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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: enseignement...  (Lu 19703 fois)

02 octobre 2008 à 19:52:45
Lu 19703 fois

b@s


je rebondis sur un post de Nirgoule dans une autre discussion (au sujet de la crise)

***********

Citation de: plumok le Aujourd'hui à 17:06:43
tant de chose devrait etre enseigné à l'ecole, plutôt que force de vente & co


Ce genre d'enseignement aurait toute l'attention des gamins. Parce que concret et directement exploitable. Je pense que ça fait plus peur aux défenseurs de l'économie planifiée.  {$default_grin_smiley}

Mais le contenu de l'enseignement est tout un débat, c'est pas le sujet du post.
*****

voilà bien un sujet qui me botte, étant moi même de la partie... et autant vous dire, c'est de plus en plus diffiicile...

pas de politique cependant : c'est bien l'évolution sociétale qui est à la base de tout : le chacun pour soi, le tout tout de suite...( en même temps, si, c'est politique, m*rde.... manitou, pas taper ! )

et les mômes que j'ai croisé sont souvent déjà complètement formatés, il faut dire que ce sont des éponges, nos mômes, et rares sont ceux qui sont abreuvés d'autre chose que la télé...( quand ils n'ont pas ladite télé dans leur piaule...)

Je ne jette pas la pierre aux parents, ces grands démisssssssionnaires... le môme n'étant pas livré avec son mode d'emploi, certains se prennent vraiment les pieds dans le tapis...et puyis là aussi le panurgisme fait des ravages : puisque les autres le font...

Je ne jette pas la pierre non plus aux collègues, pris entre le marteau et l'enclume... on est la risée de la société civile, avec nos sacro saintes vacances... mais gérez les mômes d'aujourd'hui et les parents et la hiérarchie et vous sentirez vous aussi un besoin de faire le break... oui, il y a des branleurs, mais j'ai bossé longtemeps dans le privé et j'en ai vu pas mal aussi...

Au fond, pourquoi le message ne passe-t-il pas ?? parce que la voie proposée n'est pas simple, la réussite pas certaine et le bénéfice trop long à percevoir...

nous avons éduqué nos minots d'une façon pavlovienne : un stimuli, une récompense... j'appuie sur un bouton et je change de chaine, je pleure et je mange, je râle et j'obtiens ce que je veux...

là encore, je le sais, c'est plus facile que de dire non, après une sale journée de boulot s'il faut encore se battre avec ses mômes...

les marchands font les vautours au dessus de l'école qui agonise : déjà les marques font du lobbying dans les écoles primaires (autour d'opérations de santé, sur l'alimentation...)

bref, ce que je vous propose, c'est d'ouvrir un fil pour vous tous, parents, futurs parents, enseignants professionnels ou bénévoles, citoyens concernés par l'avenir de notre jeunesse, et d'aborder aussi simplement que possible des questions de fond comme : les limites, la place de l'adulte....


à vous lire...




02 octobre 2008 à 20:01:03
Réponse #1

vik


un point: on pourrait crié, tout les enfants, que nous n'avons pas de liberté d'expréssion car il est vrai que on peut tomber dans une famille qui nous bourre le crane avec des principes qui peuvent etre "mal-saint", bref c'est trés rare de trouver des enfants qui ne suivent pas les principes moraux de leurs parents, bref, nous ne sommes pas libres tant que l'on est dans la société.

voila ca touche de loin le sujet initial , mais histoire de me faire une  :branleur: intellectuelle comme dirait David  ;D

02 octobre 2008 à 21:02:51
Réponse #2

jilucorg


Pardonne-moi de reprendre de façon aussi découpée tes propos, mais je suis pour le moins perplexe devant presque chacune de tes affirmations...

voilà bien un sujet qui me botte, étant moi même de la partie... et autant vous dire, c'est de plus en plus diffiicile...

Faire quoi est plus difficile que quand ?

Citer
et les mômes que j'ai croisé sont souvent déjà complètement formatés

C'est à dire, "formatés" ? Et de quels "mômes" parles-tu ?

