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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Nous partîmes trois (aux sources de l’Ubaye, été 2012)  (Lu 3749 fois)

07 octobre 2012 à 18:38:04
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taillefer


Bonjour à tous,

Membre plutôt discret du forum, lecteur de l’ombre, je m’en viens aujourd’hui vous conter un petit périple entrepris l’été dernier avec deux compères. Il y a deux ans, je m’étais fendu du compte-rendu de ma première sortie en solitaire dans ces montages, qui marqua vraiment le début de mon apprentissage dans le milieu. L’an dernier, j’avais répété l’exercice à trois, sur trois jours autour du Brec de Chambeyron, dans le massif de l’Ubaye. Une bien agréable et très fraiche balade que ce fut, que je n’avais point retranscrite flemme par manque de temps. Si mon premier récit revêtait un caractère presque introspectif, eu égard à son caractère solitaire, celui-ci relèvera plus de la visite guidée. Parce que c’est un chouette coin qui gagne a être partagé. Surtout ici, puisque j’y puise moult conseils avisés.

Préambule affreusement long : de la préparation d’une sortie inédite par sa longueur (pour un branleur).

Veuillez donc scroller très vite si ça vous saoule.

Cette année, donc, l’envie m’est venue assez tôt de préparer quelque chose pour l’été. Partant d’un simple repérage sur Google Earth, je me suis progressivement embarqué dans une longue préparation, à mesure que des amis me rejoignaient dans le projet, et que l’itinéraire s’allongeait. En effet, l’objectif s’est concentré sur un caillou dressé à 3340 mètres aux confins de l’Ubaye. Les Français l’appellent Bric de Rubren, les Italiens Mongoïa.


Il est accessible en une journée depuis le hameau de Maljasset, déjà isolé, et moyennant un dénivelé de 1500m sur une longue distance. Celle-ci peut se faire en deux jours en passant la nuit au Bivacco Boerio, refuge construit au pied du sommet, sur le plateau de Mongoïa. Mais l’idée de départ, c’est que nous nous rejoignions à Ceillac en Queyras, de l’autre côté de la montagne dominant Maljasset. De faire découvrir le coin à des copains. D’où la nécessité de construire une boucle articulée autour de Ceillac et du Rubren.


L’approche est simple pour ma part : découvrir, c’est avoir le temps. Et ça tombe bien, puisque des étapes courtes et modulables permettent de composer avec les aléas techniques et météorologiques. L’itinéraire se stabilise donc sur cinq jours, quatre nuits, 4000m en D+ sur environ 45 kilomètres. Au menu, du GR, de la trace et de la navigation à la carte.

Un aperçu de l’itinéraire :

ou en plus gros ici
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Les contraintes de cet itinéraire sont les suivantes :
    -   Itinéraire inconnu pour 2/3, avec des tronçons peu à pas balisés. Il est relativement facile de s’orienter en montagne quand il fait beau. Beaucoup moins dans le brouillard. L’exercice étant de pas se retrouver dans des endroits à la con.
    -   Quelques passages techniques, dont l’évaluation repose uniquement sur de rares retours lus sur internet pur certains, et juste de la lecture de carte pour d’autre. De la crête, une exposition au vide modérée, un glacier rocheux à descendre, qui a l’air déjà relou vu de Google Earth.
    -   Terrain relativement inhospitalier : nous verrons les derniers arbres le deuxième jour, longs tronçon dans des forêts… de cailloux. Exit les feux et la ressource en nourriture, sauf à choper un chamois cru. Seule l’eau sera suffisamment abondante.
    -   L’isolement : l’approche et la descente du sommet sont peut ou pas fréquentés. Au plus éloigné de la rando, il faut cinq heures de marche (à un valide) pour rejoindre le hameau le plus proche, Maljasset. Ou du reste, il n’y a pas de commerce, et encore moins de service de santé. Sans y avoir mis les pieds, je sais que le téléphone à fâcheuse tendance à pas arriver dans ce coin du massif.

Il faudra donc se préparer comme si nous ne pouvions recevoir d’assistance extérieure (comme on devrait toujours faire, en fait). J’ai par ailleurs transmis l’itinéraire à un guide du coin, qui l’a validé. J’dois avouer que ça m’a bien rassuré.

