Bonjour,
Oui je sais : deux ans...mais il faut donner du temps au temps.

Entre temps j'ai eu l'occasion de suivre deux stages d'initiation (dont l'un avec un instructeur parisien travaillant dans la sécurité : Sinicha). Donc pas assez pour avoir un avis définitif (d'autant plus qu'il existe une pléthore de styles et encore plus d'instructeurs si j'ai bien compris). Mais assez pour livrer des impressions.
On ressent une origine militaire évidente dans les exercices d’échauffements/musculations qui frisent le coté aguerrissement que l'on trouve dans les stages commandos. La différence c'est que c'est fait dans la bonne humeur, avec un challenge physique, et que le coté "chef oui chef" était absent. Mais ça reste dur avec une grosse tendance aux pompes sur les poings.
On a aussi un travail intéressant sur la respiration. D'une part, on retrouve les acquis scientifiques sur le gestion du stress. D'autre part, les exercices ont aussi comme but d'augmenter le stress (apnées...) de façon à s'habituer à un bon fonctionnement en mode dégradé. Une autre utilisation est la gestion de la douleur.
J'ai travaillé peu de techniques de combat "spécifiques" lors de ces stages. La grosse innovation c'est un travail sur les "frappes lourdes". C'est assez difficile à décrire, mais je dirais que c'est un peu comme si on considérait que les bras sont une corde et les poings une pierre : on lance donc la pierre en laissant librement se dérouler les bras. Ils aiment bien les ricochets aussi.
Les frappes sont aussi utilisées dans des exercices "d'habituation" qu'on appelle ici "massage". Par ailleurs, une certaine forme de massage par pression est pratiquée par deux. C'est trop souvent absent dans les pratiques standards.
Un travail intéressant est celui "d'absorption". En gros, il s'agit de ne pas encaisser les coups mais plutôt de les accompagner. C'est donc différent des techniques consistant à revêtir un "manteau de fer" (contraction statique) ou au contraire "à rentrer" (contraction et poussée vers le segment frappeur). Ces mouvements sont accompagnés d'un travail respiratoire important (donc un lien avec l'état mental). J'ai pas tout compris.
Il faudrait aussi parler des exercices de "déstructuration" dans lesquels on explore la mécanique corporelle et l'équilibre corporelle. Une fois ressenti les limites les clefs, projections, étranglements et immobilisations s'enchainent naturellement.
Le couteau était présent dans les stages. Surtout comme outil pédagogique pour travailler le corps, les déplacements et l'esprit. On a un peu abordé le coté SD et ce qui a été distillé était plein de bon sens et recoupait par exemple ce que l'on peut entendre dans les stages ACDS.
Durant les stages on n'a pas abordé la partie SP : gestion de l'avant et de l'après agression. Cela ne veut pas dire que ça n'existe pas mais le rôle est moins central que dans les stages ACDS (surtout ceux distillés par Patrick).
Au final, je ne dirais pas qu'il s'agit d'une méthode de SD cherchant à former des gens aux réalités de la rue ou du champ de bataille en quelques séminaires.
Il me semble que c'est une méthode cherchant surtout à "former le corps" avec une vision holistique (conditionnement physique, respiration, gestion du stress, équilibre, dynamique...).
Et sur ce plan la méthode est originale car elle ne repose pas sur les principes des méthodes de combat "d’Europe de l'ouest" ni sur ceux du Japon et probablement de la Chine (mais la Chine c'est tellement vaste que je ne m'avancerai pas). Même si on retrouve des brides bien sûr.
Pour avoir pas mal travaillé avec des russes par le passé, c'est vraiment une méthode russe avec un coté généreux, spontané et improvisé...mais dans le même temps dure et rigoureuse.
Voilà c'était juste quelques réflexions d'un Candide.
