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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Maladie génétique rare !  (Lu 19823 fois)

02 novembre 2009 à 19:34:28
Réponse #50

Anke


un peu Hs, ( mais pas tant que ça)
Tu vois Lilou, le Gros, c'est un guerrier, au sens fort du terme, au sens plein du terme, délivrant sans cesse des messages d'espoir...
Nous sommes pleins ici à t'épier, à regarder, à dire. Mais aucun doute là-dessus, même si on te "booste" un peu avec les mots, aucun de nous ne fera à ta place. Prends confiance, fais les choses, nous on veille, comme des grand-frères, mais tu reste la seule maitresse de ce que tu as à faire.
Fin du Hs ( mais pas tant que ça)
En fait on peut s'apercevoir au fil des messages de ce post( et d'autres aussi), que nous veillons les uns sur les autres... ;)

02 novembre 2009 à 19:35:58
Réponse #51

lilou6201


HS: MErci à vous deux et aux autres qui veillent su rmoi dans l'ombre, ça fait plaisir en ces moments difficiles !!! Fin HS  :love: :love: :love:

02 novembre 2009 à 20:27:28
Réponse #52

Mrod


Merci Guillaume d'avoir fait remonté ce fil car j'étais passé à coté pendant mon absence du forum.

 :'( :'( :'(
J'envoi un mp à mon gro puis je prends un peu de recul pour faire avancer ce sujet qui me touche énormément car je me suis occupé de personnes en situation de handicap mental et je les aimes et leur rends visite encore très souvent.

A chaud:
Je remarque que beaucoup de gens mélange handicap et maladie, pour moi ce sont deux choses différentes. Handicap ne signifie pas que la personne est malade, que ce soit dans son corps ou son esprit.

Calou, tu dis que Thomas n'est pas parfait, mais qui l'est? Et de mon point de vue, qui ne l'est pas?

Tu dis aussi "n’hésitez pas à demander des aides."
Je vais le hurler: n’hésitez pas à demander de l'aide !
C'est impossible de s'occuper d'un enfant en difficulté seul ou même à deux.

Une petite histoire. J'ai bien connu un couple d'éduc spé qui ont une fille handicapée lourde. Au départ les médecins ont dit, elle ne parlera jamais, elle ne marchera jamais, etc, etc. Et bien elle parle à sa façon, elle ne prononce pas les consonnes alors faut avoir l'habitude et on comprends presque tout. Elle marche et cours même malgré une hémiplégie partielle. Bref ses parents ont fait un travail énorme avec elle et ça leur a couté leur mariage même s'ils sont resté en bons termes. Même eux qui sont pourtant des professionnels ont dû demander de l'aide et avoir du soutiens alors n'hésitez pas à reconnaître que vous n'êtes superman et que vous avez besoin d'aide.


A plus tard,
Nico
« Modifié: 02 novembre 2009 à 20:37:59 par Mrod »
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

02 novembre 2009 à 20:40:06
Réponse #53

Gros Calou


 :'( :'( :'( :love: :love: :love: :love: :love:

Merci mon Nico

 :love:

02 novembre 2009 à 20:51:44
Réponse #54

Mrod


Encore à chaud, mais j'ai oublié de le dire.

Merci Gro pour ton témoignage,
Merci à tous ceux qui participe et ont participé à ce fil
Merci à tous les membres de ce forum qui le font vivre car il est unique, au delà de son thème principal la survie.
Merci à chacun d'être qui il est et ce qu'il est.
Merci à la vie d'avoir fait de moi ce que je suis, malgré toutes les saloperies.

 :love: :love: :love:

Nico,
qui pleure encore
« Modifié: 02 novembre 2009 à 21:04:35 par Mrod »
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

09 novembre 2009 à 10:59:12
Réponse #55

Mrod


Bon, j'ai un peu refroidi mais c'est le genre de sujet qui me rends bouillonnant alors j'ai pas beaucoup de recul.

Voici mon témoignage,
J'ai vécu pendant plus d'un an dans un foyer pour adultes en situation de handicap mental dont certains très lourdement qui avaient besoin d'un accompagnement même dans les tâches les plus simples de la vie (manger, aller aux toilettes, se laver, etc). Je dit "vécu" car la particularité dans cette fondation c'est que les accompagnants vivent sur place, on a chacun sa chambre et on partage tout. On appelle ça un foyer car c'est le terme générique mais ça ressemble plutôt à une grande maison ou vie une grande famille, ça résume bien l'état d'esprit. Je ne dit pas "j'ai travaillé" car on ne peux pas considérer tout le temps qu'on donne comme du travail sinon cela se traduirait par 60 à 70 heures de travail hebdomadaire et si on a cet état d'esprit on craque au bout d'un mois (véridique). Certes on veille au tâches quotidienne; ménage, lessives et repassage toute la matinée pendant que les personnes sont en ateliers. Repas de midi, tous ensemble. L'aprem c'est repos pour les assistants pendant qu'eux retournent en ateliers. A 16h on reprends, ils quittent l'atelier à 17h et on fait des activités diverses pendant que deux d'entre nous prépare le diner. C'est un peu comme la vie d'une mère au foyer, on a le même rôle qu'un parents sauf qu'on est trois et qu'il y a huit personnes dont il faut s'occuper.

