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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Le manque de sommeil : prévention des erreurs et accidents  (Lu 24843 fois)

15 novembre 2008 à 12:41:02
Lu 24843 fois

jilucorg


Hello folks,

Je suis en train de lire 98.6 de Cody Lundin, où, dans sa liste des "Ten essentials", figure l'Ability to obtain physiological and psychological repair: adequate sleep(*), à laquelle il consacre un petit chapitre pour mettre en avant les conséquences négatives du manque de sommeil, et l'importance de la sieste.
Il en est périodiquement question ici ou là dans le forum (par exemple récemment à propos d'un stage), et Maximil a fait dans le Wiki une remarquable compilation — as usual ;) — sur le sommeil en général. Mais je ne trouve aucun fil spécifiquement consacré à cette question en relation avec la survie : mise en évidence des risques, connaissance et mise en œuvre des moyens de prévention.

Or, on peut sans doute être d'accord pour dire que le manque de sommeil est un facteur de risque important : erreurs dans nos choix (code blanc, manque de lucidité, perceptions diminuées etc.), déficiences physiques au mauvais moment, et même accidents directs, dans la nature aussi bien qu'en milieu urbain. Tout notre "background" physique, technique et mental, toutes les connaissances et mises en garde développées ici peuvent être rendus partiellement inopérants, pour peu que les circonstances nous aient placé en déficit de sommeil.
Un sujet "dédié" pourrait permettre de faire le point sur ces questions et d'avancer des mesures de prévention de ces risques spécifiques, avec l'apport inégalable des compétences théoriques et pratiques des uns et des autres.

[Le placement dans "préparation physique", c'est parce qu'il y a des points communs en urbain et naturel, mais je ne sais pas si c'est opérationnel pour une éventuelle discussion, les enjeux étant différents, comme les moyens de pallier les problèmes... À déplacer donc au besoin !]


jiluc.


(*)Se maintenir dans un état physiologique et psychologique correct : avoir un sommeil suffisant

15 novembre 2008 à 14:47:53
Réponse #1

guillaume


Pour moi la mesure de "prévention", c'est pouvoir récupérer (= dormir) quand je veux, n'importe où (dans le bruit, etc.).
Plus ça va et plus j'y arrive et c'est vraiment un confort immense de pouvoir se reposer lorsqu'on a 5 min.

a+

15 novembre 2008 à 19:47:55
Réponse #2

jilucorg


Je vais citer Corin et David, puisque j'ai évoqué le fil :

D'expérience, ce qui est le plus dur, la nuit, c'est de gérer le froid. D'où le fait que peu arrivent à dormir convenablement. Le jour, s'il ne pleut pas, dès que tu trouves un rayon de soleil, la torpeur t'envahit naturellement. Je conseillerai de se laisser guider par son physique. Si ton environnement s'est réchauffé et que tu as envie de dormir, fais-le. C'est effectivement pertinent de bien se reposer dans ces circonstances.

Au mois de janvier, j'avais piqué un petit roupillon vers 10h. Cette fois-ci, après avoir mangé vers 13h, nous avons tous eu envie de dormir. J'ai fait une sieste de 15-20 minutes dans mon hamac. Ca a été hyper réparateur.

Il est certain que tu t'endors mieux si le soleil te réchauffe. Donc, autant ne pas te priver (attention aux coups de soleil, toutefois). Et c'est mieux de chercher à se reposer dès que l'occasion se présente: ce qui est pris n'est plus à prendre.

+1 avec Corin : On dort par cycles de 60-90 minutes, pendant la nuit près d'un feu.  Typiquement en hiver on a tendance à s'endormir tôt, vers 20h...  dans les heures les moins froides de la nuit on peut se taper deux cycles d'affilée.  Puis vers 23h ou minuit on se réveille, on rallume son feu, et c'est parti pour des séances de sommeil d'un cycle à la fois : dès qu'on a chaud on s'endort.  En sommeil profond on dort malgré un petit refroidissement, puis quand le rythme biologique arrive en fin de cycle, en sommeil léger, le froid nous réveille.  On remet du bois sur le feu, on se re-réchauffe.  On repart pour un cycle.  Il y a typiquement 3-4 cycles de plus avant 5h ou 6h du mat, heure à laquelle normalement ça caille trop et où on a tendance à se lever pour se rapprocher du feu ou à bouger.  Un peu avant le lever du jour.

