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Auteur Sujet: LA FACILITÉ NOUS TUE  (Lu 7176 fois)

04 juin 2009 à 12:32:22
Lu 7176 fois

Kazar


LA FACILITÉ NOUS TUE

Publié sur AGORA VOX le 28 décembre 2007
repris sur Cri du Peuple 1871 le 18 juin 2008
http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/la-facilite-nous-tue-33599#forum1579072


LA FACILITÉ NOUS TUE

Par Liliane Bourdin : Psychiatre et pédo-psychiatre


Inondés d'informations, de conseils, de suggestions, nous cherchons notre chemin comme nous le pouvons. Nous croyons choisir, mais Big Brother veille sur nous...

Quel est le sens de tout ça ? Suivre le sens du courant, descendre en suivant la pente naturelle des choses, se laisser vivre, se laisser porter par les événements, ne pas se poser de questions, profiter de ce que l'on a, sans chercher à avoir l'impossible...

Et le sens ? Vers où va-t-on, quand on avance les yeux fermés, suivant la pente de la facilité ?

Il y a toujours eu des personnes à l'esprit petit et conformiste, satisfaits de leur seule adhésion aux règles du groupe auquel ils appartenaient, épanouis par la limite de leur ambition, effrayés par l'éclat d'autres possibles, sur lesquels ils refermaient bien vite les paupières, leur laissant parfois habiter leurs rêves cachés et leurs condamnations collectives...

Mais où êtes-vous, vous, les autres, ceux qui pensent, hésitent, se trompent, avancent ? Est-ce que la world company a eu raison de vous ? Qui choisit la peur et la liberté ? Qui choisit la révolte et la vérité ? Qui se fout de l'opinion publique et de l'audimat ?

Qui aime la difficulté ?

Nous sommes englués dans un confort qui nous étouffe, une gangue poisseuse qui colle nos pensées autonomes comme du papier tue-mouche. Le déversement pluri-quotidien de nouveaux slogans qui prétendent être des « nouvelles », nous salit l'oreille et l'entendement. La télé et internet sont en train d'avoir notre peau psychique.

Au secours !

Le propre d'un discours pervers, c'est d'amener l'autre à réagir en partant du postulat énoncé par le pervers, alors que ce discours est construit de telle sorte que cela va amener la « victime » à une position de déséquilibre. Donc, par exemple, nous donner des phrases comme étant des informations, alors qu'elles n'en sont pas, simples pare-feu mis là, justement pour détourner l'attention du peuple sur la réaction à cette fausse information, et le priver de sa réflexion sur les vraies nouvelles.

C'est aussi introduire dans son énoncé quelque chose qui concerne directement l'interlocuteur, à des niveaux d'implication non congruents avec le sujet de conversation officiel. Les niveaux visés sont plus archaïques, comme une référence à la sexualité, dans un discours politique, ou à l'argent que pourrait gagner directement le sujet à qui l'on parle, ou une menace implicite, et la sensation d'un danger. Ces messages ne sont pas explicites, ils sont sous-entendus dans le discours. Ils le ponctuent, et en assurent la teneur perverse, mais d'une façon occulte, car souvent ils sont en même temps contredits par des sourires, ou une familiarité chaleureuse qui ne permet pas d'authentifier l'attaque perverse.

Ces tactiques musèlent, car on perd son autonomie de penser : le fait d'être soumis en permanence à ce genre de double discours conduit à s'en remettre aux donneurs de messages. En effet, mis devant un message pervers, et tant qu'on n'en a pas explicité la malignité, on est désarçonné par les messages différents qu'ils contiennent. On ne trouve plus le sens, et on le cherche : c'est là qu'on peut se noyer... Car les attaques sous-jacentes amènent au fond à se sentir remis en question, et, pour peu que l'on ne soit pas paranoïaque, à chercher à l'intérieur de soi la solution à une discontinuité de discours, on quitte alors la position d'être soi-même un énonciateur. Sauf à devenir un répéteur...

