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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: [Récit de voyage au long cours] Voyager avec des moutons  (Lu 76437 fois)

05 janvier 2012 à 16:22:39
Réponse #150

François


Un vrai régal ton récit, Thorgaal !
Merci, et bon courage pour la suite (de la rédaction du récit :D )
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

05 janvier 2012 à 16:40:35
Réponse #151

gmaz87


Bonjour
Merci pour le partage, tes photos sont de plus superbes et ta plume plus que plaisante à lire  :)
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

05 janvier 2012 à 16:55:17
Réponse #152

Baden


enfin LE moment ! c'est juste géniale d'avoir pu vivre ça lors de ton voyage !
"c'est très facile de s'arrêter et de dire trop c'est trop, continuer c'est tout ce qui fait la différence!"

05 janvier 2012 à 18:40:59
Réponse #153

oliv0808


un seul mot : FA BU LEUX!! vivement la suite  :up:
"si tu veux des garanties, faut acheter un grille pain" DM

05 janvier 2012 à 19:05:00
Réponse #154

thorgaal



Juste un truc, le "lapin" vu un peu plus haut, c'est un lièvre. Ils sortent des élevages, c'est pour ça qu'ils sont complètement déboussolés.


Merci pour la remarque, j'ai corrigé ça, et j'en ai profité pour réviser les différences entre un lapin et un lièvre  ;D

Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

05 janvier 2012 à 19:34:58
Réponse #155

StormX


C'est con, mais ça ma ému profondément cette naissance  :love:

J'trouve ça vachement symbolique et fort comme moment.

Et puis les Monts du Forez, ça fait un moment j'me dis qu'il faut que j'aille les visiter, ça me permet de les découvrir avec toi.  :D

Bravo et merci !  :)
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

05 janvier 2012 à 21:40:24
Réponse #156

Ghaudik


Salut Thorgal.

Un grand merci pour le temps que tu prends pour faire partager ton voyage.

Petite question :  qu'est ce que tu as mangé durant ce séjour? Tu utilisais beaucoup de plantes sauvages dans le précédent voyage (châtaignes, chénopode, etc.) Est-ce que cela a aussi été le cas?

Ghaudik.

08 janvier 2012 à 19:23:34
Réponse #157

thorgaal


Salut Thorgal.

Un grand merci pour le temps que tu prends pour faire partager ton voyage.

Petite question :  qu'est ce que tu as mangé durant ce séjour? Tu utilisais beaucoup de plantes sauvages dans le précédent voyage (châtaignes, chénopode, etc.) Est-ce que cela a aussi été le cas?

Ghaudik.

Effectivement j'ai manqué de précision sur ce point.

En fait il faudrait commencer par dire que pendant toute la dernière partie du voyage (depuis Montusclat), j'ai assez peu mangé car il me restait un petit surplus de gras hivernal à brûler. De plus en raison des fortes chaleurs du printemps dernier, je n'avais presque pas faim.

En général je faisais uniquement du feu le soir pour cuire environ 500g de chapatis (soit un peu plus de 300g de farine de blé semi-complète), j'en mangeais la moitié avant de me coucher et je gardais le reste dans mes poches pour grignoter le lendemain au cours de la journée.

Je complétais ce régime en grignotant des salades en tous genres le long du chemin (pissenlits et autres rosettes, jeunes feuilles de hêtre...), et en ajoutant parfois quelques légumes sauvages dans la pâte des chapatis (bistorte, orties, bon-henri...).

Au final j'ai du perdre un ou deux kilos.
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

08 janvier 2012 à 19:44:31
Réponse #158

Margot


Comme tant d'autres, comme autant de pensées sur ce post, encore une fois, bravo. :D

Le rêve est donc possible, et se melera à notre réalité?! Oui!

09 janvier 2012 à 14:26:58
Réponse #159

thorgaal


Le lendemain de la naissance, je prends donc l'agneau en écharpe dans ma veste polaire sous le regard intrigué de sa mère, mais à peine me suis-je mis debout qu'elle panique complétement et l'appelle derrière. Je me rebaisse pour lui montrer, elle est rassurée, mais dès que je me remets debout elle ne comprends plus où il est.
Malgré de multiples tentatives pour lui faire comprendre que son agneau ne disparaît pas quand je me relève avec lui, rien n'y fait, je pense avoir atteint là la limite du cerveau d'une brebis...
L'agneau, lui, ne se plaint pas, il dort profondément. Je tente quand même d'avancer ce jour-là malgré les bêlements incessants de la brebis (quel plaisir de marcher en forêt dans le calme  >:(), mais il faut de toute façon que j'aille au moins jusqu'au prochain point d'eau car je n'en ai presque plus.

Je fais une pause vers 11h pour me reposer les oreilles, et aussi parce qu'il fait trop chaud, surtout avec une bouillotte collée contre ma poitrine, je m'empresse donc de la rendre à sa mère.



Nouvelle pause un peu plus loin sous le regard intrigué de quelques Salers.



En fin d'après-midi, je fais plusieurs kilomètres sur une route goudronnée très chaude et je suis donc obligé de mettre mes chaussures, sauf que ma chaussure droite, déjà bien usée (je les ai depuis le départ à l'automne 2010), choisi ce moment pour se déchirer complétement à l'avant, laissant sortir la moitié de ma chaussette tandis que la moitié de la semelle pend lamentablement à chaque pas...
Heureusement le prochain chemin forestier n'est pas loin, et je trouve assez vite un endroit pour me poser.



Mais là franchement, entre le fait que je n'ai plus de chaussures, et la brebis qui est toujours aussi insupportable dès qu'il faut porter le petit, je vois mal comment je vais faire les 100km qui restent...
C'est donc dès le lendemain matin que je suis passé au plan B : appeler ma mère  ;D

J'ai quand même avancé un peu ce jour-là, mais cette fois en laissant l'agneau courir derrière sa mère jusqu'à ce qu'il se fatigue, ce qui m'a permis de faire 5-6 km dans la matinée pour arriver au col de Baracuchet, où j'ai trouvé une petite clairière tranquille pour attendre ma mère (elle ne pouvait pas venir me chercher avant le lendemain matin).



Le lendemain matin je peux, pour la première (et dernière) fois, tremper mes chapatis dans du lait de brebis frais :love:

Ma mère arrive vers 11h, le coffre rempli de bâches, de cartons et de papier journal, fin de l'aventure !



« Modifié: 09 janvier 2012 à 14:43:26 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

12 janvier 2012 à 19:44:13
Réponse #160

thorgaal


Allez chapitre suivant  :)

Je vais maintenant vous raconter ma traversée du Massif Central de cet automne, pour résumer vite fait ce qui s'est passé avant, j'ai bossé tout l'été comme berger pour un élevage bio du Gard : d'abord un mois sur place, puis en estive en Haute-Savoie (massif de la Balme) de juillet à mi-octobre, puis encore trois semaine dans le Gard.

Magnum est resté avec moi tout l'été, tandis qu'Ethiopie est resté à la ferme avec son agneau et les autres bêtes "dispensés" de montagne (brebis vieilles ou malades et agneaux trop jeunes).

Début novembre je me suis accordé une semaine de repos, et c'est à ce moment-là que j'ai décidé de rentrer chez mes parents à pied avec Magnum.

Au départ le dimanche 13 novembre, nous étions Magnum et moi dans une condition physique optimale, et même si le but n'était pas de faire une performance sportive, ce trajet relègue mes précédents voyages au rang de promenade du dimanche aprèm' .

Il faut dire aussi que j'ai eu de la chance, car je ne m'étais pas équipé pour marcher dans la neige, jouant sur le fait que si l'hiver arrivait trop tôt, je pourrais toujours trouver refuge quelque part le temps que les conditions s'améliorent ou rentrer par un autre moyen.

Ce qui est extraordinaire, c'est que je n'avais jamais respecté d'aussi près mes prévisions, et encore moins sur une distance pareille! Pour mémoire, je m'autocite p7 de ce sujet :
Citation de: thorgaal
un peu moins de 500km au total, soit trois semaines environ au rythme de 25km par jour

Résultat :

Distance parcourue : 495.56 km (promis, j'avais pas mesuré avant!)
Durée : 18 jours de marche + 3 jours de repos = 21 jours  :doubleup:
Moyenne : 27.5 km / jour de marche





Dénivelés :

Denivelé positif cumulé : 13912 m
Denivelé négatif cumulé : 13714 m
Altitude maxi : 1885 m (Puy de Sancy)
Altitude mini : 92 m
Altitude moyenne : 971 m



Dans ce contexte de fin d'automne, j'ai tout de même légèrement modifié mon matériel :
- un sac plus grand : mon vieux forcl*z 50 à la place du wanderer 35
- 2 sacs étanches sea-to-summit pour les fringues et le duvet
- une doudoune générique (20€ dans un hyper)
- des gants polaires et une cagoule canadienne en polaire en plus de mon sempiternel bonnet péruvien (en poils de lama  8))
- un ensemble imperméable Dri Ducks
- un parapluie Euroschirm - Swing Liteflex Alu
- un deuxième pantalon treillis au lieu de mon habituel short
- des chaussures de rando montantes en cuir "Altex Trekking" à 70€ chez G*mm' Vert --> même gogole connais pas ce modèle mais franchement ya rien à dire pour le prix!
- 4 paires de chaussettes laine mixte au lieu de 2 laine + 2 coton
- un gilet fluo orange, indispensable en période de chasse : c'est un code, tout ce qui n'est pas orange est une cible potentielle  :down:
« Modifié: 12 janvier 2012 à 22:51:41 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

12 janvier 2012 à 21:53:07
Réponse #161

thorgaal


Jour 1 :

Je pars de la bergerie vers 9h avec un temps plutôt beau : avant de partir, j'ai attendu que la météo annonce une amélioration car il a plut tous les jours depuis le 1er novembre.
Je commence par rejoindre le GR7 à Vézénobres, sauf que je trouve moyen de le prendre dans le mauvais sens et de ne m'en rendre compte qu'au bout de presque 10 kilomètres! il faut dire pour ma défense qu'à cet endroit-là, le GR fait un grand méandre qui ne correspond pas du tout à la direction globale indiquée par ma carte au 1:1 000 000.
Grâce aux indications de quelques habitants fort sympathiques, je rattrape finalement le sentier dans le bon sens vers 13h après un bon raccourci, ce qui fait que je n'ai pas dû perdre beaucoup de temps sur ce coup là.

