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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Que faire? urgence 1er secours  (Lu 30954 fois)

12 décembre 2009 à 19:27:17
Réponse #50

Bison


Super!

Zou ... dans les favoris.

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

14 décembre 2009 à 09:35:31
Réponse #51

nicogala



Je me demande si cet "abandon" des insufflations n'a pas une raison cachée, d'ordre psychologique, ou pire, d'ordre "politique" :

TAFDAK , "on" en parle pour d'ici 2012 mais UNIQUEMENT pour le grand-public (PSC1) , c'est comme tout ce que l'on voit depuis des années : on diminue le contenu et la complexité car le grand-public est un gros boulet (c'est ce que l'on peut déduire en substance hein...)

Une nouvelle formation est sortie, elle s'intitule "Alerter, Masser, Défibriller" , elle dure seulement 30mn et on ne voit QUE ce qui est dit dans le titre.

Déjà que je trouvais mes initiations d'1h30 plus que minimale (Protection, Alerte, Inconscience-PLS, RCP, Défibrillateur) , là on va encore plus loin dans le minimum acceptable...

Comme je le disais à mon instructeur en riant (jaune) : la prochaine formation s'intitulera "Alerter" et durera 5mn.
Le plus dur ce sera que les gens retiennent bien le numéro "112" ... pas sûr qu'ils y arrivent tous hein...
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

14 décembre 2009 à 14:33:23
Réponse #52

legrottologue


Bonjour à tous et à toutes,

Je suis peut être passé à coté de l'info en lisant l'ensemble des textes. si ça fait doublon, désolé.

Un truc c** que l'on oublie parfois dans la précipitation c'est d'enlever les lunettes du gars ou de la fille avant la PLS. En tant que binoclard j'insiste là dessus. Bris de verre, risque de coupure (ça évite la tendance procédurière de certains ingrats et ça rappelle que le sur-accident c'est parfois un petit incident supplémentaire et pas une grande catastrophe ...).

En ce qui me concerne, d'accord avec les procédures, mais prévenir est dès plus indispensable. Dans un de mes très vieux bouquins de secourisme ( Manuel pratique de secourisme, édition France Sélection 1979) il est fait mention de cas de ranimation qui ont duré plus de deux heures avec, quand même, récupération de la victime. (on ne précise pas son état neurovégétatif ...) Ce dire : je commence mon massage cardiaque et j'appelle est vraiment à éviter (mais chaque accident est par définition unique). En effet, une fois débuté on ne peut s'arrêter. (sauf risque pour vous deux ou vous seul). C'est aux "autorités" de constater la mort ou nous remplacer lorsqu'elles arrivent sur les lieux du drame. Ma soeur, ambulancière, il y a quelques années avaient du intervenir sur un bien vilain carton sur l'autoroute. Son intervention à durée un peu plus d'un quart d'heure sur le bonhomme avant quelle puisse être remplacée par les pompiers. Elle était à bout physiquement. c'est la seule fois de sa vie ou elle a cassé des côtes me semble-t-il. 

Imaginons-nous à présent sur la même situation mais sans savoir quand viendront les secours.

De plus, rien ne dit que la personne qui revient à une respiration ou un cardio normal  ne va pas décompenser immédiatement après notre départ.

toujours suivre les procédures, si on les utilisent c'est quelles ont fait leurs preuves mais avec la panique, le stress, ou un traumatisme physique on oublie si vite, trop vite ...

14 décembre 2009 à 18:32:00
Réponse #53

Anke


Sur les réa longues il est fort probable que tu récupèreras pas le bonhomme mais : deux reins, deux poumons, peut-être un foie ou un pancréas, des yeux, un coeur ?
Celui-là est mort ? Continue, tu peux en sauver d'autres...d'autres encore.
C'est pas évident d'y penser sur le coup, car en cas d'échec, on a perdu cet espoir là ( celui de "le" ramener), l'autre espoir, celui de pouvoir éventuellement en sauver d'autres qui eux sont à moitié vivant, où qui ne vivent que par procuration, qui attendent, cet espoir là faut aller le chercher un peu plus loin que d'habitude ârce que sur le coup, on y pense pas forcément que le boulot n'est pas fini.

