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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Chute de 15m sur un caillou  (Lu 12436 fois)

22 septembre 2009 à 12:57:36
Lu 12436 fois

DavidManise


Salut !

Bon...  je vais ouvrir ce fil pour que ça serve...  j'ai un pote, Miche, super bon grimpeur et un peu tête brûlée.  Le mec, il connaît pas les cotations des voies d'escalades, il regarde pas les bouquins.  Il grimpe TOUT.  Ca veut dire en clair que des fois il est sur du 7c et il passe, et en redescendant il a la banane et il fait "ah ouais elle était sympa celle là".  Bref, une machine. 

Ce weekend, il grimpait avec un pote à lui, dans un dévers comme d'habe.  Le pote l'assurait avec un grigri.  Le Miche grimpait, puis il a désescaladé un peu pour récupérer des dégaines plus bas comme il fait tout le temps (::)), puis il est remonté, et tout allait bien.  C'était une voie facile pour lui, apparemment.  Et le pote en bas il tchatchait, tranquille...  Avec un grimpeur comme ça, un léger dévers, c'est pas dangereux.  Bref, relâchement de l'attention...  d'un coup il a senti que le grigri devenait brûlant alors réflexe, il a retiré les mains parce que ça le brûlait.  Sauf que le Miche, ben il était déjà arrivé à tout près du sol quand le grigri a bloqué.  Résultat la corde a à peine commencé à freiner sa chute, et il est tombé assis sur du rocher.  SBLAM.

...

Il s'est relevé  :closedeyes:

Là ce matin on dirait qu'il a 80 balais.  Il marche péniblement, mais il a rien de pété...  un put**n de miracle...  en plus, il est tombé à environs 20cm d'une broche en acier plantée dans la roche...  un truc de malade. 

Tout ça pour dire que put**n, c'est trop souvent pareil : le danger se trouve là où on ne l'attend pas.  Dans les zones de transition entre le moment où on fait gaffe et où on prend des mesures, et les moments où on pense encore que ça ne craint rien.

Soyez prudents.

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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22 septembre 2009 à 13:05:38
Réponse #1

Anke


Fred est mort sur le chemin du retour entre le Samu et la base hélico de la sécurité civile ( chemin fait régulièrement). On a pas retrouvé tout son corps. ça fait maintenant 14 ans.
Patricia a dit le jour de son inhumation : " Comment on va faire maintenant sans lui ?"

A chaque hélico qui passe .....

Prenez soin de vous, j'ai pas envie, mais vraiment pas envie d'en perdre d'autres.

22 septembre 2009 à 13:16:45
Réponse #2

Thanos


3 secondes d'inattention, c'est comme ça que tu dis David ?

Quand on connait par coeur une chose on a tendance a la traiter avec légèreté, mais c'est à ce moment là que l'accident pointe son nez  :-\

Le paternel qui était garde républicain motard me raconte souvent que ses potes de l'escadron qui se sont tués en moto sont mort le plus souvent sur des petit truc bêtes (genre une pierre mal placée alors que le mec mangeait sa barre de céréale pendant un rallye-raid).

Ça fait cogiter !

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

22 septembre 2009 à 13:22:57
Réponse #3

DavidManise


C'est bien la preuve que notre peur (qui, concrètement, conditionne souvent notre attention et nos préparatifs) n'a AUCUN rapport avec les risques réels qu'on prend.

Anke...  je sais :(  Maintenant moi quand je vois un hélico jaune et rouge je pense à toi.  Ca sert à rien hein...  mais voilà.

David
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22 septembre 2009 à 13:26:58
Réponse #4

Berhthramm


bin on discute pas quand on assure, j'ai mis ma main dans la gueule de mon beau frère pour ça, c'était en salle, j'ai volé il m'a bloqué par hasard à 2m du sol (quand on connait la sécu des SAE faut vraiment être un manche), il regardait une gonzesse à côté... Je lui ai mis ma main dans la tronche en arrivant, me suis déséquipé et j'ai plié les gaules, le plantant accessoirement là... Et je n'ai plus jamais accepté de grimper avec lui.