Bon ce qui saute aux yeux quand on suit le GR7 dans ce coin-là, c'est qu'on est vraiment pas au pays de la randonnée : le GR est très mal balisé et emprunte régulièrement des routes dangereuses, certains passages sur route départementale sont même carrément suicidaires  :o, et étrangement, les gars n'ont pas mis de balises à ces endroits-là, il faut aller jusqu'à l'autre bout de la zone à risques - parfois plusieurs centaines de mètres - pour être sûr qu'on ne s'est pas trompé  :down:

Bien sûr je ne critique pas les bénévoles de la fédé, mais plutôt les administrations qui auraient pu se bouger un peu pour sécuriser un GR (qui plus est doublé d'un sentier européen!).

En fin d'après-midi, je rencontre une autre difficulté : le tracé du GR le long du Gardon d'Anduze a été en grande partie inondé ou recouvert de branchages par la crue de la semaine précédente, et il me faut donc improviser en plusieurs endroits, ce qui fait que je n'atteins même pas Anduze ce jour-là, je dois m'installer à l'arrache presque en bord de route pour être le plus loin possible du Gardon, planqué derrière un mausolée au milieu des vignes. Je mange quelques provisions emportées le matin (pain, jambon, pomme).

Jour 2 :

L'entrée dans Anduze est probablement le passage à pied le plus suicidaire que je n'aie jamais vu, de quoi convertir un athée convaincu à toutes les religions en même temps  ;#
Pour vous mettre dans l'ambiance : route étroite très fréquentée, limitée à 90, ligne pointillée, un mur de chaque côté : l'un directement contre une barre rocheuse, l'autre au-dessus de 5m de vide, et pas un cm de libre entre la route et le mur.
En gros, si la voiture qui arrive à toute allure derrière vous ne passe pas sur la voie d'en face pour vous éviter, vous êtes mort, si une voiture tente de dépasser un camion au mauvais moment, ou que deux voitures arrivent à votre niveau dans les deux sens au même moment, souvent trop vite pour s'arrêter, vous n'avez plus qu'à prier.
Non, vous ne rêvez pas, vous êtes sur un GR  :down:, et ce sont les 500m les plus longs de votre vie!!!

Hors qu'est-ce qu'on voit en regardant une carte précise : c'est qu'il y avait sans problèmes la possibilité de faire passer le sentier ailleurs, alors c'est quoi le but là, on cherche à tuer des randonneurs?

J'avoue que j'étais vraiment pas fier en m'engageant là-dedans avec mon mouton, malgré le gilet fluo bien en évidence. On se sent vraiment pas grand chose quand un poids lourd doit piler derrière vous pour en laisser passer un autre qui arrive en face...

Finalement, au bout de 300m, je trouve une alternative : via un tunnel sous la route, j'arrive vers des courts de tennis qu'il me suffit de contourner pour retomber sur une voie ferrée désaffectée qui longe la route jusqu'au centre ville.

Dans mon empressement à quitter cet endroit maudit pour les marcheurs, je rate l'embranchement avec le GR67 que je voulais prendre. Mais au final ça ne change pas grand chose vu que les deux GR se rejoignent à Florac après une distance équivalente, je ne fais donc pas demi-tour.

Dans l'après-midi, je parcours près de 15km, essentiellement sur des routes, heureusement de plus en plus petites et désertes...
Les haies sur les côtés sont couvertes d'arbouses, je m'en empiffre gaiement.

Vers 16h, je tombe sur un gars sympa dans son jardin qui me fait volontiers le plein d'eau et me charge de pommes et d'oignons doux des Cévennes.  :love:

Je me pose vers 17h30 dans une forêt de pins et chênes verts, la nuit tombe très vite et je dois finir de ramasser du bois à la lampe torche, c'est pas cool...
Je mange des pommes et des oignons passés à la flammes, et je fais cuire quelques chapatis pour le lendemain --> il sont mauvais, dans le feu j'ai dû mettre par erreur des branches de pin, à moins que ça ne soit le chêne vert qui donne mauvais goût?.

Désolé pas de photos ce jour-là, j'étais pas de bon poil...

Jour 3 :


J'arrive à Colognac en début de matinée, n'ayant pas bien digéré les chapatis au fort goût de fumée âcre, je suis attiré par la boulangerie-épicerie qui est malheureusement encore fermée.
Je n'ai pas parcouru 200m que l'église sonne 9h ; par acquis de conscience, je demande donc à un passant à quelle heure ouvre la boulangerie, eh bien à 9h justement.

Je fais donc demi-tour pour aller m'acheter un baguette, un pot de pâté et une boîte de sardine à l'huile d'olive : 3€

J'ai découvert ce jour-là que quand on a bien faim, il suffit d'un bout de baguette trempé dans l'huile d'olive des sardines et c'est l'orgasme  :up:

Et, juste après Colognac, les voilà! les Cévennes des cartes postales : une petite draille qui serpente à flanc de crête jusqu'à l'horizon, des forêts de châtaigniers sous les pâtures à moutons, et pas un village à l'horizon, tout juste quelques hameaux de ci de là qui semblent pour la plupart inhabités. Et tout ça à 2 petits jours de marche de la côte surpeuplée, c'est irréel!

Il fait gris ce jour-là, mais ça n'enlève rien au spectacle...





Magnum est heureux, il peut enfin rester détaché, et il me suit volontiers.





En fin de journée, je discute avec un vieux berger qui garde une centaine de brebis sous les châtaigniers, il me pose un tas de questions (qui je suis, où et pour qui je travaille, combien de bêtes je garde, quelle race, combien de temps, d'où vient ce bélier, quelle race c'est, qu'est-ce que je vais en faire...), mais ne m'offre hélas rien en échange de mes réponses, un peu frustrant quand on discute entre chiens et loups, perdant de précieuses secondes pour trouver un endroit confortable... mais c'est le jeu quand on refuse de s'imposer.
Faute de terrain assez plat (je suis toujours à flanc de crête), je dois dormir à même le sentier 200m plus loin, sous un gros chêne vert. Ce qui n'est d'ailleurs pas vraiment un problème vu que je n'ai croisé qu'une seule personne pendant la journée, c'est fort improbable que je sois dérangé dans la nuit.

Je fais tout de même du feu ce soir là, malgré la difficulté à trouver du bois (je dois me rabattre sur un gros églantier mort et quelques branches de bouleau, pas terrible pour faire de la braise), mais j'arrive tout de même à cuire des chapatis, cette fois plutôt bons, et je grille encore quelques oignons.

Il tombe quelques gouttes dans la soirée, mais rien de bien méchant, puis le ciel s'éclaircit dans la nuit, faisant tomber la température autour de zéro : l'humidité du sol a gelé sous la feuille de polycree tout autour de moi.
« Modifié: 18 novembre 2013 à 09:37:19 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

13 janvier 2012 à 12:24:45
Réponse #162

thorgaal


Jour 4 :

Je chemine toujours le long des crêtes sur la draille qui mène à l'Aigoual, parfois le chemin descend vers un col pour remonter de l'autre côté, c'est le monde à l'envers... Globalement je continue à monter en altitude : 100m le premier jour, 400m le 2ème, 900m le 3ème, et près de 1200m aujourd'hui. Je suis d'ailleurs surpris de tomber sur quelques chênes verts poussant dans des rocailles au-dessus de 1100m.
Le retour du beau temps est quant à lui fort appréciable.



Malheureusement, il sera de très courte durée. Vers 9h, quand j'arrive au lieu-dit l'Aire-de-Côte, le sommet de l'Aigoual est déjà caché par les nuages, je m'épargne les 6km aller-retour pour y monter, et je continue sur le GR43 à travers une jolie forêt d'épicéas et de hêtres.
Un 4x4 déboule sur le sentier, c'est un chasseur qui cherche un de ses chien, je l'informe que j'en ai croisé un vers l'Aire de Côte. Il y repart en trombe, puis repasse tout aussi vite quelques minutes plus tard, apparemment bredouille, je l'entends ensuite essayer tous les chemins des environs, quel bonheur de se promener dans le calme!

Quelques kilomètres plus loin, je dois cette fois traverser une battue au sanglier, qui était pour une fois convenablement signalée même sur le sentier, je ne peux de toute façon pas facilement contourner la zone, mais un homme averti en valant deux, je me prépare en conséquence, gilet orange bien en évidence, visible de tous les côtés, et je retire le bouchon de mousse de la sonnaille de Magnum, qui a en plus un sac rouge avec des bandes réfléchissantes, cela devrait suffire pour notre sécurité.

Effectivement, je passe successivement devant une douzaine de types en orange adossés à d'énormes 4x4 aux pare-buffles chromés, fusil dans une main, téléphone dans l'autre, et pour la plupart malpolis en plus. J'ai été par ailleurs outré de tomber sur une belle clôture traversant la forêt 50m plus loin, mais le sujet étant sensible, je ne ferai pas de commentaires (je n'en pense pas moins...)

