Bonjour,

Lundi soir en rentrant du travail, j'ai décidé de profiter de la météo bien pourrie pour tester (enfin) la partie "abri" de mon kit de survie. Il avait plu une bonne partie de la journée. Ce n'était pas seulement un petit orage de rien du tout, comme souvent, mais une bonne rincée qui avait refroidi un peu l'atmosphère et détrempé le terrain.
Comme je rentre du boulot après 21H30, je ne me voyais pas me taper une heure de marche de nuit pour aller au fond des bois. J'ai donc choisi de faire simple et de tester mon bazar derrière chez moi. Avantage : en cas de souci, je peux lever le camp en 5 minutes. Et accessoirement, il y a aussi le côté diplomatique de la chose, à gérer finement avec la petite famille.
Le contexte :En raison de mes horaires de travail, j'effectue essentiellement des sorties à la journée, de préférence aux fins fonds des bois, pour découvrir des secteurs que je ne connais pas. Il ne s'agit absolument pas de randos engagées, loin de la civilisation et des secours éventuels, mais le risque de me perdre et/ou de perdre mon sac parce que je l'ai posé dans un coin et que je ne le retrouve plus n'est pas négligeable. Je préfère donc prendre mes précautions et j'essaie d'élaborer un kit selon les principes prônés sur ce forum : suffisamment petit et léger pour l'avoir sur moi en permanence, mais assez complet pour passer une nuit pas trop pourrie en cas d'urgence. Rien que du classique, donc.
Mon habillement :Pour ce test, j'ai choisi, fort logiquement, de m'habiller exactement comme j'ai l'habitude de le faire, sinon quel intérêt ?
- pantalon The North Face en polyamide avec poches cargo
- chemise The North Face en polyester et viscose très agréable à porter en été, par sa capacité à évacuer la transpiration et sa rapidité de séchage
- grosses chaussettes D4
- boxer synthétique
- chaussures en Sympatex, achetées à D4 et que je traine depuis 12 ans pour tout faire. Je ne sais plus la marque (Trezeta ?)
- bonnet polaire D4 premier prix
- gilet Lafuma en polartec 200 (je pense ?) que j'emporte souvent en fond de sac
Mon kit d'urgence :Il se compose des éléments suivants :
1° Mon couteau de cou : c'est un CRKT Minimalist, petit neck sympathique et pas cher sur lequel j'ai craqué. Voici ses caractéristiques :
Lame 5,1 cm acier 5CR15MoV, épaisseur lame 2,4 mm
Manche Micarta, longueur totale 12,7 cm
Poids: 31g
Livré avec étui rigide zytel.
Sa lame de 2" est suffisante pour de petits travaux, et même du petit bâtonnage, le plus difficile étant de ne pas se taper sur les doigts !


C'est mon premier neck. Ce n'est certainement pas le meilleur, très loin des fabrications de nos artisans. Simplement, n'ayant aucune expérience en la matière, j'ai préféré tester d'abord le concept avant d'investir dans un modèle répondant plus précisément à mes besoins. Sa prise en main est agréable et instinctive, les plaquettes rendant ce modèle confortable à manipuler. Par contre, je trouvais que le petit tressage de corde d'origine n'apporte pas grand chose en terme de prise en main. J'ai préféré le remplacer par un lien en paracorde orange (merci à athlon !

) car ce couteau est tellement petit que j'ai peur de le perdre si je le pose par terre. Son émouture était trop obtue à mon goût, je l'ai donc retouchée un peu avec ma pierre DC4. Je pense le remplacer par un mini-bowie FP ou un Carcaneck.

Mon neck est accompagné d'une Ph*ton Freedom et d'un mini-Bic fixé par un bout de chambre à air. Il manque une mini-boussole commandée depuis deux mois !

2° Ma trousse de survie : c'est une petite sacoche D4 toute simple (6,90€). Un second zip à la base permet de doubler son volume si nécessaire :

Voici son contenu tel qu'il se présente à ce jour, susceptible d'évolution (d'ailleurs il n'arrête pas d"évoluer) :


J'ai choisi de n'intégrer que des éléments simples, facilement utilisables sur le terrain :
- un quart CAO style AF
- gourde Platypus 1 litre
- bouillon cube (sous le bouchon de la gourde !)
- 5 mètres de duct tape sur une vieille carte
- ficelle sisal
- bandana (dans le ziploc)
- ziploc
- sérum physiologique (je porte des lentilles)
- combiné sifflet/boussole/thermomètre/loupe (*)
- couverture de survie rouge/argent renforcée
-
sac poubelle 240 litres- épingles à nourrice
- pince à épiler
- briquet au magnésium (merci à athlon pour ces deux items

)
-
stick allume-feuIl me manque des Micropur.
Je précise que le cadavre de mouche sous le sac poubelle n'est pas une ration d'urgence et ne fait pas partie du kit, c'est juste que j'ai pas fait le ménage...

