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Auteur Sujet: La santé à un coût !  (Lu 8902 fois)

19 avril 2009 à 12:33:25
Réponse #25

Kookaburra


Bonjour !

Patrick : Je maintiens ce que je dis, en cas de conventionnement massif, c'est les malades qui vont trinquer, pas les médecins. Les assurances privées vont entrer en jeu avec des primes pharaoniques, le prix des consultations va augmenter, les consultations pour le nez qui coule depuis deux jours vont disparaître (et ça on ne s'en plaindra pas), mais les vrais malades viendront toujours se soigner sauf qu'ils devront vendre leur maison pour se payer leur prothèse de hanche, si ils n'ont pas de maison leur assurance leur remboursera 70% d'une jolie paire de béquilles...
C'est moche, c'est immonde mais c'est comme ça que ça va se passer, et c'est comme ça que ça se passe déjà ailleurs.

il ne me semble pas que ça soit la sécu qui nous paye nos études. Pendant l'internat la balance penche plutôt en faveur de l'hôpital qui ne pourrait pas fonctionner sans cette main d'oeuvre bon marché. Avant et bien il faut savoir que les salaires des PUPH (professeurs) et MCUPH (maitres de conf) sont sont gérés par la fac et non par l'hôpital. A tel point qu'il arrive que ceux-ci ne répondent pas au convocations des directeurs d'hôpitaux : leur patron c'est le doyen de leur faculté, c'est lui qui les nome et c'est le seul qui puisse les déboulonner.
Alors probablement que tu veux parler des 4 euros qu'on touche par jour de stage à l'hôpital en 4ème année, qui deviennent 8 euros en 5ème année puis 9euros en 6ème année ... Whaou quelle somme !!!
Tiens je viens de chercher sur légifrance en trois ans un étudiant en médecine gagne : 1 512,39 + 2 933,75 + 3 277,86 = 7724 euros sur ses trois ans d'externat. Alors non ça n'est pas négligeable bien sûr et évidemment qu'on est contents que cette somme arrive sur le compte à la fin du mois même si elle ne paye pas le loyer la bouffe et les livres. Maintenant je vais t'avouer quelque chose : j'ai une opinion particulière au sein des étudiants en médecine : j'estime (et je suis peut-être le seul) que l'on ne devrait pas être payé pour l'externat (en dehors d'une somme symbolique qui te permet d'être couvert par la sécu et d'avoir une assurance professionnelle), car cela à un effet pervers : dans de très très nombreux stages on estime que puisque tu es salarié de l'hôpital et dois travailler. Non. On doit apprendre, pas pallier les manquements du système en remplaçant une secrétaire ou un brancardier (non pas que ces fonctions ne soient pas respectables hein, mais on n'y apprend que peu de choses sur la clinique des patients, ce qui est tout de même le vrai but de l'externat)

Anke : Pour les médecins qui font les sutures j'en connais quelques uns mais ils sont rares très rares... Pour les accouchements faut pas rêver, les sages femmes le font sous le contrôle (réel ou non hein, juste il est là en cas de besoin) d'un obstétricien et je ne vois pas un toubib de campagne payer la prime d'assurance faramineuse d'un obstétricien pour peut être faire éventuellement un ou deux accouchements par an... Sans compter qu'après être passé en stage en maternité (niveau un, aucune grossesse à risque), et bien je préfèrerais franchement que ma femme (un jour ;)) accouche en maternité : les hémorragies de la délivrance ça arrive, sans transfusion rapide ça tue, les oxygéno dépendances à la naissances ça arrive et ça tue aussi, et je me vois mal trimballer à domicile trois obus d'oxygène, un charriot de réanimation pour la mère (bin oui, une péridurale c'est toujours une anesthésie avec des risques) un pour le gamin, une radiante pour s'occuper du gamin ... Alors oui au final c'est possible mais ça n'est pas dans les meilleures conditions. Que le médecin lambda sache faire un accouchement car ça ne préviens pas oui, mais honnêtement trois jours de maternité niveau 1 je pense que c'est quelque chose d'acceptable.
Tiens d'ailleurs il n'y a pas longtemps j'étais en stage en service d'obstétrique ... je me suis dis chouette je vais pouvoir apprendre à faire un accouchement à 4 mains, ça ne sera pas mon boulot mais ça pourra toujours servir ... Et bien non, je n'ai pas pu "bin non il y a des élèves sage femme il faut bien qu'elle apprennent, toi ça servira a rien" et rien à dire ça a été niet niet et niet ... Moralité si ça arrive je ferais une césarienne au SAK (là j'ai pu faire aide op, c'est du boulot de médecin ça...)

