Mise en garde de Roméo Dallaire contre les pacifistesPresse Canadienne (PC) Martin Ouellet
10/04/2007 15h52 - Mise à jour 10/04/2007 16h51
Plutôt que de se laisser distraire par le message des opposants à la guerre,
les Québécois doivent être prêts à accepter que des leurs sacrifient leur vie dans la poudrière afghane, pense le général à la retraite Roméo Dallaire.
«
Si nous ne faisons pas montre d'une certaine abnégation pour faire avancer ce à quoi l'on croit, nous ne sommes qu'une gang d'hypocrites», a lancé aujourd'hui le sénateur Dallaire, en entrevue à la Presse Canadienne.
«La responsabilité internationale, ce n'est pas seulement donner de l'argent aux missionnaires ou pour le développement international, a poursuivi le général à la retraite.
C'est aussi des sueurs, des grincements de dents et, parfois, le sang de nos jeunes.»
Deux jours après la mort tragique de six soldats de la base de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, dans un attentat perpétré dans la région de Kandahar, le général à la retraite redoute une montée de l'opinion contre l'engagement militaire du Canada en Afghanistan.
Au Québec, le discours pacifiste en faveur du retrait des troupes risque d'être encore plus fort à compter du mois d'août, alors que 2000 soldats de la base de Valcartier seront déployés dans le sud du pays pour affronter l'insurrection talibane.
«Il va y avoir des pertes de notre côté comme dans l'autre», convient le général, mettant du même coup en garde les Québécois contre le «repli sur soi» que représente le discours anti-guerre.
«
Quand on est un pays qui a atteint un tel niveau de développement, on n'a pas le droit de se replier sur nous-mêmes, dans nos régions. On a une responsabilité de protéger les autres», a-t-il dit.Aux yeux de l'auteur du livre J'ai serré la main du diable, relatant sa douloureuse expérience au Rwanda, il ne fait aucun doute que le déploiement des troupes de Valcartier en août prochain constituera un test de maturité pour la société québécoise.
«Nous allons voir si nous avons un pays basé sur la profondeur et la maturité ou si nous sommes encore provinciaux et même paroissiaux», a-t-il analysé.
Issus d'une société de droit, les Québécois au même titre que les autres Canadiens ne peuvent se permettre de rester les yeux rivés sur leurs «bébelles» sans tenir compte de leurs responsabilités internationales, estime-t-il. Et cela, même si l'engagement international implique le sacrifice de vies humaines.
Autrement, «ben qu'on reste chez nous, que l'on se ferme la gueule et qu'on arrête de dire que nous sommes fins», lâche-t-il.
Pour le sénateur, «il y a un prix» à payer pour défendre ses valeurs et prétendre pouvoir jouer un rôle majeur sur l'échiquier mondial.(Extrait de:
http://www.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/04/20070410-155235.html)