Hum, deux ou trois points sur lesquels j'ai quelques doutes...
L'infirmière scolaire formatrice :
A moins d'être rompue aux situations d'urgences et qu'elle ait de beaux restes ( depuis combien de temps est-elle en poste dans l'education nationale ?), il est fort peu probable qu'elle ait approché d'une manière sérieuse les premiers gestes destinés à sauvegarder les fonctions vitales autrement qu'en termes théoriques pendant sa formation ( depuis combien de temps est-elle diplômée ?).
De part mon expérience ( 20 ans d'hosto et 15 ans de libéral) je peux assurer sans avoir peur de me tromper qu'un pourcentage infime de la population infirmière sait masser et ventiler correctement et avec efficacité ( càd garder le patient un peu vivant jusqu'à l' arrivée des équipes). Au cours de notre formation, assez peu d'entre nous passent par les services de réa ou assimilé et si oui ce sera pour un stage de 3 semaines au plus pendant la seconde année ( la troisième étant réservée à la préparation du diplome avec son mémoire). Donc en l'occurence assez peu de pratique.
Aujourd'hui, les consoeurs que j'ai recherché pour allèger ma tache sont complètement démunies devant la moindre "urgence". La dernière en date n'avait d'ailleurs jamais approché de près ou de loin un décès, n'avait jamais posé de sonde urinaire chez l'homme et encore maintenant fuit comme la peste les ponctions veineuses un peu compliquées. Ce métier a changé et hormis les filles ( ou les gars) qui passent par la "case" Urgences, Réa ou Samu. Et excusez moi du peu, mais une infirmière scolaire qui prétend former au secourisme :
1) ce n'est pas sa partie, elle n'est ni enseignante, ni secouriste.
2) faudrait commencer par faire autre chose que de donner un "aspro" au gamin en attendant l'heure de la fermeture de l'école ou préparer le carnet de santé pour le docteur pour la visite médicale annuelle.
1)
a)Enseigner les gestes d'urgences nécessite une formation particulière, une maitrise de son sujet ( pour pouvoir faire comprendre et répondre aux questions inattendues) et surtout une expérience du terrain ( càd avoir bossé les mains dans la mouscaille et pas à l'abri bien au chaud avec du matos nickel, bref comme chez soi) solide.
b) Savoir à qui on va dispenser son enseignement, càd connaitre son auditoire et savoir ce qu'il attend, ce qu'il est capable "d'ingèrer" et surtout de retenir, le tout en terme d'efficacité.
2)Ce n'est pas que les infirmières scolaires soient plus incompétentes que les autres, c'est juste qu'elles peuvent avoir la volonté mais pas la marge de manoeuvre suffisante au niveau hierarchique pour mettre en place les moyens nécessaires. Je ne parle même pas de budget...
Quand aux fameuses "8 minutes", nécessaire aux équipes pour se rendre sur place... Vous voulez déclencher le chrono dès la première sonnerie du tel pour voir ?
" Bonjour, vous êtes bien au Service d'aide médicale Urgente, veuillez préparer vos noms, votre adresse et patati et patata" ( le même message est répèté en angliche des fois que) et ça répète en boucle au moins 3 ou 4 fois pendant ce temps là, tu vides tes surrénales et le flip avec. Ah ça décroche et là y'a un mec qui te repose les mêmes questions ( rahhh tu l'aurais en face, tu lui colles un pain direct !) et qui te demande de te calmer, parce que naturellement comme t'y connais que nib et que c'est ton gosse ou ton pote ou ta nana( vous remettez dans l'oredre qui vous convient) qui est dans le coltard, ben ça se voit et s'entend que t'es en pleine panique.
Après faut voir si "on" sort ou si on envoie un autre moyen ! Ben oui ça vaut pas toujours le coup ( je me suis pris la tête avec un toubib que j'avais envoyé sur une crise d'épi sur la vp, et qui me pétait un scandale parce que j'avais osé le déranger pour ça. Ma réponse : ben t'es là pour sortir ou pour roupiller, si c'est pour roupiller casses toi chez toi") alors on envoie le truc chiant chez les pompiers et on dit : " on fait sortir un vsab pour voir !" ( si tu veux voir t'as qu'à y'aller ducon !).
Alors les 8 mn hein, quand on commencera par virer les répondeurs, je pense qu'on pourra prétendre aux 8 mn. Jusque là on peut multiplier au moins par deux entre la première sonnerie et l'arrivée de l'équipe qui dira à la radio "Sur place !", pour peu qu'on soit en pleine heure de pointe....
Bon je m'énerve et c'est pas bon pour mon coeur

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N'oublions pas non plus que la régulation médicale doit aussi tenir compte des moyens dont elle dispose ( 3 bagnoles de réa et une ambulance de réanimation pour une grosse ville ça fait pas beaucoup) car une fois que les moyens lourds sont engagés, faut pas qu'il arrive une m*rde par dessus. La régul c'est ça aussi, c'est une question de moyens disponibles et en dotation, donc de budget et donc de ministère et redonc de choix politiques en terme de santé publique. On va pas plus loin sur ce sujet, car casse-gueule et puis c'est aussi une question de volonté des gens qui ont le pouvoir et pas forcément de couleur politique, mais bon, ça va super loin au niveau des choix et dans l'organigramme des pouvoirs.
Pour recoller un poil au truc, je pense que ce qui est super important c'est d'avoir bien compris comment les secours s'organisent et où
on se situe, soit en tant que soignant ou secouriste, dans la chaine des soins ( ou des interventions). Quand on sait ce qui se passe au-dessus de soi et en-dessous de soi, on a plus de capacité d'adaptation pour présenter les situations et répondre aux demandes.
Voilà, j'espère ne pas avoir dit trop de conneries ...

(Fourchage sur le clavier message incomplet corriger, mes excuses)