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Auteur Sujet: [Récit de voyage au long cours] Voyager avec des moutons  (Lu 51553 fois)

20 janvier 2011 à 12:41:27
Réponse #75

Madudu


Je ne suis donc pas le seul à m'être fait accueillir comme un chien en Isère  >:(

J'ai vraiment pas aimé ce coin, l'ambiance est terrible  :(

20 janvier 2011 à 14:31:23
Réponse #76

thorgaal


J'ai finalement été très bien accueilli dans un petit loft aménagé façon "roulotte", même si elle commençait à se demander si ce n'était pas un canular, j'appris qu'en effet que de nombreux wwoofers téléphonaient et ne venaient jamais, et que ça commençait à gonfler plus d'un hôte...
Dans le cadre du WWOOF, je proposais de rester le lendemain matin pour travailler un peu, mais elle refusa, elle me dit qu'elle faisait aussi partie du Couchsurfing, et avait donc l'habitude d'accueillir gratuitement.

Citation de: Madudu
Je ne suis donc pas le seul à m'être fait accueillir comme un chien en Isère  

J'ai vraiment pas aimé ce coin, l'ambiance est terrible  

Personnellement, en Isère, j'ai vu tous les extrêmes...

Le prochain hôte WWOOF était à Saint-Savin, à 10km de là, fatigué par cette longue étape, je décidai de m'y arrêter aussi. Il s'agissait en fait d'Annick, la femme de l'ancien patron de mon hôtesse actuelle, qui s'était inscrite au WWOOF sur son conseil (le conseil de mon hôtesse actuelle à Annick, hein, vous aviez bien compris  :blink: - c'est compliqué de ne pas donner trop de noms). Elle insista pour l'appeler de ma part, pas de soucis, ils m'attendraient le lendemain dans l'après-midi.
J'insistai pour qu'elle m'explique bien le chemin pour s'y rendre. Précaution utile, car il ne fallait pas aller à Saint-Savin même, mais en fait vers Saint-Chef, puis continuer tout droit sans descendre dans le village, ce qui devait m'ammener dans un hameau agricole, où je n'aurais qu'à demander mon chemin, tout le monde les connaissait!

Je ne sais pas pourquoi, quand on m'explique un chemin, je trouve toujours que ça à l'air évident, et puis, au final, j'en chie...

Et c'est encore ce qui se passa ce jour-là... Je trouvai sans trop de problème mon chemin jusqu'à Saint-Chef, mais j'arrivai par un sentier en plein milieu du village, et non par la route comme dans les explications. Qu'à cela ne tienne, je remontai le village et suivis la route, jusqu'à un hameau composé de deux ou trois anciennes fermes.

C'est là que j'étais sensé demander mon chemin, sauf qu'il n'y avait pas un chat...
Je continuai donc en direction de Saint-Savin, pour ne pas partir à l'opposé. La route devint vraiment pénible : pas de bas-côté, pas de visibilité, beaucoup de passage. Je passai à côté d'une carrière, puis arrivai dans un autre hameau.
Là, il y avait trois hommes qui discutaient dans la cour d'une ferme, mais quand je leur fis signe, ils s'en allèrent. "Merci du coup de main!", leur criai-je  >:(.

Un peu plus loin, j'aperçu trois femmes un peu chics derrière un portail, j'approchai sans trop d'espoir, mais, à ma grande surprise, elles ne s'enfuirent pas.
Elles connaissaient mes hôtes de nom, Annick était apparemment aide-maternelle, ce qui expliquait qu'elle soit assez connue dans les environs. Elles m'expliquèrent qu'en gros, il fallait que je refasse toute la route merdique que je venais de faire, mais dans l'autre sens, puis que je tourne à droite, et je redemanderais là-bas...
Devant ma mine déconfite, l'une d'elle eut l'idée de me faire couper par une colline, au niveau de la carrière, c'était déjà nettement moins loin.
Arrivé en haut, je dus encore redemander mon chemin par deux fois, et quand enfin je suis arrivé à bon port, la tombée de la nuit était proche...
Je commençais à trouver qu'en fait, les journées où on ne sait pas où on va dormir, c'est beaucoup plus cool  8)

Epuisé, je demandai à rester une journée entière pour récupérer, accordé sans problèmes. Pour m'occuper, elle me fit égrainer du maïs pour ses poules à l'aide d'une ingénieuse machine à manivelle, puis nous allâmes cueillir des pommes et des coins pour faire de la confiture. Elle accueillait une poignée de sympathiques bambins de l'école voisine de 11h à 13h et de 16h à 19h, nous allâmes les chercher à l'école avec mes moutons, les gamins étaient ravis!

J'appelai aussi mes hôtes suivant, à Saint-Siméon-de-Bressieux, à une 50aine de kilomètres de là, dont la description sur l'annuaire du WWOOF laissait bien transparaître la bonne humeur et les idées anarchistes...
Enthousiasmé, je demandai à rester 3 ou 4 jours, mais, cette fois, donnait une incertitude d'un jour ou deux quant à ma date d'arrivée.

Le 19 octobre, je repris donc mon sac et je repartis sur de bonnes bases, c'est-à-dire sans avoir aucune idée de mon objectif de la journée...  :love:

« Modifié: 20 janvier 2011 à 18:02:05 par thorgaal »

20 janvier 2011 à 14:50:43
Réponse #77

Madudu


Citer
les journée où on ne sait pas où on va dormir, c'est beaucoup plus cool

Je te rejoint là-dessus. Je n'ai vraiment commencé à profiter que quand je me suis résolu à ne pas me donner d'objectif ou d'itinéraire.
Genre, je suis sur une route, elle est sympa et dans la direction approximative dans laquelle je veux aller. Mais y a un chemin qui part à droite vers des collines couvertes de bois, bah je vais y faire un tour. Ca peut me faire perdre ma journée ne terme de distance parcouru à vol d'oiseau, mais c'est en suivant ses envies qu'on se sent bien.