Pour ce qui est des déserts médicaux, oui je suis d'accord avec toi, c'est un problème. Mais actuellement la médecine n'est PAS un service public (et d'ailleurs les postes ferment dans les campagnes, les petites gares ne sont plus désservies, et pourtant là c'est du service public). Alors vous voulez des médecin dans les déserts mais c'est très facile !!! Créez des postes de médecins fonctionnaires ! L'état achète un cabinet le meuble et salarie deux ou trois médecins qui y tournent en rotation et assurent les astreintes. Pour la gestion des appels : simple on embauche des régulateurs en plus au samu (en plus on peut délocaliser il sont pas obligé d'habiter à Champ les Vaches en Cambrousse du coup on recrute facilement) et ces régulateurs sauront qu'ils peuvent réorienter les urgences relatives vers ces médecins. médecins qui auront des horaires, remplacés par le collègue en cas d'absence ou pendant les congés, médecin qui sera indemnisé si il est malade, et à qui on pourra joindre des infirmiers fonctionnaires, voire des kinés fonctionnaires si il y en a besoin ... Alors là oui vous aurez du monde qui sera prêt à le faire. Le problème c'est que ça va coûter la peau du cul et que personne n'est prêt à payer : envoyer les gens au goulag c'est sûr c'est moins cher...

Ah tiens ta dernière réponse a été postée entre-temps...
Alors oui celui qui vois 60 patients pas jours c'est un épicier (10 min par patient su 10h de boulot), et celui qui dans le même contexte n'en accepte que 40 (15 min par patient c'est mieux ? ah au fait c'est pas la question que j'ai posée plus haut ? ) c'est quoi ? un salopard qui ne respecte pas son serment (qui nous est servi à toutes les sauces) car du coup il faut prendre rendez-vous 4 jours avant (en clair avant d'être malade) pour pouvoir le voir ?  Non car il ne faut pas se leurrer si les médecins arrivent à tourner à 60 patients par jour c'est qu'il y a une demande derrière, et les 20 patients qu'il refuse, ils vont où ? Alors oui il y a des toubib qui abusent j'en ai vu bâcler leurs patients en moins de 5 minutes pour des honoraires de folie, mais ceux là les patients viennent les voir car c'est de toubib célèbre et ils veulent voir "untel" d'ailleurs si "untel" doit s'absenter plus personne ne veut voir le remplaçant ... Alors de grâce ne généralisez pas ...

Bertrand
Etudiant sur Paris, Pyrénéen d'adoption et Australien dans l'âme

19 avril 2009 à 12:39:29
Réponse #26

Kookaburra


J'ai changé il y a peu de médecin traitant (on doit en France déclarer le médecin généraliste qui va être à l'origine du parcours de soin (relations avec les spécialistes).

Sur trois visites, j'ai compté un patient toutes les 7 minutes en moyenne  :o

Bin ma question sera alors : pourquoi tu vas le voir lui ????

