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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Bobologie d'une semaine dans le Sahara  (Lu 6780 fois)

18 avril 2009 à 23:45:29
Lu 6780 fois

Corin


Salut,

Je suis allé me ressourcer dans le Sahara avec ma douce.
Je raconterai ça dans un fil spécifique mais avant, je voulais faire un retour dans un fil spécifique sur les différentes difficultés rencontrées et l'usage de la pharmacie.

Je vous raconte les choses telles qu'elles se sont passées. Cela ne veut pas dire que je décris la meilleure méthode à employer. Il s'agit juste de relater la manière dont je m'y suis pris avec les moyens du bord. Il ne s'agit pas de préconisations médicales.

En faisant cela, mon idée est d'apporter une contribution sur la réalité de la pratique dans ce domaine et l'intérêt de la constitution d'une pharmacie.

Premier épisode: petite blessure au bord de l'annulaire droit. Une petite peau qui dépasse, un coup un peu trop fort pour l'enlever et voilà l'épiderme qui lâche. Sur un centimètre, le derme (?) est à vif. Ayant laissé les choses en l'état par insouciance naturelle, je me suis retrouvé avec un début d'infection douloureux.
Solution: une lingette imprégnée enroulée autour du doigt pendant une bonne heure et la plaie passe du rouge vif au blanc-rose, la douleur a disparu. A partir de là, la cicatrisation s'est faite tranquillement. Plus de douleur et pas de nouvelle infection.

Deuxième épisode: en raison du vent de sable, je me retrouve avec les yeux complètement irrités et douloureux, au bout de quelques heures. Dacudose puis vitamine B12 en monodose pendant 2 jours puis nettoyage au Dacudose ou sérum phy en fonction de la ressource en fin de journée les jours de vent de sable.

Troisième épisode: le guide se loupe en coupant un ongle et met à vif la chair (il marche en tong ou pieds nus dans le sable). Comme pour le premier épisode, l'orteil concerné est enveloppé dans une lingette désinfectante pendant environ une heure. La cicatrisation se passe ensuite sans problème.

Quatrième épisode: le chamelier s'envoie un coup de marteau sur l'index gauche. Il se fait une magnifique ouverture en accent circonflexe au niveau de l'articulation phalange-phalangine. Il saigne abondamment. La chair est apparente mais pas l'os. Je désinfecte avec deux lingettes. Je pose des steri-strips et recouvre avec une compresse pliée en diagonale et nouée au-dessus de la phalange. Je sais que les steri-strips (autocollantes) ne pourront pas résister au sable qui s'infiltre partout et prévoit donc de refaire régulièrement le pansement (matin-soir). Un préssentiment me fait penser qu'avec la chaleur, la compresse doit provoquer de la macération en raison de la transpiration inévitable par ces chaleurs (plus de 30° dans la journée).
Finalement, j'opte pour deux stéristips parallèles avec un quart de compresse noué au-dessus de la blessure. A chaque fois, nettoyage avec une lingette ou du savon liquide à l'alcool (le pauvre a souffert).
Au bout de 24 heures, les lèvres commencent nettement à se souder. Je décide d'appliquer du Végébom pour aider à la cicatrisation mais aussi à assurer la parfaite réparation de la peau dont une petite extrêmité est restée blanche du fait de l'humidité sous les strips. Je lui pose une attelle en écorce puisque la présence de crème interdit la pose de quoi que ce soit. Un quart de compresse permet de tenir l'ensemble.
Le lendemain matin (36 heures après l'incident), la plaie est complètement refermée et la peau impeccable. Avec la consigne de ne pas se servir du doigt, il ne conserve à la fin qu'une trace infime de la blessure.

Cinquième épisode: Dame Corin n'avait pas mis de crème solaire sur ses chevilles. Celles-ci se sont découvertes quand elle montait un dromadaire. Après un après-midi, le coup de soleil était magnifique. Pour apaiser la douleur, le Végébom a fait là aussi merveille.

Au final, après une semaine à 4 dans le désert, de la trousse à pharmacie, a servi:
- paire de ciseaux universel de Jesco
- compresses
- lingettes imprégnées d'une solution désinfectante
- savon liquide à l'alcool
- steri-strip
- monodose de sérum physiologique
- Dacudose
- unidose collyre à la vitamine B12
- Végébom (je l'avais présenté ) et j'ai été très convaincu par le résultat obtenu sur la plaie du vieux chamelier.

Ce qui m'a manqué:
- pince à écharde (le bois des buissons déssechés du Sahara se rappelle longtemps à notre souvenir... ;)).

