Bonsoir à tous,
C'est mon premier post parce que, jusqu'ici, je me contentais de vous lire pour apprendre, en mode petit scarabée...et que j'avais bien compris à quoi on s'exposait si on faisait du bruit

Mais il se trouve que l'eau potable et l'assainissement sont un peu mon métier et je me permets donc de vous livrer quelques réflexions que m'inspire cet engin, ou plutôt son concept car je ne l'ai jamais utilisé.
Primo, je vous rappelle que la désinfection UV repose sur la capacité de la lumière ultraviolette à casser les molécules ADN et autres constituants qui font qu'une cellule est vivante et peut se reproduire. Le traitement des contaminants chimiques est donc exclu. C'est un procédé couramment utilisé dans l'industrie comme dans les installations publiques mais qui n'a pas d'effet rémanant (pas d'efficacité si contamination secondaire, contrairement au traitement au chlore).
Deuzio, la longueur d'onde typiquement utilisée dans l'industrie est (de mémoire et je peux me tromper) de 254 nm. On est dans la classe des UV qui font de gros bobos (c'est justement ce qu'on leur demande). Donc si cet appareil est vraiment efficace je dirais attention les yeux

et dans une moindre mesure, la peau. Je vous rappelle que, par définition, les UV, on ne les voit pas et qu'il ne faut pas se laisser abuser par la jolie lumière bleue qui fait si sexy dans "Les Experts"...
Tertio, pour être efficace, les lampes UV doivent communiquer suffisamment d'énergie "destructrice" et donc ne traitent qu'une "épaisseur" d'eau de quelques centimètres les entourant. C'est pour ça qu'on les utilisent en batteries. Donc une seule lampe dans un contenant trop grand...

Quattro, pour qu'ils soient efficaces, les UV ne doivent pas êtres absorbés en cours de route. Donc les lampes doivent être entretenues avec la plus grande rigueur de manière à éviter toute salissure (fouling). Mais attention : le fouling faisant obstacle au rayonnement UV ne se voit pas forcément à l'oeil nu (souvenez-vous : les UV sont invisibles). Dans le même ordre d'idée, une eau limpide à l'oeil nue peut-être peu "transparente" aux UV (on parle de transmittance) et donc peu propice à une désinfection UV. On peut se retrouver dans une situation de fausse sécurité en se croyant protéger alors que non...
Enfin, de manière générale, je demande à voir le coût de fonctionnement, parce que ce type de piles...
Voilà, pour conclure mon propos n'est pas de démolir un produit que je ne connais pas mais d'attirer l'attention sur son mode fonctionnement et ce qu'il implique : dégâts aux mirettes, si le rayonnement va bien, et faux sentiment de sécurité si l'on ne sait pas s'en servir et l'entretenir.
AMHA, le meilleur juge de paix en la matière serait quand-même désinfection de "vraie" eau à traiter (prélevée dans le milieu naturel) et analyse en labo COFRAC des échantillons bruts et traités.
Fred