Citer
Je ne jette pas la pierre aux parents, ces grands démisssssssionnaires... le môme n'étant pas livré avec son mode d'emploi, certains se prennent vraiment les pieds dans le tapis...et puyis là aussi le panurgisme fait des ravages : puisque les autres le font...

Vraiment je ne comprends pas de quoi tu parles : ces généralisations sur les "parents démissionnaires" me paraissent totalement déconnectées de la réalité. Ils me semblent plutôt à la fois inquiets, voire angoissés, et en difficulté par rapport aux questions éducatives et à l'école, pour une très grande partie d'entre eux...

Citer
on est la risée de la société civile

Là aussi, je ne vois pas du tout cette attitude-là, de "risée" : hostilité (vus comme responsables de l'échec scolaire) ou attentes souvent excessives (irréalistes) à l'égard des pédagos me semblent les deux positions les plus courantes.

Citer
Au fond, pourquoi le message ne passe-t-il pas ?? parce que la voie proposée n'est pas simple

Tu la connais, toi, la voie proposée ? :blink: Scoop en vue sur http://www.davidmanise.com ! :D

Citer
nous avons éduqué nos minots d'une façon pavlovienne : un stimuli, une récompense... j'appuie sur un bouton et je change de chaine, je pleure et je mange, je râle et j'obtiens ce que je veux...

Qui ça, "nous" ?? Encore une fois, de qui parles-tu ?

Toutes ces questions sont trop complexes pour être traitées à la va vite à coup d'affirmations généralisantes, sans analyses précises : faute de quoi c'est encore une fois le bistrot du commerce.

Et pourquoi donc parler de cela ici ? Tu vois l'école comme "la jungle ordinaire" ? si tu es professionnel de la chose, comme tu le laisses entendre, c'est bien inquiétant je trouve...


jiluc.

03 octobre 2008 à 07:33:19
Réponse #3

b@s


****bon, à croire que je ne suis pas clair, or donc :

Faire quoi est plus difficile que quand ?

C'est à dire, "formatés" ? Et de quels "mômes" parles-tu ?

****** il est plus difficile d'enseigner qu'avant, car les parents dans leur grande majorité (c'est pas une généralité mais un constat) font moins confiance à l'école (à tort ou à raison - c'est un autre problème)
formatés dans le sens de ne vouloir entendre que ce qui va dans le sens de "toujours plus"

Vraiment je ne comprends pas de quoi tu parles : ces généralisations sur les "parents démissionnaires" me paraissent totalement déconnectées de la réalité. Ils me semblent plutôt à la fois inquiets, voire angoissés, et en difficulté par rapport aux questions éducatives et à l'école, pour une très grande partie d'entre eux...
***si tu relis mon message tu percevras peut etre l'ironie dans mon propos ( d'ou le demissssssionnaire)... des parents qui démissionnent il n'y en a pas tant que ça (là encore c'est mon constat je ne prétends pas à la vérité ultime)

Là aussi, je ne vois pas du tout cette attitude-là, de "risée" : hostilité (vus comme responsables de l'échec scolaire) ou attentes souvent excessives (irréalistes) à l'égard des pédagos me semblent les deux positions les plus courantes.
****** bin il y a aussi la risée, de plus en plus souvent, sans doute une conséquence de ce que tu décris, crois moi sous le ton de la plaisanterie on fait passer pas mal de messages...

Tu la connais, toi, la voie proposée ? :blink: Scoop en vue sur http://www.davidmanise.com ! :D

***là je te sens carrément à coté de ce que je raconte... je n'ai jamais dit que j'avais trouvé un truc génial, je parle de la voie proposée par l'éducation nationale depuis toujours : des études plus ou moins longues pour un diplome plus ou moins valorisable, avec des cours plus ou moins reliés aux exigences de la vie professionelle (voir de la vie tout court)

Qui ça, "nous" ?? Encore une fois, de qui parles-tu ?
***** bin, nous les éducateurs au sens large, tous ceux qui ont à charge de transmettre des connaissances...