David ton pôte a fait des radio quand même (les chutes sur le cul c'est pas top) ? et il ferait bien d'aller voire un osteo (c'est une indication)...

;)

22 septembre 2009 à 13:32:34
Réponse #5

tbird


Tout ça pour dire que put**n, c'est trop souvent pareil : le danger se trouve là où on ne l'attend pas.  Dans les zones de transition entre le moment où on fait gaffe et où on prend des mesures, et les moments où on pense encore que ça ne craint rien.

Soyez prudents.

David

En moto, chez les gros rouleur, il y a un truc qui revient souvent dans les discutions "c'est l'habitude qui tue".
Pas seulement par lassitude, mais aussi par le manque de vigilance dans des situations "ordinaire".
3 secondes sans vigilance, tu le dit assez.

Bon, ton pote sens sort bien, mais bon sang, quand tu assure quelqu'un, tu reste concentré, c'est ton TAF.
Comme quand tu garde un gamins, tu scanne continuellement si tout baigne, ça n'évitera jamais complètement les accidents, mais si il y en a quelqu'un que l'on peu anticiper c'est toujours ça de pris.

Faite gaffe a vous et aux autres, resté sharp  ;)

A+ Tbi...

22 septembre 2009 à 13:37:12
Réponse #6

Berhthramm


C'est bien la preuve que notre peur (qui, concrètement, conditionne souvent notre attention et nos préparatifs) n'a AUCUN rapport avec les risques réels qu'on prend.

ta phrase là me fait penser à la notion d'objectivité-subjectivité et à celle d'habituations au risque...

Exemple on panique souvent de nager en eaux troubles, on se fait des films, on chocotte un peu, des fois on panique connement dans le noir dans la forêt... pour des phantasmes... Le risque est pourtant faible... On panique trés rarement de conduire une bagnole à 130 (plus pour certains) sur l'autoroute... pourtant en cas d'explosion d'un pneumatique...

22 septembre 2009 à 13:43:58
Réponse #7

DavidManise


David ton pôte a fait des radio quand même (les chutes sur le cul c'est pas top) ? et il ferait bien d'aller voire un osteo (c'est une indication)...

Trop tête de mule pour aller faire des radios ::)

Par contre il a RV avec une ostéo.  Sa femme est infirmière.  Selon elle y'a pas de grosse fracture évidente, peut-être des trucs de tassés ou fêlés...  mais rien de plus fêlé que lui...  ;)

C'est effectivement l'habitude qui tue.  3 secondes avec la connerie...

David
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22 septembre 2009 à 13:48:21
Réponse #8

Berhthramm


bin des fois être tête de mule ça te mène à être paraplégique (bin oui pas toujours dans le moment mais quand ça bouge aprés) ou pour une chute sur le cul à faire un joli syndrome de la queue de cheval... Pour ceux qui ont l'esprit mal tourné on ne se transforme pas en Rocco Zizifredy mais par contre de ce côté c'est plutot "game over"....

gros trauma = radio point barre.

mais bon je connais les entêtés aussi on ne les a pas par la raison mais par les sentiments ou la provoc... (manipuler c'est mal mais parfois la faim justifie les moyens).

et un bon osteo refusera de bosser sans Rx dans ce cas.

(d'ailleurs il bossera pas à chaud).

