Moleson :
Je persiste à dire qu'une secousse peut provoquer un arrêt cardiaque. Après que ce soit une asystolie ou une fibrillation, on n'est pas sur un forum médical, il me semble... restons simple.
Dans le genre "petite secousse, grand effet", il y a à Poitiers une rampe d'accès aux urgences qui est relativement pentue. Et les médecins smur de Poitiers ont appris à leur dépens que lorsqu'ils transportent un patient très fragile, il vaut mieux monter la pente en marche arrière. Le patient étant installé tête dans le sens de la route dans les ambulances, le fait de monter en marche avant provoque une baisse de la tension artérielle et les emmerdes qui vont avec...
Pour ma part j'ai déjà eu plusieurs arrêt sur des manipulations un peu trop "musclées" de patient cardiaque. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Anke : en France à l'heure actuelle le débat fait toujours rage entre les partisans de la fibrinolyse à domicile et les partisans du cathétérisme en première intention. Pour ma part j'ai souvent débouché des IDM en smur, et je n'ai eu qu'un accident de fibrinolyse (AVC). Les études sont plutôt en faveur d'une attitude combinée en fonction du délai entre prise en charge et salle de coro.
A +
Tu peux persister, mais il n'y a aucune base scientifique à ce que tu dis.
Dans la majorité des cas l'arrêt dans le cas d'un infarctus se fait sur une fibrillation ventriculaire, l'asystolie est beaucoup plus rare et beaucoup plus mortelle (en partant de l'idée qu'il y a traitement ad hoc). Le mécanisme de survenue d'une fibrilation ventriculaire est du à la création de circuits de ré-entrée au niveau du myocarde, sur une hétérogenité de conduction du tissus musculaire (pour faire simple dans l'explication). Celle-ci est favorisée par l'ischémie. Après quand cela se déclenche c'est simplement pas de bol, un petit infarctus comme un grand pouvant le faire et le risque persistant pendant environ 48 heures après le début de l'infarctus.
Disons que j'ai assez vu de fibrillation ventriculaire au SI et en salle de cathétérisme pour me faire une idée ainsi que m'être penché sur la question du point de vue scientifique.
Ensuite le fait de ne pas mettre les jambes en bas chez un patient en choc est une évidence, mais n'a rien à voir avec la question de départ.
Pour revenir à la question fibrinolyse sur place et transport rapide puis cathéterisme, du moment qu'aucune étude ne parvient à montrer de manière définitve la supériorité de la fibrinolyse sur place à d'autres procédures, il est donc clair que le débat reste ouvert.
Je rappelle juste que la fibrinolyse est grevée de complications plus ou moins grave et que par conséquence le diagnostic doit être juste et les contre-indications écartées. Ce n'est pas si simple et si j'ai pris l'exemple de la péricardite c'est pour montrer que l'on peut très bien avoir un patient avec des douleurs typique et un ECG qui au premier coup d'oeil est celui d'un infarctus et se retrouver avec un hémopéricarde et le début des emmerdes.
Finalement commencer un traitement ou stabiliser un patient pour le transport est aussi un vaste débat, la France privilégiant le traitement sur place, l'école anglo-saxonne, le transport le plus rapide (même avec un patient instable).
Je rappelle juste les remarques assassines de la part de confrères non-français lors de la mort de Lady-Di
PS: L'aspirine très bon geste, on complète aujourd'hui par du clopidogrel
Moleson