Bertrand
Etudiant sur Paris, Pyrénéen d'adoption et Australien dans l'âme

19 avril 2009 à 12:40:49
Réponse #27

Patrick


Patrick : Je maintiens ce que je dis, en cas de conventionnement massif, c'est les malades qui vont trinquer, pas les médecins.
Et bien moi je pense que si les seuls patients que le médecin déconventionné sont ceux qui ne peuvent faire autrement ou ceux qui en ont les moyens ça va faire 10 patients par jour au lieu des 60 ou 80.

il ne me semble pas que ça soit la sécu qui nous paye nos études. Pendant l'internat la balance penche plutôt en faveur de l'hôpital qui ne pourrait pas fonctionner sans cette main d'oeuvre bon marché. Avant et bien il faut savoir que les salaires des PUPH (professeurs) et MCUPH (maitres de conf) sont sont gérés par la fac et non par l'hôpital. A tel point qu'il arrive que ceux-ci ne répondent pas au convocations des directeurs d'hôpitaux : leur patron c'est le doyen de leur faculté, c'est lui qui les nome et c'est le seul qui puisse les déboulonner.
Je maintiens, le budget formation des CHU et les frais de fonctionnement sont entièrement règlés par le budget de la sécurité sociale. Pas les salaires des externes, bien sur.

19 avril 2009 à 12:53:19
Réponse #28

Kookaburra


Justement, je ne vais plus le voir lui, mais un autre qui prend environ 25 minutes par patient.
Ah bin alors si c'est aussi simple c'est que ses autres patients sont des cons... Si tu peux avoir un rendez-vous aussi rapidement, pour le même prix et chez un mec aussi compétent, le tout avec une meilleure qualité de service je ne vois pas ... Dans un autre domaine (un garagiste tiens) le mec fait faillite en moins de deux ... Il doit bien y avoir une raison non ?

Et bien moi je pense que si les seuls patients que le médecin déconventionné sont ceux qui ne peuvent faire autrement ou ceux qui en ont les moyens ça va faire 10 patients par jour au lieu des 60 ou 80.
Alors seul l'avenir nous le dira ... Mais si on regarde ailleurs comment ça s'est passé bin c'est laid. Et de toute façon des médecins on en manque partout dans le monde, dans aucun pays ça n'existe un médecin au chômage, on serait bien les premiers...
Je maintiens, le budget formation des CHU et les frais de fonctionnement sont entièrement règlés par le budget de la sécurité sociale. Pas les salaires des externes, bien sur.
OK donc tu parles de l'argent alloué à la formation des internes car c'est là qu'il passe le budget formation ... Tu as été voir le boulot fourni par un interne durant des 3 à 5 années obligatoires ? Honnêtement, pour le voir tous les jours, je ne pense pas qu'ils doivent encore quelque chose en sortant de l'essoreuse...

Bertrand
Etudiant sur Paris, Pyrénéen d'adoption et Australien dans l'âme

19 avril 2009 à 14:24:40
Réponse #29

Kookaburra


Non Patrick je ne dis pas qu'il ne faut rien changer... Au contraire je le dis aussi fort que toi il y a des abus et il faut y trouver une solution, seulement j'ai peur (vraiment peur) que la chasse aux sorcières ne mène à faire sauter le système de soins.

Corporatiste ? Oui .. peut-être, je ne me rend pas bien compte et j'ai parfois tendance à m'enflammer...
Maintenant je peux te dire que je ne me fais AUCUN soucis pour mon avenir financier (à tort ou à raison), plus pour ma future qualité de vie oui c'est vrai mais bon au pire si je ne supporte pas eh bien je redeviendrais ingénieur...

Bertrand
Etudiant sur Paris, Pyrénéen d'adoption et Australien dans l'âme

19 avril 2009 à 14:27:44
Réponse #30

Corin


Est-ce que 5000/6000€ ne suffisent pas, en gardant son âme et sans trop de surmenage ?
En région parisienne, je te trouve assez facilement des jobs à ce tarif-là pour un cadre autour de 35 ans, ayant fait Bac+3 (dans le commerce notamment), ayant une dizaine d'années de métier et n'ayant jamais fait de garde ni raté un dîner à la maison... ;)

Vu de ma fenêtre, quand je compare mes frères médecins (spécialistes comme généralistes) et moi... La balance penche toujours en ma faveur. Ils n'ont toujours pas réussi à me décrocher en termes de revenus et de pouvoir d'achat (mes premiers salaires étaient nettement plus importants que leurs gardes et aujourd'hui on gagne à peu près la même chose). Je n'ai jamais eu leur stress (pas de risque de mettre en danger la vie d'autrui dans mon job, pas d'engueulade de patients, pas de décès de patients - eux ont eu ça à gérer dès 21/22 ans - pas de cadavre à disséquer,...) ni leurs contraintes (gardes, moyens dérisoires à l'hôpital, imprévus).

