Hum hum... charmant tout ça !
Perso j'ai déjà passé pas mal de nuits dans la nature, sous tente, sursac, bâche ou hamac. Ca s'est toujours bien passé : en général une fois que j'ai intégré dans mes 2 neurônes que c'est bon, je suis dehors, que je ne crains rien de bien méchant et qu'il est normal d'entende du bruit, je dors du sommeil du juste.
Mais là... là... je reviens de Corse, où je peux vous dire que c'est quand même bien différent sur l'Ile de Beauté...
Les animaux nocturnes et bruyants le sont 3 fois plus que sur le continent, et surtout bien moins sauvages.
Notre première nuit, ma copine et mois l'attendions avec impatience, après une semaine de boulot, une nuit sur la route, une matinée sur le bateau et une après-midi à pédaler (cyclotourisme oblige...) Fatigués, rincés...
Une dose de pates cuites au feu de bois sur mon réchaud de lamortquitue en boite de conserve et grillage fin anti-escarbilles, et on file se coucher sous la tente. Il est 20 h. Les chouettes se répondent de proche en loin, c'est agréable comme tout. Pas un bruit à part le bruissement des feuilles dans le vent et quelques bruits de litière brassée par je ne sais quelle souris. On va bien dormir !

A 20h45, déjà endormis, le bordel commence avec les sangliers qui fouinent vers les vélos et le sac de bouffe. Une gueulante en sortant de la tente, je vois une quinzaine de culs partir en courant. Assurage du sac bien en hauteur, histoire de passer une nuit tranquille. Si ils reviennent, peuvent toujours tenter, c'est trop haut.

Pas de bol, à 21h30 un espèce de ronflement-grognement rauque commence à se rapprocher doucement de la tente. Marylène flippe, moi de même même si je ne l'avouerai jamais même sous la torture. Puis ça cesse. On n'a pas réussi à identifier le bruit, mais on se rendort pour une demie heure. Grosse poussé de fièvre pour moi, je suis trempé de sueur et grelottant. Marylène surmonte sa frousse, et va chercher à la frontale la pharmacie restée perchée avec la bouffe... Pas fier le Sylvain.

Rebelotte une fois rentrée dans la tente le bruit non identifié recommence et va maintenant chercher dans les aigus. Genre meuglement... Je commence à croire qu'il s'agit d'un bovin. La bête à corne est de plus en plus énervée, il doit s'agit d'un taureau en rut. Ca beugle de plus en plus, et même moi qui ai bossé 2 ans avec des laitières je n'ai jamais entendu une telle gamme de beuglements sourds et énervés. On entends ses pas à quelques mètres de la tente ! Je peux vous dire qu'on ne bronchait pas, dans nos quelques mètres carrés de tissus ! Finalement la bête fini par s'éloigner en grognant de plus belle.

Heureusement, puisqu'à 3 h la gastro me prend (elle me lachera au bout de 3 jours, super pour pédaler en Corse...) et m'oblige à sortir de la tente. Mais on l'a entendue jusqu'au petit matin à quelques centaines de mètres dans la forêt de chênes-lièges. On fini par fermer l'oeil vers 6h, pour mieux le rouvrir vers 7 h, prêts à nous lever...
Au final en décampant la gueule en biais on a apperçu au loin la "bête féroce" : un jeune taureau famélique un brin énervé, qui tournait et virait, le nez en l'air, à la recherche de je ne sais quoi, je dirais d'une belle génisse en chaleurs étant donné les vocalises... Inquiétant, de nuit, avec la copine dans le rôle de l'amplificateur de trouille !

Bilan de l'opération, une seconde nuit blanche, et surtout la féroce certitude que finalement, les 10 € d'un camping valent largement la nuit tranquille quasiment garantie... Et ce fut le cas pour le reste du séjour. Quand à la nuit sous la bâche que je m'étais promis de faire passer à Marylène pour lui faire découvrir la nuit à la belle, bah... ça se fera une autre fois, dans une nature plus calme !
Sylvain
Moi, trouillard ?