Après manger, à midi disons...  il fait moins froid, on a le ventre plein...  on a envie de dormir.  Si on peut, il faut le faire.  Un petit cycle de plus, ça fait VRAIMENT du bien.  Même si c'est juste une petite sieste, style 15 minutes, c'est déjà bien.

Si on n'a rien a bouffer, ben...  qui dort dîne.  De dormir permet d'économiser de l'énergie.  On a généralement moins faim après une sieste.

C'est très important en survie de manger et de boire et de se reposer dès qu'on le peut.  La nuit, quand on est trop nase pour se réveiller, on continue de dormir malgré un froid intense et on peut se réveiller très mal, du coup.  Ne jamais se laisser glisser dans l'épuisement.  Jamais.  Toujours préserver sa monture, se ménager, se soigner.  La survie, pour ça, est très difficile pour les milis qui sont dressés à "ça passe ou ça casse".  Surtout ceux de l'ancienne école...  il faut les déconditionner un peu, parfois, pour leur faire comprendre qu'en survie c'est différent.




Pour la privation de sommeil, C. Lundin évoque (cf. pp. 30-31) la découverte ("recently found") de problèmes de métabolisme du glucose : le stockage du glycogène dans les muscles et le foie pourrait être ralenti dans une proportion de 30 à 40 %. Avec des conséquences sur l'endurance, la récupération et l'homéothermie.

Il avance également ("was also discovered") des niveaux élevés d'hydro-cortisone (hormone du stress), mis en relation avec des problèmes de mémoire, de cicatrisation, et d'immuno-dépression, à l'origine d'une plus grande vulnérabilité face aux problèmes liés au froid...


jiluc.

15 novembre 2008 à 22:01:12
Réponse #3

Moleson


Quand t'est crevé, mais vraiment crevé, tu dors absolument partout, sur le pont d'un camion, dans une embrasure de porte, affalé dans la forêt. En fait t'est juste content  de pourvoir dormir.
Demande à ma femme, qui m'a trouvé affalé devant la porte de notre appartement en train de dormir après 1 semaine de survie.

Après on sait que le manque de sommeil entraîne des fautes. Il n'y a pas de parade sinon avoir drillé ses actions, de telles manières que l'on fonctionne même avec le cerveaux à 50% off.
Je me rappelle de travail à >52 heures consécutives sans  dormir, je n'ai tué personne. Mais à relire les rapports écrit pendants cette période, je me demande quel est le débile mental qui les avait rédigés.


Le plus important, être conscient que l'on fonctionne à minima et dormir quand on peut, même 10 minutes.

Après il y a aussi la cumulation, 2 jours c'est une chose 1 semaine en est une autre. Après 1 semaine d'effort physique intense et de privation de sommeil on devient un zombie qui est prêt à sauter d'un pont si on lui donne l'ordre

Moleson

15 novembre 2008 à 22:39:36
Réponse #4

Mellyann



Après il y a aussi la cumulation, 2 jours c'est une chose 1 semaine en est une autre. Après 1 semaine d'effort physique intense et de privation de sommeil on devient un zombie qui est prêt à sauter d'un pont si on lui donne l'ordre


Aucun rapport, mais la privation de sommeil était (est toujours ?) une technique très utilisée dans les grosses sectes pour briser les "adeptes".

16 novembre 2008 à 01:11:24
Réponse #5

François


Pour moi la mesure de "prévention", c'est pouvoir récupérer (= dormir) quand je veux, n'importe où (dans le bruit, etc.).
Plus ça va et plus j'y arrive et c'est vraiment un confort immense de pouvoir se reposer lorsqu'on a 5 min.

a+

Cela dépend peut-être des gens, mais 5 minutes c'est peu je crois. Par contre des petites siestes d'un quart d'heure dès qu'on a le temps, cela permet de déconnecter vraiment et de tenir très longtemps sans vrai sommeil. Et au final on regagne le temps passé à faire la sieste en étant plus efficace.
C'est valable quand on doit être sans cesse sur le qui-vive, mais cela ne vaut pas une bonne grosse période de sommeil serein.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

19 novembre 2008 à 16:29:10
Réponse #6

guillaume


Cela dépend peut-être des gens, mais 5 minutes c'est peu je crois. Par contre des petites siestes d'un quart d'heure dès qu'on a le temps, cela permet de déconnecter vraiment et de tenir très longtemps sans vrai sommeil. Et au final on regagne le temps passé à faire la sieste en étant plus efficace.
C'est valable quand on doit être sans cesse sur le qui-vive, mais cela ne vaut pas une bonne grosse période de sommeil serein.