Un signe ne trompe pas: mes frères n'ont plus de cheveux et tout le monde les croit plus vieux que moi alors que c'est le contraire.

On pourrait continuer longtemps comme ça les exemples. La médecine contient une part de sacerdoce, il faut le reconnaître pour les patients et l'accepter pour les toubibs. Les médecins sont sans doute bien payés par rapport à la moyenne de la population mais ce n'est rien en regard du nombre d'années et niveau d'études et des responsabilités (je n'ai pas encore vu de procès de trader pour avoir plombé leur banque).

Mon coeur penche pour un système où les médecins seraient mieux payés pour leurs consultations qui dureraient vraiment 20-30' et où la Sécu rembourserait avec une franchise selon les revenus.
Je trouve anormal que je puisse me faire rembourser dès le premier euro de l'aspirine ou autre connerie. Perso, avant d'atteindre les 500 euros par an, je refuse de me faire rembourser (y'a bien Dame Corin qui a réussi à m'avoir sur ce point-là cette année, mais passons... :D). Parce que c'est mon risque normal d'être humain que de tomber malade et je n'ai qu'à faire gaffe pour ne pas m'enrhumer ou autre connerie. D'ailleurs, je refuse d'avoir un médecin référent. Tout ce système administratif coûteux (on est vraiment des gosses de riche) me gonfle.

Voilà, vous savez tout.

A+
« Modifié: 19 avril 2009 à 14:33:18 par Corin »

19 avril 2009 à 14:40:47
Réponse #31

Moleson


....

Comme d'habitude, le changement c'est les autres, nous on est au top.  :glare:

C'est simple puisque on ne peut pas obliger une partie de la population de faire médecine et de plus l'exercer, le changement se fait déjà....
Avec les pieds...

Et si plus personne ne veut s'installer hors des grands centres, il doit bien y avoir une raison..Et ce n'est certainement pas le salaire mirobolant ni la qualité de vie exceptionelle, ni la reconnaissance sociale.

A partir de ce constat, tout le monde peut émettre des voeux, rameuter le cher Hypocrate ou ensencer la sécurité sociale, la réalité n'en changera pas pour autant.


Et à propos la sécurité sociale, vu qu'elle est quasiment tout le temps déficitaire, elle est financée par des emprunts.



Ce qui ne fait que renforcer la dette publique de la France.
Et qui va payer un jour tout ceci ? Nos enfants....

Comme solidarité on fait mieux...




Moleson

19 avril 2009 à 19:47:02
Réponse #32

Anke


Ouais ben du coup, "vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade..."
J'ai eu le privilège de rencontrer des médecins( et de travailler avec eux) qui luttaient de toutes leurs forces contre ça. Ils y en a qui se battent encore ( j'en "pratique" au moins un sur mon secteur).
Je crois qu'ils ont raison. Je crois que c'est de notre devoir de ne pas accepter que cet adage se vérifie aujourd'hui et dans l'avenir. Après c'est une question de miroir. Je ne suis pas convaincu que le toubib qui fait des "devis" puisse réellement se regarder en face quand il passe "à l'examen de minuit"...
S'ils ont raison, c'est qu'on est vraiment seuls, tout seuls... autant crever de suite.

Oh put**n j'ai un petit "coup de mou", moi. Allez on positive le bidule.

Faut etre imaginatif et inventif, à défaut de médecins fonctionnaires à la campagne, on pourrait réfléchir sur le mode associatif, demander les subventions, sponsorts ( ça je sais que ça marche) rameter les labos et faire en sorte que les mecs soient rémunèrés par l'asso. Ce n'est qu'une idée ....

