Kookabura, les questions que tu poses sont légitimes et traduisent amha un malaise sur lequel on ne peut passer.
Néanmoins je me permets d'essayer de répondre ( et ça n'a rien de personnel evidemment, on réfléchit ensemble, c'st le but...)
Un médecin ça vaut combien ?
, en soit, ça ne vaut rien, c'est sa "capacité" qui vaut quelque chose ( revoir Marx et le prolétaire qui vend sa puissance de travail, puisuqe c'est sa seule richesse, à re-situer dans le contexte).
A un tel point que l'on voit aussi maintenant des médecins "free-lance"( vacataires) négocier leurs tarifs ( le prix auquel il seront payés) de garde dans l'hopital public, personne n'est dupe, c'est de pratique courante.
Par contre, je pense que la reflexion à avoir est la suivante : combien vaut un patient, càd, combien on est capable de donner pour qu'il reste en "bonne" santé, ce qui st très différent de savoir "combien un patient ça rapporte ?". Au bout du compte ça revient peut-être au même ( pas trop sûr au final), mais d'emblée la reflexion me semble très différente.
Au niveau de la santé publique et de la gestion des flux médicaux, on ne peut ignorer qu'il y a des zones qui sont désertées par les toubibs ou les professionnels de santé, parce que moins ou pas attrayantes.
Je te l'accorde, forcer les gens à s'installer dans ces coins là n'est surement pas une manière, disons très diplomatique, de présenter les choses. Il n'en reste pas moins que ce problème est aujourd'hui crucial ( en termes de santé publique). Peut-être qu'en rendant l'installation plus aisée ou tout du moins plus attrayante pour les professionnels ça se passerait mieux.
Néanmoins personne en peut ignorer ce pb, ni les médecins, ni les caisses, ni les communes. Pour ces dernières, la présence d'un médecin est extrèmement important : ça répond à une demande de la population, cela crée une dynamique pour peu que le médecin soit participatif à la vie de la dite commune et enterme de santé plublique, le toubib résident représente un filtre non négligeable en terme de prise en charge de la population.
Queles médecisn aujourd'hui se donnent encore la peine de faire des sutures au cabinet sur un gamin qui s'est pris une gamelle en vélo et qui a les genoux "couronnés". Je ne parlerais même pas d'un accouchement( normal, sans complications) à domicile (pourtant un toubib, et une inf, ça suffit ! A la maternité la sage femme est seule avec une aide-soignante...)
Combien de temps ça doit travailler ?
On sait bien que les professions de santé ne sont pas des métiers comme les autres ( quoique quand tu regardes les mecs de l'edf et du gaz et le nombre d'astreintes qu'ils se tapent par semaine... Eh oui, eux aussi !).
Donc, sur ma plaque c'est écrit " Sur Rendez-vous ", mais je dors avec le téléphone sur la table de nuit.
A une certaine époque je travaillait 24/24 seul, pour m'apercevoir très rapidement que certes je gagnait du pognon ( et encore à l'époque on avait des quotas : 1800 actes par an) mais que j'avais une vie de chiotte. J'ai donc embauché une remplaçante ( une semaine sur deux et la moitié des vacances scolaires), je gagne moitié moins, mais je vis deux fois mieux...
Un autre point : les docteurs ne régulent absolument pas leurs appels ( tout du moins ceux que je connais), c'est leur secrétaire ( aucune formation médicale ou para-médicale) qui le fait à leur place, donc : pas de filtre compétent, aucune gestion des appels.
L'exercice libéral est adapté à ce qu'on attend de la médecine, mais pas sous sa forme actuelle. Les médecins n'ont aucune possibilité de se décharger de la demande de travail ( par ex : les soisn d'hygiène qu'est-ce qu'il y connait le toubib ? Ce n'est pas son métier.) et il est toujours possible de travailler avec un collègue en alternance. Cela suppose que l'on sache délèguer et aussi attirer le confrère sans pour autant lui faire "racheter" une partie de la clientèle ( tout le monde sait que cet achat là c'est du vent, on achète pas un carnet d'adresse, c'est maintenant largement dépassé). Bref être capable de descendre un peu de son piedestal.
Tant que les médecins ne feront pas le choix réel de travailler en partenariat avec les autres corps de métiers de la santé, ils seront dans une impasse.
Quand j'entends les autres corps de métiers, je devrais dire tous les acteurs de la santé.
Femmes de ménages, aide-ménagères, infirmières, pharmaciens, caisses de remboursement( la sécu quoi).
Un petit mot sur ces derniers : La sécu n'est pas une entreprise de flics, la plupart de ses membres sont vraiment dirigés vers le confort du bénéficiaire de soins. Il serait bien temps que tous le comprennent et que nous dirigions tous nos efforts dans une seule et même direction : le patient.