La pauvreté de la réflexion politique actuelle, tient entre autres, à mon avis, à la multiplication des messages pervers, depuis des années, à tous les niveaux. Personne n'échappe à ce matraquage de messages subtilement faux, soigneusement choisis, préparés par une société marketing qui a envahi tous les domaines : du monde de l'entreprise, en passant par les sciences humaines, à l'école, aux partis politiques, de la télé, au monde de l'édition, partout le marketing est roi. La formule qui emprisonne les victimes inconscientes fait le lit de nos communications.

Les messages sous-jacents font appel, bien sûr, à nos bas instincts : « Jouis sans entrave », « Ne fais pas d'effort, tu peux l'éviter », « Possède, ça rend heureux », « Sois égoïste », « Ce que tu peux prendre maintenant, personne ne pourra te l'enlever », « La gentillesse est une faiblesse », « Tu peux gagner, si tu m'écoutes », « Ceux qui perdent l'ont bien voulu : si tu échoues, ce sera ta faute », « Il n'y a pas de mal à se faire du bien », « C'est toi, et pas les autres », « Ne viens pas te plaindre, après, si tu ne m'as pas écouté », « Le bonheur, c'est maintenant, tout de suite, il suffit de faire ce que je te dis : achète »... « Le bonheur, c'est maintenant, tout de suite, il suffit de faire ce que je te dis : vote »...

La perversion des messages se retrouve dans l'entreprise, où apparaît davantage son corollaire inévitable : la disparition du sens moral. Au nom de la prééminence universelle de lois économiques, d'ailleurs non prouvées, les lois morales n'ont plus droit de cité. Qui ose dire encore de nos jours « Non, je ne ferai pas ça, c'est mal » ?

Si c'est juste (soi-disant) sur le plan économique, c'est légitime.

D'où le harcèlement moral institué sans scrupules en méthode de management.


D'où la culpabilisation des victimes : trop faibles, elles n'ont pas su s'adapter, ou alors elles l'ont cherché, comme le laisse parfois entendre une psychanalyse mal comprise.

Je voudrais, par ce texte, ouvrir une réflexion sur la communication : ceux qui pensent, ceux qui souffrent, ceux qui connaissent le mal qui ronge notre société sans savoir comment y changer quelque chose, doivent comprendre les mécanismes à l'œuvre, et diffuser l'information. Seule la connaissance des mécanismes pervers permet de les déjouer, voire de les réduire à néant. N'avez-vous pas vu de journaliste aux prises avec tel leader politique particulièrement retors, et malmené par celui-ci, au point qu'au bout d'un moment, c'est le journaliste qui se trouve en position d'accusé et qui se défend ? Ça s'apprend, à reconnaître l'attaque perverse, et à contrer. Des livres existent, qui en parlent.


Mais il faut accepter de chercher derrière l'apparence, avoir envie de traquer la vérité, choisir le bien, plutôt que le mal.


Ne pas aimer la facilité...




Stéphen.
"The man who does not exercise the first law of nature --that of self preservation-- is not worthy of living and breathing the breath of life."

--John Wesley Hardin--

04 juin 2009 à 15:10:41
Réponse #1

DavidManise


:love:

Merci pour ce texte.  Un cruel et criant cours de maintien.  A s'écrire dans le front à l'envers pour le voir tous les matins dans la glace.

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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04 juin 2009 à 16:06:25
Réponse #2

Anke



04 juin 2009 à 16:07:51
Réponse #3

DavidManise


Sous les pavés il n'y a plus la plage
Il y a l'enfer et la Sécurité ;)
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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04 juin 2009 à 16:11:00
Réponse #4

Aerazur


"Si vous etes prêts à sacrifier un peu de votre liberté contre un peu plus de sécurité, c'est que vous ne méritez ni l'une, ni l'autre".
Thomas Jefferson.


04 juin 2009 à 19:57:47
Réponse #6

Anke


Citer
Qu'y pouvons-nous ?
Se serrer les coudes et se battre !

07 juin 2009 à 21:22:55
Réponse #7

magiccerbere


Se serrer les coudes et se battre !

Mais comment?

Ce sont des barrieres mentales qui sont en places... Et ce n'est pas notre environnement dans lequel nous vivons qui va nous aider à nous détacher de cela..