Toutes ces questions sont trop complexes pour être traitées à la va vite à coup d'affirmations généralisantes, sans analyses précises : faute de quoi c'est encore une fois le bistrot du commerce.
***** désolé, mais je crois que c'est toi qui généralise un peu trop mes propos, en fait tu les déformes carrément...

Et pourquoi donc parler de cela ici ? Tu vois l'école comme "la jungle ordinaire" ? si tu es professionnel de la chose, comme tu le laisses entendre, c'est bien inquiétant je trouve...
****** Questions PRAGMATIQUES concernant la survie de tous les jours... bin pour moi l'éducation est aussi une question de survie , au sens où au plus tu en sais, au plus tu es préparé à vivre des expériences plus ou moins facile... savoir c'est pouvoir...
et puis passe à l'occasion dans une cour de récré de collège en ZEP...tu verras si c'est pas la jungle..(hélas)

Pour répondre à leif, je comprends ton attente d'exemples concrets, mais finalement je ne suis plus sur que ce soit une bonne idée, si j'arrive pas à me faire mieux comprendre que ça je vais être contre productif... mon propos n'est pas de dire que tout va mal ou que j'ai toutes les solutions, je cherche...

03 octobre 2008 à 07:37:05
Réponse #4

b@s


oups, j'ai oublié : le "nous" lorsque je parle d'éducation pavlovienne...bin c'est aussi nous, la société en général...satisfaction rapide des envies immédiates...


03 octobre 2008 à 09:26:54
Réponse #5

manu3259


Salut,
Ces derniers jours j'ai vu pas mal de reportages sur les parents qui ont sortis leurs enfants de l'éducation nationale pour leur enseigner eux mêmes. ça me parait bien, bien sur il faut être disponible et avoir le niveau, (j'aurais du mal a enseigner à un gamin de terminale S  :'()
Maintenant est ce que c'est vraiment bien pour les enfants? ça les protège pour un temps des conneries qu'ils apprennent entre enfants à l'école. (Je savais pas qu'à la maternelle on en apprenait déjà autant, mais en discutant avec une instit, il semble qu'il suffit de quelques enfants avec de "mauvais parents" dans une classe pour influencer négativement toute la classe.
Parce qu'un beau jour nos enfants seront bien obligés d'être confrontés au décalage qui existe entre ce qu'on leur apprend du bien et du mal et ce qui se passe autour de lui.

J'ai la conviction que l'enfance est un moment de la vie qui doit être protégé, et ne pas les protéger de la violence dans la société actuelle, c'est les priver d'une partie importante de l'enfance, l'inconscience, l'insousciance  :). (pas seulement la violence des enfants et des jeunes, aussi l'individualisme qui fait détourner les yeux quand un clochard tend la main par ex.)
« Modifié: 03 octobre 2008 à 20:39:13 par manu3259 »
"Les primevères et les paysages ont un défaut grave: ils sont gratuit. L'amour de la nature ne fournit de travail à nulle usine" Aldous Huxley

03 octobre 2008 à 10:09:50
Réponse #6

Nirgoule


Salut b@s,

Le post que tu as lancé est rempli de chausse-trappes, il renvoie à tous les débats possible sur la société. Va falloir cadrer !

Je me demande si tu ne devrais pas isoler un théme précis, car ça va partir dans tous les sens.

En tous cas la vie que vous vivez chaque jour est, parfois et pour certains,  de l'ordre de la survie. J'ai quelques connaissances dans le milieu, je compatis.  :glare:

Salut

 

"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

03 octobre 2008 à 10:25:44
Réponse #7

Maximil


Merci à tous (notamment B@s) d'utiliser les citations ou bien d'utiliser le code suivant :

[quote] bla bla[/quote]pour avoir ça
Citer
bla bla

plutôt que ça

blabla
*****patati
Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

03 octobre 2008 à 13:06:04
Réponse #8

Bison


Bonjour,
Citation de: b@s
Pour répondre à leif, je comprends ton attente d'exemples concrets, mais finalement je ne suis plus sur que ce soit une bonne idée, si j'arrive pas à me faire mieux comprendre que ça je vais être contre productif... mon propos n'est pas de dire que tout va mal ou que j'ai toutes les solutions, je cherche...