Je passe un nouveau col qui marque le passage en Lozère, pour remonter cette fois sur une crête dénudée, qui a visiblement été tondue tout l'été par un troupeau de moutons, une vrai moquette!
Il y subsiste une ingénieuse série de baignoires-abreuvoirs, ainsi qu'un parc de nuit, tout en palettes  :up:





Nouveau col peu de temps après, j'y fais une courte pause pour manger ma demi-baguette restante de la vieille avec le pot de pâté. Puis je remonte dans une pente rocailleuse ou ne poussent que quelques genêts et des pins rabougris, pour déboucher d'un seul coup sur un plateau verdoyant où pâturent des vaches et des chevaux, dépaysement garanti! j'ai eu l'impression de passer en 20m des Cévennes au Jura!



J'arrive ensuite au hameau de l'Hospitalet ou j'ai failli m'arrêter dans un gîte d'étape bon marché qui avait l'air sympathique, je dis bien failli car j'ai eu beau sonner et téléphoner, je n'ai pu avoir personne alors que le gîte était manifestement ouvert. Tant pis, j'ai repris la route pour m'arrêter dans une friche un peu plus loin, petit feu, chapatis et soupe à l'oignon.
Je commence à trouver les chapatis peu pratiques pour la saison froide, car pendant qu'ils cuisent sur mon petit tas de braise, moi je me refroidis. Ou alors il faudrait faire un plus grand feu pour que je puisse me réchauffer en même temps, mais du coup ça fait plus de travail pour ramasser le bois, moins de discrétion, et puis je ne trouve pas ça passionnant de passer la soirée tout seul près d'un feu...


Jour 5 :

Je suis un peu frustré par les journées trop courtes en cette fin de moi de novembre, et ça ne va pas aller en s'arrangeant.
Ceci dit, je n'en perds pas une miette, sur les 10 à 11h de lumière dont je dispose (grosso modo de 7h à 17h30) je ne m'arrête qu'une petite heure au zénith pour aérer mon couchage et mes chaussures.

Cela me laisse presque 10h pour marcher, mais 10h de marche, ça passe très vite, surtout que je garde un rythme assez tranquille (environ 3km/h sur terrain plat) pour permettre à Magnum de manger (il s'arrête pour brouter et me rattrape en courant quand je m'éloigne trop, et ce environ 5h par jour).
Ce qui n'est finalement pas une grosse contrainte vu que je n'ai pas besoin de le tenir en laisse ni de faire attention à lui (le son de la clochette me permet de savoir à quelle distance il est), et il suffit que je l'appelle et que je le prenne par le collier pour traverser les routes (de plus en plus rares). C'est beaucoup plus pratique qu'avec la brebis que j'étais obligé de tenir presque tout le temps attachée car elle ne suivait pas bien et venait rarement quand je l’appelais.

Pour gagner du temps, j'ai essayé à partir de ce jour-là de démarrer la journée de nuit : couché à 18h30, je me réveille sans problème vers 6h (ça fait déjà une sacrée nuit  8)), avec l'habitude je n'ai aucun mal à ranger mon matériel dans le noir sans rien oublier, et je peux partir tranquillement vers 6h30, ce qui me permet de faire 1 ou 2 km avant les premières lueurs du jour. En cas de doute sur le balisage, je n'ai qu'à attendre quelques minutes pour y voir plus clair (c'est le cas de le dire!).

C'est beaucoup plus pratique dans ce sens-là que si je cherche à marcher plus tard, car après ça peut-être galère pour trouver un lieu de bivouac et s'installer dans le noir.

Et puis observer l'aurore en marchant, c'est du bonheur !!!



Cela dit, ce matin-là, je me suis trompé de chemin, et me suis retrouvé à Barre-des-Cévennes via une variante GR qui ne figurait pas sur ma carte... Petit détour inutile de 5km environ.
Après un douloureux plongeon de 400m de dénivelé, j'arrive à Florac vers 14h, avec une sacrée fringale, je serais bien partant pour me payer un bon truc à manger, histoire de fêter le 5ème jour, ou le 100ème kilomètre, ou même simplement parce que j'ai très faim  ;D

Problème, pas si facile de trouver à manger à Florac en novembre, la première boulangerie que je trouve est fermée, un peu plus loin je trouve une épicerie qui ne rouvre qu'à 15h30, et bien sûr il me faut quelque chose à emporter, pas facile de manger au resto avec un mouton...

J'arrive sur la place principale de la "ville" (avec ses 1921 habitants, Florac est la plus petite sous-préfecture de France), ou je suis interpellé par deux bonhommes de prime abord fort sympathiques assis à la terrasse d'un café. On discute un peu, je leur demande ou je peux acheter à manger, j'apprends qu'ils sont tous deux vendeurs sur le marché de Florac qui vient de se terminer, l'un d'eux, qui vends des produits régionaux, se propose d'aller rapidement me chercher un assortiment chez lui, à 5min de là. Et il revient effectivement très vite avec 1kg de pain au levain, une pile de chèvres secs, un radis noir et un gros saucisson sec, et il me fait en plus un prix d'ami.
Pendant ce temps, le 2ème me proposait un plan pour dormir au chaud, il fait partie d'une ferme collective qui se trouve à environ 10km au Nord (donc sur ma route), et où on m'accueillerait d'après lui volontiers, bien que lui même n'aie pas l'intention de rentrer ce soir (et effectivement à 15h il était déjà bien parti pour ne pas rentrer  :lol:).

Proposition très intéressante bien sûr, j'ai bigrement envie de me prendre une bonne douche, mais ça pue quand même pas mal :
- primo, toujours se méfier des propositions d'un mec qui a déjà bien attaqué l’apéro
- secundo, toujours se méfier des gens qui vous envoie dormir à un endroit où ils ne seront pas en vous promettant que vous serez bien accueilli...
- tertio, quand un gars qui fait le trajet en voiture vous dit "environ 10 bornes", faut au moins compter 20 pour être tranquille

Ceci dit, même en prenant en compte toutes les règles que je viens de citer, si c'est vraiment sur la route, ça ne coûte rien d'essayer, quitte à dormir ailleurs si ça se passe mal ou à dormir avant si c'est trop loin.
J'insiste par contre pour me faire expliquer clairement le meilleur moyen d'y aller à pied, et je prends des notes!
Le gars fait appel une autre cliente du café pour me donner les explications, car lui-même ne se souvient plus exactement du chemin (juste que "c'est pas loin!").

Il me propose ensuite une bière, que j'aurais accepté bien volontiers en d'autres circonstances (c.a.d si je n'avais pas été à jeun depuis 18h et si je n'avais pas 10 bornes (minimum) à faire avant la tombée de la nuit dans 2h  :down:

Je me remets donc rapidement en route en suivant les instructions, pas de problème pour la première partie, j'arrive comme indiqué sur le sentier des Gorges du Tarn que je dois suivre jusqu'à Ispagnac, c'est bien sûr loin d'être une ligne droite, je presse un peu le pas pour me donner une chance d'y arriver : à 16h30, je tombe sur un panneau indicateur : <- Florac 5,1km | Ispagnac 5,6 km -> , déjà ça fera plus de 10 bornes  :glare:

J'accélère encore, ça ne semble pas trop déranger Magnum, tant mieux, Magnum c'est un vrai mâle (bien que...), il marche et il ne se plaint pas  :up:

Je suis à 17h30 à Ispagnac, le ciel s'assombrit, et je suis loin d'être arrivé. Je dois ensuite traverser le Tarn, prendre la route direction Florac sur 500m, puis je suis sensé trouver un sentier qui monte jusqu'au lieu-dit Nozières.

Pas de problème jusque là, si ce n'est que quand je commence à monter par ce fameux sentier il fait déjà bien sombre, et qu'il n'y a aucune lumière en vue.

Je décide de continuer quand même, je ne suis normalement plus très loin, au pire je monterai le bivouac de nuit, le temps est stable, je suis en pleine forêt, il ne peut pas m'arriver grand chose.

18h30, il fait maintenant nuit noir depuis un bout de temps et le sentier monte toujours, je n'ai toujours pas ralenti le pas, je n'ai d'ailleurs même pas pris le temps de manger, mais la faim peut toujours attendre un peu, le plaisir n'en sera que plus intense. La température doit maintenant tourner autour de 0 mais je supporte à peine mon T-shirt, je plains Magnum qui ne peux pas enlever son épaisse toison quand bon lui semble, mais il ne râle toujours pas.

Au bout d'une multitude de virages et de quelques petites intersections où, faute d'instructions et d'y voir clair, je suis toujours resté sur le chemin principal, je débouche sur une route de montagne flambant neuve, mais apparemment déserte.

Ce n'était pas au programme, mais je n'abandonne pas encore, la route est en pente, je continue de monter. Une voiture arrive au loin, je passe sur la voie de gauche, gilet fluo bien en vue, et je fais des signes avec ma lampe torche, à priori je suis bien visible, et Magnum, que je tiens maintenant encordé juste derrière moi, a de larges bandes réfléchissantes sur son sac.

Il passe ensuite une poignée de voiture à intervalles assez longs, puis un semi-remorque, là ça commence à sentir mauvais...
Je tente d'ailleurs d'arrêter un véhicule pour demander mon chemin, sans succès. Ce qui est bien avec les automobilistes c'est qu'on sait que le jour où on sera vraiment dans la m*rde il ne faut pas compter sur eux pour nous aidez à en sortir, la voiture individuelle rend individualiste  :down:
J'abandonne au bout de 5 ou 6 tentatives.