19 avril 2009 à 19:57:43
Réponse #33

Moleson


Ouais ben du coup, "vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade..."
J'ai eu le privilège de rencontrer des médecins( et de travailler avec eux) qui luttaient de toutes leurs forces contre ça. Ils y en a qui se battent encore ( j'en "pratique" au moins un sur mon secteur).
Je crois qu'ils ont raison. Je crois que c'est de notre devoir de ne pas accepter que cet adage se vérifie aujourd'hui et dans l'avenir. Après c'est une question de miroir. Je ne suis pas convaincu que le toubib qui fait des "devis" puisse réellement se regarder en face quand il passe "à l'examen de minuit"...
S'ils ont raison, c'est qu'on est vraiment seuls, tout seuls... autant crever de suite.

Oh put**n j'ai un petit "coup de mou", moi. Allez on positive le bidule.

Faut etre imaginatif et inventif, à défaut de médecins fonctionnaires à la campagne, on pourrait réfléchir sur le mode associatif, demander les subventions, sponsorts ( ça je sais que ça marche) rameter les labos et faire en sorte que les mecs soient rémunèrés par l'asso. Ce n'est qu'une idée ....

C'est sûr que l'évolution va vers ce que tu écrit.

Mais "La santé à un prix"....

C'est pas le même aujourd'hui qu'il y a 20 ans et encore moins 30 ans. Les progrès thérapeutiques et diagnostiques font que ca coute plus cher, beaucoup plus cher.
La solution actuelle semble être d'essayer de payer de moins en moins les prestataires (en particulier les médecins). En Suisse sur 30 ans le revenu des médecins installé à été divisé par 2 inflation comptabilisée. Le résultat que l'on le veuille ou non est là dans 10 ans plus de la moitié des médecins de premier recours aura plus de 65 ans. (de facto il manquera la moitié des médecins)

C'est comme celà que l'on le veuille ou non.
Après il y deux solution, soit accepter que le poste "santé" dans le budget familial ne soit pas inférieur à celui vacances ou accepter une médecine à deux vitesse.
Le reste compter sur les quelques héros qui veulent bien se décarcasser pour le bien de la société c'est les exploiter et de toute façon faire capoter le système.

Moléson

19 avril 2009 à 20:06:05
Réponse #34

flocondavoine


Je suis le premier à m'énerver face à l'accroissement de la dette française (30 ans sans inverser la tendance...)
Mais en même temps, comme on me l'a fait remarquer, le déficit de la sécu parait énorme mais est à relativiser (chiffres 2005) : avec un budget annuel d'environ 250 milliards, la douzaine de milliards manquant ne représentent jamais que moins de 5% du budget.
Si vraiment on voulait s'en sortir... enfin...

Un fils admiratif d'un père généraliste, et de beaucoup d'autres.

19 avril 2009 à 20:29:31
Réponse #35

Anke


Bon les gars, le mode associatif c'est une bonne idée ou pas ?

Perso, dans un coin bien désert, je peux donner du temps, j'ai quelques contacts pour des subventions et je suis prêt à bosser gratos( je me fiche des horaires) 5 ou 6 jours consécutifs par mois. Le logement je m'en fous ( une tente et une douche ), la bouffe : que je bouffe chez moi ou ailleurs ça coute pareil.

Voilà. C'est bien de papoter, ou de raler ( je suis un spécialiste du "ralage" !). Maintenant si on veut que ça change, faut bouger ensemble.
Mais ça peut être une idée complètement débile.

19 avril 2009 à 20:54:13
Réponse #36

Anke



19 avril 2009 à 21:13:31
Réponse #37

costa


Mouais plusieurs trucs me font tiquer quand même :

Heu la couverture sociale avec les tarifs réglementés par la sécu ça bénéficie surtout aux patients... J'admet qu'au changement de système il y aurait sans doute une peu de casse mais elle serait très limitée. Dans aucun pays je n'ai vu de toubib au chomedu et surtout pas dans ceux ou le libéralisme médical agit à plein (ex: couverture sociale aux USA : aucune; et pourtant les médecines sont loin d'être à plaindre).

