Sur de si petit territoire il est déjà difficile de faire cohabiter la fréquentation touristique qui augmente, avec des troupeaux de plus en plus important, alors rajouté les chiens de protection et des loups qui prennent de plus en plus d'assurance et je suis persuadé que le déséquilibre économique sera trés rapidement en défaveur du loup.
c'est clair que la fréquentation touristique cause aussi des soucis aux éleveurs pastoraux, surtout si ceux ci se baladent avec leur chien sans laisse (faut bien qu'il se défoule, et puis il m'écoute, il coure pas après les moutons...) J'ai discuté avec un berger qui travaille dans les Pyrénées. son estive est traversé par un GR et tous les ans ca lui arrive. le chien finit par aller tater de la brebis. le troupeau s'affole et se disperse. dans un coin comme la bas ou c'est rocailleux au possible, pentu et difficile, ca lui prenait deux jours pour regrouper les betes et ca lui arrivait de pas toutes les retrouver. le pire c'est que ces gens là s'en foutent et en rigolent même.
comble de tout, ce jeune berger a tout contre lui. une estive de m*rde (julie est allé lui donné un coup de main et elle a halluciné, alors qu'elle a l'habitude). quasiment rien à manger pour les brebis car les meilleures places sont dejà prises et réservées aux vaches. un GR donc. seul pour garder 1000 brebis. ours et loup présents sur l'estive. pas de patous car l'éleveur n'en veut pas (et le berger n'est que salarié, il fait avec ce qu'on lui donne).
Lorsque je l'ai rencontré,c'était en avril, soit 10 mois après la fin de la dernière estive. il était encore cramé. désabusé et sur les nerfs de repartir sur le front. c'est pas le loup qui la mis dans cet état. ca a participé oui. mais c'est l'ensemble de sa condition de travail qui le ronge. il aime son métier, il a sciemment choisi de faire ses études dans cette branche (tiens d'ailleurs, petite info : il n'y a apparemment toujours pas de formations sur les grands prédateurs dans les écoles de bergers....) mais il en arrache trop. moi la question que je me pose : comment ca se fait qu'on puisse mettre un gars comme ca dans une situation de m*rde comme il était ! c'est pas humain, c'est juste normal que le bonhomme lâche à un moment. loup ou pas loup
l'année précédente où je l'ai rencontré, il y a eu prédation sur son troupeau. le constateur a été assez formel pour affirmer que c'était un loup, mais il a indiqué dans son rapport que c'était un ours qui avait attaqué. pourquoi ?
le loup n'étant pas officiellement dans le secteur, il n'y aurait pas eu de dédommagement. alors, on fait comme si de rien: ton patron sera remboursé, donc ca va.Ca c'est un des noeuds du problème depuis le début de l'histoire. le gouvernement joue l'autruche. il attend que les problèmes soient devenus trop grands pour être dissimulés pour agir et faire son grand seigneur... surement par peur du mécontentement ou de la perte de voix électorale, tout le monde se passe la patate chaude en espérant que ca soit le suivant qui se brûle. Des 1992 et le retour du loup depuis l'italie, les agents du PN du mercantour savaient que le loup avait passé la frontière. pourquoi les éleveurs ont du attendre l'été suivant et un article dans terre sauvage pour l'apprendre ?
Ce premier faux pas a été grandement responsable de cette théorie du complot et de la réintroduction volontaire et sauvage du loup.ben oui, "y'a personne qui nous dit rien. ils observent des loups à coté d'où je parque mes betes et ils me disent rien, c'est qu'il y a un truc..."