 :)
Je parlais, en disant "lorsqu'on a 5 min", que lorsqu'on a un peu de temps devant nous, c'est agréable de pouvoir se reposer.
Ceci dit, fermer les yeux 5 min, ça me fait déjà du bien dans certains cas...

a+

19 novembre 2008 à 19:13:16
Réponse #7

cubitus


Salut !

Petit retour d'expérience...

- déjà travailler 4 jours d'affilée, à dormir moins de 2h par nuit, aux urgences (c'était une autre époque, ça n'est plus possible maintenant, rassurez vous !) : obligé de reposer 2 ou 3 fois les mêmes questions, de vérifier tout, tout le temps. Mais j'y arrivais. Certains gestes se font en "pilotage automatique", comme recoudre par exemple. Le lendemain je ne m'en souvenais pas. Beaucoup d'agressivité aussi, envie de rentrer dans le lard assez rapidement, pas mon habitude...  :-[
- en situation de stress (je parle du boulot), le réveil est immédiat, probablement provoqué par l'adrénaline et le cortisol. Par contre derrière le coup de barre est terrible, avec des douleurs musculaires, maux de tête, etc...
- avec l'expérience (Cf Guillaume), j'arrive à dormir dans -presque- n'importe quelle situation, quand j'en ai vraiment besoin. Et je peux dormir 5 minutes. C'est la sieste "éclair", qui est bien décrite dans les bouquins. En fait on a juste l'impression de "sursaut" que l'on a parfois au début du sommeil, on se réveille et c'est reparti.
- actuellement c'est sieste tous les jours quand je peux, mais là c'est vingt minutes. Bizarrement je m'endors sur le dos pour la sieste, et sur le côté pour la nuit. L'inverse = impossible !  :huh:

A +  ;)
La seule chose qui ne change jamais, c'est que tout change tout le temps.
Proverbe chinois

19 novembre 2008 à 19:24:05
Réponse #8

jilucorg


- actuellement c'est sieste tous les jours quand je peux, mais là c'est vingt minutes. Bizarrement je m'endors sur le dos pour la sieste, et sur le côté pour la nuit. L'inverse = impossible !  :huh:

Pour ces positions différentes obligées, nous voilà déjà deux ! :) (Pour moi 10 min / jour en moyenne à la mi-journée depuis plusieurs années, avec endormissement en quelques secondes, et réveil bien frais. Bien meilleure forme physique et intellectuelle pour l'après-midi et la soirée que lorsque je ne faisais pas de sieste.)


jiluc.

25 novembre 2008 à 06:15:53
Réponse #9

Corin


France 3 diffusait hier une émission sur le sommeil:
"Les mystères du sommeil: vos questions, nos réponses" présentée par Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymès.
Le résumé dit:
En un siècle, les Français ont réduit de deux heures le temps consacré à dormir. Une dette de sommeil qui entraîne des pathologies comme l'hypertension, le diabète, l'anxiété ou la dépression. Mais cela induit aussi des accidents de la route, du travail et augmente le stress. Gérer son sommeil, quand c'est possible, aide à rester en bonne santé. A travers témoignages et reportages, Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes, entourés de spécialistes, font la lumière sur les maladies du sommeil. A leurs côtés, Jamy Gourmaud et Nicolas Angel apportent des explications de façon pédagogique. Tout au long de l'émission sont abordés des thèmes aussi divers que l'insomnie, la chronobiologie, la narcolepsie ou les apnées du sommeil.
 

Elle est rediffusée mercredi 26 (demain) à 2h20 (pour les enregistreurs ou les insomniaques :D).

Je ne l'ai pas vue mais j'ai entendu une critique et des extraits à la radio. Parmi les causes de l'accident de Challenger aurait été pointé le manque de sommeil des ingénieurs de la Nasa. En effet, la tradition avant un vol était de ne presque pas dormir (et sans doute très mal) pendant les 48h précédant le lancement.

