Le "pardon" n'est pas la non-violence.
Le pardon c'est de ne pas balancer une rafale au mec qui crie : "Kamarade !" ( c'est le seul mot qu'il connaisse) en jetant le fusil et sans lui balancer un coup de crosse dans les reins au passage. ça commence comme ça. Mais si on commence, faut aller au bout. La guerre a ses lois, il serait bien inutile de faire semblant de les ignorer. Mais quand le gars en face il jette le fusil et qu'il lève les bras, la guerre est finie. C'est difficile à envisager pour plein de gens ( moi le premier, je fais mon malin là, mais de quoi serais-je bien capable ?). Pour Jean ( 87 ans) un allemend, ça restera "une saloperie de boche", il en a trop bavé sous l'occupation. La haine a été un moteur puissant pour sa survie à cette époque là. Mais une fois cette guerre finie, il n'a pas pu ( su ?) s'en détacher. Il ya eu "l'avant-guerre" ( l'Allemagne mise à genoux) la guerre et "l'après guerre" immédiate avec l'esprit de vengeance : femmes tondues etc... et avec un peu plus de recul pour en tirer les leçons ( notamment en ce qui concerne le racisme et les lois qui s'y attachent aujourd'hui) qui s'imposent et dont tous pourront bénéficier.
Je crois que tous les soldats qui sont morts à cette époque là nous ont amenés à ce que nous sommes aujourd'hui. Sans le pardon y serions nous arrivés ?
Le nazisme comme le racisme ne se transmet pas de père en fils, c'est un truc que l'on porte tous en nous quelque soit notre couleur ou notre culture. C'est un faille que quelques petits malins peuvent(savent) exploiter à leurs fins propres.
A une certaine époque, dans d'autres lieux et avec d'autres culture, le "prisonnier" prenait doucement une place sociale pour devenir partie intégrante, active du groupe, de la "tribu" en allant même jusqu'à "prendre femme"( ce n'est pas péjoratif, je pense aux indiens, me reprendre si je me trompe). Là, c'est le vrai pardon, c'est reconnaitre que le mec en face, il n'est pas différent de moi, qu'il pourrait être moi...La haine, c'est tout le contraire.