Suite à cet événement et à la montée de colère qui a suivie, la réponse officielle fût : non mais c'est parce que ca vous concerne pas tant que ca! le loup, il va rester la haut dans le parc, il a de quoi manger et il va pas descendre au niveau de vos estives, vous en faites pas".... ben oui. et la marmotte elle emballe le chocolat dans le papier d'alu tant que tu y es

Du coup, lorsque évidemment les loups ont dispersés et été voir ailleurs si le soleil était pas plus chaud, ca a plombé encore plus l'ambiance. et la crédibilité officielle: 0 la,on en est rendu à : "ils nous prennent pour des cons. " Alors quand on commence à parler de patous et de cloture pour protéger le troupeau, ben c'est trop tard gars, par deux fois deja les éleveurs se sont fait enrhumé, ils prennent donc ce nouveau conseil comme de la farce et une nouvelle tentative de tuer l'élevage traditionnel, car beaucoup en sont maintenant persuadé.
Le pire dans tout ca ? c'est que ca continue ! il n'y a aucune mesure préventive. les éleveurs devraient être accompagné et soutenus dans la mise en place des moyens de protection AVANT que le loup investisse le secteur.
pourquoi un éleveur, situé à 50km d'une ZPP (zone de présence permanente) dans le vercors, ne peut il bénéficier des mesures d'aide qui régissent ces zones ? 50km, c'est juste une balade à la journée pour un loup... Mais non. cet éleveur a subi des attaques durant un été. le constateur a conclu : c'est un chien, y'a pas de loups ici... y a pas eu d'analyses génétiques rien.
Moi, ce que j'en pense, c'est qu'il faut considérer toute la france comme étant une grande ZPP. Et oui, vous le voulez ou non, mais notre pays est redevenu un coin à loups. Que cela soit dans le massif central (ou la première ZPP a été reconnue cette année), les vosges, les pyrénées ou les alpes, la faculté de dispersion des loups tend à réduire les distances et finalement, toute l'europe est à sa portée.
Comme en plus il avait disparu, il n'y a aucune concurrence, ce qui fait que chaque loup qui disperse trouve un coin pour s'établir sans trop de problème : il y a de la place (et oui, ca parait pas,mais la france reverdit), de la nourriture (sans même parler des moutons). Ca s'est observé à plusieurs reprises : lors d'une reconquête, la progression du loup est très rapide car il a la place pour lui. cela se calme ensuite car les places sont prises, donc le loup met plus de temps pour trouver sa zone, donc se reproduit plus tard et subit plus de conflit inter-loups.
Le hic, c'est que ca va trop vite pour nous. ca prend du temps de mettre en place de quoi se protéger.faut déjà accepter la contrainte et le travail supplémentaire causé par un nuisible que les anciens plombaient avec la bénédiction de tous. il faut ensuite remettre en pratique, faire des essais, se tromper, adapter les solutions possibles à l'environnement forcément spécifique de chaque éleveur. Ca se fait pas en 15 jours, ni en un an. en fait,j'ai jamais vu quelque chose évoluer avant 5 ans de présence avérée et d'attaques. 5 ans ! 5 estives, ca doit etre long quand tu dois surveiller entre 500 et 2000 moutons qui sont en plus pas à toi. (ce n'est pas beaucoup plus simple quand ce sont tes betes : moins de têtes, mais du travail à coté.mais c'est pas pareil. les bergers, passé un seuil toléré de pertes inévitables, payent les brebis qu'ils ne redescendent pas en fin d'estive). 5 ans, c'est suffisant pour péter un cable, surtout quand il y aurait d'autres choses à s'inquieter...
un autre éleveur m'a dit un jour : "moi, ce qui me fait chier, c'est que je passe 9 mois par an à remplir des formulaires et mendier pour continuer à aller en estive. C'est pas mon métier la paperasse, c'est de garder mes betes. La, en estive j'etais bien, tranquille, à faire mon métier sans me faire chier avec ces conneries. et le loup il m'enlève ca. meme en estive je suis plus tranquille."
bref, oui c'est la misère,surtout pour les petits (éleveurs/bergers). y'a des gros éleveurs qui s''en tirent très bien et savent parfaitement tirer profit de la situation, et y'a ceux qui galèrent parce que par exemple ils ne savent pas faire une demande de subvention ou d'indemnisation ou parce qu'ils ne veulent pas de ce genre d'aide. c'est jamais marrant de savoir que l'on dépend d'un soutien extérieur pour continuer à faire son métier. mais ca, c'est commun à tous les secteurs d'activités je pense.