Ce que je retiens:
- l'intérêt des produits en emballage individuel (compresses, lingettes,...) qui permettent de ne pas risquer d'abîmer tout le produit ou matériel en cas de chute malecontreuse (le sable :o).
- je m'interroge sur la pertinence d'avoir eu un vrai set pour faire des sutures car les strips se décollaient très vite avec le sable
- la consommation rapide de lingettes désinfectantes (4 pour la seule entaille du chamelier) et l'intérêt d'avoir une petite fiole de savon liquide à base d'alcool.

A+
« Modifié: 19 avril 2009 à 00:02:06 par Corin »

18 avril 2009 à 23:54:51
Réponse #1

nemesys


Très intéressante ton analyse !
juste une question..pour le moment:
à la place des lingettes imprégnées d'une solution désinfectante, n'aurait il mieux pas valu  avoir un désinfectant en bouteille et des compresses ?

19 avril 2009 à 00:12:48
Réponse #2

Corin


juste une question..pour le moment:
à la place des lingettes imprégnées d'une solution désinfectante, n'aurait il mieux pas valu  avoir un désinfectant en bouteille et des compresses ?
Je trouve les lingettes plus intéressantes parce qu'elles sont déjà prêtes à l'emploi et qu'elles évitent de risquer de foutre en l'air tout le désinfectant en cas de mauvaise manipulation. Ne pas oublier que nous sommes en plein air sans avoir la possibilité de poser quoi que ce soit (ni table ni chaise, pas d'endroit propre). Les soins se sont faits debout (la trousse maintenue sous le bras).

A+

19 avril 2009 à 10:25:43
Réponse #3

Leif


salut corin

pour ta trousse tu possedais quoi?

je veux dire la mienne c'est un sac ziploc donc debout , je vais bien m'ennuyer.

Est ce que l'un de vous a deja utiliser une sorte de trousse que tu deplis et que tu peux accrocher a nun point fixe pour travailler a hauteur,comme les trousses de toilettes en opex.

encore chapeau pour la ballade :up:.

a+

jeff

19 avril 2009 à 10:28:43
Réponse #4

Corin


pour ta trousse tu possedais quoi?

je veux dire la mienne c'est un sac ziploc donc debout , je vais bien m'ennuyer.

Est ce que l'un de vous a deja utiliser une sorte de trousse que tu deplis et que tu peux accrocher a nun point fixe pour travailler a hauteur,comme les trousses de toilettes en opex.

Salut,

C'est effectivement une super trousse Deuter (sérieux et solide comme des suisses-allemands mais je crois qu'elle ne se fait plus sous cette forme) qui se déplie et dispose d'une poignée. J'avais effectivement prévu de mettre une photo. J'arrive ;)

A+

19 avril 2009 à 11:20:55
Réponse #5

Bison


Bonjour

Citation de: Corin
Je trouve les lingettes plus intéressantes parce qu'elles sont déjà prêtes à l'emploi et qu'elles évitent de risquer de foutre en l'air tout le désinfectant en cas de mauvaise manipulation.

Pour ma part, j'ai placé le désinfectant dans des petites bouteilles (10 ml) de gouttes nasales (vidées, rincées, re-rincées au désinfectant - bétadinne). Petits bobos ... une ou deux gouttes suffisent, le plus souvent. J'emporte une réserve de deux dosettes de 5 ml.

En utilisant la pipette ... je travaille à l'économie maximale.

Voyez-vous des contre-indications?

Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

19 avril 2009 à 11:31:06
Réponse #6

Corin


Ma trousse à pharmacie mesure 18x12x8 cm.
Actuellement, elle pèse 560 gr (reconditionnée au retour du périple avec complément de compresses, lingettes désinfectantes, sutures et ajout d'une pince à écharde).
Traditionnellement, elle me sert de trousse de toilette pour les week-end (pas besoin de prendre de douche).

Elle est assez compacte.


Ouverte, le premier truc sur lequel on tombe sont les indications internationales pour appeler les secours. A cet endroit, j'ai rajouté la fiche de la fédération française de la randonnée sur le message d'alerte.


Dépliée, la trousse se compose de trois parties.
A gauche, trois compartiments tubulaires pour les bandes ou pansements compressifs.
Au milieu, deux pochettes filets.
A droite, un compartiment entièrement fermé par une fermeture éclair.