[humour ;) ]
Voilà, on a un enseignant professionnel qui parle, et il n'arrive pas à se faire comprendre ... Attention, c'est un bon pourtant, notre ami b@s, c'est un des rares à se rendre compte ...
[/humour]

Sérieusement ... il y a des forums spécialisés, il y a des bouquins bien écrits, il y a des milliers de personnes compétentes qui se penchent sur l'enseignement ... Avons-nous, ici, une seule chance de  fournir un avis, une info réellement pragmatique sur un sujet aussi général?

A vrai dire, j'en aurais bien quelques-unes, d'infos pragmatiques, à donner aux enseignants, ou aux parents ... Mais alors sur des sujets beaucoup plus précis ...

Des infos pragmatique venues de l'expérience de la vie ...


Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

03 octobre 2008 à 19:35:48
Réponse #9

b@s


Bonjour,
[humour ;) ]
Voilà, on a un enseignant professionnel qui parle, et il n'arrive pas à se faire comprendre ... Attention, c'est un bon pourtant, notre ami b@s, c'est un des rares à se rendre compte ...
[/humour]

Sérieusement ... il y a des forums spécialisés, il y a des bouquins bien écrits, il y a des milliers de personnes compétentes qui se penchent sur l'enseignement ... Avons-nous, ici, une seule chance de  fournir un avis, une info réellement pragmatique sur un sujet aussi général?

A vrai dire, j'en aurais bien quelques-unes, d'infos pragmatiques, à donner aux enseignants, ou aux parents ... Mais alors sur des sujets beaucoup plus précis ...

Des infos pragmatique venues de l'expérience de la vie ...




pourquoi laisser aux seuls "intellectuels" le privilège de se confronter à des problèmes de taille ??? l'enseignement est un sujet général, il est vrai, mais il nous concerne trop pour le laisser aux profs et aux penseurs...

pour faire plus précis, je vous interroge (et non, je ne relève pas les copies à la fin ! )

vous a-t-on appris à penser à l'école ? (au sens large école, collège, lycée...)

03 octobre 2008 à 19:37:06
Réponse #10

bison solitaire



vous a-t-on appris à penser à l'école ? (au sens large école, collège, lycée...)

Oui et bizarrement par le biais du parcoeurisme...

03 octobre 2008 à 19:49:35
Réponse #11

jilucorg


vous a-t-on appris à penser à l'école ? (au sens large école, collège, lycée...)

Oui, bien sûr, c'est là que j'ai appris à penser réellement, en prenant appui sur la découverte et l'étude de tout ce que plein de gens avaient pensé avant moi. C'est là que j'ai compris la différence entre le blabla spontané de celui (moi et mes potes ados) qui ne fait qu'enquiller les lieux communs les plus triviaux en croyant être l'inventeur de l'idée originale du siècle, et l'analyse rigoureuse des problématiques et des concepts, du langage, la comparaison des théories, le recul critique et autocritique etc., qui permettent seules de mettre en place une pensée réellement libre, et peut-être un peu utile à quelque chose d'autre que brasser du vent ou suivre l'avis du parleur le plus séduisant.

Je ne vois pas où j'aurais pu apprendre ça, sinon à l'école.


jiluc.


P.S. 1 : et au fait, non, pas du tout, pour ma part je n'ai jamais éduqué mes « minots d'une façon pavlovienne : un stimuli, une récompense... j'appuie sur un bouton et je change de chaine, je pleure et je mange, je râle et j'obtiens ce que je veux... » :)

P.S. 2 : « des études plus ou moins longues pour un diplome plus ou moins valorisable, avec des cours plus ou moins reliés aux exigences de la vie professionelle (voir de la vie tout court) » : si tu appelles cela la voie proposée par l'Éduc'nat', alors il y aurait vraiment un boulevard pour que chacun puisse y faire depuis toujours absolument "plus ou moins" ce qu'il veut.  Quel étonnement alors de voir la dimension des conflits incessants qui agitent la France depuis des décennies sur la mission de l'école et les méthodes qu'elle met en œuvre ! :lol:
« Modifié: 03 octobre 2008 à 19:57:19 par jilucorg »