Ce temps passé parmi eux à été la plus enrichissante de toute ma vie, la plus forte aussi.
Ces PERSONNES qu'on appelle handicapé,j'aime pas utiliser ce mot, c'est comme si on les limitaient à ça et qu'on oubliait le reste, tout ce qui fait d'eux ce qu'ils sont et surtout qu'on oubliait qu'ils sont avant tout des PERSONNES à part entière.
Bref, ils sont formidables.
Ils nous obligent à nous mettre à leur niveau, nous enseignant l'humilité.
Ils nous poussent à nous regarder en face car il sont de vrai miroir, face à leurs difficultés on voit les notre, face à leur faiblesse on voit la notre.
Ils nous poussent dans nos retranchement, au delà de nos limites car face à leurs limites on se doit de continuer d'avancer, avec eux, pour eux.
Ils nous poussent à être nous même, car ils sont eux même en permanence. On ne peux pas leur mentir, ils ont des antennes, un sixième sens. Ce sont des détecteurs de mensonges ambulants!
Un jour, Alain (doudou pour les intimes, parce qu'il est tendre comme un doudou), comme tout les matins il me demande si je vais bien. Je lui réponds que oui. 2 minutes plus tard il recommence: "Cola ça va?", "oui Alain, ça va bien et toi?". Et rebelote toute la journée, à chaque fois qu'il me croise. Au bout d'un moment je craque, "non Alain, ça va pas bien, je suis triste" et la pas un pourquoi, pas un mot, juste il me prends dans ses bras, me fait un câlin et me serre contre lui du haut de son mètre soixante cinq et ses 85kg. Alain est trisomique, parfois il ne sent pas sa force il a déjà cassé une côte à un mec en jouant (gentiment) et pourtant là il m'a serré juste ce qu'il fallait pour que je puisse me détendre, lâcher prise, me sentir porter par quelqu'un d'autre, comme s'il avait pris mon fardeau qui me semblait si lourd et qu'il était parti avec. Inutile de comprendre le pourquoi, c'est un de ses dons, il apaise les autres.

J'en ai plein des histoires comme celle là, des tonnes, que j'ai vécu ou qu'on m'a raconté.

Mais c'est pas facile tout les jours, vous vous en doutez. Les parents d'enfants en difficulté savent de quoi je parle (y'a pas que les enfants handicapé qui sont "difficile" à élever). Parfois on doit faire face à leur violence, violence qu'ils accumulent en eux et ne savent pas quoi en faire. Nous on sait plus ou moins la gérer, la canaliser. Mais eux ça s'accumule et d'un coup ça sort, parfois on le voit venir, quand on les connait bien, parfois ça explose on sait trop pourquoi et faut faire face, être là malgré tout et surtout ne pas leur en vouloir (c'est pas facile pour tout le monde).
Une des femmes de mon foyer est psychotique et fait des crises très violentes, elle fait 70kg et pourtant il faut être deux personnes expérimentée pour la maitriser au sol. C'est comme un berzerk en frénésie (pour ceux qui connaissent), d'ailleurs je me demande si les Zerks étaient pas des psychotiques et je suis pas le seul à le penser mais c'est un autre sujet (d'ailleurs on en à déjà parlé ailleurs). Une fois j'étais seul avec elle dans le bureau je ne sais plus pourquoi et je l'ai senti monter en pression, sans raison, j'ai tenté la "désescalade" mais rien à faire. Elle m'a pris le bras et à baissé la tête (ça va péter), elle essaye de se contenir ça me laisse un peu de temps mais pas assez (2 ou 3 secondes), j'ouvre la porte et j'appelle à l'aide. Pas le choix va falloir gérer le truc tout seul en attendant du renfort. Même pas la peine de tenter une clé de bras pour qu'elle me lâche, elle n'est plus "consciente", elle ne ressent pas la douleur. Faut pas que je lui fasse mal surtout. Balayette en l'accompagnant pour la mettre au sol et je me met à califourchon sur elle en lui maintenant les bras en croix sur la poitrine. Elle a déjà commencé à m'insulter "enc**é, je fais te buter salopard" et me planter ses ongles (dans ma tête: "qui a oublier de lui couper! aille!), voilà quelle essaye de me mordre. Elle se débat, des fois elle arrive à me faire lâcher un de ses bras mais je le rattrape vite pour pas qu'elle m'arrache la tronche. Comme ça pendant plus de trois minutes, personne ne m'a entendu appeler au secours. Merci l'adrénaline, à la fin je suis épuisé. Elle reviens à elle.
"Ca va Anne-Laure? Je peux te lacher?"
On se relève, on s'assoit.
"Excuse moi Nico. Je ne t'ai pas fait mal"
"Non, tout va bien, ça a juste été très difficile de te maintenir seul"
"Je suis désolé, tu me pardonne ?"
"Bien sur que je te pardonne, je sais que ce n'est pas de ta faute et que tu ne voulais pas"

C'est la personne la plus difficile à accompagner que j'ai jamais rencontré. Pourtant c'est celle que j'aime le plus, certainement parce que j'ai beaucoup de compassion pour elle et qu'au delà de ses crises c'est une personne formidable.



Je vous ai décri le meilleur comme le pire. Je l'ai vécu et si j'avais su à l'avance j'y serai quand même allé.

C'est un sujet qui me tient à cœur car je me bâts pour que ces personnes soit reconnues pour leurs dons et qu'ils aient une place dans notre société. Que chacun dépasse la barrière illusoire de la différence qui nous sépare, illusoire car nous sommes tous différents et pourtant nous sommes tous pareils car nous recherchons tous la même chose, entrer en relation les uns avec les autres, être aimé et reconnu pour ce que nous sommes. C'est mon devoir de témoigner de ce que j'ai vécu et inciter les gens à aller vers l'autre car c'est par la relation à l'autre qu'on grandit et s'épanouit.