Puis, dans un virage, un panneau indicateur me fais l'effet d'une décharge électrique : ce que je prenais pour une petite route de montagne récemment rénovée
n'est autre que la N106  :o

Au même moment, j'aperçois la lumière d'un lampadaire près d'une maison, au bord de la route, à quelques centaines de mètre de là, j'en fais mon dernier espoir : "je vais jusque là-bas, et s'il n'y a personne pour m'aider, je dors dehors au premier endroit sécurisé que je trouve.

Bien sûr, c'est à ce moment-là que la mince bande d'arrêt d'urgence disparaît, et que le trafic s'intensifie nettement, alors que je dois encore passer trois virage sans visibilité.

Pour ne pas infirmer la loi de Murphy, il a fallut que deux camions arrivent face à face dans un virage en épingle bien étroit alors que je me trouvais en situation aussi périlleuse qu'improbable là au milieu... Mais il n'y a en fait aucun suspense, puisque je suis là pour vous raconter ça!  :blink:

L'un des camions à quand même du faire marche arrière pour pouvoir croiser l'autre sans me passer dessus  :huh:

Après ce virage de la mort, le relief s'adoucit nettement, permettant à priori d'escalader facilement la pente boisée au-dessus de la route, au pire, si la lumière maintenant toute proche ne donne rien, je pourrai toujours m'échapper par là.

Encore un virage et je tombe, non pas sur une lumière isolée, mais sur un gros hameau, et je n'en crois pas mes yeux en éclairant le panneau : "Nozières" , je ne l'espérais même plus. (j'ai appris ensuite qu'il y avait en réalité un petit sentier parallèle juste en-dessous de la nationale, mais de nuit il était improbable que j'arrive à le suivre sans connaître)

J'arrive finalement à la ferme à 19h30, mais ce n'est pas gagné, l'endroit semble inhabité. En cherchant bien, j'aperçois une lumière de lampe torche dans les bois un peu plus bas, j'y fonce. Le gars est franchement surpris de me voir là, mais il m'invite sans hésiter dans sa yourte. J'ai finalement eu beaucoup de chance, car 5 minutes plus tard je n'aurais trouvé personne  ^-^

Je suis finalement resté le lendemain pour me reposer un peu et surtout voir la ferme de jour (en donnant un coup de main bien sûr) et puis aussi le surlendemain car il pleuvait des cordes.

Au final ça valait bien tout ce que j'ai enduré pour y parvenir, mais si j'avais eu toute les donnés en main dès le départ, je pense que j'aurais monté tranquillement le camp à 17h30 au-dessus du Tarn et que je ne serais arrivé à la ferme que le lendemain... sauf que ça aurait été sans doute moins passionnant à raconter (encore qu'il faut en revenir pour le raconter  ;))
« Modifié: 04 février 2012 à 15:37:32 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

04 février 2012 à 17:33:12
Réponse #163

thorgaal


Désolé pour l'interruption, mais j'ai eu un imprévu : ma patronne avait besoin en urgence d'un berger pour avoir le temps de semer ses blés avant qu'il ne soit trop tard, du coup elle m'a ramené dans le Gard avec Magnum, en 4h seulement  :bang:
En fait c'est plutôt une bonne nouvelle, je suis très content de travailler un peu, simplement le projet de faire le retour sur Alès au printemps via le Puy-en-Velay tombe à l'eau puisque j'y suis déjà...
Fin de la parenthèse, je continue le récit.

Dimanche 20 Novembre : 6ème jour de marche

Je quitte la ferme un peu avant l'aube, tous les occupants dorment encore, je laisse simplement un message de remerciement sur la table.

Magnum est content de repartir, il n'aime pas ce genre de pauses qui me forcent à le délaisser une grande partie de la journée pour m'intéresser à mes hôtes, il manifeste sa joie par des cabrioles chaque fois qu'il doit courir pour me rattraper.

Après avoir traversé la nationale et suivi une petite route sinueuse sur 3km, je m'extrais des gorges du Tarn et rattrape le GR43 qui passe sur le plateau.
De là, on m'a assuré que la vue serait magnifique, mais un autre jour peut-être, car le ciel est très bas. Des bosquets sombres s'entrouvrent sur des marais brumeux parsemés de menhirs, de quoi réveiller des croyances ancestrales... j'adore!

Un peu plus loin, en revanche, j'apprécie beaucoup moins de devoir traverser une battue au sanglier avec une visibilité très réduite, typiquement le genre de chose qui me file les chocotes, mais je suis quand même passé en prenant toute les précautions utiles pour être vu et entendu.

Un vieux chasseur de bécasse avec lequel j'ai discuté deux jours plus tard m'apprendra qu'au même moment, un randonneur de 24 ans était tué d'une balle dans la tête en traversant une autre battue à quelques kilomètres de là, j'en ai eu des frissons pendant tout le reste du voyage à chaque fois que j'ai entendu un coup de feu. :o

Après être passé au pied du Mont Lozère sans même l'apercevoir, je redescends sur Bagnols-les-Bains en milieu d'après-midi pour la traversée du Lot.

Dans la soirée, le sentier est bordé par des grillages à moutons sur des kilomètres, et il fait déjà très sombre quand je trouve enfin un petit bois de pins qui déborde à l'extérieur d'un parc. La bonne nouvelle c'est que j'ai du bon pain, du bon fromage et du bon saucisson, donc pas besoin de faire de feu, la petite heure ainsi économisée me permet désormais de faire aisément 27 à 30km par jour sans forcer l'allure. Vue la longueur des journées en cette fin de mois de novembre, je considère que c'est un très bon rythme.

Au final, j'ai trouvé très confortable le fait de supprimer la contrainte du feu tous les soirs, car je ne prends pas particulièrement plaisir à rester seul devant le feu, je préfère marcher un peu plus le soir, ou rentrer un peu plus tôt dans mon duvet.
Celui qui en a le plus souffert, c'est le porte-monnaie : en faisant ce choix je suis passé brusquement de 5€/semaine à 5€/jour. Bon ça va, c'est encore pas la ruine.

J'ai quand même continué à faire de la cueillette, mais uniquement sous forme de grignotage tout au long de la journée pour trouver tous les éléments essentiels que le pain et le saucisson n'apporte pas  ;)
Fin novembre en Lozère, j'ai trouvé essentiellement des baies : des cynorhodons à la pelle, des prunelles, des cenelles d'aubépine, et même encore quelques mûres.

Magnum, lui, il mange vraiment tout ce qui lui passe sous le nez, et même beaucoup de plantes qui expédieraient un homme 6 pieds sous terre le temps de le dire (ciguë, chélidoine...)!
Il sait ce qu'il fait quand même, j'ai remarqué en particulier qu'il ne touche pas à la digitale pourpre, ainsi qu'à beaucoup de champignons.
Ses péchés mignons, c'est les glands, les châtaignes, et les cynorhodons ; dès qu'il en trouve, il s'en empiffre jusqu'à ce qu'il me voit disparaître à l'horizon, et là, il tape un tel sprint que je me demande toujours comment les coutures du Dog Pack font pour tenir le coup, et comment il fait pour ne même pas être essoufflé après ça  :huh: Fabuleuse bête!

Jour 7 :

A partir de là, le GR43 emprunte le tracé du GRP Tour de la Margeride, qui, comme son nom l'indique, n'est pas spécialement une ligne droite.
Ce jour-là, j'ai donc eu franchement l'impression de marcher dans toutes les directions sauf vers le Nord, et je n'étais pas loin de la vérité.
Mais ce fut surtout l'occasion de découvrir le magnifique Lac de Charpal, sans le moindre touriste pour me déranger, pas étonnant un lundi et par ce froid de canard.




Et là c'est Magnum qui prend la photo  8)

J'ai vraiment adoré la traversé de la Margeride, c'est un endroit qui semble être hors du temps et de l'espace, quasiment pas de routes, quasiment pas d'hommes, en bien des endroits on peut très facilement s'imaginer 20 000ans en arrière ou bien au fin fond de la taïga sibérienne. Je crois que c'est un endroit où j'aimerais beaucoup habiter, et il y en a peu.




Jour 8 :

C'est la première fois que je bivouaque au-dessus de 1400m en cette saison, il a bien gelé, je dirais un petit -5 ce matin-là, c'est le premier jour où j'ai besoin de mettre ma doudoune.

Quelques jours après l'homme, le cheval! décidément...



Des Aubracs! les premières et, il me semble, les seules que j'aie vu durant ce voyage.



Encore près de 30km ce jour-là et je n'ai traversé qu'un seul hameau, le reste n'étant qu'une succession de pâtures, de tourbières et de forêts plus enchanteresses les unes que les autres.



Une fois n'est pas coutume, je n'ai que l'embarras du choix pour bivouaquer, choix qui se porte finalement sur un sous-bois bien abrité et bien sec, où pousse une herbe abondante et appétissante : tout le monde est content!

« Modifié: 04 février 2012 à 18:57:20 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

04 février 2012 à 18:33:18
Réponse #164

thorgaal


Jour 9 :

Après avoir obliqué plein Ouest sur le GR4, je traverse Saint-Eulalie de bon matin, des panneaux destinés aux touristes vantent la réintroduction de bisons d'Europe en semi-liberté sur le territoire de la commune.
Il faudrait que quelqu'un m'explique le concept de "semi-liberté"  :huh:
Il sont en liberté dans un grand enclos? Ou alors ils sont vraiment en liberté, mais ceux qui ont essayé de sortir du territoire qui leur est alloué, ils ont eu des problèmes?