22 septembre 2009 à 14:18:28
Réponse #9

DavidManise


Tafdak...  tu penses bien qu'on lui fout la pression pour qu'il passe une radio du bassin et des lombaires, au moins.  Mais il préfère encore se retrouver paraplégique que d'aller même dans un rayon de 50m de l'hosto.  Encore une belle preuve que la peur et le danger sont des choses pas forcément liées...  :glare:

J'ai répondu à ton MP ;)

David
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22 septembre 2009 à 14:23:54
Réponse #10

Anke


Citer
manipuler c'est mal mais parfois la faim justifie les moyens

Pourquoi je suis pas étonné que tu sois "cadré" !  :lol:

Berthram a raison, 1000 fois raison, je me permet d'en rajouter une couche: trauma= radio et pis c'est tout. Un bilan neuro éventuellemnt en plus( on voit pas forcément tout à la rx, par contre à l'examen clinique....
Après le "si j'avais su, j'aurais fait... " c'est un peu tard. Il préfère aller 2 h dans un hopital ou prendre le risque d'y rester peut-être six mois ( voire plus dans les centres de réeducation)....

22 septembre 2009 à 14:30:15
Réponse #11

Berhthramm


non Anke je sors d'un IFCS ou le bouquin tant adulé dans d'autres instituts de formation des cadres de santé est absolument honni, on nous a dit et redit que manipuler c'est mal et je le pense vraiment... Mais là en plus c'est même pas de la manip au sens propre c'est du travail sur la motivation...

;)

(manipuler c'est mal)

22 septembre 2009 à 14:33:48
Réponse #12

tbird


...3 secondes avec la connerie...

David

Scuse moi, je bloque sur ces quatre mots.

j'ai beau les retourner dans tout les sens, je pige pas ce que tu as voulus dire.  ;D

A+ Tbi...

22 septembre 2009 à 14:34:04
Réponse #13

tifung


Berh' : Perso, plutot que ma main dans la tronche, je l'aurais fait grimper, et un beau vol pour qu'il se pisse dessus. D'ou l'interet de toujours grimper avec des gens de confiance absolue. (Je vous apprends rien...), marre de tous ces p***** d'excés de confiance dont font preuve certains guides en hm, histoire de gagner 5 minutes...j'ai un pote qui, à cause de ce genre de connerie, est resté 8 heures à -27°, cassé de partout, et en hypothermie. Alors, vive le recul et l'analyse.

22 septembre 2009 à 14:35:55
Réponse #14

Outdoorsman


Le gars était assuré avec un Grigri. Pour les non grimpeurs c'est un système d'assurance qui fonctionne un peu comme une ceinture de sécurité : quand on tire doucement la corde passe (c'est le cas quand le grimpeur avance), si on tire fort (quand le grimpeur tombe), ça bloque.

Même si le fabriquant ne dit pas ça, c'est un système qui entraine une perte de vigilance de l'assurance car l'appareil est sensé fonctionner automatiquement. Pour ma part, j'ai toujours été opposé à ce système justement pour ça. Pour moi quand on grimpe, les membres de la cordée sont liés : l'assureur n'est pas juste là pour faire contre poids, il a un vrai boulot d'assurance, de soutien, de conseil pour celui qui grimpe.

Conclusion : attention au matos qui est censé pallier à l'humain.

Autre rappel : en montagne les accidents arrivent plus souvent dans un passage facile où justement la vigilance retombe que sur des passages délicats où on est hyper-concentré.

Mes 2 mousquetons.
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

22 septembre 2009 à 14:57:42
Réponse #15

DavidManise


Scuse moi, je bloque sur ces quatre mots

3 secondes avec la connerie, c'est le premier étage de ma version de la règle des trois.  Certains disent qu'on survit 3 secondes sans vigilance.  Moi je préfère dire avec la connerie.  Ils retiennent mieux.

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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22 septembre 2009 à 15:33:20
Réponse #16

tbird


3 secondes avec la connerie, c'est le premier étage de ma version de la règle des trois.  Certains disent qu'on survit 3 secondes sans vigilance.  Moi je préfère dire avec la connerie.  Ils retiennent mieux.

David

Oki doki, merci.

