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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Le fou au rasoir de barbier.  (Lu 7346 fois)

08 juin 2009 à 19:54:50
Lu 7346 fois

philippe13


En lisant ce forum il m'est revenu une mésaventure survenue il y a quelques années. J'avais pris une semaine de congé pour refaire les peinture chez moi. Pour faire un break un des après-midi j'appelle mon coiffeur: complet me dit-il, je me souviens qu'il y a un petit salon dans une rue peu passante ou je n'ai jamais vu plus d'un client à la foi, j'y vais.

Le salon est vide, le  coiffeur est assez jeune genre échalas nerveux, il est un adepte de la coupe tout au rasoir, pourquoi pas, il l'aura donc à la main presque tout le temps de la coupe. Il parle et bouge beaucoup. Comme je somnole je lui dis que je suis fatigué, que je refais mes plafonds et n'ai pas l'habitude de tels efforts bras levés, il s'énerve alors:

VOUS ETES FOU VOUS ALLEZ VOUS TUER LA SANTE! il recule, fait de grands gestes dans tous les sens rasoir à la main...

ON NE PEUT PAS PAS FAIRE çA SI ON N'EST PAS DE METIER! il tape du pied violament pour ponctuer ses phrases, virevolte, toujours le rasoir à la main. Il est très, très excité, répete ses phases en me désignant du rasoir pointé, bave. Je suis blême sous le peignoir, que va-il-se passer? il ne semble pas agressif envers moi mais ses geste sont dangereux, je comprends maintenant que ce salon soit toujours vide.

Que dire comment renouer le dialogue? à par dire: oui, oui  vous avez raison?
   
Puis d'un coup tout s'arrète, il se tait, reprend le cours de la coupe en silence, il ne dira plus trois mots jusqu'au paiement. La trouille!!

Bien que ce ne soit pas loin de chez moi je ne passe pas très souvent par là, néanmoins j'ai vu le type se dégrader physiquement en quelques mois. Un matin, puis un autre en partant bosser très tôt j'ai compris qu'il vivait dans son salon en dormant sur le canapé des clients, puis le salon à fermé.   
« Modifié: 08 juin 2009 à 20:33:51 par philippe13 »
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

08 juin 2009 à 20:05:46
Réponse #1

greenman


Voici une vidéo sur la réalisation de ma cabane - http://vimeo.com/23283003

08 juin 2009 à 20:32:09
Réponse #2

philippe13


Ne prends pas ombrage mais en quoi ton histoire apporte quelque chose à la section Survie Urbaine.
C'est un truc réel et bel bien vécu, on peut être confronté à la folie comme tout autre type d'agression, mon post semble en valoir bien d'autres.

Persiste et signe! 
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

08 juin 2009 à 20:45:46
Réponse #3

Leif


allez ça m'intéresse.

En effet on peut voir dans l' histoire qu'une personne a priori saine d'esprit va chez un coiffeur.

Le coiffeur en question met en action  tout les capteurs , trouillometre a zero, pas a l aise, sueur froide, le gars a un rasoir proche de la carotide et pourtant rien, tu vas attendre de voir si tout va bien se passer.

ma question est que peut il se passer dans la tete d'une personne pour persister et signer dans une situation qui en toute évidence ne sent vraiment pas bon?

Et pourquoi un agresseur, la c'était simplement un coiffeur  joue sur ce denie de la violence.

Si je ne voie pas le mal, le mal ne me verra pas.

a+

jeff




08 juin 2009 à 22:25:48
Réponse #4

philippe13


Le salon était tout en longueur, très étroit et le merlan était entre le fauteuil et la sortie qui était à plusieurs mètres. je n'aurai pas pu le contourner, fallait le bousculer, ou au moins passer dans le rayon d'action du moulin à vent! Avec un peu de malchance porte ouvrante vers l'intérieur. En plus engoncé dans un peignoir en tissu le truc des coiffeurs ouvert par derrière fermé devant. Je l'ai calmé en rentrant dans son dialogue sans le contrarier. Il a eu un déclic d'un coup et tout est retombé.

Physiquement je n'ai pas confiance en moi, pas rapide, pas de bon réflexes, maladroit. Il n'y a que dans l'eau que je me sens à l'aise et peut-être  capable d'agir sur un sauvetage par exemple. 
« Modifié: 08 juin 2009 à 22:32:29 par philippe13 »
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

08 juin 2009 à 22:30:51
Réponse #5

DavidManise


put**n moi y'aurait fallu me payer cher pour que je reste là tranquillement à me faire raser et couper les cheveux... 

POSE LE RASOIR, TU ME FAIS FLIPPER.