14 décembre 2009 à 20:05:12
Réponse #54

Gros Calou



15 décembre 2009 à 13:25:23
Réponse #55

legrottologue


Anke, (la Vie en égyptien, me semble-t-il)
Très bonne réflexion.
J'ai toujours ma carte de donneur d'organe sur moi, mes proches le savent et mon toubib le sait aussi. Il possède un papier daté signé, stipulant que je refuse tout acharnement médical et qu'il faut que mes restes de barbaque servent.

http://www.france-adot.org/demande-carte-donneur.php

voilà le site officiel en France qui s'occupe de délivrer la fameuse carte  ;)

bonne journée et encore pleins de jours heureux dans la santé à tous et à toutes

15 décembre 2009 à 14:13:03
Réponse #56

fry


Salut,

Pour reprendre sur les messages précédents, si l'insufflation peut éventuellement être supprimée dans un avenir proche ( nouvelles recommandations attendues pour 2010 sur le MCE ) c'est parce que les études faites sur le sujet n'ont pas montré de bénéfice probant entre les séries à 30 massage / 2 insufflations et les séries sans insufflation et en massage unique.
Si cette absence de différence se confirme, on a tout intérêt à retirer l'insufflation: geste technique pas particulièrement simple ni engageant pour un non initié, pouvant effectivement occasionner une hésitation ou un blocage de la part du secouriste, pouvant être mal fait, etc etc...



15 décembre 2009 à 14:32:07
Réponse #57

Bison


Bonjour,

Citation de: Fry
c'est parce que les études faites sur le sujet n'ont pas montré de bénéfice probant entre les séries à 30 massage / 2 insufflations et les séries sans insufflation et en massage unique.
Si cette absence de différence se confirme [...]

Citation de: Bison
Je me demande aussi si ces recommandations chiffrées, aussi précises que variables au cours du temps, sont bien validées par des expériences significatives, du genre :  on en assomme 20 que l'on réanime de telle manière, et puis on en assomme 20 autres que l'on réanime d'une autre manière. En procédant par essais et erreurs ... 

Je ne veux pas faire mon petit malin ... mais cela s'est passé comment, ces études faites sur le sujet ... qui seraient encore à confirmer? On a travaillé sur des animaux? (Ce ne serait pas à prendre comme une critique, hein ...)
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

15 décembre 2009 à 14:52:06
Réponse #58

nicogala


C'est surtout qu'on va (a priori) les supprimer pour le grand-public, mais que les pros continueraient à le pratiquer ?

De deux choses l'une : soit c'est prouvé que c'est inutile et on le supprime pour tous, soit on juge que c'est tjrs utile mais que c'est mieux de pas surcharger l'esprit du grand-public et que c'est mieux qu'il se concentre sur le massage qui est plus primordial...

Bref, on verra bien ce qu'il adviendra en temps voulu...

Et on verra ce qu'on fait de ces ânes-morts de sacs-O2  :D

(ce qui est dommage c'est que l'insufflation permet de reposer un peu les épaules dans un cycle de RCP, dorénavant s'il faut masser 30mn en continu... ça risque d'être folklo ! )
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

15 décembre 2009 à 17:55:43
Réponse #59

fry


Je ne veux pas faire mon petit malin ... mais cela s'est passé comment, ces études faites sur le sujet ... qui seraient encore à confirmer? On a travaillé sur des animaux?

Si la question est réelle ( je ne sais pas s'il y a de l'ironie là dessous ): bien sur que non ce ne sont pas des expériences sur des animaux  :D !
De mémoire le plus grand nombre d'études vient des trauma-center japonais, il y en a aussi de la AHA ( American Heart Association ), je ne sais pas si les SMUR français ont participé.
Tout cela concernait bien entendu des patients "humains", dans des études comparant la survie immédiate et à distance sur des prises en charges avec insufflations, et en massage cardiaque simple. 