Joli texte  :)
"J'ai la nostalgie d'une de ces vieilles routes sinueuses et inhabitées qui mènent hors des villes... une route qui conduise aux confins de la terre... où l'esprit est libre..." H.D Thoreau

11 août 2009 à 10:04:43
Réponse #8

vagabond


Je viens de découvrir ce post.

Je peux parler de la vie sans confort ni sécurité, et si nos ancêtres ont cherché à les avoir, ce n'est pas sans raison. Il est facile d'écrire dans un bureau chauffé que l'hiver à la fenêtre doit être froid, mais passer toutes ces nuits dehors est une autre paire de manches.

Qui choisit la peur et la liberté ?
Qui choisit la révolte et la vérité ?
Qui se fout de l'opinion publique et de l'audimat ?

C'est les choix que j'ai fait, et je ne suis pas le seul. Mais j'ai aussi vu le résultat, les bourgeois de Brel m'ont courru après pour me mettre une muselière, la foule indignée par les injustices les a laissé faire.

Après, c'est la dégringolade jusqu'a mon plus beau cadeau, la rue.
Effectivement, c'est un enfer mais c'est aussi la plus belle leçon de vie que j'ai pu recevoir. On a rien sans rien.

De tous temps, il y a eu des cerfs et des manants, et je ne suis pas bien sur que quelques progrès et sécurités en soient les responsables, mais bien la complaisance envers nous même et nos travers.

Nous avons la mémoire courte, qui se souvient de Charonne ?

Après chaque révolution, les peuples souverains déléguent tout, et surtout leurs droits à vivre autrement et rentrent comme un seul homme dans le moule qu'ils ont façonné.

Se serrer les coudes et se battre !
Je vais être infecte, mais ça ne peut exister qu'a très petite échelle et encore.

Juste un bout de pensée,

Vagabond

11 août 2009 à 11:05:18
Réponse #9

Lemuel


Des livres existent, qui en parlent.

Dont : http://fr.wikisource.org/wiki/L’Art_d’avoir_toujours_raison
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

11 août 2009 à 11:25:22
Réponse #10

vagabond



11 août 2009 à 12:39:09
Réponse #11

Anke


Citer
e vais être infect, mais ça ne peut exister qu'a très petite échelle et encore.
P*tain, t'es chiant  :lol: !
Quand est-ce que tu vas "y croire"  bordel !
J'attends que "LE" Gros Calou y revienne et on va venir te "botter le train", espèce d'animal sans espoir... ;) ( oh, tu peux te cacher on te trouvera quand même, on est des "teigneux".)

11 août 2009 à 13:12:27
Réponse #12

Lemuel


Je ne comprend pas, moi très bête alors moi aimerai avoir explication.


C'est un bouquin qui détaille l'ensemble des figures de réthoriques employées de le discours pour "avoir raison" = convaincre l'asssistance, remporter une joute verbale vs faire émerger du sens et la vérité. Un excellent manuel qui permet de détecter semblable démarche chez autrui.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

11 août 2009 à 13:23:07
Réponse #13

vagabond


Anke, tu connais certainement mieux que moi les difficultés des relations humaines, comment crois-tu que la majorité réagit quand tu leur demanderas de se servir de leur tête ?

Un exemple d'une simplicité effarante, si je me pose des questions et que je sors des sentiers battus par les médias et consors, j'ai vraiment très peu d'interlocuteur car la majorité me retorque : "c'est la théorie du complot", et ça ne va pas plus loin. Parfois, je récolte une autre réaction : "tu veux toujours avoir raison", ce qui n'est guère plus réfléchi.

Malgré ce que nous essayons de penser, nous avons des réactions d'animaux grégaires et beaucoup sont heureux comme ça, alors pourquoi voudrais-tu qu'ils changent ? Quel intérèt trouveraient-ils dans la réflexion et la rebellion ?

Pour être un marginal, quelqu'un qui n'entre pas dans le moule, il faut réfléchir et se servir de toute sa tête, connais-tu beaucoup de marginaux ?

C'est comme ça que je perçois la vie, mais je suis peut-être dans l'erreur la plus total. Je ne suis qu'un homme.