20 janvier 2011 à 16:07:41
Réponse #78

thorgaal


Ce jour-là, je suis arrivé en fin de matinée à Ruy, j'ai traversé la N6 en périphérie de Bourgoin-Jailleux, en pleine ambiance "manifs lycéennes", j'y ai croisé des groupes de jeunes chantant à tue-tête, et manifestement pas tous à jeûn... Mais mon passage a été plutôt bien accueilli par cette belle journée contestataire, et l'on m'a même proposé sérieusement de venir aux manifs de l'après-midi avec mes moutons  :up:.

J'ai toutefois préféré décliner, et continuer mon chemin. J'ai ensuite longé la N85 en passant par les parkings de la zone commerciale et, pour rester dans la contestation, j'ai même laissé paître mes brebis deux bonnes heures sur un terrain à bâtir, au bord de la nationale, entre deux garages automobiles. "Soyez le changement que vous voulez voir dans ce monde" comme disait l'autre  ;)

Puis j'ai traversé la route et j'ai cherché une rue pour monter sur le plateau voisin, afin de sortir un peu de l'agitation de la ville.

Une paire de kilomètres plus loin, une 4L s'arrêta à ma hauteur, un petit papi, qui semblait sorti tout droit des photos noir et blanc des livres d'histoire, me demanda où j'allais comme ça.

Petite parenthèse, depuis le début du voyage, les gens que nous avons croisés - et qui ont daigné nous adresser la parole - ont posé essentiellement trois questions :
- Où allez-vous?
- D'où venez-vous?
- Que faîtes-vous avec ces moutons? (voire "ces chèvres", pour les incultes  :huh:)

A la première question, la réponse fut pendant quelques jours "-de Torpes, près de Besançon", puis simplement "-de Besançon"
A la seconde la réponse à longtemps été "dans la Drôme", puis "près de Valence", puis "à Combovin", en fonction de la proximité de l'objectif.
Il est marrant d'observer comme les réactions des gens ont varié avec l'avancement du voyage :
A quelques dizaines de kilomètres de Besançon, nous passions pour des timbrés quand nous disions aller dans la Drôme.
A mi-chemin, nous étions pris beaucoup plus au sérieux.
Puis, en approchant de l'arrivée, mon objectif ne choquait plus personne ou presque, mais beaucoup mettaient en doute mon point de départ...

La dernière question est plus délicate, car les réponses sont multiples et plus ou moins exactes.
A la base, c'était pour avoir du lait au printemps, mais quand on ne sait pas de quoi demain sera fait, le printemps, c'est très loin. Alors je me perds dans des explications du type "j'avais des moutons chez mon grand père, parce que j'habitais chez mon grand père pour mes études, et je pouvais pas lui laisser, parce que c'était une charge, ils abimaient le verger, mais je voulais pas les vendre, parce que j'y étais attaché, alors comme je voulais partir à pied, je me suis dit que je pouvais les emmener, etc, etc..."

Et puis, quand j'ai pas envie de m'étendre, j'ai trouvé une réponse qui passe pour toutes les questions : "Je fais le tour de France à pied avec mes deux brebis"
Certes c'est franchement inexact, mais le "tour de France", c'est dans l'inconscient collectif un but qui se suffit à lui-même, et aucun moyen n'est trop original pour le faire, du coup ça élude beaucoup de questions.  :)


Je crois que c'est d'ailleurs cette réponse que j'ai servie à ce monsieur ce jour-là (tout ça pour ça   ;D)

Il me fit un sourire entendu, puis demanda : "Est-ce que tu veux dormir à Meyrié ce soir?"
J'avais plutôt un bon pressentiment, alors j'acquiesçai.
"Très bien, je t'héberge! Je vais faire une course, va au bout de la route, et attends-moi au rond-point, j'en ai pas pour longtemps."
Et ainsi fut fait. Je lui trouvais un drôle d'accent, mais je n'ai pas réussi à l'identifier, j'ai vu par la suite à son nom qu'il était d'origine italienne.
Il était garagiste à la retraite, et avait beaucoup voyagé en camping-car avec sa femme, dans toute l'Europe et même au-delà.
Je commence d'ailleurs à croire que seuls les gens qui ont eux-mêmes voyagés savent encore ce que c'est que l'hospitalité.
Lui m'assura que cette méfiance excessive était propre à la France, et me recommenda chaudement d'aller faire un tour en Italie. Je ne l'exclus pas pour l'avenir, même si je ne parle pas un mot d'Italien...

Comme il n'était pas très tard, je lui donnai un coup de main pour nettoyer son jardin, il mit d'ailleurs un moment à accepter mon aide. Loués soient les gens qui donnent sans rien attendre en retour, ça se fait rare...

Il m'emmena ensuite voir ses quelques hectares de prés, qui selon lui valaient maintenant une fortune : sur une pente exposée sud, truffés de sources souterraines qui formaient un ruisseau en contrebas, le tout dominé par un bosquet de châtaigner.

Il me montra ses quelques brebis, dont il était très fier, d'énormes charollaises. Je me suis bien passé de lui dire ce que je pensais de cette race, en revanche, je remarquai qu'elles avaient toutes des sonnailles magnifiques.

Il m'expliqua qu'il en avait ramené beaucoup de ses voyages en Provence.

Le lendemain, quand nous nous séparâmes, il m'offrit une grosse sonnaille, très jolie. Je le remerciai chaleureusement, et l'enfilai à ma brebis blanche, qui n'en avait pas.
Je ne pus m'empêcher de lui demander si je pouvais le prendre en photo, sacré personnage!

« Modifié: 21 janvier 2011 à 14:25:29 par thorgaal »

20 janvier 2011 à 18:45:41
Réponse #79

Madudu



21 janvier 2011 à 18:19:15
Réponse #80

thorgaal


Je fis donc mes adieux à mes hôtes, après avoir avoir noté leur coordonnées dans mon petit carnet, qui m'a permis récemment d'envoyer des cartes de voeux à tous les gens qui m'ont accueilli lors de ce voyage (heureusement qu'ils sont peu nombreux, sinon ça m'aurait coûté cher en timbres!  :honte:).