Plus l'expérience des réanimations et des services d'urgence ( et de cardiologie ) s'allonge dans cette pratique, plus elle semble démontrer la relative équivalence des deux méthodes dans la première chaîne de secours ( puisque de toute façon en réanimation le patient est souvent intubé et ventilé immédiatement de manière mécanique ).
En cas de disparition des insufflations, elles resteront toujours d'actualité pour des cas particuliers ( les enfants tout d'abord, pour lesquels l'hématose est plus importante que l'appareil cardio-circulatoire contrairement à l'adulte, mais aussi les noyés ).

Les recommandations concernant le secourisme ne sont pas des recommandations utilisables pour des services de réa, elles sont spécifiques aux premiers secours justement. Si jamais on enlève un jour l'insufflation ça ne sera pas parce que ça ne sert à rien ( le jour où on arrêtera de ventiler les patients en réa n'est pas venu ! ) mais bien parce qu'en premier secours, dans les premières minutes d'une prise en charge, ça aura prouvé n'apporter aucun bénéfice supplémentaire.
De toute façon a partir du moment où les secours équipés arrivent la question de l'un ou l'autre ne se pose plus, on pose l'ambu sur les voies aériennes supérieures du patient puis on insuffle ET on masse en continu ( par deux intervenants différents ). Je ne pense pas que ces réformes changent quelque chose de ce coté là ( mais ça demande confirmation ).

15 décembre 2009 à 22:13:31
Réponse #60

Nävis


Les publications se trouvent dans les revues ... médicales.
Et pour suivre ce qui se passe en Europe, un site très utile est celui du European Resucitation Council (ou ERC). Sorry, in English.
Il centralise les informations et les recommandations qui vont ensuite être retranscrites dans les organismes de secourisme nationaux.

Dans les dernières recommandations*:
"même si la CPR avec compressions seules est recommandée, il y a des circonstances pour lesquelles la ventilation reste indispensable. Comme arrêt cardiaque en l'absence de témoin, arrêt cardiaque chez un enfant, arrêt cardiaque en milieu hospitalier, arrêt cardiaque consécutif à une noyade ou à une obstruction des voies aériennes, tentative de ranimation se prolongeant plus de 4 minutes. Liste non exhaustive.
(...) Si l'on enseigne la CPR avec compressions seules, la qualité des secours sera insuffisante pour nombre de victimes.
(...) recommande l'enseignement et l'administration ... compressions 100/min et ventilations selon un ratio 30:2.
Pour un secouriste qui ne veut ou ne peut pratiquer la ventilation bouche à bouche, la CPR avec compressions seules est préférable à pas de CPR du tout."
(traduction rapido perso).

* Advisory Statement of the European Resuscitation Council on Basic Life Support, R.W. Koster, L.L. Bossaert, J.P. Nolan, D. Zideman, on behalf of the board of the European Resucitation Council, updated 30 November 2009.

Va dans le sens de ce que dit Fry.

16 décembre 2009 à 10:37:33
Réponse #61

Bison


Bonjour,

Non, ma question n'était pas ironique ...
C'était plutôt une réaction d'ingé ...

J'ai du mal à imaginer une expérience qui montrerait clairement que toute autre chose étant égale telle méthode est meilleure qu'une autre ... Toute autre chose étant égale, cela voudrait dire peut-être :  dans la même ville (rapidité et qualité des secours, formation des secouristes, disponibilité de défibrilateurs, population statistiquement égale) on aurait des satistiques probants sur l'application des deux méthodes.

C'est parce que je ne vois vraiment pas, que je me dis que oui, on pourrait peut-être concevoir une expérimentation animale.

Je vais aller lire les infos disponibles sur le ERC.

Commentaire de mon instructeur qui expliquait la différence de procédure  RCP entre enfant et adulte :

Citation de: moniteur national premier secours CRF
Récemment, je suis intervenu en sur un enfant qui ne respirait plus. Après deux insufflations, sa respiration repartait.