J'ai un profond respect pour leurs parents car moi ça a duré un peu plus d'une année mais eux c'est toute leur vie qu'ils doivent être présent pour leur enfant et ils ne peuvent pas abandonner.

Nico
« Modifié: 09 novembre 2009 à 11:07:47 par Mrod »
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

09 novembre 2009 à 20:59:08
Réponse #56

haflinger


Mrod   :love:

Pleins de questions à ce sujet (peut-être en MP pour éviter de "polluer" le fil?) T'as fait quelques formations "spécialisées" je suppose? Si oui, quel genre? Et tu as fait ça où (même si je suppose qu'il existe des foyers du genre un peu partout)?

C'est bien un truc dont je rêve, m'occuper de ces Personnes! Bon, pas tout de suite hein, mais au fur à mesure des rencontres, ça se précise, ça s'éclaircit.

Je vous ai décri le meilleur comme le pire. Je l'ai vécu et si j'avais su à l'avance j'y serai quand même allé.

C'est un sujet qui me tient à cœur car je me bâts pour que ces personnes soit reconnues pour leurs dons et qu'ils aient une place dans notre société. Que chacun dépasse la barrière illusoire de la différence qui nous sépare, illusoire car nous sommes tous différents et pourtant nous sommes tous pareils car nous recherchons tous la même chose, entrer en relation les uns avec les autres, être aimé et reconnu pour ce que nous sommes. C'est mon devoir de témoigner de ce que j'ai vécu et inciter les gens à aller vers l'autre car c'est par la relation à l'autre qu'on grandit et s'épanouit.

J'ai un profond respect pour leurs parents car moi ça a duré un peu plus d'une année mais eux c'est toute leur vie qu'ils doivent être présent pour leur enfant et ils ne peuvent pas abandonner.

Nico
Re-re- :love:

Merci pour ton témoignage!

A bientôt,

Marie
"Seigneur, donne moi la patience... Parce que si tu me donnes la force, je lui éclate sa gue*le !"

09 novembre 2009 à 21:23:07
Réponse #57

Gros Calou


Yo   :)

Haflinger, si tu poses des questions, tu ne pollues pas le post, tu ouvres des portes et posera les questions que d'autres n'osent peut-être pas poser.

Alors zyva  :doubleup:

09 novembre 2009 à 21:28:20
Réponse #58

Gros Calou


Bon, j'ai un peu refroidi mais c'est le genre de sujet qui me rends bouillonnant alors j'ai pas beaucoup de recul.

Voici mon témoignage,
J'ai vécu pendant plus d'un an dans un foyer pour adultes en situation de handicap mental dont certains très lourdement qui avaient besoin d'un accompagnement même dans les tâches les plus simples de la vie (manger, aller aux toilettes, se laver, etc). Je dit "vécu" car la particularité dans cette fondation c'est que les accompagnants vivent sur place, on a chacun sa chambre et on partage tout. On appelle ça un foyer car c'est le terme générique mais ça ressemble plutôt à une grande maison ou vie une grande famille, ça résume bien l'état d'esprit. Je ne dit pas "j'ai travaillé" car on ne peux pas considérer tout le temps qu'on donne comme du travail sinon cela se traduirait par 60 à 70 heures de travail hebdomadaire et si on a cet état d'esprit on craque au bout d'un mois (véridique). Certes on veille au tâches quotidienne; ménage, lessives et repassage toute la matinée pendant que les personnes sont en ateliers. Repas de midi, tous ensemble. L'aprem c'est repos pour les assistants pendant qu'eux retournent en ateliers. A 16h on reprends, ils quittent l'atelier à 17h et on fait des activités diverses pendant que deux d'entre nous prépare le diner. C'est un peu comme la vie d'une mère au foyer, on a le même rôle qu'un parents sauf qu'on est trois et qu'il y a huit personnes dont il faut s'occuper.

Ce temps passé parmi eux à été la plus enrichissante de toute ma vie, la plus forte aussi.
Ces PERSONNES qu'on appelle handicapé,j'aime pas utiliser ce mot, c'est comme si on les limitaient à ça et qu'on oubliait le reste, tout ce qui fait d'eux ce qu'ils sont et surtout qu'on oubliait qu'ils sont avant tout des PERSONNES à part entière.
Bref, ils sont formidables.
Ils nous obligent à nous mettre à leur niveau, nous enseignant l'humilité.
Ils nous poussent à nous regarder en face car il sont de vrai miroir, face à leurs difficultés on voit les notre, face à leur faiblesse on voit la notre.
Ils nous poussent dans nos retranchement, au delà de nos limites car face à leurs limites on se doit de continuer d'avancer, avec eux, pour eux.
Ils nous poussent à être nous même, car ils sont eux même en permanence. On ne peux pas leur mentir, ils ont des antennes, un sixième sens. Ce sont des détecteurs de mensonges ambulants!
Un jour, Alain (doudou pour les intimes, parce qu'il est tendre comme un doudou), comme tout les matins il me demande si je vais bien. Je lui réponds que oui. 2 minutes plus tard il recommence: "Cola ça va?", "oui Alain, ça va bien et toi?". Et rebelote toute la journée, à chaque fois qu'il me croise. Au bout d'un moment je craque, "non Alain, ça va pas bien, je suis triste" et la pas un pourquoi, pas un mot, juste il me prends dans ses bras, me fait un câlin et me serre contre lui du haut de son mètre soixante cinq et ses 85kg. Alain est trisomique, parfois il ne sent pas sa force il a déjà cassé une côte à un mec en jouant (gentiment) et pourtant là il m'a serré juste ce qu'il fallait pour que je puisse me détendre, lâcher prise, me sentir porter par quelqu'un d'autre, comme s'il avait pris mon fardeau qui me semblait si lourd et qu'il était parti avec. Inutile de comprendre le pourquoi, c'est un de ses dons, il apaise les autres.