03 octobre 2008 à 22:37:35
Réponse #12

guillaume


Oui, bien sûr, c'est là que j'ai appris à penser réellement, en prenant appui sur la découverte et l'étude de tout ce que plein de gens avaient pensé avant moi. C'est là que j'ai compris la différence entre le blabla spontané de celui (moi et mes potes ados) qui ne fait qu'enquiller les lieux communs les plus triviaux en croyant être l'inventeur de l'idée originale du siècle, et l'analyse rigoureuse des problématiques et des concepts, du langage, la comparaison des théories, le recul critique et autocritique etc., qui permettent seules de mettre en place une pensée réellement libre, et peut-être un peu utile à quelque chose d'autre que brasser du vent ou suivre l'avis du parleur le plus séduisant.

Je suis d'accord avec toi, j'apporterai seulement une petite nuance sous la forme d'un exemple :

En maths (Term S ou même en première et en 2nd) on apprend par exemple l'étude d'une fonction (croissante ou pas, ses limites, sa tangente, etc.). On apprend plusieurs théorèmes applicables sur une courbe (représentative d'une fonction).
C'est bien, on arrive plus ou moins à faire l'étude de la fonction. Je veux dire par là, on nous fout le devoir sous le nez, on a fonction et on l'étudie point barre. On ne sait pas ce que représente cette fonction, comme elle a été crée et pourquoi.
Si on me demande que créer une fonction à la suite d'un problème bin j'en suis incapable.
Je ne sais pas si vous voyez où je veux en venir avec cet exemple mais on peut facilement l'appliquer à d'autres exemples.

a+

04 octobre 2008 à 10:29:55
Réponse #13

jilucorg


Dans cet exemple ta fonction n'est qu'un outil.

Oui Guillaume, et j'ajouterai à ce que dit jpdelx le facteur objectifs de la classe de Terminale /temps de formation disponible : pour vous permettre d'acquérir les bases théoriques nécessaires à la compréhension du "comment c'est fait" — au lieu du simple "comment ça marche" —, puis pour vous permettre de comprendre la chose elle-même dans son entièreté, votre prof consommerait un temps tel que cet approfondissement d'un outil vous ôterait la possibilité de savoir utiliser tout le reste des notions de base du programme.

À supposer même que la compréhension du "comment c'est fait" soit à la portée d'une Terminale : peut-être — je n'y connais rien — vous faudrait-il commencer par comprendre et assimiler un tas de prérequis pas forcément accessibles à votre niveau : tout le monde n'est pas apte à suivre un enseignement approfondi de type universitaire dans chacune des disciplines au programme. Ainsi tel(telle) de tes copains(copines) de section L pourrait-il(elle : il n'y a presque plus que des filles en littéraire ;)) formuler ce regret que tu exprimes, mais à propos du cours d'Histoire, par exemple au sujet de la compréhension des causes profondes de la crise de 1929 et de sa transformation aux US seulement en "Grande Dépression", au lieu de rester à la surface des choses comme cela se fait, c'est à dire des phénomènes mécaniques observables : mais cela nécessiterait l'acquisition de bases en sciences économiques d'un niveau très supérieur à celui d'un élève de lycée...

L'Université* tend les bras aux jeunes comme toi qui veulent plonger au cœur du Savoir :)

* et non les Grandes Écoles d'ingénieurs pour la plupart, qui ne s'intéressent pas à ces questions : un ingénieur, même de très haut niveau, n'est pas un chercheur du pourquoi, mais un maître du comment.

Et j'y ai pourtant détesté chaque instant passé.

Itou ;D


jiluc.