Ok ... c'est un cas particulier, il y a un concensus semble-t-il concernant les enfants. Mais tous les arrêts respiratoires des adultes ne sont pas nécessairement dus à une maladie cardiaque, ou je me trompe? On a certainement des stats là dessus.

Désolé encore une fois de faire le sceptique vis à vis des recommandations des autorités (pas seulement médicales ...) :

Pendant des années, on a recommandé de faire dormir le bébé sur le ventre pour éviter (diminuer les risques?) de mort subite du nourrisson.
Puis on a recommandé de les faire dormir sur le dos, et aujourd'hui, je crois que l'on recommande la position sur le côté.

Ce n'est pas sérieux et ce n'est pas drôle du tout!
Sur quoi se basait-on?
On est quand même en droit de se poser la question ...
Les pédiâtres se posent-ils, se sont-ils cette question avec suffisemment d'esprit critique?
Parce que si la dernière recommandation est la bonne, c'est que l'on n'avait pas mis sérieusement à l'épreuve les deux premières!

A moins que l'on ait procédé par essai et erreur sur trois générations? Même cela ne serait pas encore significatif, parce que entre temps bien des choses ont changé dans l'environnement des bébés ...

Rappelons nous :  on parle toujours de "art de la médecine" ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

16 décembre 2009 à 12:10:38
Réponse #62

nicogala


Mais tous les arrêts respiratoires des adultes ne sont pas nécessairement dus à une maladie cardiaque, ou je me trompe? On a certainement des stats là dessus.

Ce à quoi je rajouterai qu'avant on prenait le pouls et si on percevait un pouls et une absence de ventilation on insufflait SANS masser.
Maintenant on masse ET insuffle quoi qu'il arrive, et demain on massera sans insuffler ?


"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

16 décembre 2009 à 13:07:10
Réponse #63

fry


Salut,

Non chez l'adulte la cause purement cardiaque n'est pas l'unique cause d'arrêt, mais ça représente probablement plus du 9/10e de ces causes, alors que chez un enfant ou quand la cause est évidement non cardiaque ( un pauvre homme qu'on vient de sortir de l'eau suite a une noyade etc... ) on se doute bien qu'il n'y a pas d'infarctus derrière.
Les recommandations de premier secours cherchent a faire appliquer la meilleure attitude dans le plus grand nombre de cas possibles, il peut toujours y avoir le malchanceux au milieu qui aura une cause rare et ne recevra donc pas les soins appropriés, mais on raisonne en terme de problèmes les plus fréquents.

Pour ce qui est de la position des bébés, comme partout en médecine, la connaissance des bons geste s'est probablement battis sur des observations ( aujourd'hui on recommande de coucher sur le dos, et la diminution des morts subites du nourrisson a été nette avec cette mesure seule... associée bien entendue a toutes les autres ).
La médecine est quasiment toujours empirique, aujourd'hui encore il arrive qu'on sache qu'il faut agir de telle manière dans telle maladie ( car on a vu et on a démontré que ça marchait ) bien qu'on ne sache absolument pas pourquoi.

J'en avais parlé avec un professeur en pédiatrie il y a un moment, je pense que cette histoire de couchage est due au fait que pas assez d'études étaient faites sur le sujet spécifique et sur pas assez de population ( si une étude est trop petite elle manque de puissance et peut donner des résultats peu fiables... peut-être que l'une d'elle tendait a montrer que sur le ventre c'était pas mal, a l'époque ). quand les pays du monde, au lieu de chacun faire leur sauce dans leur coin, ont finis par comparer leurs données sur de très grandes échelles, on s'est aperçu que le couchage sur le dos était préférable.
De loin on dirait que c'est facile a mettre en évidence ce genre de corrélation, mais dans les faits c'est bien plus compliqué, et ça demande souvent pas mal d'études.