J'en ai plein des histoires comme celle là, des tonnes, que j'ai vécu ou qu'on m'a raconté.

Mais c'est pas facile tout les jours, vous vous en doutez. Les parents d'enfants en difficulté savent de quoi je parle (y'a pas que les enfants handicapé qui sont "difficile" à élever). Parfois on doit faire face à leur violence, violence qu'ils accumulent en eux et ne savent pas quoi en faire. Nous on sait plus ou moins la gérer, la canaliser. Mais eux ça s'accumule et d'un coup ça sort, parfois on le voit venir, quand on les connait bien, parfois ça explose on sait trop pourquoi et faut faire face, être là malgré tout et surtout ne pas leur en vouloir (c'est pas facile pour tout le monde).
Une des femmes de mon foyer est psychotique et fait des crises très violentes, elle fait 70kg et pourtant il faut être deux personnes expérimentée pour la maitriser au sol. C'est comme un berzerk en frénésie (pour ceux qui connaissent), d'ailleurs je me demande si les Zerks étaient pas des psychotiques et je suis pas le seul à le penser mais c'est un autre sujet (d'ailleurs on en à déjà parlé ailleurs). Une fois j'étais seul avec elle dans le bureau je ne sais plus pourquoi et je l'ai senti monter en pression, sans raison, j'ai tenté la "désescalade" mais rien à faire. Elle m'a pris le bras et à baissé la tête (ça va péter), elle essaye de se contenir ça me laisse un peu de temps mais pas assez (2 ou 3 secondes), j'ouvre la porte et j'appelle à l'aide. Pas le choix va falloir gérer le truc tout seul en attendant du renfort. Même pas la peine de tenter une clé de bras pour qu'elle me lâche, elle n'est plus "consciente", elle ne ressent pas la douleur. Faut pas que je lui fasse mal surtout. Balayette en l'accompagnant pour la mettre au sol et je me met à califourchon sur elle en lui maintenant les bras en croix sur la poitrine. Elle a déjà commencé à m'insulter "enc**é, je fais te buter salopard" et me planter ses ongles (dans ma tête: "qui a oublier de lui couper! aille!), voilà quelle essaye de me mordre. Elle se débat, des fois elle arrive à me faire lâcher un de ses bras mais je le rattrape vite pour pas qu'elle m'arrache la tronche. Comme ça pendant plus de trois minutes, personne ne m'a entendu appeler au secours. Merci l'adrénaline, à la fin je suis épuisé. Elle reviens à elle.
"Ca va Anne-Laure? Je peux te lacher?"
On se relève, on s'assoit.
"Excuse moi Nico. Je ne t'ai pas fait mal"
"Non, tout va bien, ça a juste été très difficile de te maintenir seul"
"Je suis désolé, tu me pardonne ?"
"Bien sur que je te pardonne, je sais que ce n'est pas de ta faute et que tu ne voulais pas"

C'est la personne la plus difficile à accompagner que j'ai jamais rencontré. Pourtant c'est celle que j'aime le plus, certainement parce que j'ai beaucoup de compassion pour elle et qu'au delà de ses crises c'est une personne formidable.



Je vous ai décri le meilleur comme le pire. Je l'ai vécu et si j'avais su à l'avance j'y serai quand même allé.

C'est un sujet qui me tient à cœur car je me bâts pour que ces personnes soit reconnues pour leurs dons et qu'ils aient une place dans notre société. Que chacun dépasse la barrière illusoire de la différence qui nous sépare, illusoire car nous sommes tous différents et pourtant nous sommes tous pareils car nous recherchons tous la même chose, entrer en relation les uns avec les autres, être aimé et reconnu pour ce que nous sommes. C'est mon devoir de témoigner de ce que j'ai vécu et inciter les gens à aller vers l'autre car c'est par la relation à l'autre qu'on grandit et s'épanouit.

J'ai un profond respect pour leurs parents car moi ça a duré un peu plus d'une année mais eux c'est toute leur vie qu'ils doivent être présent pour leur enfant et ils ne peuvent pas abandonner.

Nico

Nico ton témoignage  :love: Nico  :love: Pas besoin de te dire pourquoi, tu sais !

 :love:

Gro

 ;)

10 novembre 2009 à 08:20:19
Réponse #59

Mrod


Bonjour,

Citer
Pleins de questions à ce sujet (peut-être en MP pour éviter de "polluer" le fil?) T'as fait quelques formations "spécialisées" je suppose? Si oui, quel genre? Et tu as fait ça où (même si je suppose qu'il existe des foyers du genre un peu partout)?

C'est bien un truc dont je rêve, m'occuper de ces Personnes! Bon, pas tout de suite hein, mais au fur à mesure des rencontres, ça se précise, ça s'éclaircit.

