Bonjour,

L'expérience de Corin nous ramène à une question simple : que souhaitons nous faire en randonnée ?
*Si c'est dans le but de faire de l'exercice, alors il est bel et bon de "forcer" sur la mécanique.
*Si c'est pour la ballade contemplative, pourquoi s'épuiser au détriment de l'attention et de l'observation.
*Si c'est pour l'approche animalière c'est bête de faire du bruit et de ne pas être attentif
*Si c'est pour la chasse c'est bête de faire du bruit, de ne pas être confortable donc de ne pas être attentif et de ne pas avoir de motricité fine.
*Si c'est pour prendre son tour dans le Désert des Tartares, on se retrouve avec les contraintes précédentes ; avec en plus une sanction plus claire en cas de manque d'attention.
*Si c'est pour réaliser un "exploit" sportif ou autre, il est normal d'en ch*er....
Sur le "Goretex" :Depuis vingt ans, il est d'usage d'avoir une veste Goretex en montagne, y compris pour une randonnée.
A la différence de beaucoup de participants de forum de survie, je pense que les "coques" en Goretex sont d'excellents produits. Ils apportent un réel plus en terme de sécurité et un plus en confort dans des conditions d'alpinisme.
Comme la coque imper/respi est au final peu "respirante" quand on la porte ; la gestion de l'humidité est devenu une préoccupation de tout randonneur. Le couches du dessous sont progressivement devenues des supports fonctionnels de la coque externe dans le but de maximiser son efficacité.
On porte donc en couche interne des tissus hydrophobes, qui rejettent l'humidité interne....vers la couche externe. Ce qui est nécessaire en cas d'activité physique intense. Or le système "trois couches goretex" correspond à des activités intenses et/ou extrêmes.
On peut survivre sans veste goretex ou équivalente.
C'est là que le marketing de la société Gore s'est montré excessif. Pour les randonneurs et la majorité des alpinistes, la coque imper/respi n'est pas nécessaire, à part au fond du sac.
99% du temps un simple coupe vent déperlant suffirait à assurer la protection (contre le vent et la bruine) et apporterait un gros plus en terme de confort. En effet, comme un coupe vent "respire" beaucoup plus que la membrane Goretex, la gestion de l'humidité interne est moins délicate.
Sans Goretex on peut revenir à des solutions peu onéreuses pour les couches de dessous. Tshirt en coton et pull en laine/acrylique/polaire. La Goretex étant en réserve dans le sac en cas de grosse intempérie, jusque dans les années 80 le Kway remplissait cet usage. Le Goretex a l'avantage d'être plus confortable, plus étanche et dans le même ordre de prix de nos jours (si achat en promo....).
Sous la pluie froide généralement chez nous accompagnée de vent :Si on a pas de Goretex mais seulement un "coupe vent" : alors il ne faut pas s'arrêter jusqu'à ce que qu'on puisse se mettre à l'abri. La chaleur fournit par l'effort modéré allié aux couches isolantes hydrophobes (laine/acrylique/polyester) va rejeter l'humidité ou réchauffer celle-ci durant l'effort.
Si on n'a pas de Goretex mais seulement un "Kway" (tissu imper NON respirant) : on diminue l'intensité de l'effort et on essaye de jouer sur "l'effet cheminé" et la capacité des couches internes à rester chaudes même humides...jusqu'à ce que l'on atteigne un abris.
Si on a un Goretex : on peut forcer le pas (si on en est physiquement capable et que le terrain le permet sans gros dangers) car il permet une meilleure gestion de l'humidité interne. Mais, même le Goretex a une limite : une fois saturé d'eau (pluie longue ou DWR médiocre) il ne "respire" pratiquement plus : on se retrouve dans la configuration "Kway"
Si on n'a pas de coupe vent/déperlant et/ou pas de couche thermique hydrophobe....

IL FAUT S'ARRÊTER AU PLUS VITE, TROUVER UN ABRIS ET SE PROCURER UNE SOURCE DE CHALEUR EXTERNE
Sur le "layering" (technique de l'oignon, système multicouche....)
Plus la couche externe s'oppose au passage de la vapeur d'eau, plus la gestion des couches internes thermiques est délicate et nécessite des ajustements fréquents.
Plus l'effort est important, plus on génère de vapeur d'eau, d'où gestion des couches internes thermiques plus délicates.
Plus la couleur de la couche externe capte l'énergie solaire, plus la gestion des couches internes thermiques est délicate et nécessite des ajustements fréquents (soulane/ubac , passages nuageux....).
Dans une certaine mesure, la présence de laine facilite la gestion des couches. Comme la laine "stocke" l'humidité sous forme chimique sans perdre ses capacités isolantes (en gros 20% de son poids sec) : elle permet un effet "tampon".
Je veux dire qu'elle stocke le surplus de transpiration des phases actives pour (plus ou moins) relarguer lentement cette humidité lors des phases de repos.
*C' est plutôt "plus" quand la couche de laine est fine, recouverte d'une matière isolante hydrophobe avec au dessus une couche externe coupe vent (extrêmement respirante).
*C'est plutôt moins quand la couche de laine est épaisse, non recouverte d'une matière isolante hydrophobe avec au dessus une couche externe imperméable et peu ou pas "respirante".
Voilà, poste trop long comme d'hab'....