C'est un bouquin qui détaille l'ensemble des figures de réthoriques employées de le discours pour "avoir raison" = convaincre l'asssistance, remporter une joute verbale vs faire émerger du sens et la vérité. Un excellent manuel qui permet de détecter semblable démarche chez autrui.

Encore un peu de condescendance dans un jugement facile et sans fondement, et je t'invite à relire cette phrase :


Mais il faut accepter de chercher derrière l'apparence, avoir envie de traquer la vérité, choisir le bien, plutôt que le mal.

Ne pas aimer la facilité...[/i]

Merci.

Vagabond

11 août 2009 à 13:49:34
Réponse #14

Lemuel


Salut vagabond,

Je crois que nous ne nous comprenons pas vu que ce que je dis est en parfait accord avec la citation de kazar, et que le titre que j'ai choisi est, je pense, un bon exemple des livres à lire pour s'informer, ainsi que le préconise l'article.


Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

11 août 2009 à 13:53:23
Réponse #15

vagabond


Excuse-moi, j'avais tout compris de travers, je suis fatigué (comme excuse, c'est bon  ::)).

Encore toute mes plus plates excuses et en te remerciant de ta compréhension.

Vagabond

11 août 2009 à 14:07:23
Réponse #16

Lemuel


Pas de souci, d'autant plus que je crois que j'ai parfois un problème d'expression sur ce forum. Je suis pas toujours très clair…
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

11 août 2009 à 14:19:45
Réponse #17

vagabond


Je suis pas toujours très clair…
Il m'arrive de ne pas me comprendre moi-même  :o.

C'est un problème pour chacun d'entre nous, entre ce que l'on veut faire passer et ce qui passe réellement ... il y a deux mondes.

D'ailleurs, dans les écoles de France et de Navarre, il existe des cours intitulés : Explications de texte, ce n'est pas que pour le plaisir.

Vagabond

11 août 2009 à 16:33:29
Réponse #18

Anke


Re vagabond  :)
Pour les marginaux je ne sais pas trop... Il y en a peut être pas mal sur ce forum, mais somme toute qu'ils le soient ou pas, peu m'importe... Je veux dire être un marginal ou être en marge n'est pas un but en soi ( enfin pour moi hein) ni une manière de vivre ou d'appréhender les choses ou les évènements...
Le "tu veux toujours avoir raison" ne montre que tu es accroché à tes opinions, que tu crois ferme à ce que tu dis. Je n'y vois que de la bonne foi, mais pour autant, celui qui croit dur comme fer à ses arguments est-il capable de recevoir ceux des autres et de modifier son jugement ?
J'ai ce même "défaut" et il me faut souvent faire un pas en arrière pour considèrer l'autre et ses arguments. Je l'avoue, je pêche souvent par orgueuil, en prétextant refléchir beaucoup avant de parler. Ce faisant je laisse beaucoup de portes fermées derrière moi et il me faut revenir un poil en arrière pour les ouvrir. Ecouter n'est pas facile.. pour peu que l'on soit passionné.
Beaucoup sont heureux en ayant des réactions d'animaux grégaires ? Ben tant mieux, c'est quand même le but... être heureux, même si on est un mouton. Effectivement la reflexion et la rébellion ne les interesse pas, on est rebelle quand on est en manque, ou en souffrance, alors on se bat. C'est une manière de faire comme une autre, le combat. Mais quand la "guerre" est finie, le guerrier il fait quoi ? Il dépose les armes et va cultiver les champs, rentrer finalement dans le moule ( il pourra éventuellement se le choisir, pourquoi pas ?) ou bien il va chercher une autre guerre à faire, parce que finalement : guerroyer, il ne sait faire que ça.... Peut-il être heureux, prétendre au bonheur ?
Hélas, je ne crois pas, éternel insatisfait, il  ne sera jamais rassasié, il poursuit lui aussi des chimères. En quête d'absolu, le graal, il ne l'atteindra jamais. Le veut-il d'ailleurs, une fois dans ses mains il ne saurait qu'en faire. Ainsi, et pour moi seulement hein  ;), il ne s'agit plus alors que d'une fuite en avant en se choisissant des objectifs impossibles, des guerres ingagnables afin d'être bien certain de ne pouvoir prendre de repos et d'être alors contraint de faire face à ses propres fantômes, et de composer avec. C'est une sacré contrainte et un sacré challenge, mais de toute façon on ne peut y échapper. Alors y faire face le plus tôt possible... ça sera plus à faire après...
Finalement la vraie facilité qui tue, c'est peut-être celle-là.... celle-là aussi ? Une autre manière de nier en fait...