Le glacier rocheux, avec ses plis caractéristiques, menant au vallon du Loup

S’en suivent de longues interrogations sur les contraintes techniques, de transport sur site (nous venons tous d’endroits différents et lointains). Et puis faire converger les conditions physiques hypothétiques à la difficulté d’un itinéraire évaluée sur une carte IGN, c’est un exercice hasardeux, quoi. C’est important d’être prêt à en chier si les conditions l’imposent, mais l’idée c’est quand même, et surtout, de s’amuser.

Préparation technique :

5 jours en autonomie, ça commence à faire, et surtout faire un tas de bouffe. Donc déjà, penser à rogner au maximum sur la matos pour faire de la place. Je me dis, dans des moments d’euphorie, que je partirai avec 12 kilos bouffe comprise. J’avais pas mal de matos à renouveler, et heureusement cette année un peu de sous. J’ai donc chopé une tente, diverses fringues pas chères et légères, des Meindl Engadin, mes premières vraies pompes de randonnées. J’ai pris soin de faire de la borne avec pour les casser, mais ça s’est révélé insuffisant sur mon plat pays. On s’en fout, mais l’à-peu-près liste est ici

L’éternelle interrogation, c’est toujours les écarts de températures qu’on va rencontrer : sous les nuages, le vent, la nuit… Y’a deux ans, je pouvais presque dormir en caleçon sans duvet à 2500m, l’an dernier, c’était glaçons dans les gourdes au réveil et un petit vent délicieusement mordant le soir… Autrement dit, « Dois-je rajouter ce p*tain de gilet en laine que j’étais bien content d’avoir l’été dernier, mais qui pèse un âne mort ? » Enfin un petit âne, quoi.

Au final, évidemment, mes rêves de liberté légère se verront brisés par la réalité de la gravité : le sac pèse effectivement douze kilos, mais juste avec le matos. A rajouter, 3-4 kilos de bouffe, deux litres de flotte… Mon APN de 900g… Quand je serai grand, je serai MUL, bordel !

La bouffe, donc :

Alors là, on a fait ça bien, pour une fois. C’est qu’à approximer sur 10 repas, on peut, au choix, crever la dalle ou se lester de kilos superflus. Question diversité, on était bien aussi. Pour le matin, pain, miel, crème d’amende (800 kcal aux 100g, qui dit mieux ?  8)), café lyo, muesli, lait en poudre. Pour le midi : boîtes de poisson et morues, fromage et pain. Le soir, pâtes fines, céréales préparées, semoules, protéines de soja, soupes lyo. Et pour agrémenter tout ça ainsi que le cours des journées, condiments, fruits sec, chocolat noir, barres de céréales et sauciflard. Nous trouvons le tout équilibré, suffisamment abondant et énergétique sans être énergivore, et pour un poids raisonnable, environ 3,5 kg par bonhomme. Et d’un coût raisonnable, aussi : 50€ chacun. Pour la flotte, pas souci. On prévoit 2L par tête, qu’on rechargera entre sources, cours d’eau et lacs, armés de Micropur® pour lever les doutes le cas échéant.

‘Tain, c’est pénible de parler matos, hein ? Pénible d’y penser, et d’y repenser aussi. Pénible d’être incertain sur la participation de chacun à divers moment. C’est pénible, parce qu’on prépare notre unique chance de pratiquer la Montagne dans l’année, et qu’il suffit de si peu pour tout remettre en cause. Genre une météo exécrable sur l’étroit créneau imposé par les contraintes de chacun.

Bien, l’été arrive en fin,

mon avion aussi, on est prêts. L’équipage recomposé compte donc Chuck Norris, petit gabarit, Steven Seagal, homme grand et fin qui fait autant de pas que toi, mais couvre deux fois plus de distance, et moi, le p’tit gros, dixit Chuck, affichant autant de kilogrammes que d’unités au dessus du mètre. Les noms ont été changés pour les besoin du récit. C’est également ceux que nous avons laissés dans le livre d’or du refuge.