C'est vrai que c'est faramineux.

J'ai un collègue qui enchaîne les nuits de quelques heures pour bosser comme un fou. En plus, il y est le week-end. Pour l'instant, ça paie. Mais j'attends de voir.

A+


01 décembre 2008 à 20:18:40
Réponse #10

Karto


Pour moi la mesure de "prévention", c'est pouvoir récupérer (= dormir) quand je veux, n'importe où (dans le bruit, etc.).
Plus ça va et plus j'y arrive et c'est vraiment un confort immense de pouvoir se reposer lorsqu'on a 5 min.

Et tu y arrives même quand tu es encore relativement en forme ? Je veux dire, en quelque sorte, en préventif ?

Pour ma part ce genre de trucs ça marche, mais alors faut que je sois kaput de chez kaput. Et parfois cette courte période de sommeil peut amener des effets surprenants... récemment, pendant des semaines où j'avais dans les 4 heures par nuit, à un moment donné j'ai fait un total de 72 heures de travail physique et intellectuel avec beaucoup de tension nerveuse et environ 2 heures de sommeil cumulées sur les trois jours. Hé bien lorsqu'on me réveillait c'était toujours le sursaut et une "drôle" de confusion entre mon rêve et la réalité pendant une bonne minute parfois, genre ma tête continue à rêver mais mon corps vit mon rêve dans le monde réel, je me lève et je dis des trucs hallucinants, et je veux faire des trucs bizarres...  (en fait à ce niveau de fatigue et de tension nerveuse c'était plutôt des cauchemards...) Ce qui me remettait les pieds sur terre c'était les copains qui se marrent puis donnent des instructions claires, et là ça réamorce la machine. C'est franchement flippant comme situation, rétrospectivement.

01 décembre 2008 à 20:40:53
Réponse #11

Woodrunner


Même constat,

Lorsque j'ai des semaines dure (entre 16 et 18 h de travail pour 3 h de sommeil) j'ai tendance à parler en allemand au matin,... :-[ (ma chérie apprécie modérément la langue de Goeht le samedi matin,...) et j'ai aussi tendance à m'endormir à la moindre occasion dans n'importe quelle position dès que mon cerveau n'est plus activement sollicité,... cela donne des situation cocasse,... mes camarades Suisses-Alémaniques quand à eux parle en Français dans les même situation! Je me rappelle d'un cours d'instruction sur le codage des radios , mon collègue parlait en dormant,... ;D ce fut l'occasion d'un fou rire mémorable pour le reste de l'équipe! Fou rire assez long d'ailleurs avec des larmes et des crampes de machoire,... mais tellement libérateur!
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

06 décembre 2008 à 09:10:26
Réponse #12

guillaume


Et tu y arrives même quand tu es encore relativement en forme ? Je veux dire, en quelque sorte, en préventif ?

Pas tout le temps mais ça m'arrive : par exemple en attendant que l'internat ouvre, je n'ai pas vraiment envie de dormir mais puisqu'il n'y a rien à faire, je met la musique et je ferme les yeux.

a+

06 décembre 2008 à 09:17:46
Réponse #13

Gwangi


Le tout, comme pour la marche, est de trouver son propre rythme. Perso, je suis insomniaque, et dans le meilleur des cas je dors 5/6 heures par nuit, en me réveillant des dizaines de fois dans l'intervalle. Et je le vis assez bien : comme beaucoup d'insomniaques chroniques, quand je me lève, je suis assez bien réveillé et alerte. Bien sûr, lorsque je fais des séquences sans sommeil, je finis sur les rotules (le pire qui me soit arrivé : un mois sans dormir, avec juste de la somnolence), et je finis par m'écrouler de fatigue accumulée en faisant une ou deux "grosses" nuits.

Et je suis loin d'être le plus atteint des insomniaques.

