Effectivement, je n'ai pas été assez précis...
Les problèmes étant qu'il est difficile d'être sûr avec le vivant.
De plus, comme tu l'as souligné, une méthode efficace existe, mais elle est peu compatible avec la pratique de la randonnée ou de la survie, ne serait-ce que par le temps à y consacrer et le matériel supplémentaire. C'est pourquoi je suis resté un peu vague, en me concentrant sur des espèces invertébrées "faciles" à reconnaitre, et qui seraient de bons indicateurs de pollution, même à faible population. Je citerai ce site :
http://www.cemagref.fr/Informations/DossiersThematiques/QualiteEauVieAquatique/Recherche01.htmCe site est à mon avis une bonne référence, de plus il reprend quelques publis sur le sujet...
http://209.85.229.132/search?q=cache:9uR9T0-lxA0J:apheis.net/publications/2005/dechets/pdf/2-4.pdf+microfaune+bioindicateurs&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-a.
Cela souligne la complexité de la démarche, ce que ne peut se permettre le randonneur... c'est pourquoi une méthode plus simple et rapide serait préférable. C'est moins scientifique, mais ça aurait le mérite de nous épargner quelques désagréments intestinaux...
Pour en revenir à la microfaune invertébrée, je pense qu'elle peut fournir rapidement des informations, de par sa relative facilité d'observation, le tout à une population visible.
Le cas des vers tubifex est à ce titre éloquent.
http://www.aquaportail.com/fiche-invertebre-924-tubifex-tubifex.htmlCe ver a l'avantage d'être un bon bioindicateur, puisqu'il se nourrit de matière organique en abondance, et vit en colonies dans la vase (et sort par une petite cheminée qu'il creuse), ce qui permet de prouver la non potabilité de l'eau. En plus, il supporte des conditions de vie qui auraient tué la plupart des autres espèces.
La larve d'éristale est elle aussi un bon indicateur. Comme la plupart des diptères, les larves se développent dans les lieux où la matière organique en décomposition est en abondance, comme les tas de purins. Cette larve a aussi besoin, la queue qu'elle possède est en fait un organe respiratoire, ce qui lui permet de rester "enfouie" et donc en sécurité. Les larves de diptères occupent souvent le même trophisme que les vers tubifex, c'est à dire décomposeurs et épurateurs.
Les amas d'algues bleues (cyanobactéries pour beaucoup) sont aussi une preuve de pollution. Je préfère les amas car on n'a pas besoin de loup pour les identifier. En aquariophilie, la présence de certaines cyanobactéries dites « algues encroûtantes » signale un problème au niveau de l'eau. Ces algues apparaissent souvent après un manque d'entretien ou un déséquilibre important et brutal. Les matières organiques en décomposition favorisent aussi leurs développements.
Or leur présence est indésirable en aquarium où elles peuvent former un tapis sur les plantes, empêchant leur activité chlorophyllienne normale, les affaiblissant et les tuant, leur mort contribuant à polluer l'eau. Le sable recouvert par un tapis d'algues n'est plus drainé et oxygéné, devenant impropre à toute vie microbienne aérobie. Le problème est sans doute similaire dans la nature...
Une site sur les algues bleues et leurs conséquences :
http://www.flutrackers.com/forum/showthread.php?p=93711Les chironomes sont aussi des diptères. Leurs larves, sortes de vers rouge à hémoglobine, sont aussi de gros consommateurs de matières organiques en décomposition. Ils aiment particulièrement les milieux vaseux.
La plupart des sangsues n'aiment pas la pollution, c'est le cas de la sangsue médicinale, qui est menacée dans notre pays. En revanche la sangsue brune tolère une pollution moyenne.
La gammare (quelques infos sur
http://www.aquabase.org/crustacea/view.php3?id=22) est souvent un bon indicateur, bien que certaine espèces soient plus résistantes, et tolèrent une certaine pollution. Par contre, elle a besoin de beaucoup d'oxygène. On ne devrait donc pas en trouver là où il y a abondance de vers à hémoglobine (chironome et surtout tubifex). L'intérêt alimentaires des gammares ayant été souligné dans ce forum, leur cas est doublement intéressant. Peut être que les préparer en friture atténuerait les risques de contamination ?
Les larves des Plécoptères sont utilisées comme bioindicateur pour l'Indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)., car très sensible au taux en oxygène dissout dans l'eau. Par exemple, une pollution par rejet d'eaux usées dans les cours d'eau va provoquer une diminution brutale de certaines familles de Plécoptères comme les Perlidae.
Le cas de l'éphémère est sensiblement voisin ce celui de la perle. Je ne développerai pas.
Pour compléter (trouvé sur http::www.ffpml.com/ENTOMOLOGIE/trichote.htm ) :
Les Trichoptères ("caddis flies ou "sedges"), dont le porte bois fait partie, sont un des principaux ordres ordres d'insectes aquatiques (on estime qu'environ 10000 espèces ont été décrites dans le monde). On les trouve dans toutes les parties du monde et dans les eaux stagnantes, ou les rivières. Leurs larves sont généralement détritivores. Comme les papillons, ils sont capables de produire de la soie à partir de glande salivaires modifiées.
Les larves sont, dans leur très grande majorité, aquatiques et construisent un abri (minéral, végétal, ou liant plusieurs types de matériaux ("porte-bois"). Quelques familles ne construisent pas d'abri (Hydropsychidae par exemple). Toutes possèdent des "crochets anaux" leur permettant de se fixer au substrat."
Voir aussi
http://www.invfmr.org/TRICHOS1.htmLeurs besoins en oxygène étant le même que les deux précédents, une pollution par de la matière organique aura les mêmes efets sur leur population... On peut aussi leur lier le cas des escargots d'eau, qui sont néanmoins plus tolérants.
Enfin, l'aselle est justement un cas où il est difficile de se prononcer sur le vivant. elle n'aime pas les pesticides et les eaux trop polluées, mais elle consomme beaucoup de matière organique. Il s'agit d'un indice moins fiable que la gammare...
Je rajoute ce site, certes inachevé, mais les photos sont jolies, ça peut toujours servir pour l'identification.
http://www.ac-nancy-metz.fr/enseign/SVT/eleve/cyber/Vincent/Ecotox/bioindic.htmJe citerai aussi ce site, vraiment complet, sans doute trop :
http://209.85.229.132/search?q=cache:b0-8_9uwlCoJ:www.ecosystema.fr/Ecosystema_perso/Th%C3%A8mes_de_cours_files/Les_Bioindicateurs_2007.pdf+sangsue+herpobdella&cd=4&hl=fr&ct=clnk&gl=frVoilà, j'espère qu'avec ça, il ya possibilité de mettre au point une méthode rapide et suffisamment fiable pour éviter de choper la courante...
Des tests sont sans doute à prévoir, mais le prix des analyses d'eaux n'est pas donné...