aider en faisant un peu n’importe quoi, l’une d’entre eux est infirmière, c’est elle qui a les pompier au téléphone. Jugeant opportun qu’elle nous rejoigne, je monte la chercher, gère et sécurise sa descente.
- le temps qu’on arrive le pou faibli. Je prends le téléphone pour préciser ou on est et que le coin est dur d’accès.
- les indications médicales au téléphone sont qu’il faut masser la victime (on ne peut pas le masser dans la position ou il est). Pourtant ce n’ai pas immédiatement qu’on prend la décision de le bouger et j’en suis totalement incapable, autant j’ai pu dire tout au long « toi, téléphone, reste là, aidez moi à le bouger, allé au devant des secours ect… » autant CETTE décision c’est pas moi qui l’ai prise, j’en aurais été incapable (et on peut pas dire qu’il suffit de quelqu’un au téléphone qui voit pas le gas, prenne la décision à votre place, c’est avec ceux sur place que ça se passe). C’est mon amie qui le dit à haute et intelligible voix « on le bouge »…
- la je reprends la direction de la situation (la décision est prise, je ne fait qu’exécuté…). On constate à ce moment des réactions très étrange, des personnes qui sont là depuis le début (des anciens, la sagesse, l’expérience, blabla…) et qui sont au plus prêt de la victime, ils trouvent de mauvaises excuses pour pas participer (se piquent dans les ronces quand ils attrapent le pull du bout des doigts), au final c’est moi et les 2 jeunes (20ans a tout casser) qui le déplaçons. Pas de reproche en vers eux, surement qu’ils n’ont pas pu le moment venu, peut-être qu’en gueulant très fort ils auraient fait, mais la une autre solution a été trouvé sans eux.
- pendant que mon amie masse, je demanderais à plusieurs « badaux » qui sont en haut de la viaf d’allé au devant des secours, le premier râle … et ne fera rien … (c’est mieux que la télé… il est à 15m en hauteur et a une vue plongeante sur la scène) j’en suis encore malade, mais sur le coup on passe au suivant.
- les pompiers arrivent et galère à nous rejoindre (d’ailleurs le médecin viendra en hélico), on reste à leur dispo (Je prends le relais au massage) et quand on voit comment il gère la victime (déplacement rapide en tirant par la jambe) on se dit qu’on a vraiment pris des gants alors qu’il fallait être efficace.
La fin :
- Après arrivé du médecin, et tout le bataclan mis en place le décès sera prononcé.
- les pompiers nous diront en off (je suis pas sur qu’ils aient le droit) que c’était un suicide, vrais ou pas ça a répond a une question qui nous rongeait déjà « pourquoi il est tombé » ;
- ils nous diront aussi qu’on a bien agit (vrais ? pas vrais ? en tout cas ça fait du bien a entendre) et qu’on aurait de toute manière pas pu le sauver (ça j'en suis quasi sur mais pendant l'action la mort n'est pas envisagée).
- la pression retombe et le choc arrive, on a besoin de se poser de se nettoyer (on est plein de sang, et ça a une vrais symbolique sur le moment)
Après :
- on restera choquer une bonne semaine (je ferais des blague crade et de l’humour noir comme jamais j’ai fais…)
- on s’interrogera sur les responsabilités prise par chacun. Sur l’action des autres, les mouvements de groupe la décharge des responsabilités quand un « ordre » est donné. La réaction des autres nous a vraiment surprise. On refait 120 fois le film pour bien tout comprendre…
Conclusion
- on était pas loin de la ville mais les difficulté d'access et probablement le manque de clarté de mes explications ont surement fait perdre du temps… combien ? difficile a dire, la tête dans le guidon on a du mal a estimer…
- depuis je me suis formé à la partie secours, même si c’est encore insuffisant pour ma pratique. Aujourd’hui avec ce que je sais, je pense être capable de priorisé en me détachant de mes considérations émotionnel, j’ai une marche à suivre et je pense que je prendrais la décision de bougé le gas si la situation se représente.
Si j’avais eu cette formation avant j’aurais probablement mieux géré cette partie et partagé la responsabilité (et culpabilité ??) avec mon amie.
bref formez vous, vous aurez l’air moins con que moi.
- quand, comme pour moi, c’est la première fois qu’on voit un accidenté grave y a une difficulté a le touché/voir mais en se forçant ça passe et je suis sur que la prochaine fois je serais plus armé pour ça.
- pour ma part je suis rassuré parceque j’ai eu besoin d’être actif, de prendre la situation en main et ça me rassure sur ma personne, sur mes future sorties en montagne seul avec mon pote. Je sais aujourd’hui que je garderais un part de lucidité.
Un GRAND merci ! et GRAND respect a ma pote qui a pris la décision la plus dur. Peut’être qu’elle était mieux préparé que moi ou peut’ être qu’elle était plus forte. Surement les deux.
En me relisant je trouve que tout ça sonne très « perso », vous en ferez ce que vous voudrez, j’ai surement pas tout avalé
