Bon moi j'ai toujours plutôt été du côté manifestant de la chose, du coup j'ai vécu une fois ou deux des mouvements de foule importants. En gros, pour simplifier un peu, je dirais que la foule ressemble beaucoup à un fluide. L'idée c'est qu'elle est plus forte que nous, et qu'elle "coule" dans un sens. L'idée c'est de rester en surface, et d'éviter de se faire coincer entre elle et un obstacle.
On peut PARFOIS naviguer par rapport à la foule tant qu'elle n'est pas trop dense, se déplacer par rapport à la masse, mais dès que ça devient compact, tout ce que tu peux faire c'est lutter pour ne pas passer en dessous et te faire piétiner. Ceci dit, à choisir, dans un gros mouvement de foule je préfère être piétiné (80kg sur la gueule) que coincé entre la masse qui pousse et un mur (des centaines de kilos sur les côtes)...
C'est vraiment pas évident. Avec des gamins ou des personnes fragiles, il faut autant que possible s'éloigner des foules, surtout agitées ou en mouvement... ou alors rester en périphérie, plutôt derrière le mouvement... La dernière manif où on est allé avec les gamins (pour lutter contre la fermeture de l'hosto de Die, rien de violent hein !) on est restés à l'arrière du cortège, sur le côté où on savait qu'il y aurait le plus d'issues tout du long, et dès que ça devenait dense on s'arrêtait un peu, on laissait passer du monde... Les gamins sur les épaules tout du long.
Y'a pas de recette miracle, là. Vraiment pas...

T'as eu un excellent réflexe de te mettre derrière un poteau et de chopper la mamie pour éviter qu'elle ne trinque trop. Bien joué...

- les poteaux comme ça sont bien parce que si le mouvement de foule s'inverse, tu peux souvent les contourner et être de nouveau à l'abri. Le pire c'est les abords d'une issue étroite, vers où tout le monde peut bourrer... et tous les entonnoirs où la foule pense qu'elle peut aller mais où tout le monde ne passe pas. Ou sinon les petits obstacles à la con, style barrières ou murets, que la foule derrière ne voit pas, mais que tu dois quand même franchir, et qui ralentissent le flot... là ça tombe, ça trébuche, et ça continue de pousser...

J'aime pas les foules.
David