Mouais, bien sûr ... C'est les médecins qui ont voulu être en sous effectif en instaurant le numérus clausus peut-être ?


Les bonnes questions à se poser sont à mon avis (et franchement j'ai pas les réponses):
Un médecin ça vaut combien ? (attention le prix va modifier aussi la tranche de recrutement, les capacités sont souvent en fonction) ...
Un médecin ça doit travailler combien d'heures ? ( 35 , 70 ,  jusqu'à épuisement ?)
Une consultation de généraliste ça doit durer combien de temps ? (le prix ne sera pas le même, car le nombre de médecin pour répondre à la demande devra évoluer)
L'exercice libéral est-il approprié à ce que l'on attend de la médecine ?  (je ne sais aps si vous remarquez ce qu'on nous pond en ce moment mais c'est joyeux : perte de la liberté d'installation, perte de la liberté de réguler ses périodes d'activités (sisi il va falloir demander l'autorisation pour s'absenter) le tout (et c'est là que le bât blesse) en conservant un mode "libéral" (tu payes ton local, pas de congés payés, pas d'indemnités maladie en dessous de trois mois) .... Bonjour monsieur! vous venez d'être diplômé plombier ? Bon alors vous irez vous installer à Trifouillis Sur Nivelle . Vous serez responsable de toutes les canalisations des particuliers dans un rayon de 75km. Vous devrez facturer 12 € pour un robinet et 16 pour un évier. Pour les congés vous nous demandez notre accord (il faut qu'on vous trouve un remplaçant mais comme on est en sous effectif c'est pas gagné ...). Bon bin par contre pour votre boutique vos frais votre véhicule vous vous démerdez hein non mais vous êtes libéral après tout ... Ah oui ? Heu pardon , Da ?

Et enfin hélas, la santé a bien un coût, une chimiothérapie c'est horriblement cher, une IRM aussi, les infirmiers et aides soignants aussi (et ça devrait l'être encore plus). Donc à un moment il faut se poser la question de ce qu'on (la société) est prêts à y mettre ...

Enfin le problème est qu'on est en train de faire monter la mayonnaise journalistique grâce aux abus de quelques trous du cul et que les mesures qui vont être prises en conséquence ne vont pas faire morfler les trous de balle en question mais bien l'ensemble de
" Dis donc Chérie, j'irai bien au Canada en vacances ( c'est vrai que j'en rêve depuis longtemps) !"
" Désolée, mais cette année, on peut pas, on a pas les sous !"
Elle est pas vilaine ma gestionnaire. On part en vacances ensemble...

Le seul vrai pb àmha, c'est toujours le même : Le Profit !
Et c'est contre cela qu'on doit se battre, tous.
La sécu en interpellant les "contrevenants", les patients en ne se laissant pas faire et surtout les professionnels de santé entre eux ( notamment ceux qui ont un conseil de l'ordre !) en remettant "au pas" ceux qui discréditent leur profession ( d'autant qu'ils sont connus). Alors "somewhere" ( comme dirait un pote) ça serait bien que les hypocrisies s'arrètent.
Un mec qui "voit" 60 patients par jour n'est plus un médecin, et ne peut prétendre "faire" de la médecine, c'est un épicier qui veut se payer une villa. Faut à un moment donné appeler un chat, un chat !
la population : méfiez-vous la sécu est en danger ! et c'est pas le corps médical qui la pleurera (du moins financièrement, éthiquement ça sera autre chose...)

Ah oui aussi le truc qui me fout en rogne à chaque fois qu'il sort : l'état (la société) paye les études de médecine donc les médecins doivent bien quelque chose en retour ...
Bin non l'état ne paye pas les études de médecine, il paye TOUTES les études (CAP de plombier, secrétariat, ingénieur, notaire, avocat). Ceux qui doivent quelque chose à l'état sont ceux qui ont le statut d'élève fonctionnaire (polytechniciens par exemple qui touchent un vrai salaire pendant leurs études). Et si jamais certains ont encore des doutes je les invites à suivre le boulot des internes (3à 5 ans pour tous les médecins) qui pour un salaire ridicule en regard de leur travail tiennent le système hospitalier français à bout de bras ...