Bref, après m'être assuré que j'étais à bonne distance du village de Meyrié, je m'empressai d'arrêter les brebis au bord du chemin pour retirer le battant de la nouvelle sonnaille.
Autant le tintement léger de la petite clochette d'Ethiopie, achetée sur un marché Masaï au Kenya (en même temps que mon fidèle coupe-coupe), ne me dérangeait pas du tout, autant cette magnifique sonnaille provençale résonnait comme un jeu de vieilles casseroles trouées en plein tremblement de terre... et à peine l'avais-je enfilé à ma brebis que je comprenais déjà pourquoi il me la donnait de bon coeur  ^-^

Edit : Ethiopie c'est le nom de mon agnelle, parce qu'elle est noire, rien à voir la provenance de la clochette, sinon on comprend plus rien, ceci dit peut-être que tout le monde s'en  :branleur: de la provenance de cette clochette, bref  ;#

Je pouvais donc continuer tranquillement et silencieusement ma route en cette belle journée d'octobre, avec un ciel comme je les aime : parsemé de nuages tourmentés, transpercés ici et là par de chauds rayons de soleil  :love:.

J'avançais en direction de La Côte-Saint-André, dans un sympathique paysage de champs et de prairies, surveillés par de vieux châtaigners trapus et quelques rares mais généreux noyers (mes hôtes allaient m'apprendre le lendemain soir que j'avais pris de gros risques en rammassant des noix avant la Toussaint, fussent-elles sur une route ou un chemin public : en Isère, on ne plaisante pas avec les noix!  :cyborg:)

En milieu de journée, observant avec remord la sonnaille devenue muette, je décidai de tenter quelque chose : j'enveloppai le battant dans un petit carré de cuir, noué à l'aide d'un bout de ficelle, puis je le remis à sa place. La cloche n'en sonnait pas plus juste, mais le son était suffisament étouffé pour être supportable, tout en permettant de localiser sans hésitation la brebis en cas de besoin.

Je m'arrêtai bien avant le crépuscule à l'orée d'une petite clairière, à l'entrée du bois de Commelle. Le temps n'étant pas au beau fixe, je montai ma tente pour la première fois du voyage (à deux, nous n'utilisions que la tarp de Madudu), après avoir bien pris le temps de balayer du pied toute la litière forestière de l'emplacement choisi, bogues de châtaignes obligent...

J'allumai ensuite le feu, avec du châtaigner, puisqu'il n'y avait que ça à proximité. Le châtaigner - mais beaucoup d'entre vous ont déjà du en faire la douloureuse expérience - ça brûle très bien, mais ça pète pas mal... de quoi vous transformer une veste polaire en passoire le temps de le dire, la laine est donc de rigueur.

Malgré ce petit inconvénient, j'étais particulièrement bien installé ce soir-là...



... et les brebis n'étaient pas en reste!



Au menu, tout ce que je trainais depuis ces quelques jours et que je n'avais pas eu l'occasion de manger, puisque d'autres avaient fait la cuisine pour moi.
J'étais lassé de porter toutes ces réserves : 500g de blé, 500g de chénopode blanc, 200g de lentilles, autant de soja et d'amaranthe, un bon kilo de grosses châtaignes, et quelques beaux topinambours.
Réserves qui devaient donc bien dépasser les 3 kilos, ce qui, vu l'abondance des ressources naturelles, était plutôt stupide. Dès lors, je ne garderais plus sur moi que l'avance pour une journée ou 2, c'était largement suffisant pour la saison.

Au menu donc : une délicieuse potée amaranthe-lentilles-soja-châtaignes-topinambour longuement mijotée, avec juste une pointe de sel, certainement une des plus belles réussites culinaires du voyage  :love:

Je ne gardais donc dans mon sac que 500g de blé, autant de chénopode, et quelques châtaignes. C'était encore bien large, mais je n'aime pas balancer de la bouffe (en mode survie, ça serait quand même un comble!), je m'interdis cependant de récolter quoi que ce soit de plus dans les jours suivant.
« Modifié: 06 novembre 2011 à 18:58:33 par thorgaal »

21 janvier 2011 à 19:56:59
Réponse #81

thorgaal


Le lendemain, je me levai de bon matin, la brebis blanche était gentiment couché contre ma tête, sous l'auvent de la tente, l'autre était roulée en boule dans le foyer encore fumant...
Et pour cause, il avait bien gelé cette nuit-là. Je finis les restes du ragoût de la veille, remisé dans le fond de la tente, même glacial, il était encore bon!

Puis je pliai le camp. Je venais d'enfiler mon sac à dos quand un coup de feu retenti, alors qu'une purée de pois empêchait d'y voir à plus d'une dizaine de mètres.
Je n'étais donc pas du tout rassuré, malgré le gilet fluo que portait mon agnelle depuis un autre épisode, remontant au Jura, où un bonhomme comme un autre, la prenant pour un sanglier, avait tiré à balle juste à côté d'elle, et pas bien loin non plus de moi et Madudu...
Mais je ne m'attarderai pas plus que nécessaire sur le sujet que je sais tabou sur ce forum.

Quelque part dans le brouillard, j'entendais des grelots de chiens, il y eut encore une série de détonations.
"Ohé! faites-gaffe là! j'ai des moutons avec moi!", criai-je.
Le ridicule ne tue pas, lui...   :)

Quelques mètres plus loin, je croisai les empêcheurs-de-se-promener-tranquille en question, un bien pour un mal, j'en profitai pour leur demander mon chemin.
"-Excusez-moi, vous pourriez m'expliquer le chemin pour aller à Commelle sans prendre la route?
 - Oh là, sans prendre la route, c'tà dire que moi, j'y arriverais bien, mais bon, il faut connaître!"

