Salut à tous

Alors alors... comme je suis en stage demain, je vais répondre de suite et fournir mes réponses à ouame.
ATTENTION : C'est pas parce que je le dis que c'est forcément bon. Vous avez le droit d'argumenter. Vous êtes même encouragés à le faire, avec des sources documentées. C'est comme ça qu'on progressera tous.
J'ai lu, bien évidemment, toutes vos réponses et j'en ai trouvé certaines extrêmement pertinentes. D'autres moins, mais grosso modo très peu de choses vraiment fausses ou dangereuses, et donc déjà, c'est BIEN
1) Mon pote est KO dans la montagne. Il est là, couché sur le dos, tout gonflé. Il respire, mais difficilement. Choc allergique. Le portable ne passe pas où je suis (dans un creux de vallon rocheux bien raide). Qu'est-ce que je fais ?
Alors là ma question n'était pas totalement claire et effectivement il fallait en déduire que mon pote était inconscient. Nävis, en bonne scientifique, l'a souligné explicitement pour qu'on situe son raisonnement. Bien vu, miss.
Alors mon pote est inconscient, et il fait apparemment une réaction allergique. C'est une urgence vitale, qui peut effectivement s'aggraver. Il faut prendre le problème dans l'ordre :
* quelle est la source du danger (nid de frelons ? vipère ?)... le danger est-il encore présent ? Si oui, me protéger et protéger ma victime si possible. La protection du secouriste prime (eh oui sinon on a deux victimes et plus de secouriste, c'est con !). Là on va dire que la guêpe est partie voir ailleurs et que la source du danger est écartée. Pas de risque de chute de caillou, de ciel qui tombe sur la tête ou autre. Mon pote peut rester là sans danger, outre son état.
* je vérifie son état de conscience : Oh, ducon, arrête de faire le mariole si tu m'entends ouvre les yeux ! Je choppe ses deux mains. Si tu m'entends, serre mes mains. Que dalle. Bon il est vraiment KO. Eh meeeerde

* Est-ce qu'il respire ? Je me penche sur son visage, tête tournée vers son abdomen, je sens le souffle, je regarde son thorax qui bouge, je sens son haleine de vomi, c'est bon. Il respire. Et s'il respire, son coeur bat.
* si mon pote avait des allergies violentes connues, et une seringue d'adré sur lui, et si c'est pas un c*nnard fini, il a dû me le DIRE avant de partir, et m'expliquer comment lui administrer le machin. Donc si ça a été fait, je lui injecte son adré comme indiqué par son médecin (l'adré c'est sous ordonnance).
* avant que je ne puisse monter sur la crête pour alerter les secours et que je revienne, l'état de mon pote risque-t-il de s'aggraver ? Oui. Il est sur le dos. Il peut vomir, saliver, respirer des sécretions et se noyer. Son massif lingual peut s'affaisser. Bref il peut vite se bloquer les voies aériennes, arrêter de respirer, voir son coeur s'arrêter, et crever... donc je dégraffe col/cravate/ceinture (en l'occurence par exemple je lui retire son buff qui commence à l'étrangler par exemple), et je le mets en
PLS (voir article de Pics dans Carcajou 2). Si j'ai un tapis de sol et que c'est jouable, je le roule en PLS sur un tapis de sol préalablement disposé, ce qui est mieux thermiquement et mécaniquement. En plus ça facilitera le boulot des secours ensuite. Chose importante, sur un oedème des voies aériennes, on a intérêt à BIEN basculer la tête en arrière pour ouvrir au max les voies aériennes supérieures. Donc PLS avec un bon basculement de la tête en arrière (sans lui péter les cervicales quand même hein)...
* de là, je le COUVRE. Il faut que sa température reste stable, donc je l'isole je le protège des éléments sans trop traîner.
* Ensuite je m'allège le plus possible, et je sors de ce put**n de trou par la voie OPTIMALE (risque limité x rapidité du trajet)... la voie la plus rapide pouvant être très risquée, j'évite... toujours le premier principe : éviter le suraccident. Je pense à prendre mon portable et ma CARTE. Comme ça je verrai les noms de lieux et les coordonnées GPS. D'ailleurs si j'ai un GPS, je peux le prendre aussi et donner des coordonnées précises. Pas plus con. Mais il faudra communiquer un lieu précis, communicable en peu de mots : "LE VALLON DU COUPE-GORGE, commune des Arsouilles, dans le Mordor", c'est plus précis que "le petit vallon caillouteux qu'on prend après la cascade au-dessus de chai pas quel village mignon..."

