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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Poèmes Lâchez vous !  (Lu 10250 fois)

27 septembre 2009 à 20:35:20
Lu 10250 fois

Gros Calou


Voici un poème / chanson que j'affectionne. Je me souviens que je disais à ma mère de me faire réciter alors que je n'avais pas récitation le lendemain  :D

Si toutes les filles du monde voulaient s' donner la main
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde
Si tous les gars du monde voulaient bien êtr' marins
Ils f'raient avec leurs barques un joli pont sur l'onde
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde
Si tous les gars du monde voulaient s' donner la main


Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans la main
Le bonheur serait pour demain

Ne parlez pas de différence
Ne dites pas qu'il est trop blond
Ou qu'il est noir comme du charbon
Ni même qu'il n'est pas né en France
Aimez-les n'importe comment
Même si leur gueule doit vous surprendre
L'amour c'est comme au régiment
Il n'faut pas chercher à comprendre

J'ai mes ennuis et vous les vôtres
Mais moi je compte sur les gars
Les copains qu'on ne connaît pas
Peuvent nous consoler des autres
Le bonheur c'est une habitude
Avec deux cent millions d'amis
On ne craint pas la solitude...

Merci Paul FORT.

 ;)


27 septembre 2009 à 22:20:36
Réponse #1

drbullet


Beau poème gros calou!  :up: Vous écrivez de belles choses en France  :)
Est-ce que c'est toi qui l'a composé?

a+++
Joé

28 septembre 2009 à 08:17:08
Réponse #2

Gros Calou


Beau poème gros calou!  :up: Vous écrivez de belles choses en France  :)
Est-ce que c'est toi qui l'a composé?

a+++
Joé

Non, je n'ai pas ce talent, c'est Paul Fort, poète français, est né le 1er février 1872 à Reims et est mort le 20 avril 1960 dans sa propriété à Montlhéry dans l'Essonne.

Jules Jean Paul Fort donna ses premiers poèmes au Mercure de France en 1896. Ils constitueront le début des Ballades françaises dans une suite continue jusqu'à sa mort.
Il fonda le Théâtre d’Art qui deviendra le Théâtre de l'Œuvre, créa en 1905 la revue Vers et Prose et contribua à donner à Montparnasse son renom artistique. Il est l'auteur d'une œuvre poétique abondante et originale, mêlée de symbolisme, de simplicité et de lyrisme, utilisant le plus souvent le verset.
Paul Fort fréquenta les plus grands écrivains et poètes de son temps : Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Pierre Louÿs ou André Gide. Quelques-uns de ses poèmes furent mis en musique et chantés par Georges Brassens (Le petit cheval blanc, Le bonheur est dans le pré...). Il voulut offrir une scène à Maurice Maeterlinck dont il admirait les drames. C'est ainsi qu'en 1890, il créa avec Lugné-Poe Le théâtre d'Art qui révéla les dramaturges nordiques de 1880 : Henrik Ibsen et Maurice Strindberg. Fait Commandeur de la Légion d’honneur, il avait aussi été élu Prince des Poètes.

 ;)

28 septembre 2009 à 08:33:30
Réponse #3

gustuvi


Je propose aux amateurs de lames ,
De vider ici leur âme,
En composant quelques vers,
Sur leur compagnon en fer,
Parler de ses couteaux ,
Que l'on trouve si beaux,
Qui relèvera le défi ,
De parler avec poésie,
de la passion qui nous enflamme,
Nous les passionnés de belles Lames
Les gars faites un efforts
Montrez que vous êtes forts
Faites comme le forgeron ,
Créez pour de bon
A la place du marteau,
Utilisez les mots
Et pour remplacer l'enclume
Il suffit de prendre la plume
Juste une rime
Sans faire de frime
Rassurez vous pour la longueur des vers,
Les alexandrins je ne sais pas faire ,
Le tout s'est que ça rime,
Et que les idées qu'on exprime
Tourne autour des belles lames ,
Ou de ceux qui leur donnent une âme
Forgeron , coutelier, amateur,
Eux qui font notre bonheur .