Autant de questions qui restent en suspens, de bisons je n'ai point vu, ni de Sainte-Eulalais d'ailleurs... à 8h, le village est désert.

A La Roche, un peu plus loin, j'aperçois une femme sans âge dans la cours d'une maison qui n'en a pas plus, j'en profite pour demander de l'eau, car bien qu'en altitude, l'endroit est assez plat et les ruisseaux sont rares.
Elle m'indique une fontaine accolée à la maison : "je sais pas si elle est potable, mais nous on la boit!"
Pas de problème, le lieu ne me donne aucune inquiétude quant à la qualité de l'eau!

La vieille femme semble très intriguée par mes Nalgènes couleur neon vert, qui, il est vrai, paraissent presque anachroniques en ce lieu.

En continuant mon chemin, je réalise que je n'ai plus grand chose à manger non plus, je ne suis pas très loin du Malzieu-Ville (enfin, un gros cm sur ma carte au million), je pourrais donc à priori y arriver avant la fermeture des commerces, en espérant qu'il y en ait...
Je n'aime pas devoir accélérer, mais quand il s'agit de nourriture, je suis prêt à faire un petit effort!

 Je crois que cette après-midi-là marque le début de la lassitude, après l'extase de la Margeride, je retrouve un paysage agricole banal, des villages et des hameaux sans caractère, des chiens qui aboient, des gros bâtiments d'élevage en tôles ondulées, des clôtures barbelées partout. Et on peut maintenant apercevoir le Mont Mézenc encore loin au Nord, signe que la route est encore longue, bien que je ne passe pas par là cette fois-ci : je n'ai même pas fait la moitié de la distance... Je crois que c'est dans ces moments-là que la solitude pèse vraiment, qu'il manque un compagnon de route pour deviser, chemin faisant... et se remonter le moral mutuellement.

Alors bien sûr, il y a Magnum, qui a toujours le moral! mais Magnum n'est pas d'une grande conversation...

L'exploit, c'est d'avoir su continuer, ce jour-là comme tous les suivants, avec des hauts et des bas, car la lassitude guette ensuite le moindre signe de faiblesse, car c'est si facile de baisser les bras.
Pour la première fois de ma vie et pendant toute la fin de ce voyage, la solitude m'a pesé. Moi, le solitaire, l'antisocial même, j'ai enfin compris, ce jour-là, le dernier point de la règle des trois...

EDIT : Au passage, j'ai oublié de mentionner les 3km sur lesquels le GR65 (sentier de Compostelle) et le GR4 se chevauchent, ce qui donne lieu à un feu d'artifice de panneaux publicitaires pour des gîtes d'étape au beau milieu d'un sentier forestier! Ce qui, en plus de me choquer, m'a définitivement convaincu, si ce n'était déjà le cas, du triste caractère commercial qu'a pris le sentier de Compostelle...

Mais j'ai continué, donc, et j'ai atteint le Malzieu-Ville, et j'y ai trouvé une petite épicerie récemment estampillée "8 à 8", devant laquelle j'ai pu attacher Magnum à un vieil anneau rouillé jadis prévu à cet effet sous le regard étonné des quelques passants. J'ai acheté deux gros pains de campagne, un "saucisson d'auvergne", 300g de Cantal-vieux et autant de Salers, je mange équilibré  ;#


Jour 10 :

Encore et toujours des hameaux plus banaux les uns que les autres, je mise avant chaque traversée sur le nombre de chiens débiles qui vont m'arriver dessus, je suis blasé.
Pour pimenter la journée, il y a quelques passages à gué pas franchement prévu pour être traversés en cette saison, ce qui donne lieu à quelques numéros d'équilibre sur des pierres glissantes et une traversée en caleçon avec de l'eau glacée jusqu'aux genoux, mais rien d'insurmontable.

Encore moins pour Magnum qui préfère la baignade à une passerelle incertaine (put**n le matos!  >:( , heureusement je ne lui confie rien qui craigne l'eau...)





Un peu avant midi, je passe la frontière Lozère-Cantal, et j'entre donc dans la région Auvergne, ce qui ne change rien du tout au paysage dans l'immédiat, mais il faut bien que le moral se raccroche à quelque chose!

Je traverse l'A75 en fin de journée, et je m'arrête derrière la colline suivante pour être au calme.



Je suis donc plus ou moins dans un trou, et je vais m'en rendre compte pendant la nuit... avec le froid intense et l'humidité, qui commençaient à transpercer mon duvet à l'approche de l'aube, mais rien d'alarmant.

Jour 11 :

Le lendemain, la traversée de Saint-Flour et de ses environs me semble durer une éternité, et je découvre que la ville haute, très jolie et seule visible depuis l'autoroute, est en réalité un ilot au milieu d'une agglomération cachée dans les fonds de vallons, et dont la laideur n'a rien à envier à celle de toute autre ville.

Ce joli château au Sailhant est ma seule photo de la journée, il n'y avait vraiment pas grand chose d'autre à voir.



En fin de journée, j'arrive sur un plateau à 1000m, et je découvre avec stupeur la "désertitude" des monts du Cantal (ouais, il y a des fois comme ça, on a besoin de mots qui ne sont pas dans le dictionnaire  :-[), je n'étais jamais venu dans ce coin-là du Cantal, et je ne m'imaginais pas ça aussi pelé : pas un arbre à l'horizon, que de l'herbe rase à perte de vue!

Tout ça c'est bien beau, mais la nuit tombe, on est le 25 novembre, il y a un vent glacial, et je cherche à poser un tarp... Là je commence à m'inquiéter un petit peu.



Au final je le trouve mon petit coin, il y a un petit bosquet de pins, le seul des environs, au beau milieu d'une pâture dûment clôturée. Ce petit bosquet avait presque l'air d'un oasis en plein désert, et comme un paysan passait par-là avec son tracteur, je me suis empressé de lui demander l'autorisation d'y dormir tellement l'endroit semblait sacré...

Autorisation accordée, et ce qui m'a le plus étonné, c'est que le gars, lui, n'avait même pas l'air étonné que je lui demande l'autorisation de dormir dans son bois avec mon mouton bâté, en plein mois de novembre, il m'a répondu "bien sûr" avec le naturel d'un guichetier de la poste auquel on vient de demander une plaquette de timbres...
Pour une fois ça m'a fait vraiment plaisir de ne pas être pris pour un timbré justement.

Ce petit bosquet un peu trop clairsemé ne m'a finalement pas abrité de grand chose, mais psychologiquement ça donne un peu moins l'impression d'être à découvert, et puis c'est toujours plus pratique de monter le tarp en canadienne entre 6 arbres.
« Modifié: 14 février 2012 à 23:58:50 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

05 février 2012 à 11:38:02
Réponse #165

thorgaal


Jour 12 :

Il fait plus chaud ce matin que la veille au soir, le vent a tourné plein Sud dans la nuit. Ça me parait mauvais signe...

A Valuéjols, le village suivant, j'ai la bonne surprise de trouver une boulangerie et une fontaine, je prends trois miches de 400g et un pain au chocolat (là ya du relâchement  ;D) et je refais le plein d'eau. Autant en prendre ses précautions car après cela ma carte n'indique rien avant deux jours de marche.


Je suis en vue du Plomb du Cantal, mais il est régulièrement masqué par un front nuageux qui passe à l'Ouest, ça m'inquiète un peu car je suis sensé y monter dans l'après-midi.



Dans le doute, je passe un coup de fil à mes parents pour me renseigner sur la météo : normalement le temps devrait se dégager ; pendant que je suis au téléphone, je tombe nez à nez avec un chevreuil acculé dans l'angle d'une clôture, mais il prend la tangente avant que j'aie le temps de raccrocher et de sortir mon APN. Tant pis, c'est le genre de petit bonheur qui donne un coup de fouet au moral!

Effectivement, à 13h au col de Prat de Bouc, le ciel est presque limpide, et le soleil chauffe!



Une heure plus tard, je suis au sommet du Plomb, 1855m, deuxième plus haut sommet du Massif Central, le point de vue valait largement le détour!



Côté Nord, le Massif du Sancy - prochaine étape - est à l'horizon, et la table d'orientation indique même le Puy-de-Dôme, et bien qu'il ne soit pas visible ce jour-là, le fait d'être presque en vue de l'arrivée me rend toute ma motivation.



Il me faut ensuite redescendre plus de 600m de dénivelé par une piste de ski pour arriver à la station de Super-Lioran, ville fantôme à cette période...
Par contre, les balisages de randonnée ont déjà laissé la place aux installations de ski, et je me retrouve complétement perdu au milieu de la station.
Je finis par retrouver des sentiers balisés GR mais rien n'indique aux intersections s'il s'agit du GR4, du GR400 ou de leurs nombreuses variantes.

Je tombe finalement sur des promeneurs à Font d'Alagnon qui sont en mesure de me renseigner, ils m'indiquent que le GR4 passe en fait au col de Rombière, 300m plus haut ; je peux y accéder en montant sous le télésiège de Rombière (sacré pente).
Il est déjà 17h, mais je refuse de dormir au pied d'une pente pareille, je grimpe torse nu, aussi vite que mes jambes peuvent me porter, en espérant trouver un petit replat pour m'installer juste avant la limite des arbres, mais je n'en vois pas, il y a vraiment trop de pente.
Au niveau du col, il y a du plat et une rangée de piquets de clôture, je décide de m'installer-là, à 1600m, face au Puy Griou, j'ai quelques difficultés à monter le tarp à cause d'un fort vent de Nord qui est en train de se lever. Après quelques montages infructueux (trop de vibrations), je finis par y arriver en utilisant mon parapluie comme piquet d'appoint. Tout est tendu comme un string, la résistance du X-tarp m'impressionne vraiment! Au pire, si ça m*rde, il y a une petite cabane de téléski un peu plus bas avec juste une vitre à briser pour rentrer à l'abri.



