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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Comment vaincre la panique dans une situation dangeureuse, voire mortelle ?  (Lu 8795 fois)

10 juillet 2009 à 17:07:47
Lu 8795 fois

treant2


Je m'explique...

12 ans plus tôt, classe de lac.
Les moniteurs exigent que la "jupe" en plastique soit bien fixée au kayak. Ils nous ont affirmé que le kayak pouvait être retourné facilement. La jupe ne se retire que si on tire fermement sur la "languette" à l'avant, mais ça ce n'était pas précisé...
Nous remontons donc la rivière avec des potes, en pagayant bien au centre pour épater les filles. Forcement, les forces diminuent.

Soudain le kayak se retourne. A priori personne ne s'en aperçoit. Je tente de retourner le kayak par de vigoureux coups de rein, mais rien ni fait. Sans compter que je dérive, les cailloux et l'eau trouble.
Finalement, comme je suis à bout de souffle, je décide soudain de tenter la jupe du Kayak. Et là ça marche...

Je pensais que ce genre d'incident est exceptionnel, mais en fait ce serait plutôt banal : lors de descentes de l'Ardèche, plusieurs de mes connaissances ont rencontrées des situations semblables. Une a failli y rester, et y a gagné une jolie blessure à la cuisse, causée par un rocher coupant semble-t-il... Sans compter que d'autres personnes passaient sans s'en apercevoir, moi y compris...

Ma question est : est-il possible d'éviter la panique et de gaspiller ses forces dans un effort inutile, alors qu'une solution simple était à portée ? Dans ce cas, comment se signaler, si c'est possible ?

10 juillet 2009 à 17:50:11
Réponse #1

Karto


2 facteurs :

- les "drills", avoir répété les gestes qui sauvent jusqu'à ce qu'ils soient mécaniques. C'est le plus efficace puisque la réflexion est faite en amont, mais ça ne marche que pour une situation donnée.

- avoir la tête froide, analyser une situation nouvelle sous stress et être capable d'en tirer les bonnes conclusions, ça ça dépend plus de la personnalité, du nombre de cafés bus juste avant, et de l'habitude d'être exposé à un coup de bourre déplaisant. Probable que ça puisse se travailler.
« Modifié: 10 juillet 2009 à 22:28:17 par Karto »

10 juillet 2009 à 18:17:12
Réponse #2

alexr


Les moniteurs exigent que la "jupe" en plastique soit bien fixée au kayak. Ils nous ont affirmé que le kayak pouvait être retourné facilement. La jupe ne se retire que si on tire fermement sur la "languette" à l'avant, mais ça ce n'était pas précisé...

Dans mon expérience, les jupes en plastique grand public/initiation ne tiennent pas très bien. Une fois le kayak retourné, on peut les faire sauter en donnant un coup de genou dedans.

En revanche, les jupes néoprène bien tendues tiennent beaucoup mieux. Pour les enlever à coup sûr, il faut effectivement tirer sur la poignée située à l'avant. Normalement, les encadrants devraient expliquer la manip avant de lâcher des débutants sur une rivière.

Soudain le kayak se retourne. A priori personne ne s'en aperçoit. Je tente de retourner le kayak par de vigoureux coups de rein, mais rien ni fait. Sans compter que je dérive, les cailloux et l'eau trouble.

L'esquimautage est un geste technique complexe, il faut impérativement le travailler à l'avance si on veut le réussir en situation. Ca ne s'improvise pas vraiment.

Ma question est : est-il possible d'éviter la panique et de gaspiller ses forces dans un effort inutile, alors qu'une solution simple était à portée ?

Je pense qu'en s'exposant régulièrement à des situations stressantes, on s'habituer un peu, ce qui peut aider à garder la tête froide par la suite.


10 juillet 2009 à 19:25:41
Réponse #3

Lio


Oui le meilleur moyen de gerer son stress est d'y être exposé régulièrement pour l'aprivoiser.En effet, plus la situation(tant matérielle et physique que l'état psycologique) est connue, moins on est sujet à la panique.
Pour ca les cours de self défense sont très bien puisqu'ils nous placent dans des situations très proche de la réalité donc stressante. Souvent c'est même le but recherché de placer l'élève dans une situation de stress lors de l'entraînement.
Sinon je supose que les stages de survie ont plus ou moins le même effet ou alors ya les sports extrème où on a vraiment les boules quand on doit s'y habituer.
Mais si à chaque fois on adopte un comportement de refermement sur soi et de lamantation ou de résignation, là on régresse.
« Modifié: 10 juillet 2009 à 19:32:21 par Lio53 »
C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de 50 étages.
Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer:" jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien"
Mais l'important c'est pas la chute, c'est l'atterrissage. (La Haine)

10 juillet 2009 à 22:19:12
Réponse #4

vagabond


Je ne sais pas si on peut être sur de ne pas paniquer (je parlerai plus de peur paralysante), mon expérience m'a montré le contraire, mais ce n'est que ma maigre expérience.

J'ai vécu des situations de stress plutot intense, et il m'est arrivé de connaitre des périodes de peur paralysante alors que j'avais l'expérience nécessaire pour gérer la situation.