Bon, c'est pas grave, merci quand même, je vais me démerder tout seul.

Une heure plus tard, j'arrivais sans encombre à l'entrée de Commelle, en étant allé à peu près toujours tout droit. Comme quoi, il ne fallait pas forcément connaître...

Dans Commelle, profitant d'une cabine téléphonique en état de marche (ô miracle!), j'appelai mes hôtes pour leur signaler ma position, et les prévenir que j'arriverais probablement dans la soirée.
Tandis que je continuais dans le village, un petite mamie me regardait venir depuis le pas de sa porte. A mon passage, elle m'invita à boire un jus de fruit, puis m'offrit quelques madeleines pour la route, merci encore :love:

Je repartis ensuite en direction de Saint-Siméon-de-Bressieux, en contournant La Côte-Saint-André par l'Ouest, mais j'arrivai très vite à un obstacle de taille : une très grosse départementale. Je ne devais pas l'emprunter sur plus de quelques centaines de mètres, mais c'était déjà du suicide... je pris donc la solution sécuritaire : marcher à travers champs à quelques mètres de la route. Je traversais d'abord péniblement un grand champ labouré, puis un champ semé de colza, je m'appliquais à passer en bordure du champ pour que les brebis n'abîment pas les jeunes plants, quand une Acadiane bleu lagune s'arrêta à ma hauteur, je voyais déjà un vieux paysan grincheux en descendre pour me virer de son champ à coup de chevrotine, mais il n'en était rien, c'était en fait un sympathique bonhomme, avec une pointe d'accent du Nord.
"Salut, moi c'est Alain, c'est chez moi que tu viens, je suis venu voir où t'en étais!" :)

Voyant ma situation, il me proposa de charger les brebis dans le coffre et de me ramener. Je refusai, "C'est de la triche!", il s'y attendait.
"Laisse-moi au moins ton sac alors!" Non plus, on sait jamais, si je me perdais et que j'arrivais pas dans la journée, j'aurais été bien embêté de ne pas avoir mes affaires...
Après réflexion, il me conseilla de passer plutôt par La Côte, ce serait moins pénible, il me montra une petite route sur la gauche, puis, voyant un chemin qui pouvait être un raccourci, il y fit un aller-retour en 2CV pour repérer. "Ca passe!"
Il me montra ensuite sur la carte comment arriver à Saint-Siméon par des petites routes tranquilles.
Pas de soucis jusque-là, si ce n'est que mon passage sema quelque peu la panique dans deux énormes bergeries industrielles le long de la route, à la deuxième, un paysan me regarda passer avec l'air suspicieux de celui qui se demande si ces deux brebis qui s'éloignent sont à lui...

En revanche c'était la première fois que je voyais aussi bien la Haute-Savoie.



J'atteignis finalement Saint-Siméon-de-Bressieux vers 16h, et y entrait par un quartier pour le moins inattendu, d'horribles résidences HLM en rase-campagne...

J'y croisai un groupe de jeunes de diverses origines.

"-Ho monsieur, tu les vends tes moutons?
 -Non, désolé
 -Aller s'il-te-plait monsieur, j'te donne 100€!
 -Bah, j'aimerais bien... mais elles sont pleines.
 -Ah ok, fallait le dire!"

C'était pas vrai, mais j'étais pas mécontent de ma trouvaille pour avoir la paix  8)
Ceci dit il fallait que je pense sérieusement à trouver un bélier pour les remplir, si je voulais du lait au printemps.

Mon hôté m'attendait un peu plus loin, dans le centre du village.
"Alors? T'as traversé Chicago! Ouaip, c'est comme ça qu'on appelle la banlieue de Saint-Sim'..."
Il m'accompagna ensuite jusqu'à sa petite ferme, "Le Moulin Ruel", à quelques kilomètres de là, juste en lisière de la forêt des Chambarans.
Le courant passa très bien entre nous, et j'y restai finalement 10 jours.

En milieu de séjour, mes parents passèrent me voir en rentrant de vacances, m'amenant une boussole, ainsi que le duvet Ansabere 600 que j'avais commandé juste avant le départ, nettement plus léger et moins volumineux que mon S0 Décathlon (nettement plus cher aussi  :-[).

Le samedi 30 octobre, avant-dernier jour avant le départ, nous allâmes aider une amie de mes hôtes pour la tonte de son troupeau Thônes-et-Marthod, une race ovine que j'aime particulièrement.

A mon grand regret, elle ne m'avait pas autorisé à laisser mes brebis quelques jours avec un de ses bélier.

Il est vrai que le risque sanitaire n'était pas négligeable, mais je pense que c'est un risque qu'elle aurait volontier pris si elle ne venait pas de perdre 40 brebis en estive (soit un tiers de son cheptel) suite à une attaque attribuée à des chiens errants (pour elle, l'implication du loup était évidente, mais les autorités l'avait niée pour éviter de l'indemniser).

Finalement, j'ai trouvé une autre solution, j'ai craqué sur un de ses adorables petits mâles qui devaient être vendus pour l'Aïd deux jours plus tard...
Et c'est ainsi que "Magnum", le petit Thônes-et-Marthod, se joignit (avec beaucoup d'enthousiasme d'ailleurs) à mon aventure.







A suivre
« Modifié: 22 janvier 2011 à 18:47:17 par thorgaal »

21 janvier 2011 à 20:27:35
Réponse #82

aquinatis



22 janvier 2011 à 11:46:40
Réponse #83

thorgaal


La veille du départ, je téléphonai à mon dernier hôte potentiel, un maraîcher à Sait-Hilaire-du-Rosier, mais celui-ci refusa de m'accueillir, sans raison particulière, mais c'est son droit après tout.

