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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: le chef ou l'exercice des responsabilités en général.  (Lu 6333 fois)

12 novembre 2008 à 11:33:04
Lu 6333 fois

Nirgoule


Alors voilà, cela fait un moment que je souhaitais aborder le sujet.

Le chef, le responsable, le directeur, le moniteur, le gradé, etc.

Celui sur lequel on s’appuie un moment, temps d’une sortie bushcraft, d’une rando, du travail, d’une expédition.

Quels retours d’expérience sur ce boulot  de chef ? Est-ce plus facile, l’exercice du commandement, qu’avant ou plus difficile ? Avec qui c’est plus facile, avec qui c’est plus difficile ?

Comment faites vous avec des novices ? Ou au contraire des spécialistes ? Comment ça se passe aux moments critiques, comment vous gérez ?

A quel moment ça a m*rdé et pourquoi ?
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 novembre 2008 à 15:07:01
Réponse #1

Bartlett


Ma seule expérience de leadership n'a pas été bonne , j'ai été marechal des logis pendant mon service  militaire.

Je n'ai pas passé mon peso par gout du comandement mais juste pour tromper l'ennui mortel de mes 10 mois affecté a l'ordinaire d'un régiment logistique ( pas exactement les paras-commando pour ceux qui ne conaissent pas. ;D).

Si je devais analyser mes erreurs je dirais que j'ai essayer d'étre le mec sympa tout en cherchant a tout superviser dans l'optique d'aider mes subordonnés a faire leur boulot.

Il n'y a pas de mec sympa a l'armée, c'est le rapport de force qui prévaus d'abord avant d''éventuel relations de respect.Mon attitude a été interpreter comme de la faiblesse et ce n'est qu'en me battant et en menacant que j'ai réussi a rétablir partiellement l'équilibre.

Du coup le leadership pour moi terminé. ;D

Je pense qu'il y a deux types de chefs l'artificiel et le naturel.Moi j'étais l'artificiel ( mis en place par et pour la hiérarchie) je n'étais pas fait pour le role et j'aurais plus ou moins le tenir a force d'essais et d'erreurs, mais quand ca péte seul le chef naturel (élu par le groupe de facon naturel) est utile.

Parfois ce sont les mémes.La plupart du temps non.Il est significatif de savoir qu'en période de guerre il y a un gos turnover des officiers qui se montraient impeccable pour la caserne mais pas pour le terrain.
Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

12 novembre 2008 à 16:37:25
Réponse #2

Anke


Personnellement, j'ai été plusieurs fois dans cette position de "chef" ou de "Petit Chef" nommé par une hierarchie. Il y a des postes que j'ai accepté, d'autres non.
Ceux que j'ai accepté, je les ai accepté pour les raisons suivantes :
J'étais compétent pour les occuper et j'avais la marge de manoeuvre suffisante pour tenir les promesses que je pouvais faire aux gens dont j'avais la responsabilité.
Le rôle de leader( ça fait moins "hard "que "Chef" alors que ça veut pratiquement dire la même chose !) est particulier dans la mesure ou on doit rendre des comptes à tous ( ses supérieurs, ses subordonnés). Un chef doit donner plus que les autres, montrer la direction à prendre et s'y engager.
Un peu comme dans "We Were Soldiers", ce doit être le premier à mouiller la chemise et le dernier à se sècher.
Un chef n'a pas de droits, il n'a que des devoirs.
Prendre soin de son personnel, objectiver( en déterminer les objectifs) ses missions avec les gens qu'il a sous ses ordres, les solidariser ( peu importe comment, une vraie peau de vache peut faire ça aussi, être une peau de vache c'est un moyen parmi d'autres). L'oberservation et la prise de température du groupe est essentielle.
Accepter un poste de Chef si on en a pas la compétence, ou si elle ne peut être reconnue ( elle doit donc préexister !) n'est pas une erreur, c'est du suicide...

