Les réactions étaient prévisible. Dès que l'on sort de son rôle de gentil mouton qui nous à été assigné par la société on passe pour des horribles.
@Lem
Les critiques pas de problème, mais si elle sont justifiée. Mais personne dans ce fil c'est donné la peine de se poser la question pourquoi la garde est en train de foirer (c'est valable partout en europe).
La solution est tellement simple, "manque de conscience", "rien à foutre" ne pense qu'au golf etc...
La raison est tout autre, moins de médecin pour beaucoup plus de travail, le tout sans aucune reconnaissance. Il y a 23 ans comme tout jeune diplomé, j'ai remplacé un médecin de campagne. Là c'était de garde 24h/24h. Mais au moins quand on t'appellait il y avait une vraie urgence et les gens t'étaient reconnaissant, de plus le tout payé correctement. Autrement dit il y avait un équilibre entre ce quel'on te demandais, ce que tu offrais et ce que tu recevais.
Au cours des années j'ai vu une évolution allant dans le mauvais sens. Des urgences à l'hôpital ou tu gérais une dizaine de lit (un CHU) avec un boulot demandant, mais gratifiant. Aujourd'hui tu dois gérer une demande qui confonds urgence et self-service médical avec comme résultat un quadruplement des consultations (soit disant urgente mais de confort), de plus aujourd'hui de "gros bras" doivent être stationné dans le urgences pour évacuer des personnes de plus en plus agressive.
Ce qui ce passe dans des urgences d'hôpital, se retrouve dans les services de garde en ville ou en campagne, plus de travail, moins de reconnaissance et une agressivité inconnue il y a quelques années. S'ajoute à ceci une demande réelle qui augmente avec un veillissement de la population comme en témoigne l'histoire de Anke où une banale diahrée peut finir en désastre vue le grand âge.
Encore un autre point, la profession s'est féminisée et plus de 50% des médecins sont aujourd'hui des femmes, mais qui travaillent souvent à temps partiel, donc à nombre égal de médecin il y a par rapport il y a 20 ans une force de travail moindre.
S'ajoute un dernier point, la qualité de vie du médecin. Ma génération n'a plus envie de foutre en l'air sa vie de famille, comme nos prédécesseur, qui sont tous divorcés et qui n'ont jamais vu leurs enfants.
Assurer une vie de famille décente n'est pas compatible avec des horaires déments.
Les 3x huit aucun médecin ne les a jamais connu. Quand tu assure une garde c'est en sus de ta journée de travail, il n'y a aucun autre métier ou l'on demande ceci.
Bref les jeunes ne veulent plus faire ce métier et surtout plus faire médecin de premier recours et voila la qualité du service de garde s'en ressent.
Et puis tu sais 12 ans à travailler 70 heures, ca use, il y a un moment t'as plus envie, tu dis stop, fini... ras le bol.
En ce qui concerne les couts de mes études, ca me fait doucement rigoler. Le jour ou dans les hopitaux publique l'assistant travaillera comme tous les autres intervenants 42h/sem (35heures en France) et avec un salaire comparable à une formation supérieure dans un autre métier on rediscutera. J'ai fait une fois le calcul ce que j'ai rapporté au service publique en 12 ans, c'est environ 1 mio de frs, ceci sans compter les 4 ans d'ambulatoire en hôpital ou le chiffre d'affaire généré était de 600'000 par ans pour des couts de 300'000 (tout compris(appareils, infirmières,locaux y compris mon salaire) donc encore 1.2 mio. suplémentaire.
L'opération études de médecine (300'000.-) est trés, mais très rentable pour les finances publiques.
Les assurances? Ben jusqu'à maintenant on recherche encore des interlocuteurs compétents.
Des exemples récurents et prévisible:
- Pourquoi vous avez mis 4 stents dans cette coronaires (pour m'amuser pardi et parce que je suis corrompu par la boîte qui vends des stents)
- Vous avez vu 3 fois ce patient en 2 jours justifiez vous (la prochaine fois j'hospitalise et vous m'emmerdrez plus)
- Une dilation coronaire est une hospitalisation (non le patient est en ambulatoire, la différence c'est la durée du séjour et non l'acte), systématique...