Plus on sait, plus on pratique et moins on devrait connaitre des situations à risques mais ce n'est pas absolu.

Mon avis qui ne vaut que par ce qu'il est.

Vagabond

10 juillet 2009 à 22:26:59
Réponse #5

Karto


C'est clair. Au mieux on peut mettre les chances de son côté, mais rien n'est jamais acquis.

(Même James Bond une fois il a eu peur, quand il était attaché sur la table de l'homme au pistolet d'or, mais enfin il a bien rebondi.)
« Modifié: 10 juillet 2009 à 22:32:41 par Karto »

11 juillet 2009 à 11:34:52
Réponse #6

Aerazur


(Même James Bond une fois il a eu peur, quand il était attaché sur la table de l'homme au pistolet d'or, mais enfin il a bien rebondi.)

James Bond n'est pas Chuck Norris! ;D



Pour le coup du kayak, j'ai vécu çà... J'ai bien essayé d'esquimauter, mais c'est un job à temps plein l'histoire. J'ai donc arraché la jupe comme un sagouin, abandonné le navire (rempli de flotte, çà fait son poids), et j'ai laissé l'encadrant le récupérer en pestant. Il est venu me pourrir alors que je me remettais en buvant une mousse. Alors je lui ai expliqué, avec peu de diplomatie je le conçois, que son job consistait à nous former, pas uniquement à encaisser la location de ses barques à la noix. Comme il ne comprennait pas, je l'ai un peu aidé avec la pagaie à tomber du ponton, des fois que ce soit la chaleur qui altère ses capacités de réflexion...

11 juillet 2009 à 12:06:00
Réponse #7

alexr


Théoriquement une jupette en néoprène de kayak d'eau vive peut se faire sauter avec un coup de genou.

Oui, en général, ça saute assez facilement, sauf certaines jupes orientées haute rivière qui ont un élastique très costaud sur le pourtour et, parfois, un bord supplémentaire de 3 ou 4 cm autour de l'élastique. Une fois en place, ce bord colle au kayak comme une ventouse et il faut tirer sur la poignée pour retirer facilement la jupe.

Je pense qu'il est préférable de former les nouveaux kayakistes à enlever la jupe en tirant sur la poignée, car le geste est efficace dans quasiment tous les cas, ça peut éviter un gros stress en cas de retournement si la jupe ne saute pas tout de suite.

Il me fallait environ 3 séances de piscine pour apprendre l'esquimautage
à mes "stagiaires".

L'esquimautage latéral ou central ? 3 séances pour la centrale, je trouve que c'est rapide. Il est vrai que ça dépend beaucoup de l'aisance du débutant dans l'eau. Avec une personne très à l'aise dans l'eau, ça peut aller très vite. Avec quelqu'un qui stresse une fois sous l'eau, c'est généralement plus long.

11 juillet 2009 à 14:41:07
Réponse #8

alexr


Séance 1 : dessalage et retournement avec le rebord de la piscine +
dessalage et retournement avec la pointe d'un autre kayak + rester
le plus longtemps possible à l'envers et ne taper sur le fond du kayak
qu'au tout dernier moment... grosse poussée d'angoisse jusqu'à arriver
à la maîtriser.

Séance 2 : esquimautage avec une planche de natation + esquimautage
avec une pagaïe simple de C1.

Séance 3 : esquimautage avec pagaïe double et enchainement de plusieurs
rotations sans arrêt.

Très intéressant, merci pour ces précisions. Ca ressemble comme 2 gouttes d'eau à la progression utilisée dans mon club :
1. Travail du coup de hanche au bord.
2. Travail avec la pointe d'un kayak.
3. Travail avec une planche de piscine.
4. Travail de la centrale avec une pagaie simple de C1. Je trouve que la pagaie de C1 aide bien à sentir l'appui sur l'eau.
5. Travail de la centrale avec une pagaie double.

Je n'enseignais plus la latérale aux débutants, car je trouve cette méthode d'esquimautage moins rapide et moins efficace en eau vive que la centrale, or si les débutants l'apprennent en premier, ils ont tendance à essayer de la ressortir ensuite en situation. Je préfèrais enseigner d'abord la centrale, puis, en perfectionnement, travailler d'autres méthodes (latérale ou plutôt Pawlata, que je préfère).

13 juillet 2009 à 22:55:21
Réponse #9

François


Pour généraliser en revenant à la question titre, "vaincre la panique dans une situation dangereuse, voire mortelle" , pour moi cela revient à savoir gérer son stress. Il y a sans doute des méthodes d'apprentissage (que je ne connais pas). On peut aussi apprendre sur le tas, en affrontant des situations où l'enjeu est important sans que la sanction d'un échec soit définitive : compétition, sports extrêmes, entretiens d'embauche, défis divers. Non seulement on peut acquérir la volonté de s'en sortir et les automatismes de concentration en conditions stressantes, mais normalement, on prend aussi l'habitude d'envisager avec sérieux l'éventualité d'un échec et de prévoir systématiquement les solutions pour limiter la casse.

Le danger, c'est d'y prendre gout, au stress et à la poussée d'adrénaline qui va avec.
C'est une vraie drogue. A consommer avec modération  ;D
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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