L'eau est bien sûr notre meilleure amie dans nos activités mais aussi notre pire ennemi.
En effet, être trempé, avoir ses vêtements mouillés, sont autant d'éléments qui viennent agraver les risques d'hypothermie. A de nombreuses reprises, j'ai pu constater qu'un simple bas de pantalon mouillé par la rosée du matin pouvait avoir des conséquences importantes sur l'état de forme.
Du coup, en plus du poncho que nous glissons naturellement dans le sac, j'y ajoute depuis longtemps les guêtres (je passe volontiers au pantalon imperméable en hiver).
Mais il n'y a pas que l'eau avec laquelle nous pouvons entrer en contact qui peut nous nuire, il y a aussi celles que nous produisons.
En fait, outre le fait que transpirer est le signe d'un effort intense, et donc de fatigue à venir, c'est aussi la meilleure façon de tremper ses vêtements au contact de sa peau et de connaître des difficultés au moment du refroidissement.
Ce constat, j'ai voulu le vérifier sur le terrain. L'expérience que j'ai faite là,
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,13734.msg208357.html#msg208357, m'a permis de confirmer ce que je pensais.
Je suis parti avec une bonne hydratation au départ. Ensuite, j'ai voulu voir si en limitant le plus possible la déperdition d'eau (transpiration et rythme de respiration -marcher bouche fermée- les plus bas possibles), on pouvait ainsi augmenter sa capacité à durer.
Mon postulat est que, pour durer, il faudrait tout faire pour ne pas être un bourrin. Fournir un gros effort serait donc contraire à notre intérêt qui est de durer. Alors même que c'est contraire à notre culture qui veut qu'un gros effort soit le prix à payer pour obtenir quelque chose.
Constat d'évidence: ce que j'ai pu mesurer pendant cette randonnée d'hiver qui m'a servi de banc d'essai, c'est qu'avec les passages entre ombre et soleil par -5°, le fait de limiter au maximum la transpiration en se découvrant le plus possible pendant l'effort, évitait de prendre froid quand on se retrouvait dans un coin plus frisquet( où il suffisait de remettre mon bonnet ou mon pull secs pour passer l'endroit sans ressentir le froid). Le fait de ne pas être mouillé ne demande pas d'effort supplémentaire à l'organisme pour maintenir sa température, en ayant à sécher les vêtements au contact de la peau.
Ce faisant, j'ai pu faire le parcours prévu en 2/3 du temps indiqué pour les marcheurs alors qu'il était couvert de neige et que j'ai utilisé des raquettes pour une bonne partie du parcours. A l'arrivée, après plus de 2h30 d'effort, j'étais vraiment en super forme. Tout au long du parcours, j'ai pris soin de respirer par le nez pour limiter la déperdition d'eau par la respiration et j'ai fait attention à ne pas transpirer de manière sensible (humidité sur la peau).
Je ne sais pas combien de temps j'aurai pu tenir ainsi mais j'ai vraiment eu le sentiment de tenir là une indication intéressante pour une gestion de mon hydratation à un niveau optimale et d'éviter d'accroître mon refroidissement par des vêtements mouillés.
Donc, pour durer, il faut limiter ses efforts. Cela veut dire que contrairement à ce que souvent l'on nous enseigne en matière d'effort, pour aller loin mais aussi en situation de survie, il faut se ménager et l'une des premières actions efficaces, c'est d'éviter autant que possible sa transpiration.
C'est un bon signe pour limiter:
1. la fatigue.
2. la nécessité d'effort supplémentaire pour lutter contre l'hyporthermie liée aux vêtements mouillés.
A+
PS: j'espère avoir été clair. 