J'ai vraiment peur pendant la grosse crise de fièvre nocturne.
J'ai du mal à exprimer ça tellement c'est différent de la réalité... Les cauchemars continuent devant les yeux ouverts, les hallucinations (visuelles ou auditives), les sens aux aguets et bien souvent complètement déglingués (par exemple le bruit provoqué par un petit objet renversé fait l'effet d'une bombe), la sensation d'être poursuivi par un danger gigantesque, parfois même un danger intérieur, toujours l'impression d'être à la merci d'un cataclysme inexprimable, la fermeture des paupières qui balancent automatiquement des visions d'horreur.
Put*n, rien que d'y penser, je me sens mal. 
Et rien que de le lire, j'en frissonne. J'ai connu ce genre de truc quand j'avais 10 ans. Je voulais plus aller me coucher, car je savais que "ça" allait revenir. Et je m'endormais, ça venait, et j'allais divaguer dans la maison, affolé, en racontant des inepties comiques, à mille lieues de l'enfer qui m'habitait. Les médecins m'avaient dit que je faisais du somnambulisme agrémenté de terreurs nocturnes, que c'était pas grave. Moi je trouvais que si, vu que j'étais un enfant cinglé. Et puis c'est parti. Mais depuis quelques années, certaines de ces images reviennent de façon sporadiques et chroniques. Particulièrement quand je suis très fatigué, au moment où je m'endors. Ce danger énorme venant de nulle part, la sensation d'être enfermé dans un volume immense. Ce sont les même images que quand j'étais gamin. C'est mon démon intérieur, je sais toujours pas d'où il sort.
Sinon, pour recoller au sujet, en nature, mon démon, c'est le vide. Comme beaucoup ici, une certaine accrophobie : le fait de savoir que si je tombe, ça se passera très mal, une peur que je transfère également sur ceux que je vois au bord du vide. Typiquement, ce sont les dévers importants qui donnent sur un trou, comme David, et sur les crêtes et sommets, là où on n'a peu de repères visuels. Parfois même, simplement en haut d'une échelle. Cette peur là, j'aimerais la rationaliser, parce qu'elle me met parfois en position de faiblesse. J'aime pas trop choper les jambes en coton quand j'ai justement besoin d'énergie.
Un autre démon, c'est la flotte. La sensation de noyade habite régulièrement mon sommeil, et l'eau n'est plus un élément dans lequel je suis très à l'aise. Enfin, plus depuis que je tiens 10 seconde en apnée, après bien des années sans sport, remplacé par le tabagisme. Ici, aussi, la peur est anticipée, de sorte que j'éprouve le besoin de remonter dès que j'ai la tête sous l'eau. J'appelle ça aussi un handicap.
Niveau bébêtes et parasites, c'est bon. Peut-être même que je méfie pas assez. J'ai jamais eu de problème à part une bonne ch**sse.

Mais j'ai un problème avec les chiens. A cause d'un clébard ingérable qui m'a chiqué des centaines de fois gamin, j'ai tendance à surestimer l'imprévisibilité de toute l'espèce.
Ah, et j'ai peur des bruits que j'arrive à identifier quand je suis seul dans la verte, aussi. Bref, j'ai des tas de problèmes.
