Bon, je m'étais promis de mettre à jour mes récits de voyage cette année, mais je crois que ça va être dur...
Ceci dit, je vais essayer de me sortir les doigts du cul et de commencer maintenant. En plus j'ai pas grand chose à faire pour l'épisode qui suit, j'avais tout bien consigné dans mon petit carnet, il n'y a plus qu'à remettre ça au propre!
Par contre il faut que je me dépêche pendant que j'ai encore en tête ma dernière aventure, puisque là en revanche, j'ai fait l'impasse sur le carnet de voyage

C'est reparti donc :
Lundi 9 Mai 2011

Je repars de Montusclat vers 9h30 avec mes deux (et demi

) compagnons à quatre pattes, le temps est estival.
J'ai préalablement repéré la suite par internet (je n'ai toujours pas de carte) : à priori c'est très simple, je n'ai qu'à rejoindre le GR40 à Boussoulet, le village voisin, le suivre jusqu'à Vorey, où mes hôtes m'ont donné l'adresse d'une ferme en bord de Loire où je pourrais passer quelques jours. Puis je n'aurai qu'à suivre le GR3 vers le Nord jusqu'à Thiers, et de là il me resterait trois jours de marche en terrain à peu près connu pour rejoindre le village de mes parents dans la Limagne.
Il reste au moins une inconnue importante : la date de la mise bas de ma brebis.
En guise de réserves de nourriture, j'ai un peu moins de 2kg de farine de blé semi-complète, et je remplis déjà un sac de chénopode bon-henri sur le petit sentier qui mène à Boussoulet, vive le printemps!
Cette petite séance de cueillette ne m'a pas pris plus de quelques minutes, mais déjà le soleil chauffe fort, je ne peux pas résister à l'envie de m'alléger de mes chaussures, et d'en alourdir Magnum

Vers 11h, j'entre dans les premières forêts du Massif du Meygal, et il faut déjà faire une première pause : au soleil, la chaleur est déjà excessive, surtout pour une brebis noire et en fin de gestation, d'ailleurs ce petit répit ne déplaît pas non plus à Magnum...

Pour ma part, je lis un roman d'Arto Paasilinna récupéré par hasard quelques jours plus tôt : "le bestial serviteur du Pasteur Huuskonen", le genre de livre que je n'aurais jamais choisi en temps normal, mais quand on est seul avec un livre, les goûts et les couleurs importent peu... et puis finalement il est pas si mal ce bouquin.
Et en même temps, je regarde l'heure et je cogite : il est midi, j'ai marché une heure ce matin, à rythme de mouton ça va chercher dans les 3 kilomètres, si j'attends que la température soit agréable, ça ne sera probablement pas avant 17h30, hors il fait nuit à 19h30, donc à ce train-là ça va être dur de faire plus de 10 bornes par jour... Bon il faut avouer aussi que je ne suis pas parti à l'aube ce matin-là, il me faut trouver un meilleur rythme.
Sur ce, je décide de repartir à 13h, quitte à marcher tout doucement et à faire une petite pause toutes les heures, mais au moins j'avancerai un peu.
A 15h, j'arrive devant un refuge, au pied du mont Testavoyre : le ciel s'est couvert rapidement et l'atmosphère est lourde, je choisi de faire une pause à proximité de l'abri pour voir comment évolue la situation. J'en profite pour préparer la pâte pour les chapatis, en expérimentant une nouvelle recette : j'ai gardé un peu de pâte quelques jours auparavant pour démarrer un levain, je veux essayer de maintenir ce levain en préparant la pâte des chapatis quelques heures avant la cuisson et en conservant toujours un morceau de pâte d'une fois sur l'autre, de la même manière que pour le pain au levain, sauf que là les conditions de développement du levain sont beaucoup plus aléatoire. L'objectif étant de rendre les chapatis plus savoureux, mais aussi plus digestes, une partie de l'amidon étant prédigérée par les levures.
Finalement le temps se dégage et se rafraichit un peu, je peux partir l'assaut du Testavoyre : un énorme tas de pierres volcaniques entre lesquelles poussent des myrtilles, mais malheureusement pour moi, ça n'est pas encore la saison... elles commencent juste à fleurir. Cela dit, les fleurs de myrtilles, c'est très bon aussi, avec leur petite goutte de nectar sucré

Du sommet, la vue est belle, bien qu'elle ne porte pas très loin.

Je redescends de l'autre côté sur une intersection de GR, où je rencontre un couple de bretons en vacances qui marchent dans la même direction que moi, nous faisons donc un petit bout de chemin ensemble : l'homme, sélectionneur en poule pondeuse, est très avenant, mais sa femme à l'air franchement gênée, voire répugnée par la compagnie d'un va-nus-pieds et de deux moutons... Pendant que le bonhomme me raconte sa vie, je ris intérieurement de la situation, car il ne semble pas remarquer que ça femme tente de lui signifier plus ou moins discrètement qu'elle aimerait s'éloigner de moi... j'imagine bien la conversation qu'ils vont avoir en arrivant à leur voiture

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Je parcours encore quelques kilomètres en lisière de forêt, le coin est joli mais je ne trouve pas de bivouac vraiment satisfaisant, pour l'instant rien ne presse.

Je ne m'arrête finalement que vers 19h15 en pleine forêt mixte de sapins et de hêtres, cela me laisse juste le temps de monter le tarp et d'allumer un feu avant la nuit, comme je n'ai pas très faim, je fais simplement cuire le chénopode à l'eau et garde la pâte pour le lendemain matin.