Nous nous rejoignons sur site la veille du départ, le 29 juillet. La météo nous annonce du beau pour les deux premiers jours, à négocier ensuite. Après un copieux repas au village et un tour au bar, nous allons pioncer au bois noir, lieu du retour où nous laisserons la bagnole. Cette première nuit m’apprends déjà plusieurs choses : le duvet D4 5°, que j’ai finalement choisi à la place du 0, est en fin de carrière. Nous sommes à 2000m, il doit faire 10° dehors, mais je caille comme il faut. D’autant que ma tente, que j’inaugure à l’occasion, s’avère très bien aérée, la brise passant sous le double toit… Nuit de m*rde, donc, d’autant que le terrain n’était pas top. C’est souvent ce qu’il advient quand on rejoint un lieu de bivouac de nuit, hein.
« Modifié: 07 octobre 2012 à 19:50:54 par taillefer »

07 octobre 2012 à 19:17:54
Réponse #1

taillefer


Jour 1 : Départ du convoi.

Du convoi, oui, vu la gueule du sac. J’ai pourtant l’impression d’avoir tout fait pour l’alléger, mais 19 kilos, c'est pas très MUL, remarquent mes épaules. Cependant, le programme de la journée est simple : retour au village pour choper les derniers éléments matériels, café en terrasse et départ pour le lac Miroir, 600m au dessus. Une mise en jambe pour des organismes non acclimatés et fatigués du transfert. On se met en chemin vers midi, et nous arrêtons pour le pic-nic au bout d’une longue et pénible marche de 15… minutes. En fait, on traversé le pont pour choper le GR, et on s’est vautrés à l’ombre, à regarder les parapentes.

Bon après, on est vraiment partis. Le chemin jusqu’au lac est pas très long : un ou deux kilomètres à remonter le torrent, puis la montée attaque très brusquement. La marche de l’équipage est pas encore calée, Steven prend le large direct, Chuck le suis. J’me retrouve tout seul à doubler les familles, et instantanément sentir mes chaussures neuves. Mais au niveau physique, ça va. Rien à voir avec la première montée de l’an dernier, à 14h sur l’adret, après une très courte nuit noyée dans le vin rouge. Toujours est-il que je fais une première pause au bout d’une heure, seul, ayant perdu mes compères. J’enlève mes pompes et contemple le début du carnage, que je tente d’endiguer avec de l’adhésif médical. J’arriverai au lac encore une heure plus tard, et mine de rien, je suis explosé par l’effort soudain, mes ampoules et ce sac que j’ai tant de peine à faire soutenir par mon bassin.

Alors, on rigole, on bouffe, on pionce, et on rigole parce que Chuck s’est fait avoir pareil avec ses Meindl. Il a eu beau les porter au taff pendant plusieurs semaines, c’est bien la pente qui révèle la dureté du cuir. S’en suit un rapide débat pour continuer ou non aujourd’hui. Moi j’suis pas pour, j’ai envie de glander, de me baigner dans cette eau un peu dégueulasse. Et puis le temps de monter le camp, d’aller chercher de l’eau et de se laver, on sera vite le soir.


Et le soir arrive. Notre bivouac est chouette, la bâche s’avère pratique pour protéger de la brise. Elle le sera tout autant pour le soleil et l’humidité par la suite. On répare nos pieds à coups de Compeed, pour voir. Ah tiens, nous réalisons que je suis le seul à avoir pris une pharmacie. Seul pourvoyeur de soins à des heures de marche à la ronde, j’y vois là une excellente occasion de me faire de la thune. Nous avons ensuite le loisir de tester les protéines de soja. De gros granulés achetés dans un magasin bio. Eh bien c’est une excellente surprise : bon rendement à la cuisson, une texture proche de celle de la viande et un goût vraiment pas dégueu.

Sinon, c’est aussi le col de demain.

Le soir tombe, on apprécie le spot. Et le spot de la lune ascendante nous allume la tronche. Pour la voie lactée, on repassera.

07 octobre 2012 à 20:17:38
Réponse #2

Merlin06


L'âme sûre ruse mal.
Le matin du grand soir il y aura de la confiture de bisounours au petit déjeuner.
Nous avons deux souverains, Dame Physique et Sire Temps.