Je reste cependant conscient des risques. Je peux bosser tel quel, et mon boulot au grand air ne s'en ressent pas. Cela dit, jamais je n'irai randonner quand je suis dans une phase d'insomnie vraiment dure. Pas fou ! ;)

Avantage quand même : en dormant naturellement peu, j'ai vachement de temps pour moi et je rate rarement un lever de soleil. Ça vaut bien quelques bons coups de pompe de temps en temps. ::)

06 décembre 2008 à 15:03:00
Réponse #14

Lemuel


"two objectives for survival.
  • Can you make yourself comfortable enough to sleep at least eight hours out of the day by dressing adequately, using a wrming fire and building a suitable shelter ?
  • Can you obtain enough water to meet yout body's needs ?"
Mors KOCHANSKI
in Basic wilderness survival in deep snow chez Karamat

"Adequate sleep is important in survival and survival training when attentiveness is vital. The measure  of the effectiveness is vital. The measure of the effectiveness of your training is hwo well you can mett your sleep needs.
The inexpreienced person brings too much food and too little sleeping gear. How long may one function rationnally or effectively with inadequate sleep ? Survival is much easier if you can sleep sound ly (comme pics, corin ou did ndr  ;D) and get by without having to continually stoke a warming fire."
Mors KOCHANSKI
in Tools of survival and survival training chez Karamat

Le point qui me paraît intéressant avec le sommeil, outre l'aspect fonctionnel est qu'il est révélateur du "stade" de la situation dans laquelle on se trouve. Si l'on est en mesure de dormir correctement à volonté, cela signifie que notre bagage technique et nos capacités physiques sont fiables et opérationnelles.
J'ai l'impression que cela signifie également qu'il y a de grandes chances (sauf blessure etc.) pour que nous ne soyons pas réellement en situation de survie immédiate.
Attention : en récupération.
Respiration : ok a priori.
Régulation thermique : plus ou moins réglée.
C'est un bon début et la voie royale pour passer à la priorité supérieure.



Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

06 décembre 2008 à 23:21:13
Réponse #15

Moleson


"two objectives for survival.
  • Can you make yourself comfortable enough to sleep at least eight hours out of the day by dressing adequately, using a wrming fire and building a suitable shelter ?
  • Can you obtain enough water to meet yout body's needs ?"
Mors KOCHANSKI
in Basic wilderness survival in deep snow chez Karamat

"Adequate sleep is important in survival and survival training when attentiveness is vital. The measure  of the effectiveness is vital. The measure of the effectiveness of your training is hwo well you can mett your sleep needs.
The inexpreienced person brings too much food and too little sleeping gear. How long may one function rationnally or effectively with inadequate sleep ? Survival is much easier if you can sleep sound ly (comme pics, corin ou did ndr  ;D) and get by without having to continually stoke a warming fire."
Mors KOCHANSKI
in Tools of survival and survival training chez Karamat

Le point qui me paraît intéressant avec le sommeil, outre l'aspect fonctionnel est qu'il est révélateur du "stade" de la situation dans laquelle on se trouve. Si l'on est en mesure de dormir correctement à volonté, cela signifie que notre bagage technique et nos capacités physiques sont fiables et opérationnelles.
J'ai l'impression que cela signifie également qu'il y a de grandes chances (sauf blessure etc.) pour que nous ne soyons pas réellement en situation de survie immédiate.
Attention : en récupération.
Respiration : ok a priori.
Régulation thermique : plus ou moins réglée.
C'est un bon début et la voie royale pour passer à la priorité supérieure.






En situation de survie ce qui t'empêche de dormir, c'est le froid, tu te réveille toutes les heures/30min et tu est cassé le lendemain.
Par contre si tu as chaud tu dort comme un loir. Donc débrouille toi pour avoir chaud pour dormir.

Un autre point concernant le froid(et la qualité du sommeil) que j'ai expérimenté, on s'habitue au froid. Il y a de nombreuses années, j'avais décidé de traverser le Sahara en Moto (125cm3,(personne ne rigole!!)). C'était au mois de janvier. Après quelques centaines de km j'ai réussi à perdre mon sac de couchage... :(, fallait continuer. Les premières nuits étaient horribles, mais au fur et à mesure que le temps à passé, j'ai appris à me rouler en boule, construire avec des pierres plates un rempart contre le vent et de .... finalement très bien dormir juste avec mes vêtements. Bon le matin je devais faire un petit jogging pour ressentir mes jambes. ::)
Conclusion on s'habitue à beaucoup de chose (faut juste un peu de temps).

