Bonjour,
s'il est une liste de matériel commune aux réels besoins de la majorité des situations de survie, quelle est-elle?
Je crains bien qu’une liste unique « commune » d'équipement n'existe pas.
En effet, la probabilité de se retrouver en condition de survie varie fortement d'un type de rando à un autre :
- Sortie du dimanche … risques très limités => cela ne vaut pas vraiment la peine de pendre une pharmacie type « expédition » comme on en prendrait pour une traversée de l’Alaska ;
- Au mois d'août en Auvergne ... on ne va pas prendre des ARVA !
- Rando en groupe versus rando solo… la problématique est bien différente !
- etc.
Il faut en plus bien distinguer deux types d’équipements « de survie » :
- Premier type : celui qui permet d’éviter une situation de survie. En gros, il s’agit d’avoir le bon matos, compte tenu des circonstances prévisibles. Et bien sûr de savoir s’en servir …
Des listes de matos bien faites, il y en a des tonnes … mais celle qu’Olivier (le manitou des MULs) a concoctée pour sa traversée de l’Islande force l’admiration.
Disponible ici - Complètement détaillée, expliquée et justifiée.
Discussion sur le forum ici. C’est un très bon point de départ pour une liste de type « expé engagée en solo »
- Deuxième type : l’équipement qui augmente les chances de survie, alors que la situation est telle que le pronostic vital est incertain … Cette situation, en règle générale, justifie pleinement l’intervention des secours !
Il est intéressant donc d'avoir une idée des cas d'intervention des secours ... Voici ce que j'ai trouvé dans le "Guide pratique du randonneur" concernant l'accidentologie de la randonnée en montagne (chiffre de l’été 2002, source :
système national d'observation de la sécurité en montagne :
- 1.675 interventions des secours pour les quatre mois de juin à septembre
- 57 décès, 797 blessés, 7 disparus, 124 malades, 690 secourus indemnes;
- La moitié des décès (27) ne sont pas dus à un accident, mais bien à une crise cardiaque, un œdème pulmonaire ou cérébral … Par ailleurs (rapport de l’été 2003) : « En randonnée à pied, la moitié des personnes décédées ont plus de 50 ans.” Ceci devrait nous interpeller, au niveau de la pharmacie ! (Ajouter quelques Cedocars ? Avis médical demandé d’urgence !)
On se rend compte qu’une étude sérieuse de toutes les informations disponibles s’impose, pour définir les priorités, pour distinguer l’important de l’accessoire !
Ceci dit, il me semble à priori que l’équipement « survie après catastrophe » peut être cerné beaucoup plus facilement et faire l’objet d’une ou plusieurs rubriques bien spécifique (avec icône, utilisation de la couleur …) :
- De quoi survivre aux trois premières minutes … là, on est en pleine technique de secourisme ! Ce n’est pas monsieur tout le monde qui peut stopper une hémorragie et ranimer une personne en perdition ! Quel matériel simple d’utilisation, quels médicaments possibles « sans risque »?
- De quoi appeler les secours, se signaler …
- De quoi stabiliser/regagner une température corporelle acceptable en moins de trois heures ? De quoi se remettre après un sérieux coup de froid ou de chaud?
- De quoi booster un peu le moral ?
- De quoi tenir une ou deux nuits …
Il s’agira évidemment de « recommandations » qui devront prendre en compte le type - la dangerosité - de la sortie.
Je pense que la réponse à cette question, qui ne peut évidemment pas résoudre tous les cas de figure, définira la liste que l'on retrouvera dans l'IPPSUS.
Voici une technique de mise en page pour couvrir un maximum de cas de figures, tout en restant "compact" :
a) Définir les types de randonnées prises en considération. Par exemple :
R1 : Ballade du dimanche matin
R2 : Randonnée à la journée
R3 : Randonnées sur plusieurs jours en bivouac
R4 : Randonnées hivernale (<0°c, ou neige ou glace)
R5 : Randonnée en montagne (danger accru de mauvaises chutes)
b) Disposer une seule liste, en tableau de la manière suivante (exemple) :
R1 R2 R3 R4 R5 Equipement recommandé OrientationX X X X X Carte
X X X X Boussole
X X GPS (pas de polémique

…l’exemple !)
X Altimètre
BoissonX X X X X Gourde (terme générique)
X X X X Pastilles de purification
X Filtre etc.
On peut imaginer ombrer légèrement une colonne sur deux, ou la colonne centrale, utiliser la couleur …
Procéder à des classements intelligents …
On peut imaginer différents types de marquage … recommandé x <> X indispensable … le blanc signifiant « optionnel »
Bref, cette disposition permet de « concentrer » pas mal d’info, en peu de place, avec une lisibilité qui reste bonne …
Enfin je me demande aussi si ajouter au verso une brève description d'utilisation du matériel demandé ne serait pas intéressante pour glisser quelques conseils importants en guise d'introduction aux techniques de survie, qu'en pensez vous?
Pour moi, c’est évident qu’il faut autiliser au mieux le recto et le verso.
Au recto, de l’information claire, concise … agréable à utiliser !
Au verso, de l’information plus détaillée … quitte à « tasser » un peu ; la police de caractère peut être légèrement réduite … mais l’info doit rester claire et lisible.
Tout-à fait d’accord pour quelques conseils bien choisis, des numéros utiles, une adresse de site web.
Un site web, ou une page « dédiée » … pour fournir un troisième niveau d’information. Voire un petit fascicule téléchargeable ou à commander …
------
Tu vois, je me prends réellement au jeu …

Mon malaise à moi n’a rien à voir avec un romantisme quelconque … mais se rapporte :
- à la lourdeur d'utilisation d’un tel formulaire dans une optique « SAR » : il faut une organisation assez contraignante, tant de la part des randonneurs que des personnes en charge du "suivi".
- À la contrainte d’itinéraire (toujours dans l’optique SAR). Le fait de « déposer » un plan de sortie fait plus ou moins contrainte à le respecter ... aux dépens de la nécessaire liberté de décision en fonction des circonstances. Exemple tout bête : on est crevé, il serait plus sage de bivouaquer plutôt que de s’acharner à rejoindre le refuge prévu tel indiqué sur la feuille de toute. Qu’est-ce que l’on fait ? On téléphone ? Bien sûr, mais, manque de bol … le GSM ne passe pas. Si on n’a pas pris de précautions, les « suiveurs » devraient déclencher l’alerte ? Avec une telle pression, on peut imaginer que malgré la fatigue, le randonneur continuera, au bord de l’épuisement, donc au bord de l’accident …
En fait, je vois bien quelques solutions …

(à suivre)