POSE CE put**n DE RASOIR MAINTENANT.  JE VEUX M'EN ALLER. 

POSE LE put**n DE RASOIR, JE TE PAYE ET JE ME CASSE.  MAINTENANT.

Sans dec, je sais pas comment t'as fait pour rester là.  Moi un mec louche avec un rasoir qui me coince la sortie comme ça, je PETE UN PLOMB...  :o

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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09 juin 2009 à 08:43:33
Réponse #6

Sielwolf


Comme je somnole je lui dis que je suis fatigué, que je refais mes plafonds et n'ai pas l'habitude de tels efforts bras levés, il s'énerve alors:

VOUS ETES FOU VOUS ALLEZ VOUS TUER LA SANTE! il recule, fait de grands gestes dans tous les sens rasoir à la main...ON NE PEUT PAS PAS FAIRE çA SI ON N'EST PAS DE METIER! il tape du pied violament pour ponctuer ses phrases, virevolte, toujours le rasoir à la main. Il est très, très excité, répete ses phases en me désignant du rasoir pointé, bave.

[...] Que dire comment renouer le dialogue? à par dire: oui, oui  vous avez raison?


Si le mec est complètement psycho, il ne décrochera pas de son idée. D'ailleurs vu la description, le mec avait apparemment "décroché" tout court, il n'était plus dans "notre" réalité.

Pour gagner du temps si tu es ficelé comme un saucisson, je ne vois rien d'autre que d'essayer de le brancher dans "sa réalité" à lui. Et effectivement d'aller dans son sens. Par exemple lui dire "je n'avais jamais envisagé que ce travail puisse être aussi dangereux, j'abandonne tout et je vais faire appel à un professionnel", voir "vous avez une adresse d'entreprise pour m'aider dans ce travail?..."

En ne disant rien, c'est un peu ce que tu as fait finalement, puisque tu ne t'es pas opposé à lui / tu as validé en quelque sorte son trip par le silence.
"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

http://www.neurocombat.com/
http://www.fourrure-torture.com/fourrure-lapin.html

09 juin 2009 à 08:46:25
Réponse #7

omega


...  >:(

la coupe fut réussit j'espere ?  ;D

09 juin 2009 à 08:53:35
Réponse #8

Leif



C est ça qui est impressionnant, se dire ça va passer.IL ne peut pas me faire de mal est le genre d'idée reçu qui te mette dans la mouise.

Rentrer dans le sens de l'autre est une bonne solution mais a condition d'avoir la gestuelle en accord avec les paroles.

la prise de position de David peut aller au conflit, mais permet aussi de le désamorcer, on y reconnait en fait le travail plus d'un professionnel avec les étapes avant le cassage de crane.

je suis la conversation avec intérêt.

jeff

09 juin 2009 à 09:07:06
Réponse #9

Sielwolf


Moi, l'idée n'est pas de rentrer dedans... c'est surtout de l'apaiser.

Initialement, le mec fond un fusible sur une simple phrase, alors personnellement j'essayerais de le calmer à partir de cette phrase, au moins dans un premier temps, histoire déjà qu'il arrête de faire des moulinets avec sa lame. Après, si ça ne marche pas,  il faut effectivement passer à autre chose de plus direct.
"Though Lycans were fewer in number, the war itself had become more perilous, for the moon no longer held her sway. Older, more powerful Lycans were now able to change at will."

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09 juin 2009 à 09:21:42
Réponse #10

DavidManise


C'est vrai que pour le coup mon attitude à moi n'est sûrement pas optimale dans le scénario.  Le truc c'est que face à un mec armé qui me coince, me bloque physiquement la sortie, je sais que je réagis comme ça...  même si c'est pas le mieux à faire...  mais ça me fait flipper et du coup je réagis très violemment.

Leif : le vrai pro trouverait calmement la bonne phrase, comme Sielwolf l'a bien démontré...  un truc qui va dans son sens, qui ne le confronte pas, qui ne te fait pas directement entrer pour lui dans la catégorie de ceux qu'il veut couper quoi...  de dire un truc du genre "oui vous avez raison, c'est un truc qui doit être réservé à des pros" fait en sorte qu'on se positionne dans son camp, qu'on lui donne raison, etc.  Le truc c'est que des fois ça ne suffit pas du tout, ou alors des fois, on a mal cerné son délire et en tentant de rattraper le coup on s'enfonce...  donc il est bon de savoir désamorcer et apaiser, mais il ne faut pas non plus s'embourber dans l'espoir de s'en sortir sans devoir aller au charbon.  Sinon on risque fort aussi de finir en charpie parce qu'on se sera trouvé dans une position psychologique où on n'est plus soi-même en mesure de prendre d'initiative violente.  C'est ça le risque en fait...  j'appelle ça s'embourber dans le dialogue.