Gustuvi
a quoi ça sert de vouloir avoir raison quand c'est tellement simple de laisser les autres avoir tort

28 septembre 2009 à 08:34:15
Réponse #4

gustuvi


Les Soirs de vague-à-l'âme
je ressorts mes plus belles lames ,
Et je repense à leur histoire,
Qui commence souvent un soir,
Au cours d'un long échange verbal ,
Sur la forme que l'on veut pour son coutal .
On choisi les matériaux ,
On modifie la taille du bestiaux,
On décide de rajouter une bricole ,
Le coutelier nous dit que ça colle ,
Le couteau est dessiné ,
Et l'attente peut commencer .
Un attente parfois difficile ,
La durée est une notion futile ,
Qui nous fait perdre l'esprit .
Parfois on en pleure on en rit .
On s'énerve on râle on divague
On évite cependant de faire des vagues !
Et un jour un colis arrive
Telle une inespérée missive
On tremble on hésite a ouvrir
Pressé et stressé de découvrir
Le couteau que l'on a imaginé
Et que le coutelier a animé .


Gustuvi
a quoi ça sert de vouloir avoir raison quand c'est tellement simple de laisser les autres avoir tort

28 septembre 2009 à 11:45:30
Réponse #5

Salix


Un de mes préféré un poil hermétique mais d'une puissance ...




Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.


S. Mallarmé

28 septembre 2009 à 12:28:17
Réponse #6

Humain


« Je vous souhaite des rêves fous à n’en plus finir
et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite l’ardeur d’entreprendre,
afin de goûter aux joies de la réussite.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres,
parce ce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite aussi d’adorer le soleil,
Sans jamais négliger les jours de pluie,
Car eux seuls donnent naissance aux arcs-en-ciel.
Je vous souhaite, enfin, de ne jamais renoncer à l’aventure.
Je vous souhaite, surtout, d’être Vous. »
 
Jacques BREL
« Souhaits aux aventuriers de la vie »

28 septembre 2009 à 12:42:17
Réponse #7

jbc


brel toujours



Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés,
Semble-t-il, l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire « Je t'aime ! »
Elle doit lui dire « Je t'aime ! »
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
Ces deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement, il pleure
Il pleure à gros bouillons
Tout entourés qu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploit de les juger

La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c’est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud !

Et maintenant, ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais "il"
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment, lentement,
Ces deux corps se séparent
Et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient
Et puis, ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis, se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis, en reculant
Comme la mer se retire,
Il consomme l'adieu
Il bave quelques mots
Agite une vague main
Et brusquement, il fuit
Fuit sans se retourner
Et puis, il disparaît
Bouffé par l'escalier

La vie ne fait pas de cadeau
Et nom de Dieu c'est triste
Orly, le dimanche,
Avec ou sans Bécaud !

Et puis, il disparaît
Bouffé par l'escalier
Et elle, elle reste là
Cœur en croix, bouche ouverte
Sans un cri, sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu'elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu'à terre
Ça y est ! Elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu'elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là, elle perd l'amour
L'amour le lui a dit
Revoilà l'inutile
Elle vivra de projets
Qui ne feront qu'attendre
La revoilà fragile
Avant que d'être à vendre

Je suis là, je la suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit


28 septembre 2009 à 12:50:31
Réponse #8

DavidManise


Et que faudrait-il faire?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme le lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?

Non merci.

Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre?

Non merci.

Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud?
Avoir le ventre usé par la marche? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale?
Exécuter des tours de souplesse dorsale?...

Non merci.

D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours dans quelque barbe?

...

Non merci!

Calculer, avoir peur, être blême,
Aimer mieux faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter?
Non merci! non merci! non merci!

Mais... chanter
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre quand il vous plaît son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!

(Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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29 septembre 2009 à 22:03:09
Réponse #9

Gros Calou


Théodore de Banville(1823-1891)

CONSEIL

Eh bien! mêle ta vie à la verte forêt, escalade la roche aux nobles altitudes.
Respire, et libre enfin des vieilles servitudes, fuis les regrets amers que ton coeur savourait.
Dès l'heure éblouissante où le matin paraît, marche au hasard, gravis les sentiers les plus rudes.
Va devant toi, baisé par l'air des solitudes, comme une biche en pleurs qu'on effaroucherait.
Cueille la fleur agreste au bord du précipice, regarde l'antre affreux que le lierre tapisse et le vol des oiseaux dans les chênes toufus.
Marche et prête l'oreille en tes sauvages courses, car tout le bois frémit, plein de rythmes confus.
Et la Muse aux beaux yeux chante dans l'eau des sources.

 ;)

29 septembre 2009 à 22:07:33
Réponse #10

Gros Calou


Louis-Honoré FRÉCHETTE

La forêt canadienne
C'est l'automne. Le vent balance
Les ramilles, et par moments
Interrompt le profond silence
Qui plane sur les bois dormants.

