Bonjour tout le monde,
Je ne connais pas la guerre et je n’ai que peu d’expérience des conflits ouverts (je ne suis ni sorteur, ni policier, ni un truc dans le genre). Mais je m’entraine physiquement et techniquement le plus dur possible au combat et à la self. Je pratique depuis plusieurs années comme beaucoup ici. J’ai pu constater plusieurs choses.
1. La préparation mentale est complètement négligée dans mon école et dans tous les cours auxquels j’ai pu assister. (je ne connais pas le GHC)
2. En très grande majorité les personnes qui viennent prendre des cours de self défense ont un profil mental qui les rend totalement incapable de réagir de manière adéquate à une agression.
3. Ces mêmes personnes ne tiennent pas en moyenne plus d’un an l’entrainement. Les entrainements sont durs, et demandent un investissement temps et énergie que ces personnes ne sont pas prêtes à payer. Ils ne sont tout simplement pas passionnés, la tête ne suit pas, les excuses de la vie font le reste.
Donc, le mental est à mon sens le point capital a entrainé le plus possible. La fameuse image du guerrier qui s’entraine sous la cascade afin d’apprendre à canaliser son énergie et son esprit lorsqu’il est soumis à un gros stress physique. La leçon de Musashi qui n’enseigne qu’une technique à l’enfant qui doit se battre en duel et lui dit, avant de t’engager dans le duel, regarde le sol sous tes pieds, si tu vois des fourmis tu vaincras.
Pour ce qui est de ma maigre expérience personnelle du terrain, je rejoins Bullysson et David sur le fait qu’il est primordial pour moi de ne pas me mettre en désaccord avec moi-même. Je tiens donc le plus possible ma ligne de conduite dans les conflits. Low profile, très, très poli, à l’excès, surtout pas de réflexions compliquées qui m’obligerai à shunter de mode et diminuerai mes réflexes, mettre de côté son amour propre, s’excuser de choses et d’autre (sans y accorder d’attention) maintenir et faire respecter dès le début ma distance vitale et ne jamais faire de concession sur cette distance. Bien, dans ces conditions, 99% des conflits sont réglées avant l’action dont 70% parce que l’amour propre de la personne en face est satisfait, et pour les 29% qui reste parce qu’ils sentent qu’il y a un problème, un danger imminent sur leur personne, et qu’ils n’ont aucun intérêt à s’engager un conflit physique. Pour le 1% qui reste, il faut aller au charbon, et être très très déterminé. A noter que ce 1% se transforme en beaucoup plus si vous n’êtes plus seul ou que vous venez en aide aux gens dans la rue plutôt que de tourner la tête de l’autre côté (Ce qui entre nous m’a apporté les plus grande satisfactions martiales de ma vie, mais c’est un autre sujet, mais qui rejoins la préparation mentale au combat)
Pour ce qui est de la préparation donc, à l’entrainement, je vais vous faire part de mon expérience sur le sujet. En krav-maga tout du moins dans ma fédération, (peu importe laquelle) il n’y a pas de préparation mentale, mais à chaque passage de grade à partir d’un certain grade, il faut effectuer un combat dur contre un élève d’une autre école pour prouver son courage et sa lucidité en combat. Je viens juste de subir une telle épreuve au cours d’un stage national devant une centaine de pratiquant. De prime abord cette épreuve peut paraître stupide et dénuée d’intérêt. Pour moi, elle a été en fait très riche en enseignements :
1 J’ai été extrêmement surpris par la réaction de mes partenaires d’entrainements qui devaient subir la même épreuve, artistes martiaux aguerris qui déclaraient ouvertement qu’ils avaient la trouille et qu’ils hésitaient à tout envoyer ch*** et à pas y aller.
2 J’ai été surpris par la pression extérieure que ce combat a fait peser sur mes épaules, de la part de mes camarades d’entrainements, que je représentais bien malgré moi, et de la part de ma chérie qui voulaient que je rentre sain et sauf.
3 J’ai été surpris par la réaction de mon adversaire initial qui n’est pas venu (peu être pour une bonne raison, mais personnellement j’étais malade et légèrement blessé et je suis venu quand même), puis par mon adversaire remplaçant, d’une autre école, qui est venu me trouver juste avant le combat afin de se rassurer sur mes intensions et sur ma capacité à le blesser sérieusement.
4 Il a fallu que je me pose question de comment aborder ce combat mentalement afin d’être prêt à tout donner sans être crispé ou « petits bras ». Ma ligne de conduite est généralement calquée sur la philosophie japonaise, mais pour ce combat j’étais mal à l’aise avec le concept d’abandon de soi. En fait, j’ai finalement abordé le combat avec cette idée en tête : « je n’autorise personne ni à me blesser, ni à me mettre KO ». Pendant le combat ma vision était claire et mon cerveau tournait bien, mes coups étaient portés sans retenue et mon dos n’était pas crispé.
Pour conclure, je dirais que, de ce que j’ai vu, les boxeurs-thaï ont très souvent l’avantage en combat, parce que :
- Ils boxent dur à l’entrainement, rencontrent souvent des adversaires sur le ring.
- boxent simple (gauche droite low-kick) et donc perfectionnent cet enchainement et max une dizaine d’autre après un temps d’apprentissage très court.
- Et enfin, le plus important, se sont dirigés vers ce sport réputé rude parce qu’ils présentent un profil mental compatible avec cela, et donc très compatible avec le combat de rue.
Mon passage préféré de l’Hagakure dit : Il existe ce que l’on appelle «l’attitude pendant l’orage ». Quand on est pris dans une averse soudaine, on peut, soit courir le plus vite possible, soit s’élancer pour s’abriter sous les avancées des toits des maisons qui bordent le chemin. De toute façon, on sera mouillé.
Si on se préparait auparavant mentalement, à l’idée d’être trempé, on serait en fin de compte fort peu contrarié à l’arrivée de la pluie.
Cette métaphore est pour moi la meilleure, j’essaie de la garder chaque jour à l’esprit.
Voilà ma petite contribution.