Posté par kartoffel
J'ai une science limitée sur le sujet, et une expérience qui l'est encore plus puisque je n'ai jamais dépassé 3500 en mode "sportif", mais enfin voilà l'idée de base.
En altitude, c'est bien connu, le corps est soumis à une pression partielle d'oxygène plus faible qu'au niveau de la mer. Au départ, cela se traduit simplement par les impressions semblables à un étouffement dans une pièce confinée : respiration accélérée, tête qui tourne etc...
Le corps s'adapte assez rapidement (aux altitudes modérées à un peu plus de 3000 c'est une question d'heures) et produit des globules rouges en quantité pour améliorer sa capacité à capter l'oxygène. Le problème est que l'accumulation des globules rouges accroît la viscosité du sang, et à partir d'un certain moment, ces globules rouges ont de plus en plus de mal à circuler dans nos plus petits capillaires. Cette augmentation de la viscosité sanguine est par ailleurs amplifiée par la sécheresse de l'air d'altitude, et la tendance à ne pas s'y adapter en buvant encore plus que de coûtume.
L'incapacité du sang à atteindre les plus petits capillaires du cerveau se traduit d'abord par un léger mal des montagnes : nausées, maux de tête, absence d'appétit. Cet effet est sensible dès 3000m pour les sujets sensibles, mais c'est à chacun de trouver où ça commence pour lui. Mon père en souffre vers 3300m, moi je n'ai pas encore trouvé la limite, bref, chacun son truc.
Les étapes suivantes sont d'abord une augmentation du mal des montagnes jusqu'à atteindre le stade aigü (MAM), et aux altitudes plus conséquentes (mettons à partir de 5000, quoi qu'encore une fois chacun a ses réactions propres) des oedèmes pulmonaires ou cérébraux.
Je ne m'étendrai pas sur ces derniers cas, n'en ayant jamais fréquenté moi même. Tout ce que je sais en théorie est qu'il faut absolument redescendre rapidement de quelques centaines de mètres (éventuellement en caisson pour traiter l'urgence). Un oedème pulmonaire peut tuer en une heure.
Dans le cas d'un mal des montagnes léger, le mieux est d'arrêter l'effort dès que possible, de boire beaucoup (c'est fou tout ce qu'on peut soigner ou éviter en s'hydratant correctement), et d'attendre une adaptation du corps. Certains bouquins conseillent de ne pas dépasser 700m/jour en vitesse ascensionnelle au delà de 3000 ou 3500, mais c'est un peu comme pour les plongeurs : certains alpinistes montent très vite mais redescendent aussi très vite, ne laissant pas au mal le temps de se développer. Cela ne doit pas faire oublier que le mal des montagnes peut se manifester en quelques heures.
En plus des gens qui pratiquent des activités de façon avertie (alpinisme etc...), le mal des montagnes concerne aussi les randonneurs un peu sportifs, les skieurs dans les stations d'altitudes (ainsi le dernier télésiège des Deux-Alpes a la réputation de filer le mal des montagnes à pas mal de gens), les touristes dans les pays andins ou himalayens, bref, tout le monde est susceptible de s'y exposer un jour ou l'autre.