07 octobre 2012 à 23:18:46
Réponse #3

taillefer


Jour 2 : du Queyras à l’Ubaye (où la rando, c’est fatiguant)

Pas de réveil. Les téléphones seront éteints la majeure partie du temps, de sorte que nous voyagerons affranchis de l’exactitude de l’horaire. J’émerge en premier, à l’aube. J’ai mal dormi, malgré la fatigue, mais le collant s’avère d’un bon soutien thermique. Je m’extirpe de la tente, pour faire deux ou trois photo, pendant que Steven commence à déployer le petit déjeuner, qui nous rassasiera correctement. A ceci près que le lait en poudre, une fois dilué, me provoque une violente réaction de rejet à la première gorgée : je comprends que c’est à l’eau que je mangerai mon muesli. C’est pas si dégueu, en fait. Enfin si, avec le goût de la feraille de la gamelle…


J’avais précédemment évoqué que ce lac était gagné par la végétation. En comparant avec ce cliché d’il y’a deux ans, on mesure la vitesse de transformation...

Le programme de la journée est assez chargé : monter au lac Saint Anne (2400) puis au col Giradin (2700), pour redescendre sur le versant Ubaye jusqu’à Maljasset (1900). A partir de là, remonter la vallée par le plan de Parouart, puis la quitter en obliquant au nord par le Ravin de Salcette. Celui-ci franchit, monter vers la cabane de Rubren, à l’entrée du vallon idoine.

Nous nous mettons en chemin sitôt le bordel plié, les compeed renforcés à coup d’adhésif médical. J’ai pas trop confiance sur ce coup là. La ballade est agréable jusqu’au lac, Steven est toujours loin devant. Nous rencontrons un homme qui nous demande des renseignements. Il vient de Maljasset et descend à Ceillac. Pour arriver ici de si bonne heure, il a dû avaler la montée du versant sud en courant, me dis-je.

En montant au lac

Grosse pause au lac pour aller chercher de l’eau qu’on n’aura pas besoin de purifier, dans le pierrier de l’autre côté. Avec le gouter et la clope, ça nous bouffe pas loin de trois quarts d’heure je pense. On est vraiment des touristes. Puis vient l’ascension du col. Je la connais bien, il paraît raide, mais la trace est très ample dans ses méandres. Les pieds sont néanmoins extrêmement douloureux dès lors que j’allonge la foulée. Alors j’y vais tranquillou, en plus ça préserve mon souffle. A ceci près que je suis suivi par un homme qui refuse de me doubler, mais m’assaille de question. De questions idiotes, qui plus est. « Vivement qu’on soit tout seuls », me confiera Chuck au col.

le col Girardin (photo en 2009, pour aérer le pavé)

Bon le col c’est chouette, mais c’est ventu(ri). On préfère descendre un peu pour manger. En bas, y’a quelqu’un qui s’est amusé à fabriquer une fontaine à partir d’une source, à renfort d’alignement de pierres incurvées et creuses formant des bassins. Forcément, y’a des gens qui ont confondu ça avec des lavabos. Le faible débit n’a pas pu evécuer le savon et le dentifrice. Classe.

On s’éloigne un peu du sentier pour manger, dans un herbe rasée par les moutons, et forcément de déjections. On aurait bien trouvé de l’ombre, mais le soleil au zenith projette les rochers sur eux-mêmes…malgré le vent, on sent nos peaux de citadins de se tanner dès les premières minutes d’immobilités. Alors on tente d’aménager quelques centimètres carrés d’abri à l’aide la bâche et des bâtons de marche. C’est trop petit pour nous trois, et une bourrasque finit par envoyer sèchement une extrémité pointue dans le front de Chuck, qui en sera quitte pour une petite balafre. Et les deux autres pour une tranche de rire.

Le reste de la descente à l’air pénible sur la carte : des niveaux très serrés, pas un arbre. C’est effectivement une excursion tout à fait désagréable, où les pieds chauffent ans les chaussures, où l’on mange la poussière du précédent, où finalement on finit par courir comme pour fuir ce soleil accablant que les pierres lisses prennent soin de réverbérer.

Arrivée à Maljasset. Au fond, on distingue enfin l’objectif. Rubren est un sacré caillou.

Arrivés à Maljasset, forcément, on est assoiffés. Chuck va entreprend de demander au refuge du CAF, unique activité du lieu, s’ils ne dealent pas des articles de pharma. Négatif. Parcontre, ils servent des bières, et ont de l’eau fraiche pour les gourdes et on trouve ça cool.