11 août 2009 à 16:35:02
Réponse #19

Campeur



Un exemple d'une simplicité effarante, si je me pose des questions et que je sors des sentiers battus par les médias et consors, j'ai vraiment très peu d'interlocuteur car la majorité me retorque : "c'est la théorie du complot", et ça ne va pas plus loin. Parfois, je récolte une autre réaction : "tu veux toujours avoir raison", ce qui n'est guère plus réfléchi.

Vagabond

je vais peut être être un peu HS, mais une fois n'est pas coutume  :-[

Salut Vagabond,

on n'a pas eu encore l'occasion d'échanger ensemble, mais je lis ce forum depuis un petit moment et vois ton pseudo revenir régulièrement. je te lis avec intérêt, mais je n'arrive pas à me départir de l'impression que parfois tu prends le contrepied des rédacteurs juste par esprit de contradiction. c'est peut être à cause de sensations équivalentes, qu'on juge que "tu veux toujours avoir raison". tu noteras que je parles de sensations pas de certitudes.
du coup je relis souvent au moins deux fois tes posts pour aller chercher les arguments que tu développes. Peut être es tu un peu trop tranché, mais peut être est ce important pour toi de l'être... Au moins, tes propos ne laissent pas indiférents...

si je ne suis pas convaincu, je suis au moins assidu  ;)

le Campeur grégaire !
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

11 août 2009 à 17:07:27
Réponse #20

jilucorg


Malgré ce que nous essayons de penser, nous avons des réactions d'animaux grégaires et beaucoup sont heureux comme ça, alors pourquoi voudrais-tu qu'ils changent ? Quel intérèt trouveraient-ils dans la réflexion et la rebellion ?

Sans compter  — tout en abondant à ce que vient d'écrire Anke — qu'on peut fort bien penser de façon riche, originale et profonde, voire révolutionnaire au sens large, sans être du tout marginal ni marginalisé, bien au contraire, les exemples foisonnent depuis Platon et Pythagore — pour rester en Occident — jusqu'à aujourd'hui.

Citer
Pour être un marginal, quelqu'un qui n'entre pas dans le moule, il faut réfléchir et se servir de toute sa tête, connais-tu beaucoup de marginaux ?

J'ai aussi connu ou approché moi-même un certain nombre de marginaux qui étaient des minus complets en matière de compréhension et de pensée personnelle, des mecs totalement bornés qui ne marchaient qu'à coups d'idées préconçues, tournant en vase clos le nez au sol comme des chevaux au manège, et rejetant en bloc avec mépris ce dont ils ignoraient tout ou ne comprenaient rien...

À mes yeux, le fait d'être marginal ou au contraire parfaitement intégré n'implique en soi aucune qualité ou compétence particulière en matière de pensée personnelle.


jiluc.

11 août 2009 à 17:09:51
Réponse #21

Lemuel


Sans compter  — tout en abondant à ce que vient d'écrire Anke — qu'on peut fort bien penser de façon riche, originale et profonde, voire révolutionnaire au sens large, sans être du tout marginal ni marginalisé, bien au contraire, les exemples foisonnent depuis Platon et Pythagore jusqu'à aujourd'hui.

J'ai aussi connu ou approché moi-même un certain nombre de marginaux qui étaient des minus complets en matière de compréhension et de pensée personnelle, des mecs totalement bornés qui ne marchaient qu'à coups d'idées préc*nçues, tournant en vase clos le nez au sol comme des chevaux au manège, et rejetant en bloc avec mépris ce dont ils ignoraient tout ou ne comprenaient rien...

À mes yeux, le fait d'être marginal ou au contraire parfaitement intégré n'implique en soi aucune qualité ou compétence particulière en matière de pensée personnelle.

:akhbar: :akhbar: :akhbar: :akhbar:
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Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

11 août 2009 à 17:40:20
Réponse #22

vagabond


Anke, toi aussi tu m'énerve, c'est quoi cette manie d'avoir raison !

