Salut
J'me suis dit qu'après une bonne période d'usage, ça vaudrais le coup de remonter le fil pour vous faire une petite revue de ce couteau (si d'autre sont interessés par les lames de Yrjö Puronvärsi).
Alors pour commencer, je doit vous dire que je regrette vraiment pas d'avoir fait un manche si long et "charnu". J'ai eu plusieures fois l'occasion de tester le bien-fondé de cette taille lorsque les mains sont froides et engourdie : y'a pas photo, c'est génial! On sent que le "grip" est bien sécu, que le surin va pas se barrer, même avec les mains mouillée : y'a de la surface de contact et du volume, donc même en ne srrant pas trop, le couteau est bien calé. Même avec mes grosses moufles suédoises, le couteau reste utilisable

(et pour ceux qui en ont une paire, ça doit vous parler

). Par contre, la taille du bidule et l'abondance de bois de renne n'en font vraiment pas un couteau MUL (poids largement supérieur au Roselli Hunter

) Je n'ai pas retouché au pommeau, et ce fut une bonne chose : il offre une ample surface de frappe : je m'en suis servis plusieures fois de marteau (enfoncer des petits clous, débloquer des attelages de scooter des neiges engoncés de glace etc...) et j'ai testé le batonage par le c*l comme Guilaume m'avait expliqué : pas de problèmes : c'est solide, facile à viser (même quand il fait sombre, cf blancheur du bois de renne), et la grande taille du pommeau "protège" la main (faut le faire exprès pour se taper dessus). Par contre, je doit dire que cette poignée a un défaut : elle n'est pas très adaptée aux coupes en faisant levier sur la poitrine : sa longueur, sa forme droite et "champignonnée" font que le pommeau a tendance à appuyer de façon douloureuse sur les pectauraux... Mais bon...

A propos de l'étuis, ben ch'uis bien content : il est solide et a pris une bonne patine (en même temps, avec ce que je lui ai mis dans la gue**e, c'est pas étonnant). Et je vous conseille fortement d'essayer le long passant d'attache comme j'ai fait. Ca a un drôle de look, mais on peut garder le couteau à la ceinture et l'utiliser facilement, même avec un sac à dos à grosse ceinture lombaire.

Maintenant, le moment que vous attendiez tous : la lame.
Là, je doit dire que mes sentiments sont partagés. Mais d'abord, un peu de technique :
100mm de long (en fait, 98mm, mais c'est du "fait main" donc bon...) pour 28mm de large. Elle a un chouette profil rhomboédrique (coup de la lame an losange). C'est joli, mais pas facile à monter (car la soie, elle, est rectangulaire). LA finition est "brute de forge". La lame n'a pas du tout été détourée ou arrangé :les cotés sont légèrement irréguliers (se voit à l'émouture qui n'est pas "droite", mais forme des vagues). Perso, j'aime bien ce côté "roots", c'est vraiment une lame qui donne envie de lui en mettre plein la mouille (dans le sens pas peur d'abimer le joli poli ou le chouette guillochage). Elle est épaisse (4mm au dos, au moins 5 au départ de l'émouture) et lourde, une lame qui inspire confiance. Le dos de lame est arrondis, donc sympa pour le pouce ou les batons (mais nous reparlerons de cela plus tard). Et y'a pas à dire, Yrjö Puronvärsi, même si c'est loin d'être un cassique de la finition, il sait affuter ses lames!

Non didjiou! Un tranchant poli comme un mirroir, et coupant comme un rasoir : et c'est pas une image, j'me suis rasé le bras avec sans même pousser... Fffffffffffffffft (et non pas le SChrrrrrrrrrt habituel) et plus un poil!

Maintenant, parlons un peu de l'émouture, car c'est là que cette lame m'intrigue. C'est du clasique scandinave de prim' abord , mais, premier constat, elle est "zonée" : longue (un bon 1,5cm!), plate et fine (voire légèrement concave sur le côté droit) sur la partie rectiligne du tanchant, elle se racoucie (6mm) à mesure que 'on se raproche de la pointe, tout en devenant convexe.
Cela donne un tranchantrectiligne très agréssif, avec une pointe solide, mais qui reste très coupante. Rappelons que cette lame plutôt orientée "chasse", et effectivement, elle est absolument terrible pour la viande ou la peau (jamais découpé des steaks aussi facilement). ET cette pointe solide est apréciable quand on veut séparer des articulation : facile de trancher ligaments et tendons, mais au besoin, elle passe sans efforts ni dommages dans le cartilage (et on a pas peur de toucher un os avec).
Cette lame est également excellent pour le bois. Cette longue et fine émouture permet une très bonne pénétration, ansi qu'un travail précis (tout du moins pour une lame de cette taille... C'est pas un Balder hein?

) Par contre, là où le bât blaisse, c'est le bâtonnage... En effet, malgré la robustesse intinseque de la lame (epaisseur, trempe pas trop sêche), l'émouture fine supporte mal les contraintes latérales du bâtonage, Et elle tend à "prendre des pets". Rien de bien grave en soit, pas d'éclats, pas d'"edge roll", mais plutot un genre de "cabossage" du tranchant. Chose importante à noter cependant, c'est que de tout les "pets" que j'ai mis sur le tranchant, aucun n'est allé plus "profondément" que le tout premier, ce qui me laisse penser qu'il ne s'agit peut être que cette "molesse" est le résultat d'une décarburation légère du tranchant lors de la trempe ou d'un "chauffage" lors de l'affutage au back stand, problèmes qui se résoudrons probablement d'eux même en utilisant et affutant le couteau régulièrement.

Concernant l'usage Firesteel, étant donné que le dos est arondis, c'est pas l'idéal, mais si on utilise la partie proche de la pointe (là où l'émouture remonte sur le dos), ça crache bien!

Mais je préfère ne pas l'utiliser pour ct usage, car l'acier se pique assez vite...
Pour résumer, c'est une excellente lame, ayant une âme et sa personalité, contrairement à celles des marques scandinaves connues. Elle est pleine de charme, ayant ses défauts : la pointe légèrement relevée est une forme qui demande à être domptée quand on est habitué au pointes droites ou aux drop-point, mais qui a ses avantages(comme fouiller une articulation pour la séparer, ou se sortir une écharde plantée dans la main), ainsi que cette (trop?) longue émouture, très tranchante mais plutôt fragile. Malgrès tout, elle est efficace, facile à affuter et entretenir, avec un look et un feeling pas commun. Bref, l'essayer c'est l'adopter.

Et en plus, on fait vivre un p'tit vieux artisan et son savoir faire (qu'il transmet à un jeune forgeron au fait

), et ça, ça compte.
Là, j'ai une autre lame du même forgeron : un puukko classique de 80mm de long. Même forme rhomboédrique de la lame (

), même épaisseur (

), mais l'émouture est plus classique... Je pense que se sera mon couteau d'été celui là
allez hop, pour le plaisir, le lien vars la forge du papy :
http://yp-taonta.fi/tuotevalikoima.htmlIl propose ses surins montés ("puukot") ou juste les lames ("puukon terät"). Jetez aussi un coup d'oeil aux outils ("Työkalut"), ils sont pas mals!

Bon lêche vitrine!