Ma prochaine épreuve serait donc de traverser le massif forestier des Chambarans, réputé froid, humide, et surtout traître.
Mes hôtes tinrent à m'accompagner le premier jour pour me mettre sur la bonne voie, et pour voir comment je me débrouillerais avec un troisième mouton, mais eux-mêmes, bien qu'habitués à cette forêt, me firent tourner en rond dans une tourbière...



je continue plus tard

22 janvier 2011 à 11:54:31
Réponse #84

Baden


vraiment sympa :) , moi j'aime bien les parents qui viennent te voir, déjà les miens, je ne suis pas sure qu'ils accepteraient ...
"c'est très facile de s'arrêter et de dire trop c'est trop, continuer c'est tout ce qui fait la différence!"

22 janvier 2011 à 12:26:55
Réponse #85

Elektro


Je me régale à te lire,c'est vraiment chouette  :doubleup:

22 janvier 2011 à 14:28:50
Réponse #86

thorgaal


vraiment sympa :) , moi j'aime bien les parents qui viennent te voir, déjà les miens, je ne suis pas sure qu'ils accepteraient ...

Ca, je ne pense pas l'avoir volé, leur assentiment est le fruit d'un long combat...

Je continue

Vers midi, nous fîmes halte dans une clairière pour laisser manger les moutons, très vite le vent se leva, et la température chuta.
Frigorifiés, mes hôtes s'impatientaient, mais je tenais à ce que les bêtes se remplissassent correctement la panse avant de pénétrer à nouveau la forêt.
Finalement, ils décidèrent de me donner quelques points de repère pour la suite et de rebrousser chemin. Selon eux, il y avait une cabane où je pourrais passer la nuit au bord de l'étang Fouaty.

En suivant leur indications, j'arrivais effectivement, entre chiens et loups, à une petite étendue d'eau, mais pas de cabane en vue, peut-être n'était-ce pas la bonne.
Cependant, il y avait là une petite aire plane où un cercle de pierres délimitait un ancien foyer.
J'y montai la tente et, malgré l'humidité ambiante, quelques branches mortes de bouleau me permirent de démarrer un feu.

Je profitai de l'eau de l'étang, parfaitement limpide, pour cuire une partie de mes graines de chénopode, que j'assaisonnai avec quelques petits bolets trouvés le matin.
Hélas, j'avais dû ommettre les gouter tous, et certaines cuillérées me laissèrent en bouche une forte amertume. Je me forçai tout de même à absorber ma ration, par flemme de cuisiner autre chose (le bolet amer n'est pas vénéneux).

Je passai encore presque toute la journée suivante à traverser cette extraordinaire forêt, à laquelle la brume donnait des allures mystérieuses.
Le paysage était loin d'être monotone : une multitude de biotopes et d'essences se succédaient au gré des microclimats, parfois avec des transitions très nettes.
Sans ma boussole, cela aurait très vite pu devenir un cauchemard, et même avec, j'ai certainement fait quelques gros détours.

Il faut préciser aussi que ma boussole a un énorme défaut de conception : la pochette de rangement est fermée par un aimant, donc quand je n'y fais pas attention, je sors la boussole, je la pose sur la pochette, et l'aiguille s'immobilise immédiatement dans une direction aléatoire... il y a de quoi s'arracher les cheveux.  :bang:
Ceci dit, je me demande bien pourquoi je n'ai pas encore pris la peine de changer ce système de fermeture foireux.

En milieu d'après-midi, j'étais donc soulagé quand, redescendant par le versant sud du massif, je distinguai la vallée de l'Isère à travers les arbres, et, à l'horizon, les contreforts du Vercors  :)

De plus, comme j'étais enfin hors du brouillard, et que quelques rayons de soleil traversaient maintenant la cime des châtaigners, j'imposai à tout le monde une petite sieste...



Je bivouaquai ensuite quelques kilomètres après la sortie de la forêt, dans un petit pré broussailleux, peu avant Saint-Antoine-l'Abbaye.
Je me consolai de mon dernier repas raté en grillant quelques douzaines de châtaignes dans la braise  :love:
« Modifié: 22 janvier 2011 à 15:10:49 par thorgaal »

22 janvier 2011 à 16:26:44
Réponse #87

Criss Kenton


Il me restait encore une page à lire, en un mot: Excellent !

Faire ça en s'alimentant principalement grâce à la cueillette, franchement chapeau bas ! Je crois que tu peux modifier le titre de ton fil maintenant: "une vie, une réalité, un accomplissement"  8) Concrétiser exactement ce que l'on avait en tête au départ, surtout quand c'est ambitieux comme ce que tu fais - à pieds avec des brebis moutons + cueillette, c'est très difficile mine de rien. En plus tu as l'air d'avoir un sacré mental et pas mal de discipline ! Avec ça si tu ne nous sors pas le deuxième tome des aventures de Thorgaal et ses moutons fringants version printemps/été 2011 ça va chauffer pour ton matricule ! Le lectorat l'exige  :D

Sinon je vois que toi aussi tu as mis le doigt dans l'engrenage vicieux du "Non, c'est de la triche ! Je fais tout à pieds ! Pas de compromis ! Ni Dieux, Ni Maître, Ni moyens motorisés !"  ;D  ;D

Citer
Dans Commelle, profitant d'une cabine téléphonique en état de marche (ô miracle!)
La preuve typique d'authenticité du périple longue durée dans les campagnes françaises ! L'instant magique où l'on décroche - sans trop attendre de miracle - le combiné d'une cabine téléphonique verte de moisissures alors même que l'on se demande ce que l'on fout là, et que l'on entend la tonalité annonciatrice d'un coup de fil salvateur. Alléluia!  ;#

22 janvier 2011 à 18:42:01
Réponse #88

thorgaal


Merci Criss Kenton  ;)

Ok, je veux bien écrire la suite, mais n'en faîtes pas trop, hein, ça me gêne  :-[
Je préférerais avoir quelques critiques...

Bon aller, la suite...