En faite la connerie et moi, évitons de nous côtoyer, c'est pour ça que je n'avais pas percuté  ;D

Par contre la définition de la connerie est quelque chose d'abstrait a mon gout, tu peux très bien regarder quelqu'un en te disant "Il fait une connerie" alors que le gars ne sens rend même pas compte.

22 septembre 2009 à 15:47:37
Réponse #17

costa


Salut.

Je ne peux que me joindre à ceux qui recommandent une radio. Et je ne peux que me joindre aussi à ceux qui disent de NE PAS MANIPULER SANS RADIO (voir scinti osseuse en plus si on a une doute d'une lésion invisible à la radio).

Un de mes anciens patients que j'avais refuser de traiter après un trauma, car j'avais pas de radios... a trouvé un ostéo qui a bien voulu le soigner... et EST DEVENU TETRAPLEGIQUE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



Il avait en fait une fracture de la dent de l'axis (une partie de la deuxième cervicale). C'en est fini pour sa vie tranquille, et c'en est fini de la carrière de son ostéo.

Mets-lui des baffes s'il le faut, attache le en l'emmenant à l'hosto (si possible hein, connais pas son gabarit à ton pote ;D), mais faut faire des RX à tout prix!!!
Trop con de ruiner sa vie parcequ'on est tête brulée.

A+

23 septembre 2009 à 00:08:57
Réponse #18

Berhthramm



Un de mes anciens patients que j'avais refuser de traiter après un trauma, car j'avais pas de radios... a trouvé un ostéo qui a bien voulu le soigner... et EST DEVENU TETRAPLEGIQUE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


Pas si rare que ça d'ailleurs... j'en ai vu passé deux en cas clinique de travaux écrits de fin d'étude chez des étudiants l'an dernier (et ça ne concernait pas le même patient choisi par deux étudiants différents)... Un amis avec rang d'expert auprès des tribunaux en voit passer aussi...


l'ostéopathie n'est pas un acte anodin  = adressez vous à des gens compétents (donc validés, avec un VRAI diplôme (pas une merdouille acquise en trois jours ou un pâle ersatz)...

Et les fracture de l'odontoïde ça ne se traduit pas toujours comme dans les films par un immédiat "je sens plus mes bras et mes jambes, je peux plus bouger"...

j'ai un exemple chez un breveté HALO-HAHO qui s'est fracturé l'odontoïde lors d'un saut et en a enquillé d'autre immédiatement aprés... avec diverses autres activités agitées ensuite...

Tomber sur le cul n'est pas anodin non plus, c'est quasi aussi grave.


23 septembre 2009 à 10:11:42
Réponse #19

Sylvain74


(...)
pour une chute sur le cul à faire un joli syndrome de la queue de cheval... Pour ceux qui ont l'esprit mal tourné on ne se transforme pas en Rocco Zizifredy mais par contre de ce côté c'est plutot "game over"....

Sympa ce petit syndrome ! Je viens d'aller voir ça par curiosité : http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/neuro/queue_de_cheval.htm.
Petit extrait :
Citer
Le syndrome complet de la queue de cheval
Il se caractérise par :
- Une paraplégie flasque des 2 membres inférieurs. Tous les muscles du pied, de la jambe et de la face postérieure de la cuisse sont touchés. Le quadriceps est relativement conservé, le psoas est toujours respecté. Cette paraplégie peut s'accompagner d'une amyotrophie de ces groupes musculaires.
- Des troubles de la sensibilité, à type d'hypo ou d'anesthésie touchant le pied, la jambe, la face postérieure des cuisses, les deux tiers inférieurs de sa face antérieure ; le périnée et la région fessière interne sont aussi atteints réalisant la classique anesthésie en selle des syndromes de la queue de cheval.
La sensibilité profonde est aussi atteinte, ainsi que la sensibilité des muqueuses anorectale, génitale, urétrale, avec perte de la sensation de passage des urines lors des mictions et des selles lors de la défécation.
- Des troubles des réflexes. Les réflexes rotulien, tibio et peronéo-fémoraux, achilléen, médio-plantaire, anal sont abolis. Les réflexes cutanés abdominaux, cremastérien et médio-pubiens sont conservés.
- Des troubles sphinctériens. Ils sont précoces et d'intensité variables. Au début il peut s'agir d'incontinence des urines et d'une incontinence anale relative pour les gaz et les matières liquides. Par la suite la paralysie de la musculature vésicale et rectale va être responsable d'une rétention vesicale et d'une constipation opiniâtre. Au stade ultime, l'atteinte complète du sphincter anal sera la cause d'une incontinence anale totale, de pronostic péjoratif.
- Des troubles génitaux. Chez l'homme on notera une impuissance avec perte de l'éjaculation, chez la femme l'anesthésie de la vulve et du vagin est à l'origine d'une frigidité. Dans les deux cas on notera une perte des sensations voluptueuses par anesthésie génitale.
- Des troubles trophiques peuvent compliquer précocement le tableau clinique. Ce sont surtout les escarres graves sacro-coccygiennes et talonnières.
:o