* Même pendant la montée et sans attendre de voir le signal sur mon portable, je tente le 112 régulièrement. Le 112 est relayé par les réseaux de com militaires, et parfois on y a accès sans le savoir. Donc on tente même sans signal... et si ça marche tjrs pas on monte pour avoir le plus grand horizon possible.
* une fois que j'ai le 112, je donne le lieu en premier, et ensuite les détails...
* une fois que le médecin régulateur me dit que je peux raccrocher, je lui mentionne le problème de liaison et je lui dis que je retourne voir mon pote...
* je retourne en effet voir le pote en question, je checke son état... s'il ne ventile plus, je peux l'aider avec des insufflations à faire passer l'air en force dans ses VA obstruées par l'oedème, éventuellement.
A ne pas faire : les trachéo. Sauf si comme Anke ou les toubibs de la salle vous êtes formé pour ce faire. D'ailleurs au lieu de négocier et de me dire que c'est pas si risqué que ça, fermez votre grande gueule et allez vous faire former réellement auprès d'un organisme compétent. On en reparlera ensuite

2) Où est-ce qu'avec une scie de couteau suisse j'ai le plus de chance de récolter vite et bien du bois gras ? Pourquoi ?Sur les branches mortes des PINS. Celles qui sont cassées et mortes mais dont la base, près du tronc, reste solide, ont le noeud presque toujours gras. Avec une scie de couteau suisse, ça se coupe vite et bien.
3) Je trouve une plante que je connais pas. Est-ce que je peux en manger ?NON !
Le rapport risque/bénéfice est pourri. Si vous ne connaissez pas avec 100% de certitude, vous n'en mangez PAS. Point barre. Si vous avez un doute, c'est qu'il n'y a pas de doute : vous laissez. Oubliez toutes les techniques farfelues pour tester la dangerosité des plantes, style en mâcher un peu, attendre qques heures et tout. Une amanite phalloïde passe ce test sans problème. Elle tue en 48h. Bref, oubliez ça. Oubliez aussi les histoires de sève laiteuse ou pas laiteuse, de fruits rouges ou pas rouges... ou blancs ou bleus ou bariolés. C'est que de la m*rde. SOIT vous identifiez la plante avec 100% de certitude et vous SAVEZ que c'est comestible parce que vous avez déjà testé avec quelqu'un de compétent, soit NON.
4) Listez moi 10 utilisations possibles pour un shemagh/chèche/drap de coton de 1m20x1m20 ou plus ?Plein d'excellentes réponses

Inutile de toutes les lister, relisez le fil. Au total vous avez réussi à en sortir près de 20 différentes

Y'a pas bcp de matos qui soit aussi polyvalent qu'un bête bout de tissus, au final hein ?
5) Si je ne veux pas louper mon feu, c'est quoi LE truc le plus important à faire et pourquoi ?La réponse que j'attendais, là, c'est de refendre mon bois d'allumage pour qu'il soit LONG et MINCE. Si y'a un seul secret c'est ça. Pourquoi ? Parce que plus c'est mince, plus ça chauffe vite et donc plus facilement ça atteint les 900°C nécessaires pour que la combustion commence... et longs parce que comme ça, ça brûle qques minutes. PLEIN d'allumettes longues et minces, des squelettes de carottes sauvages, des squelettes de massettes, du petit bois refendu, re-refendu, re-re-re-refendu... une bonne touffe d'allume-feu dessous, du petit bois prêt à cramer juste à côté, et pouf.
6) C'est quoi une situation de survie ? Précisément ?Une situation de survie, c'est une situation où ma survie est menacée, soit parce que :
- je perds mes facultés mentales (3 secondes avec la connerie)
- je manque d'O2 dans mes centres vitaux (3 minutes sans air)
- je n'arrive pas à réguler ma température centrale (3 heures sans thermorégulation/sans abri)
- je n'arrive pas à trouver assez d'eau pour compenser celle que je perds (3 jours sans boire)
- je suis isolé de la civilisation (3 mois sans contact social)
et/ou que j'ai perdu un de mes 4 outils de survie fondamentaux :
- ma conscience (redondance volontaire avec le point 1 de la règle des trois)
- ma vision
- ma mobilité (impossibilité à me déplacer, ou à naviguer efficacement : peaumé ma carte, jambe pétée...)
- ma dextérité fine (j'ai mon réchaud mais j'ai les doigts gelés, je peux plus rien faire)
Le niveau d'urgence de ma situation de survie dépendra de ce qui menace ma survie, et des délais dont je dispose. Exemple si je suis perdu mais que j'ai mes CVMD, que je ne panique pas, que j'ai de l'O2, que j'ai un abri, que j'ai de l'eau et que j'ai un peu de bouffe en rabe... ben en fait je m'ennuie juste de ma maman, c'est pas une situation de survie très urgente. A contrario, si je suis en pleine ville avec mes potes mais que je fais un infarctus du myocarde, là oui. Situation de survie urgente parce que 3 minutes sans 02 dans mon myocarde, ça craint vraiment à très très court terme.
L'idée à retenir, c'est que je suis en situation de survie plus ou moins urgente tout le temps... je suis chez moi, j'ai plus rien dans les placards, c'est une situation de survie (3 semaines sans manger). Je fonce à mon épicerie bio préférée, je fais péter ma carte bleue, et sblam. Fin de la situation de survie

Dans la nature c'est pareil...
7) Quelle est la première chose à faire quand je me rends compte que je suis dans la m*rde ?
* Respirer.
* PROBLEME --> SOLUTION, en ordre de priorités (mes CVMD, conscience, vision, mobilité, dextérité, puis les 3 : connerie, O2, abri, eau, bouffe, potes).
Wala

A votre dispo pour argumenter sur tout ça.
Félicitations à tous

David