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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Article : Quand est-ce que quelqu'un apprend une langue ?  (Lu 2812 fois)

14 septembre 2009 à 20:41:36
Lu 2812 fois

Karto


Salut :)

Aucun rapport avec la survie, tout au mieux avec certaines formes de vie sauvage  ;)
Juste alors que je m'empêtre dans l'apprentissage d'une nouvelle langue depuis quelques semaines, je divaguais sur internet et suis tombé sur cet article clair et divertissant, et surtout assez prenant pour quiconque se frotte de près ou de loin à plusieurs langues dans son quotidien ;)

J'aime spécialement bien la partie traitant des enfants de parents immigrés ou bi-nationaux, on sera quelques uns à se reconnaître. Sans parler des mecs enfants de couple bi-national vivant eux-même à l'étranger avec une nénette d'un quatrième pays...

http://www.zompist.com/whylang.html

Citer
My concern here is to look at what linguistics can tell us about why and when people learn a language. (Summary: It's not easy, so they'll try not to.) I'll also cover the subsidiary questions that usually interest folks more: How can I learn a language? and, How can I make other people learn this language?
« Modifié: 14 septembre 2009 à 21:59:35 par Karto »

14 septembre 2009 à 21:36:45
Réponse #1

Vulpus


Etant prof en langue étrangère, cet article m'intéresse énormément.
La plus grande sagesse est de paraitre fou - Dionysius Caton

14 septembre 2009 à 21:48:03
Réponse #2

Karto


Ca me fait plaisir :)
J'avoue que je pensais à toi en postant ça, mais aussi à Lambda, à Serge, et aussi aux belges et aux suisses, aux québecois et à tous ceux qui ne rentrent pas dans des catégories mais qui s'intéressent à ces trucs.

09 avril 2010 à 16:50:22
Réponse #3

lambda


un peu déterrage de post... je sais  :-[
mais là, plus envie au boulot cet aprèm... du coup en flanant...je suis tombé ou retombé la dessus.

Français, naturellement pas doué pour les langues étrangères  :-[ , avec une douce, allemande, et bossant dans une boite ou le trilinguisme est obligatoire (anglais, français, allemand) dans un pays néerlandophone, crapahutant souvent "là haut" et tentant d'apprendre 2 opu 3 mots de ci de là de suédois ou Finnois (n'étant pas une langue indo-européenne qui plus est)...

j'avoue y perdre mon latin et parfois causer tout seul sans m'en rendre compte dans une espèce de baragouin "custom" qui me ferait penser au fameux passage de l'enregistrement magneto de "l'exorciste"...  :blink: :D

put**n, sans dec... le silence est d'or  ;D

saloperie de tour de Babel...

a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

09 avril 2010 à 17:29:08
Réponse #4

Wapiti


Bonjour !

Tant qu'on est immergé dans sa langue maternelle ou qu'on y revient la plupart du temps, on ne peut vraiment en apprendre d'autres bien.

L'expérience m'a prouvé dès que les acquis deviennent une nécessité, ils reviennent en force et se complètent.

Sans pratique courante, diminution, voire perte, de l'acquis. Arrêtes de marcher pendant six mois, il te faudra te rééduquer. Plus tu fais quelque chose, mieux tu la fais.

À +

09 avril 2010 à 18:02:54
Réponse #5

Wapiti


Il y a osmose quand on se sent bien. Pourquoi se sent-on bien ? Toute la question est là. Pourtant, il y a peu d'endroit où ça nous arrive.

Je l'ai constaté et un peu analysé pour comprendre, il y a 6 ans, à Vienne (Autriche), j'ai eu à certains moments le sentiment d'être né dans cette ville, que je l'avais toujours connu, alors que je n'y avait pas mis les pieds depuis 25 ans. Pourquoi, cette sensation ? je ne peux l'expliquer. En deux jours mon allemand était revenu (je suis loin de le parler couramment).

L'identité (l'éclectisme serai plus juste) culturelle s'érige peu à peu sur nos propres fondations que d'autres bâtirent pour nous. Sans elles l'édifice serait toujours branlant, bien que nous en soyons les principaux maçons. 

À +



« Modifié: 09 avril 2010 à 18:10:31 par Wapiti »

09 avril 2010 à 18:30:37
Réponse #6

Bison


Bah ... je mets un pied sur le continent africain, et je suis chez moi!

J'ai perdu presque tout mon vocabulaire, mais au détour d'une rencontre, cela revient vite de vite.
J'avais appris en jouant aux billes dans la rue avec des gamins africains de mon age ...

C'est troublant de ne pas être "chez soi" là où l'on vit.

