L'énergie cinétique, c'est super, mais un impact c'est encore BIEN plus complexe que juste l'énergie cinétique.
Exemple pour illustrer :
1) j'ai un bloc de mousse de 1kg qui est lancé à 25 m/s... énergie cinétique de X.
2) j'ai une sphère de plomb de 1kg, qui arrive exactement à la même vitesse. Energie cinétique IDENTIQUE.
Mais je préfère de loin me prendre le bloc de mousse dans le pif...

Ce qui change, c'est que le kilo de plomb est en mesure de transmettre tous les newtons qu'il contient d'une manière très rapide et sur une petite surface. Résultat ? Le point d'impact accélère tellement vite par rapport au reste de ma gueule que ça fait un trou. C'est un IMPACT.
Le bloc de mousse, lui, va faire en sorte que l'énergie soit transmise sur une surface plus grande ET sur un laps de temps plus long. L'accélération est donc encaissée par plus de matière, qui accélère moins vite. Ca déforme moins les tissus de ma gueule, et donc j'ai moins de bobo.
Un impact, en fait, c'est l'accélération TRES BRUTALE d'un objet ou d'une partie d'un objet, provoquée par la rencontre avec un autre en mouvement (mouvement = déplacement relatif par rapport à la cible : si la cible recule, l'impact est amoindri, si la cible avance, il est augmenté).
Sur un coup de poing, le "projectile", est tout le corps de celui qui frappe, et il continue d'accélérer jusqu'au point d'impact voire au-delà. C'est d'autant plus complexe a modéliser qu'on peut plus ou moins "connecter" sa frappe : exemple je peux frapper "léger" pour faire des trous dans du papier. Je "déconnecte" un peu mon bras du corps et j'obtiens un effet fouetté qui va permettre à mon bras d'avoir énormémement de vitesse et peu de masse. Nickel pour une frappe à la tête. Si je veux défoncer au corps, et agir en profondeur, je vais par contre avoir besoin de plus de masse derrière. Donc je vais garder le bras "connecté" au tronc et enfoncer toute ma masse avec derrière. Le résultat est un coup un peu plus lent, un peu plus "poussé" mais qui aura de la profondeur.
Tout dépend de l'effet que je veux avoir... Je peux pousser, frapper "lourdement" pour atteindre une cible protégée. Exemple faire mal derrière un pao... ou frapper très sèchement, autrement dit privilégier la vitesse dans ma frappe, au détriment de la masse employée. C'est généralement ce qui ira le mieux pour une cible légère comme une tête ou un bras. Après si on enlève trop de masse on se retrouve avec des coups de lopette comme on faisait en compète de karaté. Volontairement, on met très peu de masse derrière les coups pour frapper plus vite et limiter la casse en cas d'impact accidentel.
C'est ultra complexe, en fait. Mais globalement il est inutile de chipoter autant, surtout qu'en situation on ne fait pas ça. C'est juste une manière de pas trop s'emmerder au dojo

Le truc qui est important à retenir, c'est que si on frappe dans une direction, tout le corps doit aller dans cette même direction. Si possible le tronc doit tourner AUSSI de manière à propulser la frappe et à combiner la vitesse de déplacement et la vitesse de rotation. PLUS l'extension du bras. Et au moment de l'impact le corps entier doit descendre. Plonger dans la cible. La jambe arrière doit toujours pousser au moment de l'impact, et le tronc doit être stable et "gainé". Abdos contractés. Les pecs et les épaules doivent être très relâchés pour bien transmettre l'énergie. Et les poignets doivent être malgré tout contractés pour être stables si on frappe avec le poing (ce que je ne fais plus, sauf pour faire joli sur un coussin).
C'est compliqué, vu comme ça, mais avec un élève qui pige bien je peux enseigner ça en 1 heure même pas. Vous verriez Shrek, comment il COGNE maintenant

Allez ciao

David