04 octobre 2008 à 10:51:08
Réponse #14

promeneur4d


Je suis d'accord avec toi, j'apporterai seulement une petite nuance sous la forme d'un exemple :

En maths (Term S ou même en première et en 2nd) on apprend par exemple l'étude d'une fonction (croissante ou pas, ses limites, sa tangente, etc.). On apprend plusieurs théorèmes applicables sur une courbe (représentative d'une fonction).
C'est bien, on arrive plus ou moins à faire l'étude de la fonction. Je veux dire par là, on nous fout le devoir sous le nez, on a fonction et on l'étudie point barre. On ne sait pas ce que représente cette fonction, comme elle a été crée et pourquoi.
Si on me demande que créer une fonction à la suite d'un problème bin j'en suis incapable.
Je ne sais pas si vous voyez où je veux en venir avec cet exemple mais on peut facilement l'appliquer à d'autres exemples.

a+

-J'ai demandé a mon prof de math a quoi ca sert de savoir le cercle d'intersection d'une sphere et d'un plan dans l'espace...

-Bin, Euh (etc)

-En gros ca sert strictement a rien?

- On peut le dire comme ca...


Tres motivant ;)
Si 86% de la population d'un pays veut pas d'OGM dans les champs et qu'ils sont plantés quand même, peut on parler de démocratie?

04 octobre 2008 à 11:10:08
Réponse #15

Alain Marcel


En maths (Term S ou même en première et en 2nd) on apprend par exemple l'étude d'une fonction (croissante ou pas, ses limites, sa tangente, etc.). On apprend plusieurs théorèmes applicables sur une courbe (représentative d'une fonction).
C'est bien, on arrive plus ou moins à faire l'étude de la fonction. Je veux dire par là, on nous fout le devoir sous le nez, on a fonction et on l'étudie point barre. On ne sait pas ce que représente cette fonction, comme elle a été crée et pourquoi.

Ce que décrit Guillaume me rappelle mon cours de maths en classe de 5ème (c'est loin) et l'étude du barycentre (αGA + βGB = 0 si je ne dis pas de bêtise). Super outil, n'est-il pas ?

Le problème, c'est que le prof de maths de l'époque a été infoutu de nous dire à quoi celà pouvait bien servir. Il a fallu attendre la seconde et le cours de mécanique avec l'étude du moment d'une force et son application à l'équilibre d'une balance pour comprendre ce qu'est un barycentre.

Ce jour là, je me souviens avoir eu l'impression que quelqu'un avait allumé la lumière.

Alors, d'accord, donner des outils théoriques c'est bien, mais les rattacher à des situations concrètes c'est mieux amha. Celà éviterait bien des frustrations et réveillerait probablement le goût d'apprendre que beaucoup d'élèves perdent au fil du temps.

04 octobre 2008 à 11:12:49
Réponse #16

jilucorg


-J'ai demandé a mon prof de math a quoi ca sert de savoir (...)

Question de fond à laquelle il ne peut être répondu pour chaque notion séparément : à quoi ça sert à un élève de savoir ax² + bx + c = ? ; à quoi ça lui sert de savoir combien fait la somme des angles d'un triangle ? ; à quoi ça lui sert de savoir qu'il y a eu deux guerres mondiales au XXe siècle ? ; à quoi ça lui sert de savoir ? ; à quoi ça lui sert de savoir ce qu'il y a dans une molécule d'ADN ? ; à quoi ça lui sert de savoir faire une rédac ou un commentaire de texte littéraire ou philosophique ? ; à quoi ça lui sert de savoir que  la portance d'une aile vaut : ; à quoi ça lui sert de savoir que l'Antarctique est un continent et pas l'Arctique ? ; à quoi ça lui sert de savoir que les pharaons se faisaient mettre au frais dans des pyramides avec tout ce qu'il faut pour mener la belle mort ? Tu as deux heures, attention je ne ramasse pas les brouillons ! ;)


jiluc.


04 octobre 2008 à 11:24:37
Réponse #17

jilucorg


Le problème, c'est que le prof de maths de l'époque a été infoutu de nous dire à quoi celà pouvait bien servir. Il a fallu attendre la seconde et le cours de mécanique avec l'étude du moment d'une force et son application à l'équilibre d'une balance pour comprendre ce qu'est un barycentre.