Des flaques de lumière douce,
Tombant des feuillages touffus,
Dorent les lichens et la mousse
Qui croissent au pied des grands fûts.

De temps en temps, sur le rivage,
Dans l'anse où va boire le daim,
Un écho s'éveille soudain
Au cri de quelque oiseau sauvage.

La mare sombre aux reflets clairs,
Dont on redoute les approches,
Caresse vaguement les roches
De ses métalliques éclairs,

Et sur le sol, la fleur et l'herbe,
Sur les arbres, sur les roseaux,
Sur la croupe du mont superbe,
Comme sur l'aile des oiseaux.

Sur les ondes, sur la feuillée,
Brille d'un éclat qui s'éteint
Une atmosphère ensoleillée :
C'est l'Eté de la Saint-Martin ;

L'époque ou les feuilles jaunies
Qui se parent d'un reflet d'or,
Emaillent la forêt qui dort
De leurs nuances infinies.

O fauves parfums des forêts !
O mystère des solitudes !
Qu'il fait bon, loin des multitudes,
Rechercher vos calmes attraits !

Ouvrez-moi vos retraites fraîches !
A moi votre dôme vermeil,
Que transpercent comme des flèches
Les tièdes rayons du soleil !

Je veux, dans vos sombres allées,
Sous vos grands arbres chevelus,
Songer aux choses envolées
Sur l'aile des temps révolus.

Rêveur ému, sous votre ombrage,
Oui, je veux souvent revenir,
Pour évoquer le souvenir
Et le fantôme d'un autre âge.

J'irai de mes yeux éblouis,
Relire votre fier poème,
O mes belles forêts que j'aime !
Vastes forêts de mon pays !

Oui, j'irai voir si les vieux hêtres
Savent ce que sont devenus
Leurs rois d'alors, vos anciens maîtres,
Les guerriers rouges aux flancs nus.

Vos troncs secs, vos buissons sans nombre
Me diront s'ils n'ont pas jadis
Souvent vu ramper dans leur ombre
L'ombre de farouches bandits,

J'interrogerai la ravine,
Où semble se dresser encor
Le tragique et sombre décor
Des sombres drames qu'on devine.

La grotte aux humides parois
Me dira les sanglants mystères
De ces peuplades solitaires
Qui s'y blottirent autrefois.

Je saurai des pins centenaires,
Que la tempête a fait ployer,
Le nom des tribus sanguinaires
Dont ils abritaient le foyer.

J'irai, sur le bord des cascades,
Demander aux rochers ombreux
A quelles noires embuscades
Servirent leurs flancs ténébreux.

Je chercherai, dans les savanes,
La piste des grands élans roux
Que l'Iroquois, rival des loups,
Chassait jadis en caravanes.

Enfin, quelque biche aux abois,
Dans mon rêve où le tableau change,
Fera surgir le type étrange
De nos hardis coureurs des bois.

Et brise, écho, feuilles légères,
Souples rameaux, fourrés secrets,
Oiseaux chanteurs, molles fougères
Qui bordez les sentiers discrets.

Bouleaux, sapins, chênes énormes,
Débris caducs d'arbres géants,
Rocs moussus aux masses difformes,
Profondeurs des antres béants.

Sommets que le vent décapite,
Gorge aux imposantes rumeurs,
Cataracte aux sourdes clameurs :
Tout ce qui dort, chante ou palpite ...

Dans ses souvenirs glorieux
La forêt entière drapée,
Me dira l'immense épopée
De son passé mystérieux.

.................................

Mais, quand mon oreille attentive
De tous ces bruits s'enivrera,
Tout près de moi retentira ...
Un sifflet de locomotive !

 ;)

05 novembre 2009 à 01:59:20
Réponse #11

joseph57


Printemps aux projets de chimères                                                                                                                                                                                                    Eperdu d'enfance éphémère                                                                                                                                                                                                   Enfance traquée de lendemains                                                                                                                                                                                                 Qui ne sait où conduit son chemin                                                                                                                                                                                                       Au lever du rideau de la vie sans plus de pudeur ni de poésie.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

05 novembre 2009 à 02:22:08
Réponse #12

mad


Petit matin
Jambes coupées
Par le froid, la faim
Par le sommeil haché
Premiers pas dans la brume glauque
Herbes mouillées couchées dans un sillage incertain

Puis le soleil
Des chants d'oiseaux
Un chevreuil marque l'arrêt
La journée sera belle

(écrit à l'instant pour vous :) )

06 novembre 2009 à 12:07:13
Réponse #13

Mrod


Ca résume bien pourquoi je passe autant de temps dans la nature


Les fleurs ne parlent pas,
C'est pourquoi elles sont si belles.