-Le copain néphrologue, qui reçoit une demande de justification à
chaque fois qu'il prescrit de l'EPO chez ses patients dialysé (il envoie maintenant un lettre d'injure standardisé)
Le golf je ne connais qu'un seul médecin qui joue au golf, tout les autres n'ont pas le temps. L'harcèlement sexuels des infirmières, on n'a pas du travailler dans les mêmes hôpitaux. Je pense qu'avec ce type de comportement j'aurais été viré plus vite que l'écrire. Mais que voilà de magnifiques clichés.
Travailler pour faire du fric. Faut pas être médecin ou tout au plus se cantonner dans quelques domaines hautement rentable comme l'esthétique (là effectivement on peut se faire des c*u!lles en or), mais faut aimer..

Il est clair qu'il y a des connards, des incompétents, des mercantilistes chez les médecins. Il ne sont ni meilleurs ni pire que le reste de la population et que l'on va retrouver du point de vue motivation et caractère une copie de se que l'on trouve dans tous les corps de métiers.
Mais mes observations est que la grande majorité essaye de faire son travail au mieux de ses compétences et ne ménage ni sa peine ni son temps.
C'est pourquoi d'ailleurs un sentiment de ras le bol est en train d'émerger chez la TOTALITE de mes collègues qui ne supportent plus d'être les boucs emissaire d'un système de santé qui est en train de se casser la gueule.
Quelques indices montrent bien le malaise. Les banques ne prêtent plus de l'argent pour s'installer, sauf dans de rares cas, ce qui démontre bien que c'est tout simplement plus rentable. Plus de jeunes ne veulent reprendre des cabinets de médecine générale. Dans la région ou j'habite, 3 médecins on arrêtés pour des raison d'âge il n'ont trouvé aucun successeur en dépit du fait que la clientèle était assurée pour le sucesseur et qu'il n y avait pas de reprise à payer pour le successeur. Dans les 8 ans, sur 32 médecins 12 vont arrêter pour raison d'âge, sans successeur en vue. Je laisse imaginer comment va se passer la garde et de manière globale la couverture médicale. Et pourtant on est à 20 minutes du lac léman, 30 minutes d'une grande ville, le tout dans une ville de moyenne importance (du point de vue suisse), donc pas perdu au bout du monde.
La pauvre Léone, eh bien elle montre bien les limites du système. Mais celui-ci est aussi débile quand il refuse de confier une responsabilité à un infirmier pour prescrire de l'immodium. Et d'ailleurs d'autres pays, l'on bien compris et la marge de maneuvre du personel médical non-médecin est beaucoup plus grand, ce qui simplifie beaucoup de chose. Je n'ai jamais compris pourquoi on formait des infirmiers(ères) pendant 4 ans, pour ensuite les castrer complètements en ne leurs donnant légalement très peu compétences (dans la pratique on s'arrange,pour par exemple signer les ordres médicaux par après si l'on a un équipe fiable, mais c'est une exercice sur la corde raide qui n'a pas de raison d'être)
@Patrick
Ce n'est pas méprisant pour les non-médecins.
La seule différence à formation égale les non-médecins t'enverrons au diable si tu leurs demandais la même chose.
@Dide
Pour la situation financière en France je ne peux pas me prononcer, mais en Suisse le revenu corrigé pour l'inflation, des médecins installés c'est divisé par 2 sur ces 30 dernières années. Alors c'est sur on gagne encore correctement sa vie, mais si tu compare à âge égal par exemple le salaire d'un enseignant supérieur et le revenu net d'un médecin installé la différence est peut être de 20-30%.
Le manque de médecin de premiers recours qui veulent s'installer, n'est pas du à une insuffisance de formation, mais simplement que les médecins diplomés, ne s'installent plus et ça c'est un phénomène qui s'observe dans toute l'europe.
Le doctorat est effectivement une plaisanterie en comparaison d'autres études universitaires. Mais la formation post-graduée n'est pas là pour faire un doctorat, mais pour apprendre son métier, sa spécialisation voire sous-spécialisation. Ce qui est spécifique à la médecin est que cette période est en fait beaucoup moins de la formation dans le sens stricte du terme, que l'offre d'une prestation médicale dans le secteur publique à moindre frais. La formation proprement dite s'effectuant en règle générale par osmose durant cette période.
Moléson