Jour 13 :

J'ai finalement très bien dormi, le tarp m'a parfaitement abrité du vent glacial qui a sévit une bonne partie de la nuit. A l'aube il n'y a plus de vent, mais pas la moindre rosée non plus.

Je suis maintenant des crêtes en direction du Puy Mary.



J'ai eu le plaisir d'observer un groupe de chamois qui crapahutaient dans une barre rocheuse un peu plus haut, mais comme souvent, les photos n'ont rien donné.

Un peu plus loin, je me trouve nez à nez avec une petite difficulté technique, la Brèche de Rolland, un petit passage d'escalade. Certes facile pour un homme, mais un mouton ne peut pas grimper une paroi verticale, même avec de bonnes prises!

Heureusement j'ai trouvé moyen de faire le tour, ça aurait été con de se retrouver bloqué là...



Juste après, le sentier se divise en deux, il y a le choix entre monter au Puy Mary et passer en-dessous. Gros coup de flemme, je prends la deuxième option, je n'ai pas jugé intéressant de faire un sommet à 1783m après en avoir gravi un plus haut la veille.
Sauf qu'en prenant le contournement, je vais rater une intersection et me retrouver sur le GR400, je ne m'en rends compte qu'à 13h, après avoir fait 600m de dénivelé négatif, je tombe sur une carte où je peux voir clairement mon erreur : je suis dans la mauvaise vallée. Et paf, 600m de dénivelé à remonter pour avoir eu la flemme d'en faire 200 de plus le matin, bien fait pour ma gueule  ;#
A 15h, après une bonne suée, je suis de retour à 100m de là où j'étais à 10h du matin  >:(

Bon ce coup là je suis dans la bonne direction, pour la première fois depuis que je suis sur le GR4, me voilà reparti plein Nord, sur le plateau du Limon.



Pas de sentiers, juste une balise de temps en temps sur les clôtures, je marche en ligne droite au milieu de cette immensité, le Sancy est droit devant, là j'ai l'impression d'avancer!

La question maintenant, c'est où est-ce que je vais bien pouvoir dormir? D'autant plus que l'atmosphère se refroidit sérieusement à mesure que l'heure avance.

Vers 16h, je croise un chasseur de lièvres sympa, on discute un peu. "Le mieux, ça serait de trouver un buron."

Pas con, mais ceux que j'ai vu jusqu'à maintenant étaient dans un état de décrépitude avancé.

Vers 17h, j'hésite à élire domicile dans une ruine dont la voute tiens encore debout, il y a des ossements divers et un cadavre de fouine dont la peau n'est qu'à moitié décomposée, ça ne m'inspire pas.

Je continue. Il fait presque nuit noire quand je tombe finalement sur un buron en parfait état, la porte n'est fermé que par un épais fil de fer torsadé, j'entre.
L'endroit semble avoir été abandonné du jour au lendemain des années plus tôt, il y a 2cm de poussière partout, sur une des tables, des bouteilles de vin plus ou moins pleines dégagent une odeur infecte, je les mets dehors. Il y a deux pièces, la première à un plafond en planches, sûrement un grenier à foin à l'étage, la deuxième est une grande cave avec une voute de pierres, il y a la de nombreuses bouteilles non identifiables ainsi que deux cadavres de canidés en partie décomposés, peut-être des renards rentrés par le petit soupirail et qui se sont retrouvés pris au piège, pauvres bêtes...

Je laisse la cave dans l'état, me contentant de verrouiller la porte, j'utilise un vieux balai en foin pour dépoussiérer vaguement la plus plate des grandes tables, puis j'y étend le Polycree et je m'installe dessus. Magnum reste dehors bien sûr.

Jour 14 :

Le matin, il ne fait pas excessivement froid dans le buron, qui doit être tempéré par la cave. A l'extérieur par contre, le froid humide est saisissant, j'empile toutes les couches disponibles et je me dépêche de marcher pour me réchauffer.

Au premières lueurs du jour, le buron est déjà loin.



De l'étendu vierge, je me retrouve sur une petite route déserte et verglacé, je croise tout de même un randonneur motivé qui monte au Puy Mary malgré l'épais brouillard matinal, ce dernier a quand même finit par se dissiper dans le courant de l'après-midi, je ne sais pas si l'homme aura attendu jusque-là.

Un peu plus loin, une troupe de Salers me fait la fête.



La route qui venait de nulle part devient finalement un chemin de terre à l'approche du premier hameau, mystères de l'urbanisation...

Au premier village traversé, je trouve une épicerie où je rachète un bon saucisson, une boîte de sardines, un gros morceau de cantal, et quelques poires car je n'ai rien trouvé de frais à manger ces derniers jours.

Je continue toujours en direction du Sancy par des petites routes de campagnes où je ne croise absolument personne, ni véhicules ni piétons.



Des arbrisseaux en fleur non-identifiés attirent mon attention au bord d'un chemin.



Ça ressemble fort à des ajoncs, mais quelle espèce d'ajonc pousse à 1000m dans le Cantal et fleurit fin novembre? pour la floraison, c'est peut-être aussi dû aux après-midi anormalement chauds pour la saison.

A part ça rien de spécial ce jour-là, je traverse Condat en fin de journée, j'en profite pour racheter du bon pain.

Le soir, je suis une petite route au milieu des prés, parsemée de petits hameaux qui ne laisse guère d'opportunité pour bivouaquer, le ciel est dégagé et la nuit s'annonce encore froide et humide. Je salue toutes les personnes que j'aperçois dans les cours de ferme, mais de toute évidence mon sort n'intéresse personne, je trouverai finalement refuge entre trois gros sapins bien touffus à 2m de la route, parfaitement dissimulé sous leurs branches et confortablement installé sur un épais tapis d'aiguilles.
« Modifié: 05 février 2012 à 16:12:11 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

05 février 2012 à 13:38:56
Réponse #166

Aleksi


Ca fait plaisir de revoir des images de ce coin ! J'ai moi même découvert cette région (plus précisément la causse Méjéan) lors d'une traversée azimut sud hors sentiers à partir de Paris jusqu'à la mer méditerranée, en me nourrissant, comme toi, exclusivement des offrandes de pacha mama. Je crois que j'ai été le plus depaysé dans cette région, plus encore que dans les volcans d'Auvergne. Dans mon carnet de route, je l'ai décrit comme étant "un désert de steppes Celtes parsemés de dolmens et de menhirs". J'ai fais ma traversée de St Enimie à Meyrueis, hors GR, et n'ai croisé personne en empruntant les chemins de bergers qui font faire des détours, mais à quoi bon gagner du temps quand on ne va nul par ?
Je n'ai pas non plus croisé de point d'eau comme tu le disais ( sauf lavognes), et ma gourde de 1l, j'ai due la rationné. J'ai exprimé un maximum de fois le jus des chardons que je mangeais en marchant, les repas étaient composés de soupes de fourmis et divers plantes.
Pour l'eau cependant on croise parfois des lavognes (eau de récup' des eau de pluies pour les bêtes, petites dépressions crées par les bergers). Je filtrais l'eau dans mon sac en toile (destiné à la cueillette) que je remplissais de gravier, sable et charbon. Je portais ensuite cette eau filtrée à ébullition.
Lors de ce voyage qui a finalement été prolongé jusqu'à dans les Pyrénées Orientales, je suis tombé totalement amoureux de la France, que j'aimais déjà tant.
Un départ est également prévu pour moi sans date de retour précise, je vais vers l'Est. J'ai des choses à terminer avant et je partirais début septembre. Lire ton récit me fait tourner en rond dans ma chambre !!
Continu

05 février 2012 à 16:01:38
Réponse #167

thorgaal


@Aleksi

Pour moi le GR est une solution facile pour voyager avec un animal en évitant au maximum les routes. C'est sûr qu'en été la fréquentation importante des GR doit être gênante, mais hors saison on ne croise pas âme qui vive alors c'est pratique pour faire de beaux sentiers sans avoir besoin d'acheter et de trimballer des cartes précises.

Tu n'avais qu'1L de réserve? ça me paraît vraiment peu, personnellement j'ai toujours au moins 3L de capacité, même si c'est vrai qu'en novembre je me contentais souvent d'en remplir 2.

Citer
les repas étaient composés de soupes de fourmis et divers plantes.

Tiens, j'ai déjà essayé deux trois trucs avec les fourmis, mais jamais la soupe  ::) Merci pour l'idée!

Je n'ai plus le temps pour l'instant, mais je continuerai avec plaisir le récit à la prochaine occasion, en plus il me reste une sacré mésaventure à raconter!
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

05 février 2012 à 16:05:44
Réponse #168

VieuxMora


Merci Thorgaal, toujours autant de plaisir à redécouvrir cette région à travers ton récit

05 février 2012 à 17:09:58
Réponse #169

Aleksi


@Aleksi

Pour moi le GR est une solution facile pour voyager avec un animal en évitant au maximum les routes. C'est sûr qu'en été la fréquentation importante des GR doit être gênante, mais hors saison on ne croise pas âme qui vive alors c'est pratique pour faire de beaux sentiers sans avoir besoin d'acheter et de trimballer des cartes précises.
Salut !
Ca n'étais pas du tout une critique et je suis entièrement d'accord avec toi. Juste que pour cette escapade j'avais choisi de faire que du hors piste, pour voir  ;)

Tu n'avais qu'1L de réserve? ça me paraît vraiment peu, personnellement j'ai toujours au moins 3L de capacité, même si c'est vrai qu'en novembre je me contentais souvent d'en remplir 2.
Trop peu, mais c'était intéressant car je devais y penser sans arrêt et ne rater aucune occasion. En fait je suis parti avec ce que j'avais chez moi sans rien acheter, encore une foi pour voir.
Tiens, j'ai déjà essayé deux trois trucs avec les fourmis, mais jamais la soupe  ::) Merci pour l'idée!
Je les fais griller, en fait une sorte de poudre et hop ! à mélanger si possible avec des plantes c'est top.
Bon au final ce sont tes dernières photos qui m'ont donné envi de poster (j'ai lu tout le récit), mais je vais pas raconter ma life ici.
Bonne continuation à toi !