Poses tes questions n'hésite pas ma grande,
Pour répondre aux premières,
J'ai "débarqué" là bas sans aucune formation. Juste une expérience avec des enfants handicapés
et surtout l'absence de la "barrière de la différence" qui nous séparent d'eux car j'ai côtoyé très jeune des enfants handicapés. J'étais moi aussi enfant à cette époque et le plus surprenant c'est que je me souviens d'eux comme d'autres enfants sans faire de différence. Puis le travail social c'est un truc de famille, ma petite soeur est éduc spé.
C'est l'avantage de cette fondation, on donne sa chance à tout le monde. J'ai fait un service volontaire civil de 12 mois et un peu plus comme bénévole car ils avaient besoin que je reste encore un peu le temps de mettre en place une nouvelle responsable du foyer car elle était partie juste avant moi.
Ils ont plus de 35 ans d'expérience dans l'accueil des volontaires donc ils sont rodés.
Durant l'année il y a des formations en continue + deux grosses sessions interne à la fondation. Quand on décide de rester après deux ans de volontariat on passe directement salarié si un poste est disponible et on a accès à des formations qualifiantes en cours d'emploi (AMP, ME, ES), la fondation à son propre centre de formation pour AMP (aide médico-psy).
J'ai fait ça à Chambéry, enfin à La Ravoire pour ceux qui connaissent, et oui il y a des foyers de la même fondation un peu partout dans le monde.
Pour plus de renseignement: http://www.larche.org/ Je préviens tout de suite c'est une fondation profondément encrée dans la spiritualité même si chacun est accueilli tel qu'il est, qu'il soit ou non croyant et quelque soit ça religion.

Tu es jeune et tu as le temps de réfléchir, si tu envisage une carrière comme travailleur social on peux en parler ensemble et si tu as besoin de conseils n'hésites pas.

Amicalement,
Nico
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

10 novembre 2009 à 19:07:18
Réponse #60

haflinger


Bonsoir Nico,

Merci pour tes réponses et pour le lien, j'ai un peu regardé ça a l'air effectivement intéressant!
ME et ES pour les formations qualifiantes, ça signifie quoi?

J'ai vu qu'il y avait des foyers de la même fondation en Afrique, est-ce que tu en as entendu parler?
Et au niveau "spiritualité", ça se passe comment concrètement?

Enfin bon, tout ça reste des détails....
Encore deux trois questions... Quelles sont les qualités indispensables pour faire quelque chose comme ça, si ce n'est l'humilité? Qu'est ce que tu retiens de l'expérience plusieurs années après? Et enfin, est-ce que tu as connaîtrais des associations qui propose à des ados de s'engager, pendant les vacances ou quoi, avec des jeunes en difficultés? Je sais que certaines troupes scouts proposent cela, mais je préférerais sortir de ce cadre là que je connais déjà bien...
 
Sinon, pour préciser un peu, en fait (pour le moment) je ne pense pas faire "carrière" en temps que travailleur social, mais plutôt une expérience de un ou deux ans, qui, je crois, servira toute la vie...

A bientôt, et merci beaucoup!

Marie
"Seigneur, donne moi la patience... Parce que si tu me donnes la force, je lui éclate sa gue*le !"

10 novembre 2009 à 19:16:58
Réponse #61

Gros Calou


Bonsoir Marie  :)

ME pour moniteur éducateur et ES pour éducteur spécialisé.

Quelles sont les qualités indispensables pour faire quelque chose comme ça, si ce n'est l'humilité?

L'amour des enfants, l'amour de la vie  :love:

Porte toi bien.

 ;)
« Modifié: 11 novembre 2009 à 10:45:24 par Gros Calou »

10 novembre 2009 à 19:51:00
Réponse #62

haflinger


ME pour médico éducateur et ES pour éducteur spécialisé.
Merci  :)

L'amour des enfants, l'amour de la vie  :love:
:love:

Porte toi bien.
You too  :)
"Seigneur, donne moi la patience... Parce que si tu me donnes la force, je lui éclate sa gue*le !"

11 novembre 2009 à 07:34:07
Réponse #63

Patrick


Franchement, les éducateurs spécialisés qui travaillent avec des enfants atteints et les parents qui s'en occupent au quotidien avec amour et sans jamais pointer au bureau des pleurs, provoquent en moi des bouffées de respect et d'affection. :love:

11 novembre 2009 à 08:40:00
Réponse #64

sharky


Salut,

Je rejoinds assez Nico sur l'aspect du métier à la fois sur le pire et le meilleur.

Ce que je regrette avec le recul de ma petite expérience (4 ans dans un foyer occupationnel et 4 ans dans un IME), c'est que presque toutes les stuctures soient fermés et pas en milieu ouvert.
Je m'explique, par exemple, dans les pays nordiques, il n'y a pas d'IME de foyer, d'ESAT(ex-CAT). Les personnes porteurs d'un handicap sont là point barre, ils vont à l'école, sont intégrés aux entreprises. Evidemment, il y a des prises en charge spécifiques, des adaptations pour les entreprises mais la différence c'est que les moyens sont là et le regard des gens sont différents.

Il y a aussi ce genre de service en France UPI, Logement en semi autonomie...mais très peu de places et pas beaucoup de moyens.

A trop vouloir spécialisé, je trouve qu'on a isolé. On se retrouve avec des IME situé en Zone Indus en face d'une déchetterie (véridique) ou d'un foyer de vie dans un bled de 150 habitants en rase campagne alors qu'à mon sens il y a un effort à faire sur l'insertion dans la Cité ( au sens grec du terme).

Ceci reflète que mon opinion.
 