Et si votre prof vous avait expliqué le moment d'une force en 5e, avec votre background en math-physique (!!) et votre maturité intellectuelle de 12-13 ans, vous auriez compris ? :D Bien sûr qu'il a été infoutu de vous le faire comprendre, qui le pourrait ? C'est sûr que pour jouer les Raymond-la-Science, il aurait pu dire : « ça sert à comprendre pourquoi une balance est en équilibre, comme le montre aisément le pseudovecteur » : bien avancés, les petits 5es !


jiluc.

04 octobre 2008 à 11:33:27
Réponse #18

Alain Marcel


Je pense que nous sommes tous d'accord là dessus mais il faudrait faire une
refonte compléte du système pédagogique et pour cela donner du temps et
des moyens aux enseignants et aux élèves.

D'accord avec toi Jean Phil. et on n'est pas prêt de le voir de si tôt malheureusement. Mais sans aller jusque là, est ce que le fait de simplement préciser à quoi pourra servir un outil théorique (sans entrer dans le détail) ne permettrait pas de faire "patienter" les élèves en leur montrant le but vers lequel on les mène ?

04 octobre 2008 à 11:39:54
Réponse #19

Alain Marcel


Et si votre prof vous avait expliqué le moment d'une force en 5e, avec votre background en math-physique (!!) et votre maturité intellectuelle de 12-13 ans, vous auriez compris ? :D Bien sûr qu'il a été infoutu de vous le faire comprendre, qui le pourrait ? C'est sûr que pour jouer les Raymond-la-Science, il aurait pu dire : « ça sert à comprendre pourquoi une balance est en équilibre, comme le montre aisément le pseudovecteur » : bien avancés, les petits 5es !

Jilucorg,

Sans aller jusque là, une simple démonstration avec une règle et deux bouquins qu'on attache aux extrémités (par exemple) aurait suffit à des petits 5ème limités à comprendre. Il n'aurait pas été question de jouer les Raymond la science, mais d'éveiller l'intérêt.

04 octobre 2008 à 12:07:35
Réponse #20

jilucorg


Mon idée, pour faire vite, est : faire ça en disant devant une Roberval « et voilà l'illustration du barycentre ! » (i.e. : « croyez-moi parce que je vous le dis »), c'est se comporter en magicien, et mettre les enfants en situation de croyance aveugle et donc obéissance à l'Autorité parce que c'est l'Autorité, ce qui est selon moi le pire qu'un éducateur puisse faire, le contraire de la mission émancipatrice de l'école.

Mieux vaut dire : « Je ne peux pas vous l'expliquer aujourd'hui, vous ne pourrez le comprendre qu'après avoir grandi et appris d'abord beaucoup d'autres choses, en classe de ... » Sinon on cède à la facilité et au confort relationnel : les enfants, mystifiés, sont contents et aiment leur "éducateur" qui répond à toutes leurs questions (ils croiront que le savoir est affaire de Révélation — non d'effort individuel long et difficile —, et chercheront des Prophètes de l'instantané à aimer, comme par exemple on en voit sur TF1 aux heures de grande écoute) ; et l'"éducateur" lui-même jouira de cet assentiment respectueux, partagé par les jeunes et leurs familles, ravies que leur enfant "aime la science avec ce maître, qui rend tout facile à comprendre".


jiluc.

04 octobre 2008 à 12:29:08
Réponse #21

modl


Mon idée, pour faire vite, est : faire ça en disant devant une Roberval « et voilà l'illustration du barycentre ! » (i.e. : « croyez-moi parce que je vous le dis »), c'est se comporter en magicien, et mettre les enfants en situation de croyance aveugle et donc obéissance à l'Autorité parce que c'est l'Autorité, ce qui est selon moi le pire qu'un éducateur puisse faire, le contraire de la mission émancipatrice de l'école.