Et c'est la le gros problème, ca a déjà été dit. que le loup soit la ou pas là, les pastoraux sont face à une crise qu'ils ne peuvent résoudre par eux même. Pour être un peu provoc, je dirais qu'ils doivent au loup une chose : cela a mis en avant leur situation critique. tout le monde ou presque se foutait du pastoralisme il y a 20 ans. la majorité ne s'avait même pas que cela pouvait encore exister (moi le premier).
Tiens, les deux principales fédérations agricoles (FNSEA et la confédération paysanne) n'ont jamais levé le petit doigt lorsque tout a commencé à mal tourné, quand la viande d'importation a été favorisée, ils étaient où pour dénoncer ?. trop petit enjeu surement, ils préféraient soutenir les productions plus importantes. Le loup arrive et ils débarquent sur la scène, la tape sur l'épaule : continuez les gars on est derrière vous ! la FNSEA de PACA a même inciter les éleveurs à refuser catégoriquement les mesures de protection "si vous acceptez ca, ca veut dire que vous acceptez le loup". c'est pas eux qui ont du ramasser les cadavres, c'est pas eux qui ont fait les nuits blanches et les dépressions...
tu parles de déséquilibre économique ? mais explique moi alors ta stratégie économique qui permettrait de les sortir de la misère où ils sont, juste en enlevant le loup ? je suis sérieux, tu me trouve ca, je suis heureux pour eux. mais j'y crois pas.
Il reviendra bien moins chère d'acheter des clôtures pour y parquer
quelques loups et de faire des sous avec les visites, que de continuer à subventionner les éleveurs pour la protection des troupeaux.
non, non, non et encore non, c'est du n'importe quoi, excuse moi !!!
attends, t'es peut etre pas au couranr. Le pastoralisme est le type d'agriculture qui est le moins subventionné en france. ils sont pourtant subventionné à 70% (70% de leur revenu vient d'une subvention régionale,nationale ou européenne). les moins subventionnés, je me répète, imagine les autres ! et la dedans, y'a pas le budget loup, qui est principalement européen.
Et le loup peut être une source de revenu en tant que tel. la difficulté est bien sur de l'accepter. de nombreuses personnes sont enclins à aller randonner dans un coin à loups. cela peut emmener quelques sous. ca peut faire connaitre le monde pastoral à des gens qui n'y pensait meme pas, et ca peut etre potentiellement des clients. c'est ca qu'ils demandent les éleveurs : qu'ils puissent vivre de leur métier ! et ce qui leur faut, ce sont des clients. c'est pas les supermarchés qui achetent leur viande. c'est pas en faisant de la quantité qu'ils pourront s'en sortir. il faut qu'ils misent sur la qualité produit, sur le local et sur le contact direct. dans le contexte mondialisant où on vit, c'est en se basant sur la proximité et en quelque sorte un pacte de confiance producteur/consommateur que tu peux t'en sortir.
Le fait que le loup soit revenu d'abord dans ces régions signifie pour moi que les locaux ont fait un travail remarquable et n'ont pas trop dégradé leur environnement. le retour du loup signifie : chapeau les gars. et je suis pas le seul à penser ca. maintenant, et bien il va falloir qu'ils luttent et s'adaptent. comme ils le font depuis toujours : contrairement à ce que l'on pense, le métier le plus vieux du monde n'est pas prostituée, mais bien berger! il est seulement tellement plus sain de croire que son problème vient d'un stupide prédateur : c'est concret, on peut sortir le fusil on peut envisager s'en sortir un jour. que peut on faire face à l'évolution de notre système agricole et économique ? contre qui se bat on ? comment on explique à nos enfants qu'ils ne pourront prendre la relève comme on l'ont fait avant ?
j'ai pas la réponse. l'as tu ?