Hum, voilà donc un fil qui sera lourd de conséquences, tout du moins il faut l'espèrer, je m'explique.
Je ne m'attarderais pas sur les qualificatifs, ni sur l'image que je garde de toi, ni sur le son de ta voix au tel quand tu m'annonças une "mauvaise" (?) nouvelle. Ce fut un moment rare et je souhaites à tous de pouvoir vivre des moments comme ceux là, brefs mais intenses.
C'était mon préambule...
Je prendrai donc maintenant le plus de recul possible pour essayer de comprendre et vous faire part de ce que la situation me suggère.
Il y a quand même un truc que j'ai du mal à comprendre. Je connais la crainte de "refaire" un enfant après une douleur intense ( bb dcd tetralogie de Fallow = anarchie de l'architecture cardiaque pour faire simple), il m'a fallu du temps et un gros "travail" pour accepter de refaire un enfant, tout du moins pour comprendre que ce nouvel enfant serait salvateur pour toute la famille (ça n'a pas suffit.) Dans notre cas ce n'était pas transmissible. Dans le cas de ton fils, ça l'est, par le biais de la mère. Et quand bien même avec toutes les méthodes modernes ( si j'ai bien compris cette maladie n'attaque que les garçons) comment peut-on être sûr à 100% d'avoir une fille, et de ne pas reproduire la même chose ? Je ne comprends pas que l'on prenne ce risque, parce que là, ce n'est pas que le fait du hasard,
on sait ce qu'il va se passer...
On peut "déborder" également sur le choix ( là légitime) du sexe de son enfant, puis on peut facilement embrayer sur tout autre chose : musculature, couleur des yeux et patati et patata. Je ne dis pas que c'est mal ou bien. Je dis juste que les "envies" d'avoir dans son entourage des grands blonds aux yeux bleus, ça me dit quelque chose et que le "dérapage" est tentant, bref un sujet pour occuper les comités d'éthique...
Mais plus encore aujourd'hui, si on ne fait pas 1.87 et qu'on est pas "taillé" dans les critères, on qu'on a pas la chute de reins qui va bien et la poitrine opulente, ça va pas.
Aujourd'hui on ne dit plus "fou", on dit malade atteint d'une affection psychiatrique. Autrefois on mettait les fous dans les "asiles", aujourd'hui on les "blindent" de cachetons et on fait semblant de ne pas voir
nos enfants déficiants mentalement ( autrefois on disait débiles mentaux- revoir à cette occasion ce que le mot "débile" veut dire : Du latin debilis « faible ». ) en détournant le regard ...gènés ou en balançant une connerie pour se rassurer.
On a tendu beaucoup de lourds rideaux devant tout ces pbs, parce qu'on avait les mains occupées pour se cacher les yeux.
Je ne dis pas que c'était mieux avant, mais autrefois, chacun avait sa place : le vieux, le fou, le môme. Et le tissu social existait ainsi, avec chacun son rôle, son utilité, sa fonction.
En fait Gros Calou, tu n'expliques rien...

C'est juste Thomas qui nous demande à tous, nous les "acteurs" de la société :" Et moi, moi qui suit faible, que vais-je devenir, m'avez -vous laissé un peu de place ?"
On a des sursauts de temps en temps, y'a des tététhons des trucs comme ça, on met la main à la poche, un peu et pis après y'a le match de foot. Je ne crtique pas, ces réactions sont humaines, mais ce qui m'agace c'est qu'il y ait besoin de ces trucs là pour que les aides se déclenchent. Ce qui m'énerve un peu aussi c'est qu'il y ait besoin d'assos pour aider...
Quand on voit ce qu'un fauteuil roulant électrique coute et que l'on comptabilise ce que ça coute réellement ( dès que c'est écrit "médical" dessus, tu y laisses au moisn quinze roubignolles !).
La prise en charge des plus faibles doit être collective et assumée par la collectivité, parce que le handicap mental ou physique peut frapper n'importe qui. Et cette prise en charge doit être rapide évolutive et surtout bon dieu de bon dieu qu'elle soit automatique, que les victimes ne soient pas contraintes de réclamer ou de demander l'aumone.
"Allo ? Oui... Bonjour monsieur, c'est le foyer Machin de C... Oui, Voilà on a un de nos pensionnaires qui envisageait de venir passer Noël chez ses parents dans votre ville il ne resterait que deux jours...
Oui, je vous écoute...
Alors on cherche quelqu'un pour lui faire sa toilette, mais faut vraiment "tout" faire, mais les parents peuvent vous "avancer" en faisant le "haut"....
Oui, bon il sera où, parce que là j'ai un petit crénau...
Vous acceptez de le prendre en charge ?
Ben oui..
Même sqi ce n'est que pour une journée, même si c'est un gros handicapé moteur cérébral en fauteuil roulant ?( Là faut comprendre pour les néophytes que le mec en question il n'est "étanche" de nulle part)
Ben oui... ça vous étonne ?
Un petit peu, vous étes le 10eme professionnel de santé que nous appelons !
Bon, votre gars il est handicapé. Je ne vais pas lui en remettre une "couche" le jour de Noêl non ? Il sera où ? Par contre faudra qu'il soit un peu indulgent au niveau des horaires, on est un peu "serrés" en moment..."
10 consoeurs ou confrères, pas un seul a dit : " Bon, je prends le relais et si moi je ne peux pas le faire je vous trouve quelqu'un. Votre gars peut venir, je m'en occupe". Lui donner la
place nécessaire au gars. ça, ça me tue.
On a du boulot les mecs, on y arrivera ...