Le lendemain matin, il n'était plus possible de continuer par des sentiers, et je dus emprunter une petite départementale pour poursuivre vers le Sud depuis Saint-Antoine, instant de vérité sur la faisabilité de la chose avec un troisième mouton...
Je les attachai à la chaine comme d'habitude : la boucle à l'extrêmité de la petite corde de Magnum coulissait sur la petite corde d'Ethiopie, dont la boucle coulissait elle-même sur la corde principale, dont un bout était attaché au collier de la brebis blanche, et l'autre était enroulé sur ma main.

Et contre toute attente, ça fonctionna plutôt bien, quand le convoi s'ébranla, la brebis blanche pris la tête comme d'habitude, tractant Ethiopie qui se laissa tanquillement trainer, comme d'habitude, et le petit nouveau, malgré ses courtes pattes, se maintint à hauteur des autres d'un petit trot élégant.

Le tout était tout aussi manoeuvrable, voire plus, que quand il n'y en avait que deux, le problème principal restait la forte tendance du système à s'emmêler en cas d'arrêt.



Vers 11h, j'avais déjà parcouru une dizaine de kilomètres, et faisait une pause au niveau d'une intersection pour réfléchir à la route que j'allais prendre : j'avais le choix, pour traverser l'Isère, entre le pont de Saint-Hilaire-du-Rosier, et celui de Saint-Lattier, aucune de ces solutions ne me satisfaisait vraiment.

C'est alors qu'un cycliste qui passait par là s'arrêta pour discuter, et trouva mon projet très sympa, il n'était pas de la région, et devait retourner chez lui, sur Marseilles, dans l'après-midi, mais il me conseilla d'aller dormir chez son ami à Saint-Lattier, qui, disait-il, m'accueillerait volontier. Il y mangerait à midi et pourrait ainsi le prévenir de mon arrivée.

Comme ce n'était pas très loin, je prenais tout mon temps, faisant même une longue pause au bord d'une petite route.





J'approchais ensuite de l'Isère au milieu de ses étonnantes monocultures de noyers, où, suivant les recommandations qu'on m'avait faites, je me gardais bien de mettre les pieds.

Une fois à Saint-Lattier, j'arrivais, suivant les indications du cycliste, dans le quartier où résidait son ami, que nous appellerons Georges Tartempion.
Voyant une dame agée assise dans une cour de maison, je m'approchai, et commençai à lui demander où habitait Georges quand j'entraperçu son nom sur la boîte aux lettres : Tartempion. J'étais donc tombée par hasard chez sa mère, qui s'avéra quelque peu gâteuse.
Arriva alors un jeune homme, qui n'était autre que le fils de Georges, et qui lui, pour ne rien arranger, était plutôt simplet.

"-Qu'est-ce que c'est ces chèvres, là? demanda-t-il.
 -Ce sont des moutons...
 -C'est le jeune homme qui les a amené, il dit qu'un cycliste lui a dit qu'il pouvait dormir chez Georges Tartempion.
 -Oh là là, mais c'est pas là qu'il faut aller, vous feriez mieux d'aller au parc, à la sortie du village, c'est eux qui ont dû perdre des moutons.
 -Mais ils sont à moi, ces moutons! Je voyage avec, et j'ai croisé ce matin un cycliste qui m'a dit que je pouvais dormir chez Georges.
 -Oh, mais connaissant ma belle-fille ça m'étonnerait bien qu'elle soit d'accord pour vous accueillir avec des moutons, vous devriez les ramener au parc!"

Et la discussion se poursuivit comme ça pendant plus d'un quart d'heure, aucun de mes interlocuteurs ne voulant admettre que ces moutons ne venaient pas de ce foutu parc à la sortie du village, et que ce cycliste ami de Georges dont, certes, je ne connaissais même pas le nom, n'était pas le fruit de mon imagination.
En bref, j'étais donc en train de m'évertuer à convaincre une vieille femme sénile et un grand benêt que je n'étais pas fou, mais croyez-moi, il y avait de quoi le devenir...
Finalement, je parvins à persuader la vieille d'appeler son fils, pour vérifier mes dires, elle croyait dur comme fer qu'il allait m'envoyer me faire voir, mais elle dut bien admettre qu'effectivement, il m'attendait. Ouf!

C'était une maison très chic en bordure du village, Georges me fit laisser mes moutons dans un pré voisin, qui n'était pas à lui, mais à "un gars que je connais, ça le dérangera pas."
Il me montra ensuite ma "chambre", une chaufferie au sous-sol de la maison...
"C'est pas du luxe, mais c'est chauffé et c'est propre, tu seras toujours mieux que dehors!"
Je n'en étais pas convaincu, dormir par terre dans une pièce presque aveugle, chauffée à 25°C (au moins) par une grosse chaudière qui, non contente de puer le fioul à plein nez, faisait un boucan du Diable toute les demi-heures...je ne voyais pas comment ça pouvait être mieux qu'un coin de pré bien moelleux...
Mais je me forçais à avoir l'air reconnaissant, car il venait de m'inviter à dîner.
Je ne me suis pas senti du tout à ma place dans cette maison, même s'ils étaient plutôt gentils, que j'ai pu prendre une douche, et que le repas était très bon. Quand ils m'interrogèrent sur mon voyage, j'ai dû user de toute mon habileté pour tourner mes réponses de manière à ne pas les choquer...
Bien entendu j'ai très mal dormi...
Bon, les coups foireux comme ça, à l'avenir, j'éviterai...