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

09 avril 2010 à 18:57:42
Réponse #7

** Mathieu **


Les nomades ont une langue aussi.

La langue, le chez-soi ont à voir avec la ritournelle.

Le territoire.

Quel est ton territoire ?

Penser aux exilés de tout bord. Exil = déchirure

Identité.

09 avril 2010 à 19:10:06
Réponse #8

Wapiti


Dis moi Mathieu la question n'est-elle pas : Quand est-ce que quelqu'un apprend une langue ?

Il me semble, à moins que je ne me trompe, qu'il s'agit d'apprendre une langue et non pas de celle que l'on parle.

Ou alors, je n'ai rien compris.

À +

09 avril 2010 à 20:21:59
Réponse #9

Lily


Dis moi Mathieu la question n'est-elle pas : Quand est-ce que quelqu'un apprend une langue ?

Il me semble, à moins que je ne me trompe, qu'il s'agit d'apprendre une langue et non pas de celle que l'on parle.

Ou alors, je n'ai rien compris.

À +


Bon, moi je ne suis malheureusement pas née dans un milieu multiculturel mais il me semble, à la lecture du lien donné par Karto, que l'apprentissage de la langue, même s'il est naturel dans les premières années,  répond ensuite à des questions identitaires (à quel groupe veut-on s'identifier ? avec qui parle-t-on quelle langue ?) qui sont essentielles à prendre en compte pour tenter de répondre à la question de base. Dans les couples bi-nationaux et/ou multi-territoriaux, ce choix de la langue un élément-clef de la construction de l'identité et de l'appartenance, qui sont des questions très délicates pour les exilés de naissance.
Du coup, je rejoins Mathieu, je crois : la langue, c'est le territoire des exilés.
If you think you are too small to make a difference, try sleeping with a mosquito

09 avril 2010 à 23:23:16
Réponse #10

** Mathieu **


la langue, c'est le territoire des exilés.

C'est un bel aphorisme. Qui m'a donné envie de réfléchir.

Différent de ce que j'ai essayé de suggérer - de manière un peu évasive je le reconnais.

__________________________

C'est comme un cercle :

Langue = Territoire = Identité = Langue

__________________________

C'est animal.

Je pense à K. Lorenz dans L'agression :
Citer
Tout comme les couleurs des poissons de corail, le chant du rossignol signale de loin à tous ses congénères qu'un territoire a trouvé un propriétaire définitif.

__________________________

Mais le territoire, c'est aussi ce qui structure le chaos. 

Je pense à ce passage de Mille Plateaux :
Citer
I. Un enfant dans le noir, saisi par la peur, se rassure en chantonnant.
Il marche, s'arrête au gré de sa chanson. Perdu, il s'abrite comme il peut,
ou s'oriente tant bien que mal avec sa petite chanson.
Celle-ci est comme l'esquisse d'un centre stable et calme,
stabilisant et calmant, au sein du chaos.
Il se peut que l'enfant saute en même temps qu'il chante, il accélère ou ralentit son allure ;
mais c'est déjà la chanson qui est elle-même un saut :
elle saute du chaos à un début d'ordre dans le chaos,
elle risque aussi de se disloquer à chaque instant.
Il y a toujours une sonorité dans le fil d'Ariane. Ou bien le chant d'Orphée.

II. Maintenant, au contraire, on est chez soi.
Mais le chez-soi ne préexiste pas :
il a fallu tracer un cercle autour du centre fragile et incertain,
organiser un espace limité.
Beaucoup de composantes très diverses interviennent, repères et marques de toutes sortes.
C'était déjà vrai dans le cas précédent.
Mais maintenant ce sont des composantes pour l'organisation d'un espace,
non plus pour la détermination momentanée d'un centre.
Voilà que les forces du chaos sont tenues à l'extérieur autant qu'il est possible,
et l'espace intérieur protège les forces germinatives d'une tâche à remplir, d'une oeuvre à faire.

10 avril 2010 à 01:23:43
Réponse #11

jeantroovpa


Exact.
C'est incroyable ce qu'une semaine, ou deux, hors d'un terreau spécifique peuvent déjà entrainer comme différence. Ou faire naître la sensation que l'on " perd " une de ses langues, qu'on la maîtrise moins.
Très étrange. De même que les accents, la prononciation.