Nico
« Modifié: 06 novembre 2009 à 12:17:43 par Mrod »
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

06 novembre 2009 à 12:25:42
Réponse #14

ERECTUS


Ce n'est pas un poème, mais je pense que ça peux avoir sa place ici, alors voilà.


Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes les personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Soyez vous-même.

Surtout, n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez pas cynique en amour car, il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cour. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Tachez d'être heureux.

Auteur inconnu (Texte retrouvé dans une église de Baltimore fin XVII eme)

Quand sa route est dure, le dur poursuit sa route

06 novembre 2009 à 12:36:35
Réponse #15

Lynx


un rêve
une goute
sur une feuille
lenteur de vie, paillettes de lumiere

il se lêve
souffle de brûme
dans une tendre intimité
châleur de vie sur le matin bienveillant

elle chante
loin, echo de vie
lui raconter le battement
de son monde, éternité fragile

une vibration
discrete encre
comme réveillée soudain
bruissant sur les couleurs tendres

il avance
bienveillant
interroger les pastels
sonder les cieux, sentir sa montagne

tous
ils savent
ils le sentent
tout l'annonce

ce chant
qu'il connait bien
revenant marquer sa vie
revenant une fois encore parler à son monde

demain
le silence sera blanc
il marquera les jours
de ses pas lents marquant le temps

Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

06 novembre 2009 à 17:45:22
Réponse #16

Urdjaby


Citer
Et que faudrait-il faire?

Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme le lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?

Non merci.

Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre?

Non merci.

Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud?
Avoir le ventre usé par la marche? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale?
Exécuter des tours de souplesse dorsale?...

Non merci.

D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours dans quelque barbe?

...

Non merci!

Calculer, avoir peur, être blême,
Aimer mieux faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter?
Non merci! non merci! non merci!

Mais... chanter
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre quand il vous plaît son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre ou faire un vers!

Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune!
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire: mon petit,

Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles!
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,

Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul!


Si on commence comme ça il faudrait citer le livre en entier ;)

A mon tour, un poème qui manque a votre liste:

If...
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent;
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils.

Et maintenant la même en anglais

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you
But make allowance for their doubting too,
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream--and not make dreams your master,
If you can think--and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it all on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings--nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much,
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And--which is more--you'll be a Man, my son!

Vous pouvez constatez qu'elles sont un peu différentes dans la forme, mais identiques dans le fond :).

Bonne lecture et merci pour ce post :)
Jamais la nature ne tient un language, et la sagesse un autre

06 novembre 2009 à 18:22:13
Réponse #17

Kilbith


L'enfant

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

Victor Hugo, Les Orientales, 1829
 
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

06 novembre 2009 à 18:31:44
Réponse #18

Urdjaby


Encore d'autre :)

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

Jamais la nature ne tient un language, et la sagesse un autre

06 novembre 2009 à 20:39:10
Réponse #19

Anke


Kilbith_2  :love:
Les miens :
Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Et puis,

http://www.castalie.over-blog.com/article-33725.html

Et,

Vivre en soi n'est rien.
Il faut vivre pour autrui.
 « A qui puis-je être utile, agréable, aujourd'hui ? «
Voilà chaque matin ce qu'il faut se dire
Et le soir, quand des cieux la clarté se relève
Heureux à qui son coeur, tout bas a répondu
 » Grâce à mes soins, j'ai vu sur une face humaine
La trace d'un plaisir ou l'oublie d'une peine.
Ce jour là, je ne l'ai pas perdu."



07 novembre 2009 à 09:45:18
Réponse #20

Urdjaby


On continue sur du victor hugo :

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires ;
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.



Jamais la nature ne tient un language, et la sagesse un autre

07 novembre 2009 à 15:45:33
Réponse #21

dedenimes


L'accent
Miguel Zamacoïs (1866-1955)

De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
"Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!"
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre!
Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C'est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne,
C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit,
L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit!
C'est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage!
C'est pour les malheureux à l'exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers!
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause,
Parler de son pays en parlant d'autre chose!...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent!
Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant!
Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l'oreille!
Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux!
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages!
Ecoutez! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord!
Mon accent porte en soi d'adorables mélanges
D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides!
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
A toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole!

