Calou,
ME c'est Moniteur éducateur !
Halflinger,
J'ai vu qu'il y avait des foyers de la même fondation en Afrique, est-ce que tu en as entendu parler?
Bien sur, il y a des foyer partout dans le monde. Je connais assez bien les communautés africaines car nous (les communautés françaises) les soutenons financièrement par des dons, ils n'ont pas la chance d'être subventionné par leur états donc faut les aider, pour cela on organisait une collecte une fois par semaine et pendant le carême comme nous mangions du riz blanc tout les midis l'argent économisé servait à 50% pour une association de notre choix et l'autre moitié pour l'Arche Afrique.
Et au niveau "spiritualité", ça se passe comment concrètement?
C'est dificille à dire car chaque communauté est différente, certaines sont très encrée dans la religion et pour d'autre c'est facultatif. Dans mon cas (c'est l'une des plus engagée) nous faisions une prière tout les soirs avant le repas. Au delà de la religion c'est avant tout un temps de partage ou chacun peu s'exprimer. La messe tout les dimanches, pour ceux qui veulent mais faut assez d'accompagnants donc parfois on nous demande d'y aller. C'est un temps très particulier, dès l'entrée dans l'église ils changent de comportement, elle a un coté sécurisant, cadrant pour eux, je suis pas fan de la messe mais avec eux j'adore.
Quelles sont les qualités indispensables pour faire quelque chose comme ça, si ce n'est l'humilité?
Etre volontaire, vouloir donner de son temps, être soi même. Il ne faut pas le faire pour soi mais pour eux.
Qu'est ce que tu retiens de l'expérience plusieurs années après?
Que du bonheur, je les aimes tous très fort et je reste en lien avec eux, je leur rends visite une fois par an en moyenne. J'ai aussi lier une amitié très forte avec une fille de mon équipe qui travaille maintenant dans un village enfant.
Et enfin, est-ce que tu as connaîtrais des associations qui propose à des ados de s'engager, pendant les vacances ou quoi, avec des jeunes en difficultés?
Le problème est que tu est mineur (si je ne me trompe) alors cela risque de poser problème. Il y avait des stagiaires mineur à l'atelier mais couvert par une convention de stage. Pour une première approche tu peux contacter une communauté près de chez toi et leur demander, tu pourras peut être y faire du bénévolat en atelier ou être "ami d'un foyer" c'est a dire y aller de temps à autre de façon régulière. Dans des structures conventionnelles ce serait plus difficile.
Quand tu seras majeure tu pourras postuler pour faire des camps de vacances, ils recherchent toujours du monde même avec pas ou peu d'expérience.
Pour les jeunes en difficultés, ton age va être un gros problème, en général ils prennent des personnes mûres et de préférence issues du même milieu.
Sharky,
Je suis en parti d'accord avec toi, les pays nordique ont un système différent mais pas forcement meilleur. L'intégration en milieu ouvert à ses désavantages et ne corresponds pas à tous les publics. Certains nécessitent d'être encadrés par des professionnels. L'idéal serait un mélange des deux.
Ce que je n'aime pas dans le système français c'est le cloisonnement en terme d'autonomie. On évalues les personnes selon une grille de critères et non dans sa globalité ce qui a pour conséquence que certains ne rentre pas dans les cases et se retrouves dans une structure inappropriée mais en même temps c'est très difficile de faire du "sur mesure". Dans ma communauté il y avait un homme très intelligent, avec une culture impressionnante, trilingue (alors que moi je baragouine en anglais) et pourtant il n'avait pas sa place en ESAT car très peu d'autonomie au quotidien et il lui fallait une structure appropriée pour l'hébergement. Résultat il s'ennuyait car il y avait un gros décalage entre lui est les autres.
Il y a aussi ce genre de service en France UPI, Logement en semi autonomie...mais très peu de places et pas beaucoup de moyens.
Pas seulement en semi-autonomie, dans tous les domaines qui touchent au handicap, trop peu de structures pour le nombre de demandes, hélas. Quand on voit le nombre de dérogation d'IME car les parents/tuteurs ne trouvent pas de structures pour adultes.