Moleson

06 décembre 2008 à 23:40:10
Réponse #16

Woodrunner


AHAaaaaaa!  ;D
C'est cool!J'étais pas sûr de savoir qui tu étais et maintenant je sais!  ;D

Pour ce qui est du chaud c'est clair que cela aide un peu à dormir d'une traite, mais en faite quand on regarde les animaux je suis pas sûr que nos cycles de repos actuels (1 fois X h de sommeil) soit des plus normal,... les animaux ne dorment pas à ma connaissance une seule période par jour! Enfin je crois pas,...?
Ce que je sais par expérience c'est qu'on se fait très bien à dormir moins mais plusieurs fois par jours,... Je peux très bien dormir 2h par nuit sur du long terme si j'ai l'occasion deux trois fois dans la journée dormir 20min en supplément,...


Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

07 décembre 2008 à 04:23:18
Réponse #17

Lemuel



En situation de survie ce qui t'empêche de dormir, c'est le froid, tu te réveille toutes les heures/30min et tu est cassé le lendemain.
Par contre si tu as chaud tu dort comme un loir. Donc débrouille toi pour avoir chaud pour dormir.


Donc nous sommes bien d'accord : si on dort, c'est que ça ne va pas si mal.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

07 décembre 2008 à 08:31:53
Réponse #18

Corin


Donc nous sommes bien d'accord : si on dort, c'est que ça ne va pas si mal.
Et tu écris ça à 4h23 du matin... :D Faut qu'on se parle tous les deux. ;) Ca me donne déjà une idée de l'heure à laquelle je vais t'appeler...

A+

23 décembre 2008 à 12:25:50
Réponse #19

DavidManise


Donc nous sommes bien d'accord : si on dort, c'est que ça ne va pas si mal.

Attention...  pas nécessairement vrai ça ! :(

Si on dort, c'est que la nécessité de lutter contre le froid n'est pas surpassée par notre épuisement. 

La première nuit d'un stage de survie, typiquement si tu te cailles tu fais une nuit blanche et tu t'en fous...  le matin t'es cassé mais une nuit c'est pas grave.  Après une semaine c'est déjà plus pareil.  T'as pas autant droit à l'erreur parce que t'es tellement crevé que tu dors même si t'as vraiment froid... tu peux même dormir en état d'hypothermie et ne pas te réveiller.

La plupart des gens qui ont déjà poussé un peu leurs limites savent qu'on peut très bien, un moment donné, s'endormir dans une flaque d'eau en grelottant...  s'endormir où on se pose plus de 10 secondes en fait.  Peu importe où.  Peu importe les conséquences.  Peu importe quoi que ce soit.  Un moment donné tu préfères dormir, même si ça doit te coûter la vie.  Un moment donné t'en as plus rien à foutre en fait.  Tu veux juste dormir.

C'est ça qu'il faut à tout prix éviter en situation de survie.  Ton objectif, c'est de durer.  Ton job, c'est de tenir longtemps et de revenir.  Rien d'autre.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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23 décembre 2008 à 14:15:14
Réponse #20

Moleson


Donc nous sommes bien d'accord : si on dort, c'est que ça ne va pas si mal.

Euh cela dépend.
Si tu dors parce que tu as chaud, tout va bien. Si tu as dépassé tes limites et David le dit bien, à partir d'un certain degré d'épuisement, tu vas dormir n'importe et surtout n'importe comment du vas risquer l'hypothermie qui elle est mortelle.
La pire combinaison est le froid et l'humidité qui vas de refroidir en moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire.

Citer
La plupart des gens qui ont déjà poussé un peu leurs limites savent qu'on peut très bien, un moment donné, s'endormir dans une flaque d'eau en grelottant...  s'endormir où on se pose plus de 10 secondes en fait.  Peu importe où.  Peu importe les conséquences.  Peu importe quoi que ce soit.  Un moment donné tu préfères dormir, même si ça doit te coûter la vie.  Un moment donné t'en as plus rien à foutre en fait.  Tu veux juste dormir
Et ça je te le confirme 100%, tu ne pense plus qu'à une chose, dormir, dormir, dormir et encore dormir, ou comment, dans quelle position tu t'en fout. On n'arrive même à dormir en marchant, tu attache ta main au sac de celui qui précède, tu ferme les yeux et tu dort en marchant.

