Anecdote éclairante quant au rôle potentiel du partenaire :
Récemment, nous avons décidé de nous remettre à randonner, ma compagne et moi, et je me suis mis à réviser certaines bases que j'avais un peu oubliées...
Cette fois-ci, ma compagne s'est ENFIN investie dans la compréhension et la pratique de l'orientation ainsi que d'autres trucs de sécurité élémentaire préventive.

Il y a trois semaines, à la fin d'une randonnée "essais pratiques", je me suis craqué le pied sur une sente boueuse en devers, qui longeait une très forte pente située dans une forêt bourrée de ronces...
Il faisait nuit et le sentier disparaissait souvent, labouré en fouilles par des sangliers...

Elle a cru une seconde, en m'entendant hurler, à un exercice...

Il m'a fallu 10 minutes pour me remettre de ma douleur...

15 minutes pour faire le point ensemble, évaluer blessure et situation, décider du chemin le moins risqué pour aller chercher les secours, envisager qu'il puisse AUSSI lui arriver quelque chose et partager le contenu de notre seul sac afin qu'elle dispose AUSSI du nécessaire vital.
5 minutes pour m'installer "confortablement".
25 minutes pour qu'elle aille très prudemment chercher de l'aide. Nous avions convenu qu'il était très important qu'elle prenne tout son temps pour ne pas commettre d'imprudence sous un stress d'urgence... Cela ne l'a pas empêchée de chuter aussi, lourdement, mais sans conséquences heureusement !

20 minutes pour qu'elle revienne avec les deux premiers sauveteurs, voisins du coin.
60 minutes pour m'extraire du bois à huit personnes, dont quatre pompiers, et pour une distance d'environ... 250 mètres !
Tous ont "explosés" tour à tour en me portant sur le dos, en me laissant pourtant franchir à quatre pattes les passages boueux les plus dangereux... Malgré cela, nous sommes encore tombés 3 fois dans les ronces, mes "chevaux" et moi...

15 minutes entre la prise en charge dans l'ambulance, le check-up et le transport au Service des Urgences situé à 400m à vol d'oiseau du lieu du "drame", 2 heures 30 minutes après l'accident...
Diagnostic ?
Entorse !
Conclusions partielles :
Je voudrais dire humblement que voir arriver les secours est une joie profonde, même après si peu de temps...

Nous étions très bien équipés et sécurisés et plutôt préparés à une telle éventualité mais sans téléphone portable parce que nous n'en possédons pas.
Ce n'était qu'une simple entorse très douloureuse et il m'était impossible de poser le pied à terre à nouveau.
A la première évaluation de la blessure, je n'avais pas osé retirer ma chaussure de crainte de ne pas pouvoir la remettre... J' étais persuadé, par le craquement entendu, que j'avais le pied fracturé.
A posteriori, je me dis que j'aurais pu m'en sortir tout seul en rampant, seule façon de progresser sur un terrain de ce type et dans mon état, mais nous n'y avions pas songé lors de notre évaluation...
Des "bâtons-béquilles" auraient été impossibles à utiliser dans ce cas précis, mais le seul bâton de rando que j'avais emporté pour nous deux m'a servi pour faciliter la progression des mes "chevaux-sauveteurs", sans que l'on ne s'accroche trop dans les ronces...
Mais j'ai surtout été épaté par le sang-froid de ma compagne

, le dévouement de mes sauveteurs

et les yeux

bleus

de la splendide

urgentiste

qui m'a ausculté...

Ps : Suis fatigué, terminerai les conclusions demain...