Cela dit, ils me donnèrent une information très précieuse : les récoltes de noix étant terminées, le ramassage des noix était désormais toléré pour la consommation personnelle...
et ma consommation personnelle, c'est pas rien  ;#
« Modifié: 22 janvier 2011 à 19:01:10 par thorgaal »

31 janvier 2011 à 14:42:35
Réponse #89

thorgaal


Bon allez, il est temps que je boucle ce récit pour passer à ce qui m'intéresse le plus, l'aboutissement de ces 5 pages de blabla : l'auto-analyse et surtout le débat qui s'en suivra...  :popcorn:

Mais d'abord, suite et fin du périple : revenons à l'aube du 4 novembre 2010, passage de la dernière frontière :



J'ai donc traversé l'Isère à entre Saint-Lattier et Eymeux, puis l'A49 un peu plus loin, et je suis très vite arrivé à Hostun, au pied du Vercors.



Faute de sentier, j'ai suivi toute la journée une départementale relativement fréquentée, en faisant quelques "petites" pauses pour m'empiffrer de noix ici et là.

Au passage, une vue particulièrement belle sur Saint-Mamans :



En fin de journée, la route devint sinueuse, et la progression, beaucoup plus dangereuse et pénible.
Imaginez, une route limitée à 70, à l'heure où les gens sortent du boulot, avec des séries de petits virages sans visibilité, et évidemment sans bas-côté.

Avec mes trois bêtes, j'occupe la moitié de la route. Seule solution : anticiper à l'oreille l'arrivée des véhicules, si c'est en face, je serre à droite, si c'est derrière, je passe à gauche (et si c'est les deux, je prie...).

Il y a eu ce soir là quelques croisement miraculeux et je me demande encore comment il est possible que je n'y aie pas laissé un mouton...

C'est donc exténué par ces quelques kilomètres d'attention constante que je suis arrivé devant le camping de Rochefort-Samson.
Je suis quand même allé faire un tour à l'accueil, au cas où. Il n'y a personne,mais un panneau indique que c'est ouvert, le tarif est dissuasif : 12,50€ l'emplacement, ce n'est pas dans mes moyens, sans parler de faire accepter les moutons...

Repli stratégique, je suis monté sur le coteau au-dessus du camping, et j'y ai trouvé un petit emplacement plat, à quelques mètres à peine des derniers emplacements payants... mais néanmoins bien isolé du camping et de la route par quelques broussailles que le hasard - s'il en est un - avait judicieusement placé là.
« Modifié: 31 janvier 2011 à 15:54:03 par thorgaal »

31 janvier 2011 à 14:49:08
Réponse #90

thorgaal


Le lendemain est un très bon jour : des petites routes, des sentiers tranquilles...



...des noix à profusion, et ce n'est pas fini!

A Saint-Vincent-la-Commanderie, alors que je faisais une pose à l'entrée du village, un bonhomme en voiture s'arrêta pour discuter, puis continua et tourna à la première maison. Quelques minutes plus tard, il criait : "Hé! monsieur Moutons! tu veux venir manger avec nous?"
Je m'étais déjà bien goinfré de noix, mais moi je suis comme le loup, je peux me passer de bouffe pendant une semaine, mais quand il y a à manger, je mange! Et puis ça se fait pas de refuser ce genre d'invitation, hein  :-[

Et le soir, rebelote : je croise à la sortie de Châteaudouble un homme sympathique, la conversation s'engage, il m'offre des pommes, et comme il est tard, je lui demande si je peux planter la tente dans son jardin. Pas de problème. Il m'invite à manger.
J'accepte de rester le lendemain matin pour lui donner un coup de main sur un petit chantier, pensant payer ainsi ma pitance, mais au final, il insiste pour me rémunérer ces 3h de travail, et correctement en plus  :up:
« Modifié: 31 janvier 2011 à 15:53:26 par thorgaal »

31 janvier 2011 à 14:51:17
Réponse #91

thorgaal


Je reprends donc la route vers 13h. Mon point de chute pour préparer l'hiver est la ferme d'un ami de mon oncle, à Combovin, à 3km de là, le voyage est donc terminé, enfin presque...
Car la ferme n'est bien sûr pas à Combovin même, mais sur le plateau, 10km de route et 550m de dénivelé positif plus loin  :blink:
(on m'avait seulement dit "2km à vol d'oiseau", il y a des fois, ça doit être cool d'être un oiseau  ;#)

Un panneau insolite à retenu mon attention au départ de cette route...



Et, après 4h d'efforts, l'arrivée à la ferme de Boussière, qui les valait largement (la ferme est traversée par un sentier de randonnée que je vous recommande d'ailleurs chaudement).





Depuis, je ne fais que me déplacer d'hôtes WWOOF en hôtes WWOOF, à moins d'une journée de marche les uns des autres.
Je découvre ainsi les différentes productions paysannes du département, tout en profitant d'une alimentation de qualité et d'une place au coin du feu, ce qui est franchement providentiel en cette rude période hivernale...





Fin du récit.

31 janvier 2011 à 15:52:03
Réponse #92

thorgaal


Petite synthèse :
- au niveau du matos, j'en avais pour beaucoup trop lourd au départ, j'ai pu descendre de quelques kilos en éliminant des choses que j'utilisais peu (moulin à légume, vêtements de rechanges superflus), et en investissant dans du matériel de qualité (duvet, tarp).

- niveau moutons, c'est sûr, ça pose quelques contraintes : pour leur entretien, il doivent manger au minimum 4h par jour, donc je fais 2h de pause en milieu de journée pour les laisser brouter et je m'arrange pour trouver un lieu de bivouac avec de l'herbe à proximité (sinon je fais 4h de pause le lendemain pour compenser), ensuite ils ont besoin de ruminer, mais ça je n'y fais plus trop attention, ils ruminent lors des petites pauses que je fais pour souffler, parfois en marchant quand le rythme est cool, et puis la nuit entre leurs périodes de sommeil et de repas.
En fait, le seul truc vraiment chiant à gérer, c'est les routes et les zones urbaines, pas toujours faciles à éviter.

- niveau alimentation, la cueillette m'a parue largement suffisante en automne (c'est clair que c'est la meilleure saison pour ça), j'ai juste perdu 3-4 kilos de gras, que j'ai d'ailleurs très vite repris dans les fermes  8).

