ça me rappelle une phrase de mon moniteur, j'ai plus la formulation exacte, mais c'est un truc du genre :
"il y a une différence entre savoir rouler et savoir conduire. A la fin de la première leçon tu sais rouler. Mais il faudra au moins 20 leçons pour savoir conduire."
Ma devise de base sur la route : "pars du principe que tous les autres sont des cons et/ou des abrutis : tu as peu de chance de te tromper, et tu augmentes tes chances de survie".
Anticiper les conneries possibles des autres.
Je bouge pas beaucoup la tête mais j'ai le regard très mobile, c'est beaucoup plus rapide. Ca plait pas à l'inspecteur du permis qui a l'impression que tu fais pas tes contrôles alors que tu viens de les faire 2 fois, mais une fois le permis en poche c'est bon.
La distance de sécurité... La mère de ma copine est une spécialiste dans le genre "je colle au cul" : à 80, à 3m derrière le camion qui bouche totalement la visibilité. Je suis pas trouillard en voiture, mais j'ai du mal à garder les yeux ouverts tout le trajet avec elle, maintenant je me cale derrière et je dors ou je réfléchis les yeux fermés.
Le sommeil : la fois où j'ai eu le plus peur en voiture, c'était en rentrant de voyage, on avait un trajet de 400-500km de nuit, et je voyais la fatigue dans le regard du conducteur dans le rétro, la voiture qui slalomme un peu... On a fait une pause café, je suis descendu avec lui et il a fallu que je négocie 5 minutes avec lui pour qu'il me laisse prendre le volant. S'il m'avait pas laissé le prendre, je serais pas remonté, j'aurais pris mes affaires et je serais resté dans le restau d'autoroute, en attendant de trouver quelqu'un qui me dépose à la prochaine gare.
L'adrénaline accumulée pendant les 15 minutes de trouille m'a tenu éveillé plus efficacement qu'un café pendant les 400km...
La vitesse : c'est vrai qu'on gagne que dalle, le meilleur exemple c'est quand on double quelqu'un à 135 sur l'autoroute et que lui roule à 120, et que 1/2h plus tard quand on s'arrête prendre un café, le mec arrive 4 minutes derrière, à peine le temps d'aller pisser. Entre 120 et 135 y'a que 12% d'écart, c'est ridicule...
Mais sur autoroute, rouler en-dessous de la limite c'est pénible, entre ceux qui collent au cul et ceux qui se rabattent devant ton nez... Je me cale en général à la limite ou dans la "marge technique" ça limite les emmerdes.
L'attention : j'ai eu à rouler un peu en solo pour le taf cet été, je me mettais des podcasts culturels dans le téléphone. Le peu d'attention monopolisé par l'écoute empêche l'esprit de divaguer, sans ça je pars vite dans mes pensées et je me rends compte au bout de 2 minutes que je suis passé en "conduite inconsciente". Pis ça aide à faire passer le temps, 5h en solo c'est long sinon, même avec des pauses.
Je roule pas mal en vélo, en 4 ans en ville on apprend à relativiser et à faire gaffe : voiture arrêtée, si je suis pas sûr qu'il y a personne dedans, je laisse une distance suffisante en cas d'ouverture de portière (j'en ai évité quelques unes comme ça). Aux intersections faut avoir l'air décidé ("attention si tu me coupes le passage, tu vas abîmer la belle peinture de ton enclume adorée") sinon on se fait griller la priorité en permanence, mais pouvoir s'arrêter rapidement au cas où.
Le vélo ça fait réfléchir aussi sur la vitesse : cet été mon taf était à 7 bornes de la maison, juste à côté de celui de mon père, qui lui va en moto. Assez souvent, on sortait en même temps, mais le temps qu'il enfile bottes, casque, blouson, gants, qu'il démarre et qu'il ferme le garage, j'avais déjà fait au moins 2 bornes

. Et au final, je m'enfilais les 5 premiers km (descente puis plat) à 40, lui à 50-60 (limitation à 50), il me doublait dans la montée au bout de 5km, et il arrivait 5 ou 10 minutes avant moi. 10 minutes 2 fois par jour, ça représente quoi ? Pis c'est pas 10 minutes de perdues, c'est 10 minutes à rêvasser, réfléchir...