J'ai laissé tomber mon boulot d'ingé pour reprendre les études de médecine, je le fais par vocation, mais des fois c'est dur de pas baisser les bras quand on voit la façon dont on est perçus par l'opinion publique ...


Bertrand , désabusé depuis 1983 (ah m*rde, vite mon poly d'infectio, ça se traite comment la Kentonite ?)

+1

" Dis donc Chérie, j'irai bien au Canada en vacances ( c'est vrai que j'en rêve depuis longtemps) !"
" Désolée, mais cette année, on peut pas, on a pas les sous !"
Elle est pas vilaine ma gestionnaire. On part en vacances ensemble...

Le seul vrai pb àmha, c'est toujours le même : Le Profit !
Et c'est contre cela qu'on doit se battre, tous.
La sécu en interpellant les "contrevenants", les patients en ne se laissant pas faire et surtout les professionnels de santé entre eux ( notamment ceux qui ont un conseil de l'ordre !) en remettant "au pas" ceux qui discréditent leur profession ( d'autant qu'ils sont connus). Alors "somewhere" ( comme dirait un pote) ça serait bien que les hypocrisies s'arrètent.
Un mec qui "voit" 60 patients par jour n'est plus un médecin, et ne peut prétendre "faire" de la médecine, c'est un épicier qui veut se payer une villa. Faut à un moment donné appeler un chat, un chat !

+1 aussi


Il y a un truc qui a le don particulier de m'énerver en France, c'est que beaucoup de patients se basent sur le temps passé en consult pour juger si le médecin est consciencieux ou non.
A titre d'exemple, il y a 1 semaine, j'ai eu un bonhomme qui est venu me voir parce qu'il s'était bloqué le cou. Je lui préviens, comme chaque fois dans ce cas, que sans ordonnance, les honoraires sont libres et qu'il ne sera pas remboursé (ah ouais, je répète pour ceux qui auraient loupé que je suis kiné et pas médecin), mais que j'appliquerai le tarif conventionné quand même.
Il accepte, et lui donne RDV à 20h30 (la journée était chargée).
Arrive 20h30: je lui fait une séance normale: bilan complet, traitement (je rends la mobilité de C2-C3, C6-C7, et C7-D1), contrôle des dorsales supérieures et de la ceinture scapulaire, réévaluation... et... miracle... plus aucune douleur. mobilité complète du cou et des épaules. Temps passé... 20minutes. Et là, le bonhomme commence à criser car pour lui, il lui reste 10 minutes de traitement. ben non, je suis là pour le soigner, et si ça m'a pris 20 minutes, ben tant mieux, son calvaire aura été plus court.

Arrêtez de regarder votre montre, et jugez la prise en charge et le traitement. Il est parfois possible de faire court et bien!

A+

19 avril 2009 à 21:31:05
Réponse #38

Leif


Citer
Arrêtez de regarder votre montre, et jugez la prise en charge et le traitement. Il est parfois possible de faire court et bien!
ok ;)

ton gars il arrive avec le cou bloque tu connais super bien ton job donc tu le soignes bien et rapidement, mais discuter c'est une partie du traitement aussi.

maintenat imagine le meme mais qui te dis juste j'ai mal en levan le bras.

la tu sors les rames, discute pour savoir comment il a put avoir cette douleur et tu y vas en tatonnant sinon c'est la connerie assurée, je peux me tromper.

on est tous plus ou moins sociables, donc on aime bien parler ;)

enfin chacun fait ce qu'il veut.

pour l'histoire quand j'ai eu le genou dechiré, il n'y avait que un seul medecin sur tours que je voulait, degouté que j'etait quand il a fallut que j'allonge 700€ de depassement d'honoraires, prit en charge par ma mutuelle, mais bon j'assume c'etait lui et personne d'autre.

a+

jeff

19 avril 2009 à 21:42:56
Réponse #39

sharky


Un bouquin lu il y a quelques années quand je bossais à l'hôpital

"Une petite douleur à l'épaule gauche" de Jean Marc Sylvestre.
Oui, oui, le même qu'à TF1 et LCI, grand prêcheur du (néo) libéralisme, qui n'a cessé de critquer le système d'assurance maladie et hospitalier français. Jusqu'au jour où il a fait un infractus et que c'est ce même système qui lui a sauvé la vie.