En fait, je crois pouvoir penser que tout est encore une fois une question d'équilibre personnel. Les choix que nous pouvons faire ne sont pas "justifiables", dans le sens ou ne nous pourrons à aucun moment en débattre de façon logique. Nous sommes des êtres complexes, et je crois que c'est ce que j'ai le plus de mal à mettre en évidence.

Je viens de me relire, je ne me suis pas mal exprimé, c'est pire. Je ne pensais pas moutons/guerriers, mais juste être autre chose que le descendant de gens qui ont applaudi Chamberlain en 39 parce qu'il n'y aurait pas la guerre  :o.

Là ou tu as entièrement raison, ça peut devenir une fuite en avant, et pas des moindres. La recherche du Graal est une chimère, mais il faut arriver à s'en souvenir. Pas si simple que ça en fait.

jilucorg, en reprenant ma phrase :
Pour être un marginal, quelqu'un qui n'entre pas dans le moule, il faut réfléchir et se servir de toute sa tête, connais-tu beaucoup de marginaux ?
Il me semblait évident, mais ce n'est pas le cas, que je parlais des gens qui font le choix de ne pas entrer dans le moule, et donc j'exclue de mon raisonnement toutes personnes qui fait le choix d'entrer dans un autre moule.

Je comprends parfaitement ton raisonnement, mais il y a un point sur lequel je ne risque pas d'être d'accord, je ne vois pas comment on peut faire pour être parfaitement intégré à la société et être un révolutionnaire. Que ce soit le Ché ou Fidel, la révolution, ils l'ont faite. Vladimir Ilitch aussi. Ce sont des exemples, je ne veux pas créer de polémique sur les motivations et tout le reste.

J'ai aussi connu ou approché moi-même un certain nombre de marginaux qui étaient des minus complets en matière de compréhension et de pensée personnelle, des mecs totalement bornés qui ne marchaient qu'à coups d'idées préc*nçues, tournant en vase clos le nez au sol comme des chevaux au manège, et rejetant en bloc avec mépris ce dont ils ignoraient tout ou ne comprenaient rien...

On a tous connu ce type de personne, et ça ne s'arrète pas aux marginaux, mais est-ce une raison suffisante pour ne pas chercher à comprendre ce qui se passe à coté.

Vagabond

11 août 2009 à 18:09:07
Réponse #23

Bison


Citation de: vagabond
Je ne vois pas comment on peut faire pour être parfaitement intégré à la société et être un révolutionnaire
Apparemment, tu ne vois la révolution qu'au bout du fusil?

Et bien, moi j'en vois bien d'autres, des révolutions pacifiques, qui ont à l'origine un bouquin, une thèse, une synthèse d'un courant d'idée ... Ou parfois un "simple" discours!

Il y a des révolutions dans le domaine scientifique qui impactent considérablement notre vie de tous les jours ... bien plus qu'un renversemnt de régime.
Des nouvelles pratiques qui bouleversent notre manière de travailler.
Il y en a d'autres, dans les domaines sociaux, dans le domaine de l'enseignement ...
Et des concepts hardis, dans le domaine politique, qui ne nécessitent pas d'effusion de sang ...

Ces "révolutions" sont souvent le fait de personnes qui agissent de l'intérieur même de la société. Ils y arrivent justement parce qu'ils sont bien intégrés dans cette société, qu'ils n'en sont point des exclus ou des parias ...

Bref, il y a des gens qui se bougent pour faire triompher une idée, ou pour faire évoluer le monde ... d'une manière acceptable par la société. Pas besoin de haïr cette société, pas besoin de partir en guerre contre elle.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

11 août 2009 à 18:36:53
Réponse #24

vagabond


Venant du Bordas, révolution = transformation complète.

Apparemment, tu ne vois la révolution qu'au bout du fusil?
Au travers de trois exemples, bonne déduction mais j'aurai aussi bien pu parler de Gandhi et de Malcolm X ou encore de Martin Luther King.

En agissant de l'intérieur, j'aurai eu tendance à classer ça dans l'évolution, mais je dois me tromper.

Vagabond

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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