12 novembre 2008 à 17:23:34
Réponse #3

DavidManise


Il y a eu un rôle de chef, un moment donné dans ma vie, où j'ai été purement et totalement incompétent.  Catapulté trop haut trop vite dans une hiérarchie où PLUSIEURS visaient mon poste, je suis arrivé en pensant avoir devant moi une équipe unie et prête à bosser, et le soutien des big boss.  Fallait vraiment être con pour imaginer ça ;D

Où ça a merdé ?

- voyant ma naïveté, plusieurs se sont mis à bosser pour me pourrir l'existence et remonter des gens contre moi...  et en plus j'ai loupé deux ou trois trucs importants (un peu aidé, mais j'ai ma part de responsabilités en ne voyant pas le mur arriver assez vite), ce qui a donné du grain à moudre, et donc ça a très très vite été le gros bordel...

- ca a désolidarisé toute l'équipe ;

- j'ai tenté de resolidariser tout le monde par la méthode douce, et là je me suis fait tomber dessus par les big boss qui attendaient des résultats rapides ;

- pris en sandwich entre des petits requins d'un côté et des gros requins de l'autre, je n'ai pas réussi à devenir un requin moi-même...  j'aurais dû sacrifier une ou deux personnes dans la structure pour rétablir mon pouvoir.  Je n'ai pas souhaité le faire.  Et à la restructuration d'après, on m'a éjecté.  

Ca fait un peu mal à l'égo de savoir que dans cette boîte, là-bas au Québec, on garde un souvenir pitoyable de moi.  L'égo en prend un coup, mais en fait je n'étais pas fait pour ce monde.  J'avais trop envie de passer du temps à la maison, trop d'idéaux à défendre, et pas assez d'envie de m'élever socialement pour accepter de bouffer les tripes de mes concurrents...  

Bref, là où ça a merdé c'est que j'ai tenté d'être un chef de type "coopératif" au sein d'une structure qui avait besoin d'un tyran pour remettre de l'ordre et démolir deux ou trois enfoirés qui minaient la structure de l'intérieur.  J'ai voulu être le coordinateur de bonnes volontés d'une structure où les bonnes volontés n'existaient pas vraiment à la base.  Et je n'avais pas le pouvoir de faire changer la structure ni les gens : j'aurais d'abord dû voir clair, puis agir vite et fort.  Je n'ai rien vu, je n'ai pas agi.  J'ai été un très mauvais chef pour cette boîte là.

J'en retire quelques enseignements :

1) l'amitié n'est possible qu'à l'horizontale dans les structures hiérarchiques...  pas de potes en haut, pas de potes en bas.  Sauf exception.  

2) le chef doit s'adapter au type de leadership que ses ouailles lui imposent (rapport de force ouvert, rapport de défoncage de cul en douce, ça c'est la norme, ou rapport de coopération réel, ca c'est rare) avant de pouvoir espérer orienter les choses progressivement...  

3) le chef doit avoir le droit à l'erreur, et doit pouvoir compter sur ses collaborateurs pour l'informer qu'il se plante.  Si ces derniers profitent de ses faiblesses pour lui bouffer les c*u!lles, il doit réagir de manière aussi violente que possible : exclure ce collaborateur le plus vite et le plus férocement possible, par tous les moyens.  Ce faisant, c'est autant un mode de collaboration qu'il défend que son statut.

4) le chef doit pouvoir laisser le leadership à la personne compétente quand c'est plus pratique.  Il doit pouvoir décréter que "machin est le spécialiste de ce genre de missions, c'est lui qui gère tel aspect de l'organisation tant que la mission X est en cours".  Une fois cela terminé, il doit pouvoir retrouver son statut de chef de manière naturelle.

5) le chef doit pouvoir compter sur son équipe...  mais son équipe doit aussi pouvoir compter sur lui.  Comme dit si bien Anke, le chef c'est le premier à mouiller la chemise et le dernier à la sécher.  Et concrètement le chef se tape plus de sale boulot, de basses besognes et de merdes que tout le monde.  Il a plus de devoirs et de responsabilités que les autres.  Et pas particulièrement de privilège.  Bref le chef doit avoir le rôle le plus ingrat de tous.  Sinon c'est pas un bon chef.