Je mets le résumé:

Présentation de l'éditeur
Eté 2002. Tout commence par une petite douleur à l'épaule gauche. Le lendemain Jean-Marc Sylvestre est hospitalisé. Atteint d'une infection d'origine nosocomiale, due à un staphylocoque à tête dorée, il doit en outre subir une opération à cœur ouvert. Trois mois de galère aux frontières de la mort. Quand ça arrive aux autres, on compatit. Quand ça vous arrive, on regarde la planète d'une façon différente. Jean-Marc Sylvestre fait le récit de cette épreuve, qui l'a changé profondément. Il a vécu l'hôpital de l'intérieur, il a découvert la compétence et le dévouement des personnels de santé - médecins, infirmières et aides-soignants
" Du système de santé, dit-il, je ne connaissais que l'ampleur du déficit de l'assurance - maladie. Un gouffre... " Le journaliste économique, connu pour ses convictions libérales, qui n'a eu de cesse de critiquer les errements comptables de la Sécurité sociale, admet aujourd'hui que c'est elle qui lui a sauvé la vie. Des mois d'hospitalisation, de très lourds protocoles antibiotiques, des scanners, des IRM... Sans les assurances sociales françaises et la liberté qu'elles donnent aux médecins, Jean-Marc Sylvestre n'aurait pas pu s'offrir cette chance de survivre. Notre système de santé est exceptionnel de qualité, nous pouvons nous en réjouir. Est-il équitable et juste ? La question sera posée
Haletante comme un thriller, l'aventure médicale et intime d'un homme qui, convaincu d'être perdu, remet en cause ses convictions les plus profondes. Mais aussi la révélation des dégâts croissants causés par les maladies nosocomiales et un plaidoyer lucide en faveur du système de santé français


Stéphane

''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

19 avril 2009 à 21:45:04
Réponse #40

costa


ok ;)



on est tous plus ou moins sociables, donc on aime bien parler ;)

enfin chacun fait ce qu'il veut.




heuuu... je peux te dire que je suis hyper sociable. Tu veux savoir si je suis au cabinet, c'est pas compliqué... tend l'oreille, j'arrête pas de parler. Que ça ai rapport avec le trt ou non (l'adaptation des gestes néfastes fait partie intégrante du trt!!!!!!!!!!!!!!!!), ce que j'ai également fait avec le bonhomme. Après, j'ai commencé à 8h30, j'ai mangé en 12 minutes 30 secondes, et il était 21heures. Le mec était retapé, je lui ai expliqué le problème, comment je l'ai traité avec faux squelette à l'appui histoire qu'il comprenne bien ce que je lui raconte), ce qu'il doit faire et ne pas faire au quotidien pour éviter que ça ne se reproduise, bref, j'ai fait mon taf. Je vais pas causer 10 minutes supplémentaires pour boucler la demi-heure! J'ai fait mon taf correctement, tout en étant sociable, point. Et je suis naze après 12h30 de taf.
Et quand je galère et que je mets plus de 30 minutes pour boucler la séance, il me semble que personne ne se plaint... ah si, le suivant, car du coup, j'ai du retard. Ben oui, du coup, il faut calculer pour que la séance dure 30 minutes pile poil. Et puis quoi encore. Ce genre de mentalité me gonfle profondémment. Qu'ils aillent chez un kiné qui ne se forme pas, prend 2 personnes tous le quarts d'heures et on en reparlera. Des mecs comme moi font tou pour soigner au lieux leurs patients, alors arrêtez de les gonfler avec des détails... comme des histoires de minutes!

A+

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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