Mad, ta nuance est correcte, mais je maintiens tout de même ma position. Je m'explique.
1. nous ne prétendons pas que nos prévisions (déterministes jusqu'à J+3, probabilistes à partir de J+4) sont fiables à 100 %, donc pour le grand public (du moins, la partie qui se donne la peine de réfléchir 30 secondes) c'est en ce sens que notre discipline n'est pas une science exacte.
2. là où tu as raison, c'est qu'effectivement les méthodes de prévision météorologique reposent sur les lois de la physique, de la thermodynamique ou de la mécanique des fluides, utilisées par le biais d'outils mathématiques, autant de disciplines qui constituent des "sciences exactes", par opposition aux sciences humaines.
3. mais là où j'émets un bémol (et donc, là où je rejoins le grand public, mais avec des raisons différentes, pour considérer que la météorologie n'est pas une science exacte
stricto sensu), c'est que les outils déterministes que nous utilisons sont appliqués ... sur un échafaudage branlant. Késaco ?
- D'une part, la majeure partie des découvertes météorologiques au fil des siècles repose sur des découvertes empiriques, pour la simple et bonne raison que nous ne pouvons guère procéder comme les autres sciences, en travaillant en laboratoire sur des expériences répétées des centaines de fois, pour en tirer une loi que l'on démontrera ensuite de manière mathématique : en météorologie, le laboratoire, c'est l'atmosphère globale, que l'on ne manipule pas comme des éprouvettes de labo

... Donc tout ou presque repose sur l'empirisme de l'observation des phénomènes. Certes, cette caractéristique s'applique surtout à la météorologie des siècles passés, des inventeurs italiens du 17ème aux explorateurs de l'atmosphère (français) du début du 20ème (l'histoire de la météo constitue l'un des modules de mes "confs" météo, alors je me suis documenté

), mais même les progrès plus récents (école norvégienne du 20ème, méthodes de prévision numérique) ressortent de la même approche.
- D'autre part, tous nos formidables outils de prévision (lois de thermo, de méca, de physique, outils mathématiques, super-calculateurs) ont tous le même but :
anticiper le futur état de l'atmosphère à partir de son état initial, observé. Or, et c'est là que n'importe quel scientifique "tique", notre connaissance de l'état initial de l'atmosphère, sur lequel, je le répète,
TOUTE la suite repose, est très, très imparfait. Pourquoi ? Parce que le réseau mondial d'observation de l'OMM (Organisation Mondiale de la Météorologie, l'une des agences de l'ONU), composé d'environ 15000 stations terrestres + 3 à 4000 stations en mer (bateaux ou bouées) - une observation toute les 3 heures - et d'environ 600 stations de radio-sondages (seulement !) avec 2 lâchers par jour (soit une observation toutes les 12 heures !), est très inégalement réparti entre zones riches, zones pauvres, océans, pôles et déserts, et de toute façon bien humble face à l'immensité de l'atmosphère (en 3D). Même avec le précieux apport des obs avions, des satellites et des radars.
Donc au final, cet état initial, capital, reste bien imparfait ...
Et donc je me permets de réitérer mon sentiment selon lequel, la météorologie, en l'état actuel de ses connaissances, de son mode de fonctionnement et de ses moyens, ne peut guère être considérée comme une science
exacte.
Je préfèrerais le libellé "
la science la plus exacte possible", ce qui n'est déjà pas si mal au vu de nos résultats, pas si mauvais

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