6) le chef doit pouvoir déléguer, puis vérifier et orienter/corriger au besoin.  Pour déléguer sainement, il doit déléguer AUSSI des trucs intéressants, et donc garder le sale boulot pour lui...  

7) les gens imitent, ils n'obéissent pas.  Ils feront comme le chef, et non pas comme le chef dit.  Faites ce que je dis mais faites pas ce que je fais, ça ne marche qu'un temps.

8 ) le chef doit valoriser son équipe et redistribuer tout le mérite en temps réel, mais aussi prendre tout dans la gueule quand son équipe m*rde...  il est responsable des échecs, mais pas des réussites.

9) le chef doit savoir fermer sa gueule et laisser pisser, parfois, aussi...

10) le chef doit être sympa, mais pas con non plus...

11) le chef doit pouvoir communiquer clairement ses intentions, les orientations qu'on prend, les objectifs, et ce qu'il attend de tout le monde...  et pour ça à a base il doit le savoir lui-même !

12) le chef doit aimer bouffer le coeur de ses ennemis ;D

Y'aurait encore plein d'autres choses à dire, mais bon.  Le plus important, c'est que le chef doit mettre en place un mode de collaboration qui soit vivable pour tous.  Ca veut dire que chacun doit trouver sa place et son utilité, et se sentir respecté pour qui il est et pour ce qu'il fait.  Il doit sentir quand ça n'est pas le cas, et savoir imposer et entretenir cela.  

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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12 novembre 2008 à 18:08:24
Réponse #4

Nirgoule


 :up:
Punaise David! Tu vas dégouter tout le monde à la prise de responsabilité !

Il n'y a pas que des désagréments. Ca me rappelle un bouquin d'anthropologie sur une tribu d'indiens d'amérique du sud (Amazonie ?). Ils étaient chasseurs cueilleurs. L'essentiel du temps passé par le chef était de trouver à manger à sa tribu. Son job était éreintant, en revanche (si je puis dire !) il était le seul à être reconnu polygame.  ;D

La prise de responsabilité suppose des compensations. Sinon il y a pénurie de volontaire. Avant d'accepter un boulot, le chef négocie ses compensations car bien souvent comme tu le dis David, c'est pas un boulot marrant. En général la compensation : c'est le salaire.

Or par temps de crise ou de société de consommation (tentation acheteuse permanente), il peut être tentant de prendre des responsabilités pour l'argent et d'oublier les obligations. :down:
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

12 novembre 2008 à 18:13:44
Réponse #5

ACORN


Regarde ici, il y a vraiment de bonnes lignes de conduite.
http://acp35.unblog.fr/2007/10/20/etre-chef-cest-en-premier-lieu-commander-a-des-hommes-et-des-femmes/
Maintenant à toi de faire le tri suivant les circonstances.

J'ai été CSM (Company Sergent Major) pendant 5 ans. J'ai eu +/- 350 types sous mes ordres. Je peux dire que c'est avec les gens les plus instruits que j'ai eu le plus de mal...
Encore un petit conseil: Prendre le type qui a la plus forte tête comme adjoint. :up:

J'espère que ça aidera

ACORN

12 novembre 2008 à 18:39:26
Réponse #6

Anke



12 novembre 2008 à 18:59:48
Réponse #7

lepapat


Citer
Punaise David! Tu vas dégouter tout le monde à la prise de responsabilité !

Et dire que j' ais postuler pour être " brigadier " à Bruxelles - Propreté  :lol:
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


12 novembre 2008 à 19:47:06
Réponse #8

Bison


Bonjour,

J'ai bien aimé, dans le long document cité par Acorn :

Citer
Commander, c'est veiller à l'exécution de l'ordre dans la plus grande économie de forces, des moyens et du temps.
Ça, c'est tout-à-fait d'actualité dans le civil aussi ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

16 novembre 2008 à 08:45:22
Réponse #9

bison solitaire


Actuellement, la vitalité animale du chef est l'escargot (j'crois que je l'ai déjà quelque part).
Ben oui, il rampe, il bave et il a pas de c*u!lles...