05 février 2012 à 18:55:17
Réponse #170

jeanjacques


Certain ont trouvé le récit du poulet dans la jungle représentatif du forum, et bien personnellement c'est ce récit que je trouve emblématique ;)
Bravo :)
Adhérent Unpact.

05 février 2012 à 23:25:20
Réponse #171

Jérôme A


je pense avoir atteint là la limite du cerveau d'une brebis...

 :lol: j'Aaadore :lol:



Certain ont trouvé le récit du poulet dans la jungle représentatif du forum, et bien personnellement c'est ce récit que je trouve emblématique ;)
Bravo :)

Pas plus l'un que l'autre hein ! quand tu vois le taf que demande de retranscrire une aventure moi je dis juste merci... ;)
Si vous vous sentez impuissant...
Aidez quelqu'un .

14 février 2012 à 23:45:12
Réponse #172

thorgaal


Citer
Pas plus l'un que l'autre hein ! quand tu vois le taf que demande de retranscrire une aventure moi je dis juste merci...

Non, c'est pas du taf, le taf par définition c'est pénible, alors que raconter une aventure sur ce forum, c'est un plaisir!  :up: peut-être même plus que de la vivre d'ailleurs... j'irai pas jusque là, mais en tout cas c'est intéressant de constater que les pires moments sur le terrain sont aussi les plus amusant à raconter après, et ce qui va suivre l'illustre parfaitement. Mais je vais devoir vous faire poiroter encore un peu, j'ai pas le temps ce soir.
« Modifié: 15 février 2012 à 17:25:51 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

15 février 2012 à 20:01:14
Réponse #173

thorgaal


Allez je reprends.

Mardi 29 Novembre : 15ème jour de marche

Après avoir dormi d'une seule traite jusqu'à 6h, je me lève en pleine forme pour attaquer cette nouvelle journée près d'une heure avant l'aube.

Je continue donc sur la petite route de la veille qui serpente encore entre une poignée de fermes où vrombissent les machines à traire, puis le GR emprunte enfin un sentier plus pittoresque tandis que le soleil point à l'horizon.



Photo collector, non? Et en voici une autre quelques minutes plus tard, où le reflet de l'astre dans une mare illumine la forêt par dessous.



Toute la matinée, le sentier traverse des pâtures où paissent de nombreuses Salers. Dans les enclos occupés, j’essaie de me faire le plus discret possible afin d'atteindre la porte suivante avant d'aiguiller leur curiosité, mais arrive un passage où je me retrouve nez à nez avec une trentaine de ces mesdames sans possibilité de les contourner.  :o
Oh, c'est pas que leurs intentions soient mauvaises, mais la Salers est une vache qui possède un tonus impressionnant, aussi impressionnant que l'envergure de ses cornes en fait... alors se retrouver au centre de l'attention de toutes ces bêtes de près d'une tonne qui viennent renifler ces deux visiteurs inconnus, puis se mettent à tourner en rond au galop en ruant et en caracolant à une distance un peu trop réduite à mon goût, et ce sur près de 500m, ça demande une bonne dose de sang froid pour pas faire dans son froc (d'ailleurs Magnum à tout largué, mais lui il peut se le permettre...).

Heureusement la plupart se sont lassées avant la fin, mais une douzaine de motivées m'ont quand même escorté d'un bout à l'autre.
Je les aime beaucoup ces vaches, elles sont magnifiques, mais je les préfère quand même de l'autre côté de la clôture  :-[



A la pause de midi, je suis à 11km de Super-Besse, j'ai envisagé de dormir en gîte d'étape pour me laver, mais mère n'a rien trouvé d'ouvert, tant pis.

J'ai du mal à trouver mon chemin dans Egliseneuve-d'Entraigues, après avoir un peu erré à la recherche des fameuses marques rouges et blanches, je croise une femme hollandaise qui me propose spontanément de l'aide, elle m'emmène frapper au salon de coiffure où trois autres personnes m'indiquent d'abord des itinéraires incohérents, pour finalement se mettre d'accord sur une direction, sans toutefois avoir l'air sûrs que le GR4 passe bien par là.
Je retrouve effectivement un balisage GR un peu plus loin, mais un détail me dérange, ma carte a beau être peu précise, je vois bien que je ne suis pas du bon côté de la route, je suis en fait sur le GR30.

Pour rattraper le GR4, je n'ai qu'une bonne côte à grimper à travers champs, cela ne me prends que quelques minutes après avoir ôté mes vestes.
Mais arrivé en haut, je me rends compte que je n'ai plus la corde de Magnum dans la main, je l'ai posée pour me déshabiller et je l'ai oubliée en bas.
Zut, je pose toute mes affaires, j'attache Magnum à un piquet avec une ficelle de mon tarp et je redescends en courant.
Le temps de remonter, je me retrouve nez à nez avec un paysan armé qui se demande ce que fait cette drôle de bête attachée dans son pré. Je me fais une bonne frayeur, mais le bonhomme n'est en fait pas méchant pour un sou, par contre mon histoire de corde oubliée en bas de la côte le laisse un peu perplexe, mais je ne peux pas lui en vouloir pour ça  ;#.

Je peux donc continuer sur le bon chemin et me remettre de mes émotions.

Vers 15h, je passe au bord du lac Chauvet, le ciel se couvre.



Un peu plus loin, il faut traverser une tourbière, le panneau à l'entrée de la passerelle me fait bien rire.



Pas de problème, Magnum ne risque pas d'abimer la passerelle, en revanche les planches plus ou moins disjointes font un peu l'effet d'un passage canadien. Un mouton ordinaire ne s'y serait pas aventuré, mais Magnum n'est pas un mouton ordinaire  ;)

Il m'a donc suivi tant bien que mal, en se coinçant un peu les pattes de temps en temps ; mais comme il n'est pas du genre à paniquer, le risque de blessure est assez faible.



A 16h30, je suis en vue de Super-Besse.



Le temps de trouver mon chemin dans la station, il est plus de 17h, je commence ensuite à monter en direction du Puy de Sancy.

Mais j'ai un gros problème avec les montées, ça me coûte beaucoup de m'arrêter avant le sommet  :down:.

Je croise quelques ouvriers en quads et autres engins de terrassement qui redescendent des pistes pour la nuit, tous me regardent comme un extra-terrestre, mais personne n'aurait l'idée de me demander pourquoi je monte le sentier à cette heure.

Il y a beaucoup de vent qui semble chasser les nuages. A 17h45, je passe le col du Couhay (1686m), il fait presque nuit noire, j'ai maintenant bien envie de m'arrêter, mais l'endroit ne s'y prête pas. Je m'arrête finalement un peu plus loin, à 1750m, sur l'arête qui mène au Puy Gros, ce dernier étant parfaitement dans l'axe du vent, qui soufflait Sud-Ouest à ce moment-là. Je suis donc pour l'instant dans un étroit couloir où l'air est immobile.



Je monte le tarp à l'aide d'un panneau indicateur et d'un gros rocher, en englobant en bordure de la toile une rigole naturelle profonde de 30cm environ et qui fait presque tout le tour de mon couchage. Je suis plutôt content de mon montage qui, en théorie, devrait suffire à me mettre à l'abri des intempéries quelles qu'elles soient car les rebords du tarp arrive de fait plus bas que mon matelas. Mais la Nature se rit bien des théories  :'(

Déjà, je ne suis pas couché depuis un quart d'heure que le vent tourne plein Ouest, et se met à jouer méchamment sur la tension de la toile, je me relève pour tendre tout ça comme il faut et ajouter quelques sardines aux points sensibles. Pour l'instant le ciel est dégagé, je m'endors l'esprit tranquille.
« Modifié: 16 février 2012 à 00:25:19 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

16 février 2012 à 23:51:55
Réponse #174

thorgaal


Bon, je suis pas sympa, je vous ai laissé une journée entière avec ce suspense insoutenable, allez on continue...

Jour 16 :

Je suis réveillé un peu avant 2h par l'humidité presque palpable. L'obscurité est totale, je ne vois absolument rien, je trouve ma petite lampe solaire à tâtons et l'allume, je ne vois que le faisceau des LEDs qui tente de tracer son chemin dans le brouillard le plus épais que je n'aie jamais vu... Le vent souffle encore très fort, un filet d'air surchargé d'humidité parvient à s'engouffrer sous le tarp et crée de la condensation sur tout objet laissé à découvert, je m'empresse de ranger mes chaussures à l'abri sous mon sac à dos et mes vêtements dans le duvet.
Je suis vite confronté à un problème plus grave : le vent froid et humide ne se contente pas de mouiller la surface déperlante de mon duvet, j'ai la sale impression qu'il traverse aussi le tissu et mouille directement le garnissage... Or le duvet d'oie 000 à 800 cuin, quand il est mouillé, il marche beaucoup moins bien... d'ailleurs le duvet commence à dégonfler à vue d’œil, et il ne doit pas faire très loin de 0°C à l'extérieur...