Une dernière remarque sur le secourisme:

J'ai très souvent entendu des secouristes avertis pester contre les recommandations en disant que c'était n'importe quoi etc... je m'engage rarement au sein de ces polémiques, mais j'aime tout de même a préciser dans ces cas là, que les recommandations sont faites entre autres par les collèges de réanimateurs internationaux ( dont les urgences vitales les plus cataclysmiques sont le quotidien et même le métier ), de cardiologues, et de SMUR pour la France, et qu'elles sont basées sur des observations et études faites sur la prise en charge globale de ces patients ( là où le secourisme s'arrête aux premiers minutes de prise en charge en extrême urgence ), aussi bien sur l'urgence vitale immédiate ( à travers le SMUR ) que sur le suivi du patient en réanimation, son évolution, les complications tardives, le traitement médical qu'il reçoit par la suite, son éventuel décès et sa cause, etc...

En secourisme on a l'aperçu que d'une infime partie émergée de l'iceberg, tout ce qui se passe dans la partie immergée et qui est de loin le plus important, est le domaine exclusif de ces spécialistes, qui sont les seuls a avoir a la fois l'expérience du terrain du début a la fin de la prise en charge, et les connaissance médicales et physiopathologies approfondies des mécanismes et fonctionnements de ces problèmes ( 11 ans d'étude pour un réa, ça ne s'improvise pas. Et ceux qui font les recommandations sont souvent encore bien plus qualifiés ).
Mon avis est qu'il faut donc admettre nos limites et ne pas nous croire plus experts que les experts, qui je pense savent aussi bien que nous ( et même mieux ) tout ce que nous savons, mais en savent aussi beaucoup, beaucoup plus sur ces questions spécifiques.

Bilan perso: les recommandations c'est bien  :doubleup:, moi je m'y fie en général avec une certaine confiance.

16 décembre 2009 à 13:32:32
Réponse #64

nicogala


Ben tu sais, j'ai eu l'occasion de fréquenter 2 des personnes qui "font" les textes de secourisme au niveau national et j'en ai interrogé un sur des points particuliers et des incohérences, et il m'a bien dit entre quatre yeux que :

- le gestes et techniques sont à interpréter dans leur réalisation, il faut s'en servir de guide et pas hésiter à improviser pour adapter à la situation (on exclue le cadre juridique hein)

- le choix des gestes et techniques se fait en collège selon un accord commun, mais il y a souvent des avis très divergents (les professeurs de médecine vs les pompiers de terrain etc.) donc en gros, sur 15 gars si 8 sont pour c'est adopté (je schématise et passe sur les palabres et autres concessions) et pour une technique donnée tu auras des grands spécialistes chevronnés qui ne seront pas d'accord et auront voté contre, mais le texte sera adopté qd même  (mais je te rassure ça a l'air de se passer dans une très bonne ambiance qd même... ce qui m'inquiète un peu c'est qu'ils ont l'air de tous bien apprécier le bon vin... :D )
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

16 décembre 2009 à 16:48:58
Réponse #65

fry


Oui c'est vrai, cependant je pose tout de même une limite a ton exemple " les pompiers de terrain VS les professeurs de médecine ", beaucoup de réanimateurs de service hospitaliers sont simultanément SMUR ou parfois même patrons de SMUR, ceux-là n'ont rien a envier aux pompier concernant le terrain en général.
Les avis divergent parfois, mais on peut difficilement considérer qu'une mesure passée à la majorité dans un panel de super-experts ( en particulier sur des choses aussi énorme que la RCP de base et ses insufflation pour reprendre l'exemple du dessus ) ne sera basée sur rien, ou sur des preuves insuffisantes. Ce qui prime c'est " l'evidence based medecine " comme on dit, la médecine basée sur des preuves.

En général les disputes concernent non pas des convictions intimes ( qui n'ont pas grande valeur quand on cherche à faire des recommandations internationales ), mais des observations faites sur de très grande études ( exemple inventé: les japonais n'ont trouvé aucune différence si on ventile en plus du massage, chez les américains on retrouve un bénéfice très léger, du coup certains préfèreront supprimer la ventilation parcequ'ils pensent l'etude japonaise plus fiable sur sa méthodologie et ses effectifs, d'autres croiront plus les americains et / ou mettront en avant le principe de précaution, etc... ).