Stéphane
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

11 novembre 2009 à 10:14:10
Réponse #65

Mrod


Calou,
ME c'est Moniteur éducateur !


Halflinger,

Citer
J'ai vu qu'il y avait des foyers de la même fondation en Afrique, est-ce que tu en as entendu parler?
Bien sur, il y a des foyer partout dans le monde. Je connais assez bien les communautés africaines car nous (les communautés françaises) les soutenons financièrement par des dons, ils n'ont pas la chance d'être subventionné par leur états donc faut les aider, pour cela on organisait une collecte une fois par semaine et pendant le carême comme nous mangions du riz blanc tout les midis l'argent économisé servait à 50% pour une association de notre choix et l'autre moitié pour l'Arche Afrique.

Citer
Et au niveau "spiritualité", ça se passe comment concrètement?
C'est dificille à dire car chaque communauté est différente, certaines sont très encrée dans la religion et pour d'autre c'est facultatif. Dans mon cas (c'est l'une des plus engagée) nous faisions une prière tout les soirs avant le repas. Au delà de la religion c'est avant tout un temps de partage ou chacun peu s'exprimer. La messe tout les dimanches, pour ceux qui veulent mais faut assez d'accompagnants donc parfois on nous demande d'y aller. C'est un temps très particulier, dès l'entrée dans l'église ils changent de comportement, elle a un coté sécurisant, cadrant pour eux, je suis pas fan de la messe mais avec eux j'adore.

Citer
Quelles sont les qualités indispensables pour faire quelque chose comme ça, si ce n'est l'humilité?
Etre volontaire, vouloir donner de son temps, être soi même. Il ne faut pas le faire pour soi mais pour eux.

Citer
Qu'est ce que tu retiens de l'expérience plusieurs années après?
Que du bonheur, je les aimes tous très fort et je reste en lien avec eux, je leur rends visite une fois par an en moyenne. J'ai aussi lier une amitié très forte avec une fille de mon équipe qui travaille maintenant dans un village enfant.

Citer
Et enfin, est-ce que tu as connaîtrais des associations qui propose à des ados de s'engager, pendant les vacances ou quoi, avec des jeunes en difficultés?
Le problème est que tu est mineur (si je ne me trompe) alors cela risque de poser problème. Il y avait des stagiaires mineur à l'atelier mais couvert par une convention de stage. Pour une première approche tu peux contacter une communauté près de chez toi et leur demander, tu pourras peut être y faire du bénévolat en atelier ou être "ami d'un foyer" c'est a dire y aller de temps à autre de façon régulière. Dans des structures conventionnelles ce serait plus difficile.

Quand tu seras majeure tu pourras postuler pour faire des camps de vacances, ils recherchent toujours du monde même avec pas ou peu d'expérience.
Pour les jeunes en difficultés, ton age va être un gros problème, en général ils prennent des personnes mûres et de préférence issues du même milieu.


Sharky,
Je suis en parti d'accord avec toi, les pays nordique ont un système différent mais pas forcement meilleur. L'intégration en milieu ouvert à ses désavantages et ne corresponds pas à tous les publics. Certains nécessitent d'être encadrés par des professionnels. L'idéal serait un mélange des deux.
Ce que je n'aime pas dans le système français c'est le cloisonnement en terme d'autonomie. On évalues les personnes selon une grille de critères et non dans sa globalité ce qui a pour conséquence que certains ne rentre pas dans les cases et se retrouves dans une structure inappropriée mais en même temps c'est très difficile de faire du "sur mesure". Dans ma communauté il y avait un homme très intelligent, avec une culture impressionnante, trilingue (alors que moi je baragouine en anglais) et pourtant il n'avait pas sa place en ESAT car très peu d'autonomie au quotidien et il lui fallait une structure appropriée pour l'hébergement. Résultat il s'ennuyait car il y avait un gros décalage entre lui est les autres.

Citer
Il y a aussi ce genre de service en France UPI, Logement en semi autonomie...mais très peu de places et pas beaucoup de moyens.
Pas seulement en semi-autonomie, dans tous les domaines qui touchent au handicap, trop peu de structures pour le nombre de demandes, hélas. Quand on voit le nombre de dérogation d'IME car les parents/tuteurs ne trouvent pas de structures pour adultes.

L'autre problème c'est le dépistage de la trisomie qui à pour résultat l'avortement dans 80% des cas. Les personnes trisomiques sont souvent très capable malgré leurs pathologies associées. Je ne me rappelle plus le nom de cet américain qui avait fait des "expériences" dans les années 80 sur les enfants trisomiques pour prouver l'influence de l'éducation face à l'inné et au handicap. Je me souviens de l'une d'elles (trisomique 21) qui était exceptionnelle, bilingue anglais/japonais à 6 ans, scolarité normale, grande sportive malgré sa fragilité cardiaque, etc, etc.
La conséquence de cette chute des naissances de trisomique à pour conséquence (on commence à le voir) que la plus part des personnes se retrouvent en structure spécialisé car trop lourdement handicapés alors que certains, s'ils avaient eux la possibilité de vivre, auraient pu être orienté en structure ouverte et vivre comme tout le monde.