L'autre problème c'est le dépistage de la trisomie qui à pour résultat l'avortement dans 80% des cas. Les personnes trisomiques sont souvent très capable malgré leurs pathologies associées. Je ne me rappelle plus le nom de cet américain qui avait fait des "expériences" dans les années 80 sur les enfants trisomiques pour prouver l'influence de l'éducation face à l'inné et au handicap. Je me souviens de l'une d'elles (trisomique 21) qui était exceptionnelle, bilingue anglais/japonais à 6 ans, scolarité normale, grande sportive malgré sa fragilité cardiaque, etc, etc.
La conséquence de cette chute des naissances de trisomique à pour conséquence (on commence à le voir) que la plus part des personnes se retrouvent en structure spécialisé car trop lourdement handicapés alors que certains, s'ils avaient eux la possibilité de vivre, auraient pu être orienté en structure ouverte et vivre comme tout le monde.
A trop vouloir spécialisé, je trouve qu'on a isolé. On se retrouve avec des IME situé en Zone Indus en face d'une déchetterie (véridique) ou d'un foyer de vie dans un bled de 150 habitants en rase campagne alors qu'à mon sens il y a un effort à faire sur l'insertion dans la Cité ( au sens grec du terme).
Ça c'est un truc qui m'horripile. Heureusement ce n'est pas toujours le cas. Il y a de plus en plus de structures "alternatives" (par opposition aux "conventionnelles") qui s'ouvrent avec un fort accent sur l'insertion.
Il faut aussi reconnaitre une chose par rapport à l'emplacement. Quand on fonde une structure le plus difficile est de trouver un terrain ou un bâtiment adéquat, c'est une très grosse galère. Nous avons eu la chance pour mon foyer, le terrain, sur une colline de l'agglomération de Chambéry, nous à été vendu, presque donné etant donné le prix très symbolique (1€ le m2...), par une congrégation de religieuse.
Au sein de l'Arche c'est très important l'implication des foyers dans la vie locale. On fait les courses à pied au Super U du coin avec les personnes, que ce soit pour le foyer ou l'atelier cuisine, on va chercher le pain à la boulangerie, etc. Ça passe par des petites choses. L'implication dans la paroisse en allant à la messe et en participant à la vie de celle-ci. Fête des voisins pour rencontrer ceux qui habitent près de chez nous. Notre atelier avait même organisé une journée spéciale avec un lycée technique tout proche (de l'autre coté de la rue), une vingtaine d'élèves étés venues participer et voir comment nous fonctionnons. Quelques exemple parmi tant d'autres.
Je connais aussi une structure en Savoie, spécialisé dans l'autisme qui fonctionne comme une ferme. Il font table d'hôte, font le marché chaque semaine pour vendre leurs produits (fromages, légumes...), etc, etc. Ils ont beau être à l'écart des grandes villes, ils sont très bien intégrés, tout le monde les connait et surtout les respecte pour leur travail car il font de bons produits et permettent à l'économie locales de (sur)vivre.
Bref, y'a de l'espoir, les choses évoluent dans le bon sens. Je préfère que ce soit lentement et surement que le contraire.
A nous de faire évoluer les mentalités, j'espère et je pense que cette discussion y contribue. Après le témoignage de Calou sur la peur des autres parents par rapport à son fils je suis certains que ceux qui l'on lu seront plus sensibles et iront de l'avant au lieu de fuir et d'avoir peur de l'Autre.
J'ai une histoire que j'aime beaucoup pour vous faire comprendre comment notre comportement peux tout changer.
Un jour un ami, qui a lui même un enfant très lourdement handicapé, se baladait sur un sentier et croise une femme avec un jeune adulte trisomique. Spontanément il leur dit bonjour et commence à discuter avec le jeune homme: "Bonjour... Tu t'appelle comment?... vous venez d'où?... etc..." La femme (sa mère) reste en retrait, choquée elle se met à pleurer au bout de quelques secondes. Il lui demande ce qui ne va pas et elle lui réponds: "c'est la première fois qu'une personne s'intéresse à mon fils de la sorte ..." Elle était complètement bouleversée, pour la première fois en plus de vingt quelqu'un à
simplement discuté avec son enfant et l'a considéré comme une personne à part entière.
Amicalement,
Nico