Les survivants des Andes :
il y a une raison pourquoi ça avait choqué énormément à l'époque et pourquoi les survivants en faisaient un tel dilemne moral : c'est qu'on était dans un pays très catholique. L'aspect "pêché ou pas ?" s'était révélé très important.
Arte a diffusé il y a un ou deux ans un documentaire réalisé en 2003, qui revenait sur la catastrophe des Andes, et surtout, qui interviewait les survivants 30 ans plus tard. Eh bien, 30 ans plus tard, cet épisode les a profondément marqué, et le cannibalisme est toujours le sujet qui les taraude. Peut-être que l'aspect religieux s'est estompé, et que reste l'aspect psychologique : avoir mangé des amis, des proches... En tout cas, entendre ces survivants en parler montre bien que non, on ne peut pas manger de la chair humaine "à la légère" (le "ça ne me dérangerait pas" qu'on a lu plus haut dans ce fil

). Manifestement, on arrive à vivre avec, mais on en reste marqué.
Une équipe de rugby est par définition un groupe très soudé. Il y a déjà le traumatisme de l'accident, le deuil de voir ses amis et des proches morts... Quand en plus il faut se résoudre à se nourrir d'eux...
Manger de la chair humaine avec seulement la
connaissance que c'est de la chair humaine, c'est une chose (à supposer qu'on vous l'apporte coupée et cuite, avec seulement l'
information que c'est de la chair humaine, mais aucun autre élément traumatisant).
Aller couper une tranche de son meilleur ami et la manger crue, perdu dans la montagne, au milieu des ruines d'un avion et des cadavres et débris amoncelés, c'est une autre paire de manches !
D'ailleurs, dans le cas des Survivants, je crois me rappeler qu'il y en avaient qui mangeaient mais ne découpaient pas... tandis que d'autres avaient passé les barrières morales et coupaient des tranches pour tout le monde...
C'est quand même une solution de dernier ressort. Dans le cas des Andes, ils manquaient dramatiquement d'équipements (vêtements chauds, lunettes de soleil, carte...) et n'avaient pas forcément pris les bons choix. En particulier, il y avait un hôtel d'altitude à proximité avec de la nourriture en conserve, qu'ils auraient pu atteindre s'ils avaient eu la bonne carte et/ou s'ils avaient fait des excursions de reconnaissance des environs, ce qu'ils ont eu énormément de mal à faire à cause du manque d'équipement justement. Je crois que les équipements de survie embarqués dans les avions ont évolué depuis ! Pour ce dernier paragraphe, c'est éminement discutable et je cite de mémoire, alors vous voudrez bien excuser toute erreur ou imprécision.