Citer
A trop vouloir spécialisé, je trouve qu'on a isolé. On se retrouve avec des IME situé en Zone Indus en face d'une déchetterie (véridique) ou d'un foyer de vie dans un bled de 150 habitants en rase campagne alors qu'à mon sens il y a un effort à faire sur l'insertion dans la Cité ( au sens grec du terme).
Ça c'est un truc qui m'horripile. Heureusement ce n'est pas toujours le cas. Il y a de plus en plus de structures "alternatives" (par opposition aux "conventionnelles") qui s'ouvrent avec un fort accent sur l'insertion.
Il faut aussi reconnaitre une chose par rapport à l'emplacement. Quand on fonde une structure le plus difficile est de trouver un terrain ou un bâtiment adéquat, c'est une très grosse galère. Nous avons eu la chance pour mon foyer, le terrain, sur une colline de l'agglomération de Chambéry, nous à été vendu, presque donné etant donné le prix très symbolique (1€ le m2...), par une congrégation de religieuse.
Au sein de l'Arche c'est très important l'implication des foyers dans la vie locale. On fait les courses à pied au Super U du coin avec les personnes, que ce soit pour le foyer ou l'atelier cuisine, on va chercher le pain à la boulangerie, etc. Ça passe par des petites choses. L'implication dans la paroisse en allant à la messe et en participant à la vie de celle-ci. Fête des voisins pour rencontrer ceux qui habitent près de chez nous. Notre atelier avait même organisé une journée spéciale avec un lycée technique tout proche (de l'autre coté de la rue), une vingtaine d'élèves étés venues participer et voir comment nous fonctionnons. Quelques exemple parmi tant d'autres.

Je connais aussi une structure en Savoie, spécialisé dans l'autisme qui fonctionne comme une ferme. Il font table d'hôte, font le marché chaque semaine pour vendre leurs produits (fromages, légumes...), etc, etc. Ils ont beau être à l'écart des grandes villes, ils sont très bien intégrés, tout le monde les connait et surtout les respecte pour leur travail car il font de bons produits et permettent à l'économie locales de (sur)vivre.

Bref, y'a de l'espoir, les choses évoluent dans le bon sens. Je préfère que ce soit lentement et surement que le contraire.
A nous de faire évoluer les mentalités, j'espère et je pense que cette discussion y contribue. Après le témoignage de Calou sur la peur des autres parents par rapport à son fils je suis certains que ceux qui l'on lu seront plus sensibles et iront de l'avant au lieu de fuir et d'avoir peur de l'Autre.

J'ai une histoire que j'aime beaucoup pour vous faire comprendre comment notre comportement peux tout changer.
Un jour un ami, qui a lui même un enfant très lourdement handicapé, se baladait sur un sentier et croise une femme avec un jeune adulte trisomique. Spontanément il leur dit bonjour et commence à discuter avec le jeune homme: "Bonjour... Tu t'appelle comment?... vous venez d'où?... etc..." La femme (sa mère) reste en retrait, choquée elle se met à pleurer au bout de quelques secondes. Il lui demande ce qui ne va pas et elle lui réponds: "c'est la première fois qu'une personne s'intéresse à mon fils de la sorte ..." Elle était complètement bouleversée, pour la première fois en plus de vingt quelqu'un à simplement discuté avec son enfant et l'a considéré comme une personne à part entière.

Amicalement,
Nico
« Modifié: 11 novembre 2009 à 10:50:32 par Mrod »
"faut JAMAIS décramponner ! Et s'accrocher à la vie comme un morpion sur un poil de cul !  Parce qu'il y a toujours un espoir, même mince" Anke *Master survivor*

11 novembre 2009 à 18:39:08
Réponse #66

Énoch


Mrod , Calou ! Moi je vous admire beaucoup!

Je dois dire à mon grand découragement que j'ai un malaise monstre avec les handicapés ou malade ! Ici pas de jugement, juste une crainte de perte de contrôle car ils savent ressentir les émotions et ils ne sont pas avare de leur émotion.

Moi j'étais plus à l'aise avec la détresse des jeunes mésadapté , j'ai toujours eu peur de faire ressentir mon malaise aux enfants qui ont d'autres problèmes. Ils méritent mieux que de ressentir la froideur d'un étranger qui a du mal à contenir ses émotions devant leur façon d'être!

Et pourtant , il m'aime quand même et désire ma présence , au finale il ne me reste qu'à règler mes difficultés  avec les effusions d' amour qu' ils donnent si facilement.

J'ai jamais eu de problèmes à gerer l'agressivité ou la violence, mais l'affection et la proximité physique spontannée me travaille beaucoup plus au corp. Douze années comme éducateurs spéc. n'ont pas règler cela. Trop émotif peut-être!

Ça fait du bien de vous lire et de voir des gens comme vous, et toi Calou un père...super!

 Chapeau!

11 novembre 2009 à 18:53:24
Réponse #67

lilou6201


Enoch moi je dirait que si tu as de l'amour pour ce que tu fait cela viendra petit à petit ne te laisse pas surmonter par ça, ils ressentent certes mais, ils voient aussi comment on est et je remarques qu'ils donnent beaucoup.Donnent leur autant et à ça ira j'en suis persuader  ;)

11 novembre 2009 à 19:14:25
Réponse #68

Énoch


Ouais Tu as sûrement raison!

Mais il y a quand même une différence entre un appris et un ressentis. Je m'explique..

Un appris ( pour moi ) c'est avec sa tête, donc quand ça va bien tu contrôles, mais quand ça dérape ou que tu ne vas pas trop bien les émotions embarquent sur le rationnel et les tabou et barrière remontent immédiatement. Tu peux être très ferme avec eux et ça passe tant qu 'il n'y a pas de rejet ou peur!

Le ressentis depasse l'appris et le complémente bien. Tu détectes les changements d'humeurs , de comportement , tu sens l'atmosphère...Tu evites souvent des crises ou des peines.