Une question pour les autres multicultural aliens : avez-vous déjà constaté qu'au contact de toutes ces cultures, de toutes les langues pratiquées, une identité culturelle se dessine peu à peu avec l'âge, se renforce avec le temps, et devient prédominante sur la longueur ?
Et devient votre identité majeure, quelle que soit votre terre d'origine, votre lieu de vie, vos racines.

mimétisme, tout simplement ?
avec l'habitude d'utiliser une langue alors on doit instinctivement faire en sorte de l'utiliser mieux, du coups on doit s'imprégner de ce qui pourrait aider, que ce soit des rôles (persos de cinémas), des attitudes, des "ancrages" culturels (ich love mimolette) ou autre.

quand je lis pas mal en anglais, je me sens plus franco/anglais que français, quand je lis pas d'anglais, ce "trait" se perd plus ou moins, s'enterre ...
ne lisant ou écoutant pas d'anglais pendant deux semaines, j'ai "du mal"; puis au bout de 2-3jours, je reprends "le coups" et je me sens par la même "moins francais". je me demande même jusqu'à quel point les gouts peuvent changer


Le cerveau a une certaine plasticité mais il a une certaine limite (=>habitudes) qu'il doit sans doute compenser par divers moyens (le sentiment d'être francais/sans culture/.../etc)

Concernant l'identité: à avaler des cultures étrangères (anglais/asie/français) j'ai l'impression d'être perméable, je ne sais pas ce que cela donnerait sur le terrain mais finalement, je ne me sens d'une facon générale, plus vraiment français ... 

Pour reprendre l'idée de mimétisme, je me souviens que gamin en voyage dans le sud de la france, au bout de deux semaines je m'étais mis à parler avec l'accent du sud; les locaux ne s'y seraient peut être pas trompés mais ... je me sentais désormais comme "vivant dans le sud" et non "vivant dans le nord" ...

Enfin, il me semble que moins on est ancré dans une culture et plus on a de facilité à en avaler une autre: exemple en autre, moins il y a de contacts sociaux, plus il est facile de passer d'une culture à une autre...

Ce que je dis s'appuis beaucoup sur les films, livres, et etc; sur le terrain ca serait peut être différent mais me semble qu'il y a des idées

10 avril 2010 à 10:35:24
Réponse #12

Wapiti


C'est pareil pour les accents régionaux. J'ai tellement changé de régions dans ma jeunesse et voyagé dans un certains nombre de pays étrangers qu'il est difficile de déterminer avec précision de quelle région de France, je viens. Dans le Sud, on dira que j'ai l'accent pointu (sans pouvoir dire que j'habite l'île de France), dans le Nord (pas le département), on trouvera que j'ai l'accent un peu chantant.

À partir d'un certain âge l' « imprégnation » est moins naturelle, spontanée, plus difficile parce que des quantités d'acquis ont forgé une personnalité. En revanche, l'adaptation à de nouvelles circonstances est plus volontaire, décidée et réfléchie, pas subie ; c'est pourquoi il y a acceptation ou refus, l'un comme l'autre étant réfléchi. Dire non ou oui c'est aussi du à l'ignorance.

Très rares sont les Britanniques qui parles le français sans aucun accent. L'inverse n'est pas vrai.

Concernant l'Europe, nonobstant la langue, ces pays ont une culture commune avec quelques variantes (notamment culinaires, d'alphabet, etc.), parce qu'ils ont une histoire commune deux fois millénaire. Selon ses gênes on se sent plus germain que latin ou slave.

Si les siècles atténues les différences, seuls les millénaires les effacent.


10 avril 2010 à 11:35:53
Réponse #13

Patrick


C'est exactement l'inverse de ce que je décris, et c'est ce qui m'étonne.
Le mimétisme voudrait qu'usant de la langue française, habitant en territoire bilingue ( français-néerlandais ) européen, je me sente de plus en plus européen, belge, bruxellois.

Or, usant de la langue française, habitant en territoire bilingue ( français-néerlandais ) européen, je pense en bilingue ( français- américain ), et me sens de plus en plus proche de mes racines québecoises et américaines.

Ma surprise vient exactement de là. Il ne s'agit pas d'un " effet ", mon entourage prenant acte de cela, également. C'est très étrange. La sensation de déracinement prenant de l'ampleur au fur et à mesure de l'évolution et des ans passés.
Je me demande si tu ne nous fais pas un coup de communautarisme isolé. Je m'explique, le quotidien est source de frustration et la tentation du "mieux ailleurs" est vive. N'aurions nous pas tendance a aspirer à un mieux ailleurs phantasmé ?

Depuis que j'habite à Avignon, je ne me suis jamais autant sentit Marseillais  ;D Rigolez pas, c'est une autre culture et une autre langue.

Bon rassurez-vous je ne me peint pas encore la tronche en blanc et bleu et je ne psalmodie pas non plus "oh hisse enc...."

Il y a même des jours où mes origines Samoane, me donne envie de régler les problème à coup de Taiha et de faire disparaître le malveillant dans une marmitte, mais je lutte.  ;D

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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