Ciao ;)

David
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09 juin 2009 à 11:30:01
Réponse #11

Leif


yep david

mais ton premier post m'a plutot fait penser a:

bonjour, restez a un pas s'il vous plait

RESTEZ a un pas S'IL VOUS PLAIT

MON DIEU UN BG; IL FONCE DROIT SUR NOUS(southpark ;)

Le fait de désamorcer un conflit c'est vraiment un travail a part entiere, dans la tete il y a plusieurs options qui se court-circuitent:

- me tenir eloigner de l'arme

- partir

-pleurer

-prier

- discuter

- frapper

-.....

selon ses propres criteres il y en a une qui va ressortir en première.

Ce qui est bien avec la violence c'est que plus tu l'as vis moins tu t'en sers et alors elle  revêt un autre trait de caractère.

a+

jeff

 

09 juin 2009 à 11:54:15
Réponse #12

** Serge **


selon ses propres criteres il y en a une qui va ressortir en première.

Selon le contexte,  l'état physique et émotionnel des personnes en présence, leur mindset du moment, l'éventuel bagage tactique et pratique d'une ou plusieurs de celles-ci.

Voici un exemple ( as seen on TPI ) de quelqu'un qui, à mon avis, avait une stratégie, des tactiques et s'en est merveilleusement sorti  ;) :

http://www.break.com/index/he-fought-the-law-and-the-law-lost.html

Ce geek est hilarant ( sorry for the french speaking ).
« Modifié: 09 juin 2009 à 12:15:39 par ** Serge ** »
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

09 juin 2009 à 12:37:01
Réponse #13

Leif


super.

pour ma part j'y vois une merveilleuse manipulation, on voit le relâchement des policiers, le discours est super , a part a la moitié.

et puis run forest run :lol:

Une façon de se sortir de  la mouise, c'est des hommes de loi et d'abord il attaque du cote legale, cite des lois et puis après il se dit tiens je vais me faire taser, autant courir :D.

Je suis en ce moment entrain de faire un travail sur la violence dans le monde et j'arrive  a certaine constance, c'est un travail de fond tres interessant.

a+
jeff

09 juin 2009 à 18:13:59
Réponse #14

philippe13


Initialement, le mec fond un fusible sur une simple phrase, alors personnellement j'essayerais de le calmer à partir de cette phrase, au moins dans un premier temps, histoire déjà qu'il arrête de faire des moulinets avec sa lame. ........

Visiblement j'avais trouvé les mots pour rentrer dans son délire, peut être dans le genre oui vous avez raison c'est dur j'ai eu tort. C'est pas d'hier je ne sais plus.... Le mec ne me menaçait pas, je le rappelle, il avait simplement des gestes dangereux avec un rasoir à la main, il n'avait surement plus la notion d'avoir son rasoir et non un peigne je suis sur.

Oui la coupe a été réussie d'ailleurs.

Mon bagage technique est proche de zéro dans ces circonstances, le seul sport ou j'ai fait des trucs assez engagé, la voile en haute mer sur des bateaux rustiques et simplifiés ne m'était d'aucun secours.
« La victoire sur soi est la plus grande des victoires. »

PLATON

09 juin 2009 à 18:50:23
Réponse #15

basic


J'ai connu une situation un peu semblable  : un zinzin agité dans mon bureau, coincé contre la fenêtre et le type entre moi et la porte. Discours incohérent(mais pas dû à l'alcool visiblement) et demande d'argent pour "acheter des capotes". Le gars était de ma taille (qui n'est pas grande mais il était deux fois large comme moi, sans un poil de graisse). Pas antipathique au demeurant. Et comme ça devait se sentir dans mon attitude, le discours n'a pas dérapé dans le grand délire. Dans le bureau d'à côté, les collaborateurs voyaient tout par lavitre de séparation, et flippaient pour moi. Il y avait une dame qui s'était emparée d'une agrafeuse, visiblement destinée à servir de massue. Mon type avait des yeux dans le dos : "Tiens, on est comme Khadafi, on a sa garde de filles ?"
Bref, après deux refus fermes de payer des capotes, mon gars est parti, on s'est serré la main, presque en se promettant de se revoir. Je crois qu'essayer de rester dans le registre de la normalité banale, peut éviter que ça dégénère.

10 juin 2009 à 23:05:20
Réponse #16

alapeyronnie


AMHA la meilleur réaction  ne peut se prendre que si on garde son calme et qu'on reste maître de soi même. D'où l'intérêt de bien se connaitre et d'apprendre à maitriser ses émotions (méditation par exemple...).

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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