Le contenu (de gauche à droite et en descendant):
- bande velpeau, serviette de toilette compacte, pansement compressif
- couverture de survie, compresses (2 tailles), sutures autocollantes (steri-strips); brosse à dents papier (Brush Aways de Oral-B), lame de rasoir, set avec fil et aiguille, pansements pour petits bobos, bande 30cm de tricostéril à découper.
- 2ème peau pour les ampoules (Compeed), collyre à la vitamine B12, Dacudose, sérum physiologique (ces trois items pour nettoyer les yeux), Hydro clonazone (purification de l'eau), bande extensible, tube de Végébom dans un ziploc; lingettes désinfectantes, savon à l'alcool, ciseaux universels (déjà coupé de l'alu et de l'écorce avec), petit système contre les piqûres d'insecte (un grigri plus qu'autre chose), une pince à tiques, un coupe-ongles et une pince à écharde; ibuprophène et prontalgine (contre la douleur) une bande triangulaire pour immobiliser un bras et des gants.
« Modifié: 19 avril 2009 à 13:26:18 par Corin »

19 avril 2009 à 11:36:49
Réponse #7

Corin


Pour ma part, j'ai placé le désinfectant dans des petites bouteilles (10 ml) de gouttes nasales (vidées, rincées, re-rincées au désinfectant - bétadinne). Petits bobos ... une ou deux gouttes suffisent, le plus souvent. J'emporte une réserve de deux dosettes de 5 ml.

En utilisant la pipette ... je travaille à l'économie maximale.

Voyez-vous des contre-indications?

Salut ;),

Ton système est séduisant mais l'avantage de l'unidose ou de la compresse en sachet unique, c'est qu'elle est reste stérile et ne passe pas d'une pathologie à l'autre (risque de transmission de saloperies).

Je préfère aussi ce système car ça me permet de prélever ce dont j'ai besoin pour les soins et de tout de suite refermer et ranger ma pharmacie.

Son inconvénient est le coût et le faible nombre d'utilisations possibles (on peut faire plus avec le contenu d'un flacon). D'ailleurs, le savon à alcool m'a servi de désinfectant quand je n'ai plus eu de lingettes.

A+

19 avril 2009 à 11:53:55
Réponse #8

Bison


Ok, merci!

Je crois que je vais évoluer vers un système mixte.
Les lingettes toutes prêtes, cela me parait bien !
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

19 avril 2009 à 13:24:22
Réponse #9

Corin


Ok, merci!

Je crois que je vais évoluer vers un système mixte.
Les lingettes toutes prêtes, cela me parait bien !
Moi aussi parce qu'en cas de blessure lourde, les lingettes sont insuffisantes pour gérer des soins sur plusieurs jours.

A+

19 avril 2009 à 14:09:05
Réponse #10

Karote


Pour info il existe des unidoses de bétadine, qui me paraissent bien indiquées et sans doute plus "safe" que les flacons reconditionnés. Je me permet également d'ajouter que rien n'empêche d'avoir des compresses pré-imbibées ET de la béta+compresses. Parce que les lingettes sur une plaie un peu étendue ça risque d'être juste.

19 avril 2009 à 14:30:33
Réponse #11

Leif


c'est exactement a ça que je pensais tu l'accroches, tu l'ouvres et tu as tout sous la main sans que ça traine par terre ou t'ennuies dans les bras.

dorenavant j'ai rajouté ça dans la mienne, des longes de 40 cms de diametres, 2 en fait. tu peux tous faire avec comme te trouver un point d'appui et faire un noeud pour remonter une corde, mais c'est un autre topic.

a+

jeff

19 avril 2009 à 20:13:21
Réponse #12

Patrick


Si je comprends bien les guides qui étaient chargés de convoyer des touristes n'avaient que tchi ?  :o

19 avril 2009 à 20:23:09
Réponse #13

nemesys


merci pour les précisions ...

19 avril 2009 à 21:19:47
Réponse #14

Corin


Si je comprends bien les guides qui étaient chargés de convoyer des touristes n'avaient que tchi ?  :o
Si, ils avaient une pharmacie plutôt bien fournie mais, disons que la mâle assurance du modo de DMF a fait que c'est moi qui ai géré :D :D :D. Et j'étais trop tenté de mettre en pratique mes connaissances de secouriste ;).

Un truc qui est vachement marrant dans le grand Erg oriental, c'est qu'en fait, il n'y a pas grand chose de traumatisant. Le sable omniprésent amortit la marche et les chutes. Il n'y a pratiquement aucun arbre, très peu de buissons et les zones caillouteuses sont tellement ensablées que les cailloux s'enfoncent quand tu marches dessus. En fait, à l'exception des sports mécaniques, il est matériellement quasiment impossible de se faire mal. Il y a trois ans, j'ai chuté d'assez haut et c'est à peine si j'ai senti l'impact au sol.
En fait, c'est l'endroit le plus sûr que je connaisse une fois gérée la question de l'eau. Et puis, maintenant, les GSM passent à proximité des postes militaires... :o

Je suis en train d'écrire un petit feedback. Je mentionne ce point.

A+

 


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