Fernandel a enregistré une lecture de ce texte magnifique sur l'un de ses disques


10 novembre 2009 à 10:44:05
Réponse #22

ERECTUS


 :)

     Pierre Bachelet – Les Corons

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Nos fenêtres donnaient sur des fenêtres semblables
    Et la pluie mouillait mon cartable
    Mais mon père en rentrant avait les yeux si bleus
    Que je croyais voir le ciel bleu
    J’apprenais mes leçons la joue contre son bras
    Je crois qu’il était fier de moi
    Il était généreux comme ceux du pays
    Et je lui dois ce que je suis

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Et c’était mon enfance et elle était heureuse
    Dans la buée des lessiveuses
    Et j’avais les terrils à défaut de montagne
    D’en haut je voyais la campagne
    Mon père était gueule noire comme l’étaient ses parents
    Ma mère avait des cheveux blancs
    Ils étaient de la fosse comme on est d’un pays
    Grâce à eux je sais qui je suis

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel, c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond

    Y’avait à la mairie le jour de la kermesse
    Une photo de Jean Jaures
    Et chaque verre de vin était un diamant rose
    Posé sur fond de silicose
    Ils parlaient de trente six et des coups de grisou
    Des accidents du fond du trou
    Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
    C’est avec eux que j’ai compris

    Au nord c’était les corons
    La terre c’était le charbon
    Le ciel, c’était l’horizon.
    Les hommes, des mineurs de fond.
    Le ciel c’était l’horizon
    Les hommes des mineurs de fond…
Quand sa route est dure, le dur poursuit sa route

10 novembre 2009 à 10:49:00
Réponse #23

gustuvi


Je suis très loin d'être du nord mais cette chanson m'émeut toujours autant ! 
merci 
a quoi ça sert de vouloir avoir raison quand c'est tellement simple de laisser les autres avoir tort

10 novembre 2009 à 11:06:21
Réponse #24

ERECTUS


 ;)

 Jacques Brel - Jef

Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais arrête de pleurer
Comme ça devant tout l’monde
Parce qu'une demi-vieille
Parce qu'une fausse blonde
T'a relaissé tomber
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais tu sais qu’tu m’fais honte
A sangloter comme ça
Bêtement devant tout l’monde
Parce qu'une trois quarts put**n
T'a claqué dans les mains
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais tu fais honte à voir
Les gens se paient not’ tête
Foutons l’camp de c’trottoir
Viens, Jef, viens, viens, viens !

{Refrain:}
Viens, il me reste trois sous
On va aller s’les boire
Chez la mère Françoise
Viens, Jef, viens
Viens, il me reste trois sous
Et si c'est pas assez
Ben il m’restera l'ardoise
Puis on ira manger
Des moules et puis des frites
Des frites et puis des moules
Et du vin de Moselle
Et si t'es encore triste
On ira voir les filles
Chez la madame Andrée
Paraît qu’y en a d’nouvelles
On r’chantera comme avant
On s’ra bien tous les deux
Comme quand on était jeunes
Comme quand c'était le temps
Que j’avais d’l’argent

Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais arrête tes grimaces
Soulève tes cent kilos
Fais bouger ta carcasse
Je sais qu’t’as le cœur gros
Mais il faut le soulever, Jef
Non Jef t'es pas tout seul
Mais arrête de sangloter
Arrête de te répandre
Arrête de répéter
Qu’t’es bon à t’ foutre à l’eau
Qu’t'es bon à te pendre
Non, Jef, t'es pas tout seul
Mais c'est plus un trottoir
Ça d’vient un cinéma
Où les gens viennent te voir
Viens, Jef, allez viens, viens !

{Refrain:}

Viens, il me reste ma guitare
Je l'allumerai pour toi
Et on s’ra espagnols
Jef, viens, viens
Comme quand on était mômes
Même que j'aimais pas ça
T'imiteras l’rossignol
Jef,
Puis on s’trouvera un banc
On parlera d’l’Amérique
Où c'est qu'on va aller, tu sais
Quand on aura du fric
Jef, viens
Et si t'es encore triste
Ou rien qu’si t’en as l’air
J’te raconterai comment
Tu d’viendras Rockefeller
On s’ra bien tous les deux
On r’chantera comme avant
Comme quand on était beaux
Jef,
Comme quand c'était l’temps
D'avant qu'on soit poivrots

Allez viens Jef, viens
Ouais ! Ouais, Jef, ouais, viens !
Quand sa route est dure, le dur poursuit sa route

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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