16 novembre 2008 à 11:47:51
Réponse #10

Patrick


Etre chef, c'est selon moi non pas l'exercice d'un pouvoir tout relatif mais d'un devoir envers ses "clients", ses subordonnés et sa hiérarchie.

Le seules recettes que j'ai pu expérimenter et qui marchent, pour moi et ce dans des cadres très très différents, c'est que :

  • ce devoir doit absolument s'exercer dans l'absolu et non en fonction du comportement des clienrs, subordonnés et responsables
  • il faut s'efforcer d'être exemplaire et juste (dans le sens de donner l'exemple et non d'être en quête de reconnaissante)
  • penser et faire "suivez moi" et "non allez y"
  • établir clairement la notion différenciée entre le "privé" et le "professionnel" (je respecte l'homme ou la femme mais je ne suis pas d'accord avec le professionnel

C'est pas une synécure mais en même temps personne n'a jamais été nommé chef sans le rechercher, alors après faut pas chouiner que c'est dur.

Oui c'est dur, on a l'impression de ne jamais satisfaire personne de servir parfois d'exutoire et de stigmatiser, mais il faut l'assumer et garder le cap des critères annoncés plus haut.

16 novembre 2008 à 21:17:47
Réponse #11

balthazar


Mince, cela fait plus de 15 ans (avec l'âge, on oublie les virgules... :) ), je voulais mettre un post, et...je me rends compte qu'il me faudra le travailler un tantinet!
Je le fus, avec plaisir, comme avec contentement quand on m'a dit un jour "vous n'aurez plus personne à commander" je me suis dit "ouf! je vais souffler..."
Il y a d'excellentes écoles dans celles du "chef" (ou responsable, ou ce que l'on veut). Il faut absolument que j'y revienne!

17 novembre 2008 à 05:39:30
Réponse #12

gmaz87


Vaste sujet....

La nature humaine est ainsi faite qu'elle demande autant qu'elle refuse l'autorité.
Il y a autant d'exercices du commandement que de situations de commandement.
Et ce ne sont pas les écoles de formation au commandement (militaires, civiles ou autres) qui apportent une réponse toute faite ou universelle.

Dans tout les cas on exerce d'abord un commandement sur des hommes (ou femmes) et chacun à sa perception du chef, son acceptation ou son refus.

Je rejoins David et Bartlett, le chef n'est pas sympa, pour un mec qui va comprendre que la sympathie n'enlève rien à l'autorité  du chef, les autres vont vous bouffer la laine sur le dos à la vitesse grand V.

Pour l'avoir été dans des environnements différents et à des places plus ou moins hautes, j'en ai retiré quelques grands principes:
Connaitre au mieux ceux que l'on a sous sa responsabilité
Identifier au plus vite les pour et les contre
Poser clairement les règles du jeu et ce que l'on attend des autres
Sabrer sans pitié celui qui ne respecte pas ces règles
Savoir faire ou à défaut savoir apprécier le boulot de chacun ( pour ne pas se faire enfumer)
et surtout refuser la mission si les moyens ne sont pas en adéquation et si il n'est ni possible de récompenser ou de punir.
Rien de pire qu'un chef qui n'est la que pour la galerie, sans pouvoir.
Selon le vieil axiome mili : Une mission, des Moyens.
Ne pas copiner, ni abuser de sa position à titre perso

Mon opinion  est que l'on ne s'improvise où l'on est "bombardé" chef, c'est le goût des responsabilités ou du pouvoir ( ou des 2) qui fait qu'on le devient.
Rien de pire que le désigné d'office.

Et de toute manière il y a toujours un moment on l'on se dit "put%%, qu'est ce que je suis venu foutre dans cette galère"

Ah oui, deux derniers trucs, le chef assume entièrement les actes des subordonnés et souvent (toujours?) il est seul.

PS: j'ai écrit chef par convention et facilité de langage, pas par conviction profonde du mot
A+
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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