Après bien sûr l'applicabilité sur le terrain sera étudiée, avec les SMUR et les pompiers ( par exemple le retrait des garrots et points de compression, je ne me suis pas renseigné et j'ignore s'il s'agissait à l'époque de mesures prises parce qu'aucun bénéfice n'était apporté, ou si ces mesures étaient jugées compliquées et a fort risque d'être mal faites par un intervenant non suffisamment formé, donc supprimées ).

Dans tous les cas on peut s'attendre a ce que les mesures prises soient cohérentes.

Ensuite il faut quand même garder a l'esprit les différences selon l'importance des mesures, il arrive que plusieurs sociétés savantes donnent des mesures différentes ( pour certains gestes l'avis du collège d'urgentistes et SMUR diffère de celui des réanimateurs, de celui des cardiologues, certes sur des broutilles ou des détails d'exécution, mais diffère quand même ). Par contre quand on a de grosses recommandations qui tombent sur des choses capitales pour lesquelles un vrai consensus est vital ( comme a l'époque le changement de 15 massage / 2 insufflations a 30 / 2 ), tout le monde s'aligne dessus et personne ne chipote, ça n'a pas la même valeur ni la même portée. L'exemple de  garder ou non les insufflations est typique de ce genre de grosse recommandation.

Pour " s'adapter a la situation " je pose aussi un bémol:
S'adapter si on a l'expérience pour ! En cas contraire, les recommandations sont faites pour être le plus efficaces dans un maximum de cas, il est donc prudent de les suivre, surtout comme tu l'as dis si on improvise quelque-chose de douteux et qu'on commet une grosse bévue. Si la personne est expérimentée et cerne bien ce qui se passe je ne dis pas, effectivement.

Voilà, sinon je suis d'accord avec toi  ;)

16 décembre 2009 à 18:25:19
Réponse #66

nicogala


D'accord sur bcp de points avec toi, juste que dans les désaccords, je ne pensais pas aux désaccords concernant les "intrants" à savoir les études chiffrées mais plutôt aux "extrants" : les instructions qui seront données au pratiquant final ;)

Pour les improvisations, c'est avant tout pour parer aux incohérences ou erreurs contenues dans les textes officiels (les PSE en contiennent par exemple) ... comme je le mentionnais il y a déjà 3 ans , ainsi qu'aux situations non prévues (pas de place pour manœuvrer "dans les règles de l'art" , pas assez de personnel dispo pour les gestes à plusieur (multi-victimes par exemple) etc.)
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

16 décembre 2009 à 19:46:38
Réponse #67

Anke


Citer
beaucoup de réanimateurs de service hospitaliers sont simultanément SMUR ou parfois même patrons de SMUR, ceux-là n'ont rien a envier aux pompier concernant le terrain en général.
Mwouais...Ben là faut voir, mais c'est aussi une question de personnes. Y'a les réunions, la CME, et tout le reste. Que les patrons soient "sortis" à une certaine époque avec la sonde d'intub entre les dents et une valise de réa dans chaque main, sans aucun doute. Aujourd'hui, les patrons de SAMU, y z'ont autre chose à foutre, de la gestion notamment, et se foutre sur la gueule avec les patrons de chez les pompiers avec le préfet comme spectateur.
Nous autres, "cambouis" rouges ou blancs, on est au cul du camion et on fait notre petite salade entre nous.
Fin du HS.
En tout état de cause, sur le terrain, il faut juste faire ce que l'on a compris et ne pas faire les choses parce qu': "on nous a dit de le faire". Sinon on est des "neuneuhs". Poser un garrot ça coupe l'hémorragie soit, comprendre pourquoi faut pas en poser c'est comprendre que si on en pose un, ben on coupe tout le relai possible du réseau sanguin périphérique au lieu de l'hémorragie. Un peu comme si on barrait la route principale sans mettre de déviations en quelque sorte. Si le mec il a compris ça, il ne posera jamais de garrot, sauf s'il ne peut vraiment pas faire autrement, et dans ce cas il saura pourqoui il le pose et quelles en seront les conséquences.
La connaissance elle est à portée de tous pour peu que l'on se donne la peine de faire en sorte de la partager.
C'est une aide-soignante qui m'a montré comment poser une sonde urinaire chez l'homme, c'est la même qui m'a expliqué comment faire une ponction en artériel. C'est un chauffeur-ambulancier qui m'a appris à intuber, c'est un pompier qui m'a appris à conduire en urgence.
Je me suis toujours fichu comme de l'an 40 des grades, je ne reconnais qu'un hierarchie, celle de la compétence.
Maintenant, je n'ai jamais vu les loulous qui pondent les textes officiels les mains dans le cambouis, en salles de réunions par contre...