Le GR indique de rester sur le versant sud pour la suite. Nous on choisit de se rallonger un peu, mais de fuir le soleil sur l’ubac. Cela s’avère une bonne décision, puisqu’en plus d’avoir beaucoup moins chaud, nous trouvons un pur spot pour la seule toilette intégrale du séjour, sous les yeux ébahis d’un public bigarré de randonneurs sur le retour. Et surtout, nous découvrons le plan de Parouart, tout à fait singulier. C’est un ancien lac qui finit par se combler intégralement par les pierres charriées par son torrent. Aujourd’hui, c’est un truc plat, donc, que la végétation recouvre à l’aval. Une végétation de feuillus dont j’ignore le nom, entrecoupée de cours d’eau lents. On aurait dit une mangrove. Et à l’arrière, demeure une étendue de pierres que nous traversons pour rejoindre le ravin de Salcette.

Salle de bain

L’amont du plan de Parouart

Bon, là, la journée s’étire, et je commence à en chier, pour dire les choses simplement. Mes deux compères ne montrent signe de fatigue et tracent devant. J’accélère alors le rythme pour les suivre tant bien que mal… et le niveau de mon souffle me fait savoir que je ne pourrai tenir le rythme bien longtemps. Ça tombe bien, j’ai les talons en feu. Une fois extirpé du ravin, nous nous concertons sur l’opportunité de continuer.

Le verrou du Vallon de Rubren, avec la Cabane de la Blave, ses ânes à gauche. Où nous entendîmes un randonneur annoncer à ses amis qu’il allait y chercher de l’eau, qui revint fissa avec les Patous au cul…  ;#

Il reste à gravir le verrou du vallon de Rubren pour aller arriver à la cabane, dont on ne sait si elle est occupée ou non. Je dis oui, mais à mon rythme. Les deux autres se rangent alors derrière moi et nous marchons leeeeeentement. Finalement, nous nous arrêtons aux deux tiers de la montée, sur un replat dominant la vallée, à l’abris des courants catabatiques, et dont l’orientation nous offre le soleil jusqu’à ce que le bivouac soit monté. Faudra juste pas être somnambule, sinon la descente pourrait être assez rapide.

Spot du soir, bonsoir !

On commence par le point santé. Mes pansements ont tenu, ceux de Chuck ne sont que de vague nuances blanc sur ses talons à vif. C’est vraiment pas beau. Je me demandais comment il faisait pour faire de si grands pas aujourd’hui, aussi. En fait il serrait les dents. Et maintenant, il a mal. Je jette un regard à Steven, qui comprend que je comprends que si Chuck formule le désir de ne pas continuer, on rentrera demain. Mais on ne dit mot pour ne pas ajouter à son inquiétude. Alors il renouvelle ces pansements. Je me rends compte que les compeed, en fait ça doit être cool quand tu restes au chaud à la maison… De plus ce truc coûte un bras, mais ils t’en mette un chiffre impair dans la boite. En l’occurrence, y’avait assez pour deux, plus un unijambiste. C’est cool, les Compeed.

Pour le reste, la soirée sera très agréable. Réchauffés par la soupe, le génépi et whiskey, nous avons discuté relativement tard, au dessus de vallée baignée d’un soleil lunaire. Aujourd’hui, notre trio s’est accordé, fédéré par la fatigue et le goût de la solitude retrouvée.


09 octobre 2012 à 21:48:10
Réponse #4

guillaume


Bien écrit, avec une pointe d'humour, excellent :up:.

On attend la suite !

a+

09 octobre 2012 à 21:59:48
Réponse #5

nésurlo


un récit! et un beau en plus ! la suite, la suite !
il y a ceux qui ne rêvent plus, il y a ceux qui rêvent, et puis il y a ceux qui réalisent leurs rêves.
voyages-originaux.over-blog.com

10 octobre 2012 à 12:32:10
Réponse #6

Nirgoule


 On te laisse finir le récit, on pose les questions aprés! On a mal aux pieds pour toi! Impatient de connaître la suite.
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

07 janvier 2013 à 17:17:40
Réponse #7

varuna


les conséquences d'un acte sont incluses dans l'acte lui-meme ( G Orwell )

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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