Pour enfoncer la porte ouverte plus haut, je confirme la bonne ambiance souvent trop détendue en SAE. Perso j'assure avec une simple plaquette de type tube, avec laquelle faut pas s'endormir. En plus c'est GUL (grimpeur Ultra Léger) et polyvalent. Et j'exige la plus grande concentration de mon assureur. L'escalade est un sport plutôt peu risqué, si les (quelques) règles de sécurité sont connues appliquées.

Sylvain.


23 septembre 2009 à 10:35:13
Réponse #20

Berhthramm


Dans tout ce qui est handicap neurologique, notre représentation sociale c'est plutot le "fauteuil roulant", en discutant avec les patients c'est pas le plus mal vécu ce fauteuil... la poche à pisse, l'exonération fécale manuelle (souvent par un tiers), l'impuissance et les troubles de la sexualité sont souvent bien plus péjoratifs et prégnants...


23 septembre 2009 à 11:25:49
Réponse #21

French Kiss


Meme experience de l'assureur qui tchatche en attendant que ca se passe, c'etait une de mes ex, pour la grimpe j'arrivait plus a lui faire confiance...

Quelque soit la relation que vous avez avec la personne qui vous assure, si vous pouvez pas lui faire comprendre qu'elle tient votre vie entre ses mains et qu'elle doit se comporter en consequence, pas de scrupule, trouvez quelqu'un d'autre!

Ca m'a toujours paru bizarre ce paradoxe du monde de la grimpe, le cote cool, relax, rastafari sans soucis qui colle pas avec l'exigence d'attention et de rigueur propre au milieu vertical... comme les gugusses qui font une chute seche et brutale, qui s'en sorte indemne sans penser a controler et/ou changer la corde... ca pardonne une fois, pas deux  :closedeyes:
"En cas de morsure de vipère, sucez-vous le genou, ça fait marrer les écureuils." extrait de l'Almanach de Desproges

23 septembre 2009 à 11:27:18
Réponse #22

Sylvain74


Yep...
Un peu HS mais pour rebondir sur ton propos Berhthramm, j'ai fais la démarche, dans le cadre du BEES parapente, de me former à ce qu'on appelle le "Hand'Icare", c'est à dire le vol en fauteuil.
Nous arrivions avec pas mal d'à-priori notamment sur la gestion du fauteuil, et il s'est avéré que finalement cet appareil est "facilement" gérable avec un peu d'habitude. C'est technico-technique, quoi...