Mieux vaut dire : « Je ne peux pas vous l'expliquer aujourd'hui, vous ne pourrez le comprendre qu'après avoir grandi et appris d'abord beaucoup d'autres choses, en classe de ... » Sinon on cède à la facilité et au confort relationnel : les enfants, mystifiés, sont contents et aiment leur "éducateur" qui répond à toutes leurs questions (ils croiront que le savoir est affaire de Révélation — non d'effort individuel long et difficile —, et chercheront des Prophètes de l'instantané à aimer, comme par exemple on en voit sur TF1 aux heures de grande écoute) ; et l'"éducateur" lui-même jouira de cet assentiment respectueux, partagé par les jeunes et leurs familles, ravies que leur enfant "aime la science avec ce maître, qui rend tout facile à comprendre".
jiluc.
Tout à fait d'accord, même si je suis en lycée (élève plus vieux...). Il faut sortir totalement du "maître" qui a la connaissance et qui la transmet à des disciples. Mais il est plus facile à un élève de savoir dans quel but il se tape telle ou telle leçon... En Histoire, c'est assez simple, pour tenter (j'insiste sur le "tenter"!!!) de comprendre le monde qui nous entoure.
Un des problèmes que l'on peut avoir en tant qu'enseignant, c'est plus, amha, le côté "génération zapping" qu'on une majorité (malheureusement) des élèves. Faut que tout aille vite !!! Et quand ça ne plait pas (faut aussi voir les programmes qu'on a de temps en temps  :o); ils décrochent. Mon boulot, c'est de faire qu'ils décrochent le moins possible, et quans ils décrochent, c'est de les raccrocher...
Le meilleur aspect de ce boulot, c'est quand on voit les élèves comprendre un concept, une idée un peu velue, et que tout s'éclaire dans leur regard...

PS : il y a une réforme prévue pour le lycée, et le peu qu'on en connaît m'inquiéte : les élèves devront choisir des "modules", en réussir un certain nombre pour être diplômés... On va insister dans le zapping, j'en ai peur... Mais ce n'est là que mon avis.
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

04 octobre 2008 à 12:37:13
Réponse #22

promeneur4d


Question de fond à laquelle il ne peut être répondu pour chaque notion séparément : à quoi ça sert à un élève de savoir ax² + bx + c = ? ; à quoi ça lui sert de savoir combien fait la somme des angles d'un triangle ? ;


Je sui avais demandé de me rattacher ca a un probleme concret... Avec des triangles je peux en avoir des concrets.  :)
Si 86% de la population d'un pays veut pas d'OGM dans les champs et qu'ils sont plantés quand même, peut on parler de démocratie?

04 octobre 2008 à 12:57:29
Réponse #23

vik


ca me rapelle en troisième, mon prof de physque chimie ne voulait surtout pas que l'on pose de question parceque pour lui, ca signifiait que l'on avait pas appris son cours  ::)
il faisait SON cours pour lui, ce qui ne comprennait pas, il n'avait donc pas appris
, cette année en 2nd mon prof nous explique tout clairement, et la on comprend
bref je suis pas un anti-profs (je suis souvent de leur coté quand je vois les vacheries et la mauvaise foi des mes "camarades de classe") mais des fois certains sont gonflé  :closedeyes:

04 octobre 2008 à 13:06:01
Réponse #24

jilucorg


PS : il y a une réforme prévue pour le lycée, et le peu qu'on en connaît m'inquiéte : les élèves devront choisir des "modules", en réussir un certain nombre pour être diplômés... On va insister dans le zapping, j'en ai peur... Mais ce n'est là que mon avis.

Je me méfie beaucoup aussi, évidemment ! Néanmoins, peut-être que justement les modules permettront un peu plus d'approfondissement pour des jeunes du coup davantage motivés, au lieu du saupoudrage hétéroclite imposé à tous (à condition de leur avoir permis d'acquérir tous les prérequis pour la "formation tout au long de la vie") ? On sait tous à quel point on a appris des trucs obligatoires en Term', en les stockant en mémoire vive pour le jour de l'exam, avec un vidage des barrettes immédiatement après l'épreuve. Quand j'ai passé mon bac, en géo j'ai pu caser le taux de déménagements par millier d'habitants aux States dans un sujet sur la démographie US : un mois après, c'était passé à la trappe avec le charbon de la Rhur :)


jiluc.

 


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