16 décembre 2009 à 22:43:17
Réponse #68

nicogala


Maintenant, je n'ai jamais vu les loulous qui pondent les textes officiels les mains dans le cambouis, en salles de réunions par contre...

Je peux au moins te rassurer sur ce point : j'en ai vu au moins un à l'oeuvre sur un gros truc, les mains dans le cambouis et pas qu'un peu, de ce côté-là je ne m'en fais pas : c'est des mecs qui savent de quoi il retourne et certains pratiquent encore ardemment la chose (que ce soit dans le cadre de leur activité "publique" ou dans un cadre privé où ils sont dégagés de la paperasserie du cadre précédant)
"Les grand-mères, c'est comme le mimosa, c'est joli, ça sent bon, mais ça ne dure qu'un temps..."

17 décembre 2009 à 00:07:06
Réponse #69

fry


On doit pas connaître les mêmes chefs de réa Anke   :closedeyes:
Je te garantis que j'ai en tête 2 ou 3 noms ( que je ne citerai pas sur internet ) PUPH et tout le bataclan, absolument sur-qualifiés et avec une expérience telle qu'ils sont les seuls a savoir faire certaines gestes techniques de réa poly sur ma ville ( qui est une grande ville ), qui prennent plus de  gardes que leurs assistants ( l'un de ces profs à le reccord du nombre de garde en une carrière de nos hopitaux dans toute leur histoire, et il n'est pas encore à la retraite ) et que les SMUR appellent systématiquement sur ligne directe lors de réanimation difficile pour avoir le meilleur avis possible de la marche a suivre.

Tous les prof's de réa ne sont pas des mandarins en grand manteau de velours et au ventre bien rebondis par l'inactivité... et ce genre de personnes sont particulièrement écoutées, en comités décisionnels ou ailleurs.
Après il est certain qu'il y a deux types de professeurs... celui que tu décris j'ai aussi beaucoup plus de 2 ou 3 noms en tête pour l'illustrer... mais ne mettons pas tout le monde dans le même panier  ;)

17 décembre 2009 à 08:07:58
Réponse #70

Anke


Vi tu as raison, c'est moi qui suis amer. J'ai aussi connu des mecs comme ceux dont tu parles et qui m'ont formé, les mélanger aux autres ne serait pas leur rendre justice, mais c'est une des raisons ( mandarins aux ventres rebondis qui venaient sur une "désincar" sans valise d'anesthésie par ex et qui tournaient en rond comme des pies qui ont mal au cul sans savoir quoi faire, ou qui ne s'arrètaient pas sur un avp parce qu'ils avaient une réunion urgente) pour lesquelles j'ai "décroché" il y a quelques années.
Sur les barricades, on a besoin de guerriers, pas de mecs qui font de la figuration.
Pardon d'avoir disgressé, chui un peu "tripal", écorché vif, sur ce genre de sujet.
Mes excuses donc pour m'être emporté un brin...