(*) Je sais que certains considèrent qu'un outil tout un un est un non-sens car il peut être de mauvaise qualité et si on le perd, on perd tout d'un coup. Mais je préfère garder à l'oeil UN seul outil en situation de stress (de couleur bien visible et plus facile à manipuler car plus gros) que de devoir en surveiller 4 plus petits, ce qui multiplie d'autant le risque de perte, AMHA. Guillaume et Diesel avaient testé ce sifflet lors de leur trip de survie et l'avaient bien noté (puissance).
Le test :Il est déjà 23H00 lorsque je sors. La température extérieure est plus élevée que je ne le voudrais : 18°C, mais l'air est saturé d'humidité. La pluie a fait ressortir la chaleur du sol et l'atmosphère est emplie d'une couche de brume. Voici une photo du ciel avec mon lila en arrière-plan qui en dit long !


Ce ne sont pas les gouttes de pluie que vous voyez mais les goutelettes d'humidité qui luisent sous l'effet du flash.
Mon installation est la suivante :
En guise de matelas, je place deux sacs poubelle de 130 litres remplis de feuilles mortes. Je précise que je pensais utiliser mes nouveaux sacs de 240 litres, récemment achetés, mais j'avais déjà rempli ces deux sacs précédemment en prévision de tests nocturnes et, pour ne pas perdre du temps, je me suis contenté de les ressortir tels quels, plutôt que d'en transvaser le contenu. Comme je voulais surtout tester le concept (isolation, confort), j'ai estimé que ça n'avait pas d'incidence. De toutes façons, d'autres tests devraient suivre...
Pour me protéger, j'étale ma couverture de survie.

Pour éviter qu'elle ne se déplace sous l'effet de mes mouvements et en cas de vent, je la fixe d'un côté en attachant ses extrémités à deux piquets de bois avec de la sisal. Deux petits cailloux enfermés dans chaque coin de la couverture aident à maintenir la ficelle. De l'autre côté, pour alourdir la couverture, j'attache de la même manière deux plus gros caillous dans les deux autre coins, toujours avec de la ficelle. De cette manière, quand je m'allonge, le bord droit est fixé au sol tandis que le bord gauche, bien lesté reste en position pour me protéger. (dans l'hypothèse où j'aurais eu du vent, je pense que j'aurais attaché les quatre coins avec des piquets).


Désolé pour la qualité des images qui sont vraiment pourries !

Je termine mon installations vers 23H30, sous le regard intrigué de mon chat qui se demande ce que son dingo de maître peut bien fabriquer dehors ! Il m'a donc fallu une demi-heure pour simplement sortir les deux sacs de feuilles de ma grange, tailler deux piquets (prélevés dans mon bois de feu), trouver quatre cailloux de la bonne dimension et fixer ma couverture avec de la ficelle. Sans collecter de feuilles, ni ductaper les sacs...
Je me couche donc et rabat ma couverture de survie sur moi. J'ai fixé mon kit aux passants de mon pantalon à l'aide des deux mini-mousquetons, sur le bas-ventre. De cette façon, je peux dormir sur le dos ou couché en chien de fusil sans difficulté. Ma sacoche ne me gênera pas de toute la nuit. Mon couteau est évidemment autour de mon cou.
La température n'a pas baissé. J'ai même un peu trop chaud. J'enlève mon bonnet et ouvre ma veste. Je m'aperçois que mon matelas est un peu de travers et que j'ai les fesses plus basses que le reste du corps. Je dois me relever pour rectifier cela.
Le confort de ce type de matelas est franchement impressionnant,