Pour l'instant je suis encore bien au chaud à l'intérieur, et il serait tentant de retourner illico me réfugier dans le monde des rêves, mais la flemme a déjà failli me tuer une fois dans une situation similaire, et je m'applique en général à ne pas faire deux fois les mêmes erreurs.

Allez on se secoue et on passe à l'action, je commence par m'habiller chaudement sans sortir du duvet.
Après réflexion, il serait complétement stupide de partir dans la montagne à 2h du matin par ce temps, il me paraît donc plus sage de prendre mes dispositions pour attendre à l'abri sous le tarp.

Un quart d'heure plus tard, je commence à avoir froid dans mon sac de couchage, je ne perds pas de temps pour réagir : je sors du duvet et je le range, j'enfile mes chaussures, ma doudoune, mon ensemble imperméable, je déballe ma couverture de survie toute neuve, puis je me recouche sur mon Ridgerest tout en m'enroulant dans la couverture.
Je ne risque pas de tomber en hypothermie, mais j'ai quand même trop froid pour dormir.

Il est 2h20, et je suis à plat ventre sous mon tarp, dans l'atmosphère moite de ma couverture de survie, seul dans la montagne par ce temps épouvantable, je viens de passer 10 jours et 10 nuits dehors, et là je commence sérieusement à rêver d'une vraie douche et d'un vrai lit, mais il ne faut pas craquer maintenant.  :'(
Allez, c'est pas un peu de mauvais temps en montagne qui va me faire peur, sinon il faut que je change de boulot!  :honte:

Il me faut d'urgence trouver moyen de tuer le temps pour ne pas broyer du noir. J'ai amèrement regretté de ne pas avoir eu un roman avec moi, je suis désormais convaincu que cela doit faire partie du matériel de base.

J'ai commencé par lire deux fois en détail l'aide-mémoire de survie imprimé sur ma couverture ; je n'ai pas appris grand chose, mais j'ai tué 40min.
Ensuite j'ai ouvert ma sacoche banane, j'ai sorti mon portefeuille, examiné toutes les cartes, trié toutes les pièces par valeur dans les différents compartiments (ce qui ne sert à rien puisqu'elles passent d'un compartiment à l'autre dès qu'on secoue un peu le portefeuille, mais on s'en fout), puis j'ai sorti mon chéquier et j'ai lu avec attention toutes les petites écritures que j'ai pu y trouver, j'ai examiné en particulier toutes les petites photos de Yann-Arthus Bertrand imprimées au coin des chèques et leur description (merci la Poste).

Il est maintenant 4h, l'atmosphère se refroidit encore un peu, la pluie fine qui tombe sur le tarp est maintenant mêlée de neige.

Je regarde ensuite longuement ma carte.
Puis il me viens une autre idée : je sors mon appareil photo (pour lequel j'ai encore une batterie de rechange) et je me mets à examiner et trier tous mes clichés, ça occupe!

Pendant tout ce temps, une pensée m'obsède et me remonte le moral : "quand je vais rentrer, j'aurai un sacré truc à raconter sur le forum!"  :)
Bon, soyons clairs, c'est pas pour autant que je recommencerais ce genre de bêtises exprès pour les raconter après, je ne suis pas con à ce point... ou du moins je l'espère.

A 5h30, je n'en peux plus, je m'extrais de la couverture et je range toutes mes affaires, puis je mets en boule le tarp trempé, je l'essore vaguement et je le bourre dans le sac du mouton, ainsi que ma veste polaire que j'avais placé entre le tarp et le rocher pour éviter l'abrasion.

Magnum proteste un peu quand je lui attache son sac, qui est bien plus lourd que d'habitude ; il n'a pas l'air motivé, mais ce n'est pas à cause du froid ou de l'humidité (pour lui il n'y a pas trop de risques de ce côté-là), il a plutôt l'air de se demander ce qu'il me prend de partir si tôt alors que lui dormait très bien!

Je me retrouve donc sac au dos deux heures avant le lever du soleil, je suis suffisamment habillé et je n'ai donc aucune raison de paniquer.
Avec ma petite lampe à LEDs, je vois péniblement à 2 ou 3m devant moi (sans la lampe, je ne vois même pas mes mains bouger devant mon visage  :o).
Pour ne rien arranger, ma boussole a perdu le nord (en fait je m'en suis rendu compte dès le début du voyage, mais cela ne m'avait pas posé de réel problème jusqu'à maintenant).
J'avance donc prudemment, en cherchant un maximum de points de repère sur le bord du chemin.

En plusieurs endroits, je trouve des petits panneaux avec des cartes de randonnée, mais elles sont très peu claires et souvent en partie effacées, j'erre pendant près d'une heure avant de trouver le chemin qui monte au sommet du Sancy, je pensais alors que le GR4 redescendait de l'autre côté, mais en fait non.
Je me retrouve donc sur le plus haut sommet du Massif Central, un vent en furie me fouettant le visage avec des gouttelettes en partie gelées, c'est tout juste si j'arrive à voir mes pieds, alors pour le panorama, je reviendrai!  ;#

En revanche, la table d'orientation m'est d'une grande aide, non pas pour nommer les sommets alentours que je ne risque pas d'apercevoir, mais justement pour m'orienter, comme son nom l'indique.
En ajoutant cela à un panneau indicateur plus clair que ceux que j'ai vu jusqu'à maintenant, cela me permet, une fois redescendu par le même chemin, de repartir dans la bonne direction pour continuer.

Notez que j'ai hésité plusieurs fois cette nuit-là à redescendre vers Super-Besse et à abandonner, mais ça m'aurait fait trop mal au cul après tout ce chemin parcouru.

Je ne saurais pas dire à quel moment j'ai commencé à voir "clair", mais la nuit m'a semblé s'attarder pendant une éternité.
Je distingue enfin les reliefs proches, c'est à dire pas grand chose, je marche sur une crête qui paraît tout droit sortie du néant infini...



Bon, ce qui devait arriver est arrivé, j'ai fini par perdre le GR, mais j'ai continué à descendre dans la même direction, un léger halo lumineux à l'Est me permettant de garder le cap.

Un petite heure plus tard, le brouillard commence à se dissiper, et là, j'ai droit à une surprise extraordinaire, magique! Du haut d'une crête rocailleuse, un couple de bouquetins m'observe. C'est la première fois de ma vie que j'en vois  :love:



J'arrive au col de la Croix St-Robert vers 10h, il fait froid, il y a du vent, mais le ciel est magnifique  :love:

Une mauvaise nouvelle quand même, dans ma descente en hors-piste, mes chaussures ont pris l'eau...

Je n'ai plus l'habitude de marcher pieds nus par temps froid, je passe donc à la solution système D: une triple épaisseur de sac poubelle dans chaque grole, et des chaussettes sèches. L'inconvénient, c'est que ça ne respire plus beaucoup...

Après une première montée bien réchauffante, le sentier emprunte ensuite une crête parsemée de puys qui donnent l'impression de monter et descendre sans arrêt, mais d'avancer peu. Cependant les paysages sont magnifiques.





Sur la suivante on aperçoit La Bourboule dans le fond, tandis que la ville du Mont-Dore est cachée dans la vallée au centre :



Et là le Puy de Sancy tout à gauche. C'est con, si j'avais attendu trois heures de plus là-haut, j'aurais eu une vue superbe. Qu'à cela ne tienne, on y retourne!  :lol:



Droit devant, le lac de Guéry...




Pendant la pause casse-croute, mon unité de calcul tourne à plein régime.

Sachant que :
- mes chaussures sont mouillées
- mon duvet est humide

Est-il envisageable de bivouaquer la nuit prochaine?
-> A priori non.

Et maintenant, sachant que :
- j'ai un point de chute plus ou moins sûr à Orcival
- j'ai déjà fait une randonnée dans ce coin-là il y a 3ans au mois de juillet, je me souviens avoir bivouaqué vers Orcival un soir et vers Bord-les-Orgues le soir suivant
- la distance Bord-les-Orgues->Orcival équivaut sur ma carte à un peu moins de deux fois et demi la distance Puy de Sancy->Orcival  :)
- ce jour-là j'avais marché 16h à bon rythme, soit environ 70km  :o (j'étais encore jeune et fou  :trash:)
- 70/2.5=28

Quelles sont mes chances d'être hébergé à Orcival ce soir?
-> A priori 50/50, mais je décide de tenter le coup, je n'ai guère le choix.


Vers le col de la Croix Morand, je surprends quatre autres bouquetins au milieu du chemin, décidément, ça pullule par ici  :up:




15h, d'un seul coup Magnum est hyper-motivé, il prend la tête, je presse le pas, il presse le pas pour rester devant, l'endroit semble vraiment lui plaire.

Et puis je le vois enfin, le Puy-de-Dôme, qui se détache sur l'horizon avec sa majesté habituelle.



Mes parents habitent à peu près à égale distance de l'autre côté.

A 17h je suis au lac de Servières.



Observation inhabituelle : des ronces en fleur le 30 novembre...  :huh:



Après avoir galérer un peu pour trouver l'adresse exacte (j'ai encore essayé dans succès d'arrêter des voitures pour demander mon chemin), j'arrive finalement à bon port juste à la tombée de la nuit, pour prendre une douche, manger chaud et dormir dans un vrai lit  :love:
Je reste toute la journée du lendemain pour finir de faire sécher mes affaires.
« Modifié: 17 février 2012 à 00:10:16 par thorgaal »
Tant dort le chat qu'à la fin il s'éveille.

 


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