C'est peut-être un peu rapide comme synthèse, en fait là je suis pas très inspiré...

Si vous avez des questions, des remarques ou des suggestions par rapport au périple automne hiver 2010, je vous encourage à les poster.

A présent je suis dans la réflexion en vue de la suite du voyage : printemps-été 2011

Il faut que je décide d'un itinéraire approximatif, pour l'instant je serais assez partant pour visiter l'Ardèche au printemps, faire en sorte d'être à la rencontre du forum dans les Cévennes, et peut-être continuer vers les Pyrénées...
Mais sur le long terme, je suis plus tenté par l'Europe de l'Est, donc je ferais peut-être juste un aller-retour dans le Sud du Massif-Central avant de repartir vers l'Est, à réfléchir.

Sinon, au niveau printemps-été, ça risque d'être plus dur pour l'alimentation, donc je compte assez sur le lait des brebis, enfin de la brebis en l'occurrence, puisque que j'ai décidé de ne garder qu'Ethiopie et Magnum.
Une brebis ne donne du lait que si elle garde son agneau un certain temps, hors je ne pense pas pourvoir gérer deux agneaux en bas-âge, donc il est plus commode de ne garder qu'une brebis.
La brebis blanche était à la fois dominante et indépendante, donc je suis obligé de la tenir en laisse tout le temps, sans quoi elle n'en fait
qu'à sa tête, en plus, j'ai pu le vérifier au printemps dernier, elle ne supporte pas que j'essaie de la traire.
Si je m'en débarrasse (en la donnant à un type sympa qui s'occupera bien d'elle), c'est Magnum qui domine, et lui me suis au pied comme un petit chien, donc plus besoin de laisse.

Je garde donc aussi Ethiopie, qui, elle, doit agneler en avril, et devrait se laisser traire plus facilement (je lui tripote les tétons depuis qu'elle est toute petite  ;#) ce qui devrait donc me permettre de mettre du lait dans la soupe d'ortie et du fromage frais dans les salades de pissenlit, non négligeable  8)

Et si ça ne suffit pas comme base, j'achèterai de la farine pour faire des chapati.

Voilou,

à vos claviers!
« Modifié: 31 janvier 2011 à 15:59:37 par thorgaal »

31 janvier 2011 à 21:53:45
Réponse #93

Madudu


Il est clair que pour ma part, les lipides et l'amidon, je les achètes  :closedeyes: Trop galère de s'en procurer en grande quantité dans la nature.
Par contre au printemps j'espère être autonome en protéines et en vitamines.

Le bélier est castré ? Si oui, quel intérêt de le garder ?

La mère avait toujours des problèmes d'onglons ?

Tu as apparemment investi dans un Tarp, lequel ? J'y pense moi aussi, pour gagner du poids. Le D4 c'est lourd et encombrant...

T'as pensé prendre des guêtres pour la pluie, la neige et la rosée ?

Ptain, si t'as perdu 3-4kg, on a bien fait de se séparer. Parce que moi, je serais mort  :lol:


01 février 2011 à 19:38:17
Réponse #94

thorgaal


Citer
Le bélier est castré ? Si oui, quel intérêt de le garder ?

Oui le bélier est castré, j'y ai été contraint pour le mélanger à un troupeau.
L'intérêt de le garder, c'est que contrairement aux brebis, il me suis vraiment au pied, donc pas besoin de le tenir en laisse (sauf sur route, mais il ne devrait plus y en avoir beaucoup là où j'irai).
Et puis franchement, il est trop beau  :love:

Comme il divague peu, je réfléchis aussi à lui faire tirer une petite charette (quand il sera plus grand).


Citer
La mère avait toujours des problèmes d'onglons ?

J'ai plus eu de problèmes d'onglons avec la mère, par contre son caractère ne s'arrange pas...


Citer
Tu as apparemment investi dans un Tarp, lequel ? J'y pense moi aussi, pour gagner du poids. Le D4 c'est lourd et encombrant...

J'ai pris le X-Tarp d'Arklight, je ne l'ai testé qu'une fois donc pour moi c'est trop tôt pour juger de la qualité (le test du forum est très positif), mais en tout cas il est léger et compact.


Citer
T'as pensé prendre des guêtres pour la pluie, la neige et la rosée ?

Non, pas de guêtres, je bricole toujours avec mes sacs plastiques  ;#
« Modifié: 01 février 2011 à 22:09:33 par thorgaal »

02 février 2011 à 14:08:56
Réponse #95

Madudu


Faut pas que je tarde à faire une commande chez Arklight, et j'hésite à prendre le X-Tarp aussi.
Le hic c'est qu'il est cher, le plus c'est qu'il pèse presque trois fois moins lourd que mon D4  :o

M'en vais voir la revue matos  :)

02 février 2011 à 20:01:41
Réponse #96

thorgaal


Fais gaffe par contre, ya pas les cordelettes avec... pour moi ça rajoute à peu près 200g, et environ 12€ les 40m de ficelle nylon (100kg) en magasin de bricolage.

02 février 2011 à 23:58:16
Réponse #97

Madudu


Ca change la donne...  :-\

Merci de m'avoir prévenu, je vais fouiller un peu le forum pour trouver mon bonheur  :)

03 février 2011 à 11:04:14
Réponse #98

supernomade


Merci pour ce récit que tu nous a fait partager, j'espère te relire bientôt pour de nouvelles aventures ou mieux que l'on se croise sur les routes (ou chemins) ! @+
"Les profondeurs de l'âme humaine se nourrissent de nouvelles expériences !"

04 février 2011 à 12:33:34
Réponse #99

thorgaal


Merci à vous aussi qui prennez le temps de me lire.

Citer
ou mieux que l'on se croise sur les routes (ou chemins) ! @+

A ce propos, j'aime bien marcher seul, mais si quelqu'un est motivé pour faire un bout de chemin avec moi, ce sera aussi avec plaisir!  :)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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