17 décembre 2009 à 08:58:33
Réponse #71

Patrick


Moi j'aimerais que nos grand pontes du secourisme, patrons nationaux de SMUR et des pompiers civils et militaires gardent à l'esprit que le secouriste de premier niveau d'intervention intervient seul, avec que dalle et rarement.

17 décembre 2009 à 17:28:54
Réponse #72

gahús


Bonjour

Une petite question :

Dans le cas où je devrais pratiquer un MCE dans la rue sur une personne adulte inconsciente et qui ne ventile pas, que devrais je faire des vêtements (sans fermeture éclair) de la partie supérieure du corps ?
Est ce que le MCE doit se pratiquer obligatoirement et directement sur la peau nue comme cela est enseigné en secourisme avec le mannequin ?
On est en hiver...

17 décembre 2009 à 17:42:36
Réponse #73

Bison


Et en hiver, il y a parfois un sacré boulot pour arriver "au contact". On est plutyôt dans le système "cinq couches", au minimum !

Mais je crois qu'il est quand même d'autant plus nécessaire justement d'assurer la pleine liberté de la cage thoracique pour qu'il y ait cette ventilation des poumons en même temps que la compression du coeur.

Et puis, pour bien se positionner, il faut y voir clair.

De toute façon, cela ne va pas durer des heures ... Avec un peu de chance, le défibrilateur sera bientôt là, et les électrodes exigeront un bon contact avec la peau.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

17 décembre 2009 à 19:00:06
Réponse #74

Wapiti


Bonsoir

Tout les besoins de secours ne sont pas que pour des problèmes cardiaques et de ventilation. Or dans nos activités, il y a des possibilités de blessures plus ou moins graves, allant de l'entorse à la fracture ouverte, des coupures profondes et des perforations, à des chutes d'objets contondants (branches, pierres).

J'ai été confronté à un scalp du front à la moitié du crâne, le type, bien imbibé, avait trouvé plus pratique de descendre l'escalier du métro sur le ventre. Les gens se battaient autour pour savoir qui donnerait son sang, personne ne s'occupait de la victime quand je suis arrivé. J'ai demandé si les secours avaient été prévenus (à l'époque pas de téléphones mobiles). Comme toute plaie à la tête ça saignait beaucoup, à part ça et la forte odeur d'alcool, le blessé n'allait pas si mal, réflexes pupillaires normaux, sensibilité et mobilité des membres inférieurs, mais pouls à 140, normal dans son état. À croire qu'il y a vraiment un dieu pour les ivrognes. À l'arrivé du Samu, je constatais que le médecin anesthésiste était un ami, quitté quelques heures plus tôt au bloc opératoire. Je lui rapportais mes constatations, que lui-même confirma. Le problème survint quand il fallut panser la tête, la personne du Samu accompagnant le médecin était désemparée devant la quantité de sang, ne voulait apparemment pas se salir les mains et ne savait pas s'y prendre. J'ai du la remplacer.

Cas extrême, mais qui n'arrive pas qu'aux autres, ça c'est produit dans les couloirs du métro. Si en ville, les secours arrivent en principe dans les 3 minutes, 15 au plus. Que faisons nous, quand nous en sommes loin et quand viendront-ils ?  Qui est préparé et formé à ces cas de figure ? De quoi sommes nous capables avec notre paquet de 5 compresses et notre rouleau de sparadrap ? De plus, si la personne valide susceptible de porter secours tourne de l'œil à la vue de la moindre goutte de sang ou s'enfuit en courant, prenant le ciel à témoin, la victime est mal, très mal.

Il faut savoir pratiquer un MCE et une respiration artificielle mais c'est pas suffisant.

Anke tu as raison, il y a un monde entre le cours magistral et mettre les mains dans le cambouis, celui-là est bien rouge.

Nous sommes bien d'accord, il ne s'agit pas de se substituer aux hommes de l'art, mais nous devons savoir gérer les victimes et s'organiser en les attendant.

Mon petit pansement sur l'égratignure.

À +

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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