tout comme l'isolation. Je n'ai jamais ressenti le froid du sol. Mais ce point est à retester en conditions froides. Il ne pleut pas mais je sens par moments de grosses gouttes tomber des arbres. Certaines m'arrivent sur la figure. Je m'arrange pour me cacher sous la couverture tout en conservant une bonne ventilation. Au bout de quelques dizaines de minutes, je finis par m'endormir.
Tout le restant de la nuit, je dormirai par tranches d'une demi-heure à une heure, alternant somnolence et sommeil. Je rêve même que je suis en train de tester mon système, sauf que c'est un peu plus farfelu que dans la réalité ! Vers 00H30 je crois, je dois remettre mon bonnet et rezipper mon gilet. Je sens par moment l'air frais passer sous la couverture et me refroidir un peu les reins. Mais ce n'est pas trop gênant. Le plus gros problème que j'aurai à supporter sera la condensation. Je suis à peine allongé que déjà je sens de l'humidité sous la couverture. Chaque fois que je me réveille, je me tourne et ventile mon abri mais c'est peine perdue. Je sens de grosses gouttes perler sous l'alu. Mon gilet en polaire et mon pantalon ne tardent pas à être humides au niveau des points de contact : épaules, bassin, genoux. Heureusement, cette humidité reste en surface (surtout la polaire) et ne me refroidit pas trop. Il faut dire que la température ne chutera pas beaucoup de la nuit. Au petit matin, mon combiné sifflet/termomètre D4 laissé à l'extérieur affichait encore un bon 15°C, donc rien de méchant, surtout en l'absence de vent. Sous la couverture, j'avais 24°C vers 1H00 du matin !

Il est 6H00 lorsque je décide de mettre fin à mon test. Le jour sera levé dans une demie-heure et je n'ai pas du tout envie que les voisins me voient en train de dormir dehors, surtout qu'une couverture de survie rouge, ça se repère de loin ! Déjà qu'on me voit bien assez souvent derrière chez moi à quatre pattes par tous les temps en train d'essayer d'allumer des feux...
En conclusion : Ce petit test sans ambition m'a permis de valider le principe du matelas de feuilles dans un sac poubelle que je ne connaissais qu'en théorie MAIS, car il y a un gros mais, j'ai triché !
J'ai triché parce que j'avais rempli mes sacs précédemment avec des feuilles sèches, donc j'ai bénéficié d'un matelas isolé tout confort. Dans la réalité, il a plu une bonne partie de la journée et je me serais retrouvé avec des feuilles humides, voire complètement détrempées. Pour l'isolation, c'eut été une autre histoire... Et là, j'avais la chance d'avoir des feuilles mais si je n'en avais pas ?
J'ai triché parce que j'ai enfilé ma polaire. Or je l'emporte habituellement en fond de sac. Je ne la mets pas autour de ma taille. Si j'avais perdu mon sac et que je ne devais compter que sur mon kit, je pense que j'aurais certainement passé une sale nuit, trempé par la condensation et par conséquent, transi de froid. C'est pour cette raison que je me dis que le kit post-BOSS de Camp avec la doudoune Montbell et l'ensemble imper-respirant était bien vu, ou que la solution d'un
blizzard pack (ou peut-être d'un
sursac) est à envisager.
J'ai eu de la chance également qu'il ne pleuve pas cette nuit. Et en fait, j'aurais bien voulu. A mon avis, ma situation aurait été difficilement tenable entre le bruit infernal des gouttes sur l'alu et le froid par conduction qu'elles auraient générées. Lorsque de grosses gouttes de pluie tombaient des arbres sur la couverture, je sentais très bien la fraicheur de la goutte à travers l'alu.
En réfléchissant au problème du froid transperçant la couverture, cela m'a donné une idée que je voudrais tester : c'est celle de
l'édredon pneumatique. J'ai remarqué qu'en fermant un sac de feuilles correctement avec du duct tape, il devient relativement hermétique : quand je me couche dessus, l'air contenu dans le sac met longtemps à s'échapper, malgré la pression de mon corps. Mon idée est donc de fermer un sac vide avec du duct tape, le plus hermétiquement possible, avec une bande sur toute la largeur, puis de faire une petite incision et de gonfler modérément le sac avant de le fermer avec un bout de tape. En plaçant cet édredon sur moi, mais sous la couverture en alu, l'air étant un bon isolant, cela améliorerait peut-être l'isolation thermique de mon abri et résoudrait en partie le problème de condensation qui se formerait sous la couverture et pas sous l'édredon (à vérifier). Qu'en pensez-vous ?
À suivre...