Ce que je veux dire c'est que tu dois être vrai avec eux car ils vont te démasquer plus vite  que tu peux te  l' imaginer...

 Je crois que mon choix de carrière était respectueux de ces personnes mais un peu trouillard de ma part  :-[ même si j'ai aimé ce que j'ai fais durant ces années  :love:


11 novembre 2009 à 20:21:43
Réponse #69

Anke


Hé hé Enoch ( au fait tout bien reçu  :love:)
Citer
tu dois être vrai avec eux car ils vont te démasquer plus vite  que tu peux te  l' imaginer...

Pourquoi utiliser un "masque" ?
Ce n'est pas une critique à ton endroit, car être un "cérébral" ou vouloir "controler" ce n'est pas forcément mal, mais ces gosses sont comme tous les gosses : pas de jugement, pas de "malice". Ils observent juste un peu, pour savoir qui on est, qui on est vraiment.
Alors être "vrai", c'est connaitre sa propre réalité, sans peurs inutiles, sans reculs de protection. Qu'avons nous donc à craindre ? L'enjeu n'est juste que le contact de l'âme à une autre, sans pour autant savoir l'expliquer. C'est un peu comme l'amour ou l'amitié, se défier de l'autre risque fort de nous le faire manquer. Ceci dit, libre à chacun de poser les limites qu'il juge nécessaires, mais non pas par peur mais juste en disant : " Là on s'arrète, parce que au delà, ça va me faire mal, je n'ai pas envie de souffrir, là, à cet endroit précis, je suis fragile. Le comprends-tu ?"
Je crois que tout es là et que c'est valable pour tous les rapports humains, entre gens "normaux" ou pas. Accepter sa fragilité, sa limite, peut être également une grande force.
On peut dire à un gosse un peu bizarre : " ton aspect ne me rassure pas, mais tu n'y est pour rien, c'est surement ma perception de toi qui déconne, ça ne change rien à ce que tu es, c'est ma manière de te regarder qui doit changer..." ;)

12 novembre 2009 à 00:33:16
Réponse #70

Énoch


Anke, tu as parfaitement raison en disant qu'il ne faut pas mettre de masque et c'est pourquoi doutant de mes capacités j'ai choisi une autre clientèle qui réflétait peut-être plus mon vécu!

Par contre, j' essais plus de controler mes émotions que ceux qui m'entourent.

Pour ce qui est de connaître ses propres réalités sans peurs inutiles,sans recul de protection...Tu as encore raison, mais pour certains c' est le travail de plusieurs années , voire d'une vie!

S'accepter tel que l'on est, accepter son passé , ce que les autres nous ont légués , nos forces , nos faiblesses. Ouf toutes une démarche.. Donc je crois que j'ai fais une démarche de respect envers eux. Par contre, J'admire le dévouement de ceux qui partagent leur quotidien et qui donnent sans compter avec respect et dignité moi ça me rejoint beaucoup!

J'ai eu beaucoup d'amis dans le domaine et ce qu'ils donnent et reçoivent quotidienement n'a pas de prix!

La vrai reconnaissance ce voient dans leurs yeux , suffit de regarder!

04 décembre 2009 à 07:26:43
Réponse #71

mrfroggy


Voila pourquoi , quoi qu il arrive comme misère, je dis toujours que tout va bien quand mon ptit bout choux :love: va bien...
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

04 décembre 2009 à 08:20:18
Réponse #72

Gros Calou


Thomas va bien !

Un truc qui fait avancer, est que l'enfant vit à son rythme et fait des progrès à son rythme certe mais continuellement. Hier soir il a réussi à couper son steak avec le couteau de la Sorgue que lui a offert un ami (spécial dédicace pour toi  ;) ) et bien si vous aviez vu cette lueur de fierté et de satisfaction dans ses yeux  :love: :love: :love:
« Modifié: 04 décembre 2009 à 08:35:30 par Gros Calou »

04 décembre 2009 à 12:41:56
Réponse #73

lilou6201


A mon avis tu devais être fier aussi !!! Jours après jours il progressera et ça c'est grace à tout l'amour que tu lui donne et aux encouragement. Courage mon Calou la vie est longue faites de moments difficiles et de super bons moments et Thomas j'en suis sûre t'en donnera pleins.
A plus

04 décembre 2009 à 18:04:08
Réponse #74

robinsone81



Le plus dur dans cette situation est le regard des autres, tu as droit aussi "c'est contagieux" ou tu entends "joue pas avec ce gosse, on sait pas ce qu'il a", au départ, tu as envie de leur arracher le coeur et de le bouffer arrosé par un excellent chianti  ;D et puis, tu vas les voirs et tu leurs explique que ton gosse n'est pas contagieux, qu'il a juste des problèmes et tu les invite à se renseigner et expliquer à leurs enfants ce qu'est une maladie génétique. C'est comme ça que j'avance maintenant, pas comme un Mirmidon mais comme un étendard.

Etant également membre du club des "heureux parents d'enfants différents", ce type de reflexion j'en ai entendu pas mal, et mon fils certainement encore plus que moi (certains ont le reflexe de ne pas dire les choses devant moi mais ne se privent pas devant lui). J'avoue que j'ai du mal a depasser le stade "envie de leur arracher le coeur...". Ton courage m'impressione et j'aimerais en avoir autant que toi.

Thomas a un papa formidable, Bravo à toi  :doubleup: et bisous à Thomas (de la part de mon fils et de la mienne)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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