Encore un point l'hypoglycémie va aussi contribuer à cet état ou tu t'effondre. Les 1er 48 heures de notre semaine de survie (école d'off) on n'a dormi 2 heures. Fait d'abord 50 km de vélo avec paquetage complet (45Kg) puis 80 km à travers les crêtes du jura Suisse par -10. Le tout sans manger unquement de temps en temps du thé sucré.
Résultat 50% des personnes se sont effondrée. J'ai moi même commencé vers le km 70 à avoir des hallucinations (je voyait des véhicules militaires dans les champs et tout avait une coloration bleutée), puis à un moment je ne me rappelle plus de rien, sinon m'être réveillé 6 heures plus tard dans mon sac de couchage, sous une toile de tente.
La description de ceux  qui étaient dans le groupe, je marchais, tombais et dormais, à peine réveillable.
(Bon aujourd'hui, ils ne se permettraient plus ce genre de plaisanterie...)

Moleson

23 décembre 2008 à 14:33:37
Réponse #21

Lemuel


Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

27 janvier 2009 à 17:34:38
Réponse #22

Lynx



Je crois que avoir testé ses limites la dessus est a mon avis trés précieux en cas de coup dur... ou moins dur d'ailleurs.

On s'habitue, c'est vrai... étant jeune j'avais un mal de chien à dormir dans les transports... au point de me tapper des nuits dans les autocars a me demander comment tous ces gens faisaient pour ronfler... quelques années plus tard je me retrouvais le seul a arriver à dormir a la commande en hiver derrière un camion débâché...la tête sur le sac et zou...
Il m'est arrivé de dormir le duvet a moitié rempli de flotte, de m'assoupir coincé a un relais en montagne (avec personne en longueurs...)...tandis que parfois un  simple ronflement (de la régle murphysienne qui veut que le ronfleur s'endort le premier) ou une bricole qui me gêne et rien à faire....

J'ai donc tendance à distinguer le sommeil de confort du sommeil utile... c'est à dire du moment ou je passe en mode récupération.
Il est a mon sens important de savoir a quel moment ce sommeil utile intervient, à la fois pour s'organiser des créneaux sommeil (emplacement, sécurité...)
mais aussi pour éviter de se mettre dans le rouge et de s'exposer à des risques supplémentaires (manips de sécu, armement...)

Personnellement si je tire trop sur le sommeil, j'ai également tendance à devenir irritable, à perdre patience pour des bricoles, donc à moins bien faire les choses...et donc à faire plus de c*ries...
Un argument de plus pour insister sur l'acquisition de gestes réflexes... s'entraîner sans relâche a faire des choses indispensables, même si intellectuellement on les envisage bien.... une fois défoncés au manque de sommeil,tout est beaucoup plus difficile, voire impossible.





Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

23 janvier 2010 à 08:56:45
Réponse #23

vagabond


Je sais, c'est du déterrage mais je trouve le sujet important.

Ce matin, je cherchais comment gérer le manque de sommeil, pas sur quelques jours mais sur de longue période et je suis tombé sur ce fil, alors je me suis demandé si mon intervention est pertinente puisque je n'apporte aucune solution, et après mure réflexion je vous en laisse seul juge.

Ce n'est que mon expérience et mes réactions, une toute petite pierre pour essayer de construire un début de solution.

J'ai testé le manque de sommeil sur une très longue période (un peu plus de 2 ans 1/2) et en gros, associé à une forme de malnutrition, c'est terrifiant.

D'abord, quelque soit la saison, j'ai toujours eu froid et encore aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir encore froid.

Je sais que j'étais de moins en moins capable d'aligner deux idées, puis d'avoir ne serait-ce qu'une idée. Uniquement l'essentiel, et encore. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut avoir la chance de son coté pour s'en sortir entier.

Ce qui m'intéresserai aujourd'hui, c'est de construire une solution pour pouvoir palier le manque de sommeil sans en passer par ces phases destructrices et dangereuses.

Vagabond


23 janvier 2010 à 11:52:30
Réponse #24

koustar


je travail en poste . horaire allant de 7/7 j  - 24 / 24 h . depuis 28 ans . mon corps s'est tres bien habitué ( je mange et dort sans probleme en décalé ) meme performance de jour commede nuit . par contre sieste indispensable ( 13 h a 15 h c'est un rythe les am ou je ne travail pas ) .

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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