Par contre j'ai été marqué par tout ce qui va se greffer à ce geste purement technique de décollage, vol et atterrissage avec 3 roues au lieu ce 2 jambes.
- La gestion du temps (tout est plus difficile en tant qu'handi, donc être cool !),
- de la température (certains ont de gros problèmes de thermorégulation et ne sentent pas venir le coup de chaud ou l'hypothermie,
- gestion du pipi (un valide va se tourner vers le 1er arbre venu... un handi devra se sonder ou gérer la poche, le tuyau et tout le bordel...), donc ménager potentiellement un espace et du temps pour s'en occuper,  
- le côté émotionnel (j'ai rencontré des personnes à qui il ne pouvait plus rien arriver, puisque de toute manière c'est déjà fait... ; et d'autres extrêmement préoccupées, peureuses...),
- le risque d'escarres, très grave pour un handi, et qui peut arriver très vite à cause d'une petite sangle mal placée ou d'un pli de vêtement,
- difficultés d'accès (avez-vous déjà testé une journée en fauteuil ? Dingue comme la moindre petite pente est innaccessible à un fauteuil de ville !)
 - autres joyeusetées (membres qui s'énervent tout seuls, tremblements, douleurs)...

Bref, le fauteuil comme tu dis, me semblait être un peu le moindre mal... Très belle expérience pour moi, ça remet les choses en place.

Sylvain.


23 septembre 2009 à 13:27:14
Réponse #23

Anke


Max, tétra( s'est pris uen bagnole dans la gueule en 2003). Fauteuil roulant électrique. Ne sort plus ou prattiquement plus. Il a 36 ans. Sondage urinaire par mes soins entre 2 et 4 fois par jour ( donc risque +++ d'infection urinaire, de toute façon, on considère d'entrée de jeuqu'il est infecté !). Exctraction manuelle des selles par mes soins tous les jours. Toilette complête 2 fois par jours, se chie dessus. Porte un étui pénien en permanence, étui pénien qui se décolle de sa verge de temps en temps et il ne s'en aperçoit pas forcément, donc il se pisse dessus. Il lui faut quelqu'un pour vider sa poche à urine. Il pèse 95 kilos, pour le bouger du lit au fauteuil( et inversement) faut un lève-malade. Pour lui faire prendre une douche (2 à 3 fois par semaine) il a fallu aménager une salle de bain spéciale chez lui avec du matos adapté. Il faut qu'il de fasse raser tous les jours. Il ne peux manger tout seul. Il ne peut mettre un cd dans la tv pour regarder un film...



TOUS LES JOURS... il faut que je trouve une connerie à lui dire pour qu'il n'ai pas envie d'en finir... C'est dur pour moi, je vous raconte pas comment ça doit être dur pour lui. Il n'aura pas d'enfant, ni de femme.... jamais...

put**n.. L'Ours tu fais chier avec ton fil.... ;)

23 septembre 2009 à 13:39:26
Réponse #24

DavidManise


<humour = "ultra noir, bien serré">
De toute manière s'il veut en finir c'est pas dangereux il risque pas d'y arriver tout seul"... ::)
</humour>

(là y'a 25% des gens qui éclatent de rire parce que c'est trop énorme, et 75% des gens qui pensent que je suis un monstre...   :-\)

D'ailleurs c'est peut-être bien ça, le pire.  La privation de liberté ultime...  

Ouais, je sais.  Je fais chier avec mon fil.  Mais c'est peut-être pas plus mal que certains comprennent comment ça se traduit concrètement, dans la réalité, de pas être assuré par un mec fiable, de rouler trop vite en moto, de faire le c*n dans les pentes raides, etc.

Pour plein de mecs, d'aller montrer leurs hémorroïdes au toubib c'est une situation de stress intense, alors que de rouler à 180 en moto c'est le pied...  ce genre d'anecdotes (et je l'espère mon humour ultra noir de m*rde) pourra peut-être les faire réfléchir.

Ciao ;)

David

P.S.: et là, toi qui lis ce fil et qui fais le con sur la route ou en falaise ou ailleurs...  t'imagines pas que t'auras nécessairement la chance et le privilège d'avoir un mec comme Anke pour s'occuper de toi...  y sont pas tous aussi bien.
« Modifié: 23 septembre 2009 à 13:46:56 par DavidManise »
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avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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